Le Chien de Claude – Roald Dahl

Capture d_écran 2018-06-02 à 10.39.26

Les éditions Folio nous présentent ici un recueil de quatre nouvelles de Roald Dahl, l’auteur de Charlie et la Chocolaterie et de Matilda (entre autres). Quand j’étais plus jeune, j’avais adoré ces deux romans et j’étais heureuse à l’idée de retrouver son écriture un peu loufoque. Malheureusement, je n’ai pas été convaincu par ces quatre histoires brèves.

Quatrième de couverture

« Connaissez-vous les différentes manières de capturer les rats ? De faire fortune avec un tonneau de mazout vide et quelques morceaux de viande ? Avez-vous une idée des secrets que peut dissimuler une meule de foin ? Et que savez-vous sur les courses de lévriers ? Entrez dans l’univers de Roald Dahl où chaque éclat de rire est suivi d’un grincement de dents ! »

Mon avis

Pour faire court

Les points positifs : des intrigues qui démarrent bien, de l’humour, du cynisme.

Les points négatifs : des intrigues qui se développent mal, des détails sordides dont j’aurais pu me passer, un lien flou entre les histoires, des personnages parfois déplaisants.

Des histoires liées ?

Si les personnages sont similaires dans toutes les nouvelles, j’ai eu du mal à voir un lien précis entre chaque récit. Oui, il y a Claude, il y a Gordon, il y a le chien. En fait, je m’attendais tellement à ce que toutes les histoire soient liées que j’ai été déçue. Pourtant, ces quatre petits récits ne sont pas mauvais en soi, c’est juste que je m’attendais à autre chose. J’espérais voir une continuité plus évidente.

Un bon commercial

La première nouvelle nous parle d’un homme dont le métier est de capturer les rats. Il connaît ces petits rongeurs sur le bout des doigts car pour les attraper, il faut se montrer aussi malin qu’eux, voire même plus. Cependant, les rats cachés dans les meules de foin semblent faire preuve d’une intelligence incomparable et l’homme va rapidement déchanter, tout en essayant de garder la face devant ses clients.
J’ai bien aimé cette histoire. Le personnage principal a un bagout assez impressionnant, il pourrait vendre de la glace aux esquimaux. Même quand sa technique ne fonctionne pas, il essaie de convaincre ses clients qu’il est le meilleur. Il m’a bien fait rire!

Une fin en suspens

La deuxième nouvelle nous raconte la journée au cours de laquelle Rummins décide de démolir les meules de foin. Le travail se révèle plus compliqué que prévu étant donné que quelque chose gêne la découpe. Après avoir lu la première nouvelle, on pourrait penser qu’il s’agit d’une dizaine de rats qui se seraient nichés là. Mais le narrateur se souvient du jour où le foin a été mis en meule et il en vient à une tout autre conclusion…
J’ai bien aimé cette histoire. En revanche j’ai été très déçue par la fin. La question du lecteur reste sans réponse. Oui, on peut deviner ce que Claude et les autres trouvent dans la meule, mais nous n’avons aucune certitude. On peut s’imaginer tout un tas de choses. Je reste donc un peu sur ma faim.

Un sacré menteur

Dans la troisième nouvelle, Claude prend une place beaucoup plus importante. Il se rend chez le père de sa fiancée et ce dernier finit par lui demander comment il compte gagner de l’argent. C’est alors que Claude va inventer toute une histoire à base de mouches, de vers et de viandes pourries, tout cela pour cacher la vérité. Mais le beau-père ne se laisse pas avoir et pose tout un tas de questions.
J’avoue ne pas avoir été une grande fan de cette histoire. D’accord, Claude voulait démontrer à son beau-père qu’il était capable de prendre soin de Clarisse, mais de là à inventer une histoire aussi farfelue (et répugnante) sur des verres et de la viande qu’on laisse pourrir… hm, je ne sais pas trop. Je n’ai pas vraiment apprécié le côte « vas-y que je t’embrouille » de Claude, ni le ton moralisateur du beau-père.

Des détails sordides

Enfin, la dernière nouvelle, qui est aussi la plus longue et qui est donc plus développée, raconte toute la combine orchestrée par Claude pour la course de lévriers. Si tout se passe comme prévu, son chien devrait gagner la course pour la première fois, défiant ainsi tous les paris, et son maître empocherait presque deux mille livres. Seulement, dans ce genre d’entourloupe les choses se passent rarement comme prévues…
J’ai bien aimé le début de cette histoire. Claude expliquait minutieusement son plan et prenait le temps d’en parler à Gordon. En revanche, je n’ai pas du tout aimé les descriptions assez précises de ce qu’on faisait endurer au chien pour les rendre plus ou moins performants selon le résultat qu’on désirait. Je n’ai pas non plus aimé la fin, qui m’a encore une fois laissé sur ma faim. Je m’attendais à une conclusion complètement différente et j’ai été déçue.

Citation

— Faut être malin pour faire ce métier-là. Plus malin qu’un rat et c’est pas peu dire.
— Faut être vous-même rat, quoi!
La phrase m’échappa, sans le faire exprès, justement parce que j’avais les yeux posés sur lui. Il n’en fut pas vexé, au contraire.

Publicités

Bonjour ! Après une longue absence, je reviens sur le blog. Pendant toute cette année incroyable, pendant laquelle j’ai eu la chance de suivre des cours de littérature à St. Norbert College, Wisconsin, j’ai lu énormément de choses. Mais il s’agissait la plupart du temps d’extraits plus ou moins longs de romans, de lettres ou […]

Damoclès – Fatou Ndong

Couverture Damoclès

Je tiens tout d’abord à remercier l’auteure pour l’envoi de ce livre ! Quand j’ai lu le résumé, je me suis dit qu’il fallait absolument que je découvre ce roman. Étant une grande passionnée de l’Histoire des États-Unis et m’intéressant tout particulièrement au combat pour les droits civiques, j’ai su que ce livre était fait pour moi. Et je n’ai vraiment pas été déçue.

Quatrième de couverture

« Madelyn Johnson est une jeune afro américaine de dix-sept ans. Elle grandit à Jackson, dans le Mississippi, l’un des Etats le plus ségrégationniste d’Amérique. Tout va basculer lorsqu’elle se verra confier par sa mère, employée en tant que bonne au sein de la famille la plus riche de Jackson, la lourde tâche de donner des cours particuliers à leur fils. Une mission à garder secrète quoi qu’il en coute. Les Johnson devront non seulement faire face à la vie quotidienne dans le ghetto noir, mais aussi à l’absence d’un père qui a dû fuir le Ku Klux Klan il y a plusieurs années. Car dans le Mississippi, la peine de mort est la seule sentence pour les noirs coupables de quelque préjudice qu’il soit… »

Mon avis

Au début du livre, nous faisons la connaissance de Paul Harper, un jeune entrepreneur sur le point de devenir papa. Alors que sa femme est en salle d’accouchement, son ami et collègue Gibson reste pour le soutenir. Ce même Gibson l’encourage à se changer les idées en parlant d’autre chose, il ne s’attendait certainement pas à ce que Paul le renvoie de son entreprise, n’ayant plus besoin de lui… Qui aurait cru que dix-huit ans plus tard, les deux anciens amis se retrouveraient en tant qu’adversaires dans la course à la mairie ? Qui aurait cru que leurs enfants respectifs deviendraient amis et s’allieraient dans une bataille sans merci pour « nettoyer la ville » ? Madelyn, fille de la servante des Harper, se retrouve au milieu de toute cette folie raciste, politique et sociale. Elle aimerait bien que son amitié avec Sebastian, le fils de Paul et donc un blanc, soit acceptée d’un côté comme de l’autre. Mais elle se rend compte que le chemin vers l’égalité des noirs et des blancs est semé d’embûches et qu’il faudra encore du temps, beaucoup du temps pour que les choses changent.

Pour faire simple, j’ai adoré ce livre. Contrairement à d’autres romans trop « structurés », je n’ai pas eu l’impression d’avoir un début, un milieu avec son paroxysme et une fin. Pour moi, quand on apprend à connaître les Johnson et les Harper, c’est comme si on rencontrait quelqu’un et qu’on faisait sa connaissance. Les personnages prennent vie très rapidement. On sait qu’il y a un avant, qu’ils ont vécu des choses avant le début de ce livre et qu’ils en vivront après la fin. Je ne sais pas comment l’auteure s’y est pris mais c’est un coup de génie car j’avais vraiment l’impression de découvrir des personnes réelles plutôt que des personnages sortis de son imagination. Par conséquent, il était plus facile de les imaginer physiquement et de me représenter toutes les scènes dans la tête. J’ai donc trouvé cette lecture très vivante et c’est pourquoi je ne me suis pas ennuyée une seule fois.

Au début, j’avais un peu peur de me perdre avec tous ses personnages. Il y a les principaux comme Paul, Teresa, Madelyn, Sebastian, Sean et James mais il y a aussi les personnages mineurs comme Bettie Sue, Trent, Jane, Kirt… Mais l’histoire est tellement prenante qu’on arrive très vite à comprendre qui est qui et quel est le rôle de chacun. En revanche, je ne saurais dire qui est mon personnage préféré. Évidemment il y a les mauvais, les racistes, ceux qui se croient supérieurs aux noirs. Ceux-là, je ne les ai pas aimé. Mais j’ai aimé découvrir leurs histoires. Parfois, les auteurs bâclent la description des « méchants de l’histoire » et préfèrent se concentrer sur celle des héros. Mais ici, Fatou Ndong fait réellement exister les gens comme James et leur donne une véritable profondeur psychologique. J’ai vraiment apprécié le fait qu’elles développent tous ses personnages de la même façon.

J’ai également adoré la narration par de multiples personnages. Parfois, on relit la même scène vue par deux personnages différents. La première fois que c’est arrivé, je me suis dit que si cela arrivait trop souvent j’allais vite m’ennuyer. Mais pas du tout ! Au contraire, toutes les fois où c’est arrivé, j’ai aimé découvrir ce que pensaient les personnages de leur interlocuteur. Grâce à ces parallèles on apprend vite à cerner les personnages. On voit s’ils sont naïfs ou au contraire parfaitement lucides et cela nous aide à comprendre si l’on doit se fier à leur capacité de jugement…

Le fait que des réalités historiques aient été intégrées dans le livre nous aide à nous plonger complètement dans l’histoire. On n’a aucun mal à s’imaginer que Madelyn et Sebastian ont réellement existé. Ils sont un peu les Roméo et Juliette des temps modernes. Même sans parler d’amour, ces deux jeunes gens tiennent l’un à l’autre comme de véritables meilleurs amis. Ils ne font rien de mal et pourtant les conventions sociales leurs interdisent de se voir. J’imagine sans peine que des amitiés telles que celle-ci existaient dans l’Amérique des années 60 et c’est pourquoi ce livre m’a autant bouleversé.

Quant à la fin, je ne m’attendais pas du tout à ça. Ai-je été déçue pour autant ? Oh que non. Ce retournement de situation inattendu avec James, le comportement de Sean, la décision de Madelyn et les espoirs de Sebastian concluent magnifiquement ce roman.

Citations

Les gens parlent, ils disent des choses à propos de Madelyn…
— Madelyn ?
— On l’aurait vu à plusieurs reprises en compagnie d’un blanc… Moi je ne dis rien, tu sais ! Mais tu connais les rumeurs… Je préfère t’avertir avant que tu ne l’entendes de la bouche de quelqu’un d’autre. Si c’était vrai… et je ne dis pas que ça l’est… ça pourrait être très dangereux pour elle.

Si tu veux un conseil, si j’étais toi, je lui poserais un ultimatum. Il renonce à voir sa négresse et il se projette dans l’avenir avec toi. Autrement, il devient la risée de tout Jackson et bien entendu, tu le deviendras aussi par la même occasion.

N’avais-je pas cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête ? Tout ce temps, j’avais voulu croire que j’étais de ceux qui ne seraient jamais en danger, parce que j’avais Sebastian, je me mentais à moi-même. Je fermais les yeux sur tout, je n’écoutais pas les avertissements que l’on me faisait, je détournais les yeux devant les panneaux d’alerte que l’on mettait sur mon chemin.

Les Chevaliers d’Émeraude, tome 10 : Représailles – Anne Robillard

Couverture Les chevaliers d'émeraude, tome 10 : Représailles

Quatrième de couverture

« Arrivées au terme de leur période embryonnaire, des milliers de larves cachées dans le sol d’Enkidiev s’apprêtent à sortir de leur torpeur. Après quelques années de paix, les Chevaliers doivent donc se préparer à affronter ce nouveau fléau. Bien décidé à se venger de Parandar, le dieu déchu Akuretari profite de cette nouvelle invasion pour attaquer les humains en possession des armes de Danalieth. Il apprendra à ses dépens la force de leur instinct de survie.
C’est lors d’une tragédie au Royaume de Diamant que le Roi Onyx se montre sous son vrai jour. Son attitude imprévisible sèmera le doute dans l’esprit de ses Chevaliers. Malgré tout, son fidèle ami Hadrian d’Argent tentera de le ramener à la raison.
Frustré par les incessants déboires de son sorcier, l’Empereur Noir se décide à passer lui-même à l’attaque. Avec cette terrible incursion commence la réalisation de la prophétie. Mais en même temps, l’Ordre se retrouve privé du précieux bouclier de Lassa… »

Mon avis

Voilà quatre ans que les Chevaliers mènent une vie ordinaire. Ne pouvant rien faire avant que les larves ne sortent de terre, Wellan et ses compagnons reprennent leur vie de parents, leur vie d’époux et de fermiers. Ils profitent de cette paix et semblent même oublier que leur mission première est de sauver Enkidiev. Lorsque les soldats de l’Empereur sortent enfin de leur cachette, la plupart des Chevaliers abandonnent à contrecoeur la vie dont ils avaient profité pendant ces quatre années, mais ils reprennent vite leurs habitudes. L’ennemi est fort, très fort. Trop fort pour eux peut-être. Il s’étend sur tout le continent et plus les Chevaliers tuent des larves, plus il en sort de terre. Beaucoup sont découragés et ne savent plus quoi faire. D’autant plus qu’ils doivent gérer les attaques d’Amecareth en personne, d’Akuretari et d’Asbeth. Le sort semble s’acharner sur ces braves hommes et femmes et on se dit que la fin est proche. Qu’il soit heureux ou malheureux, le dénouement ne va pas tarder.

Comme d’habitude, j’ai été très heureuse de retrouver les Chevaliers d’Émeraude. Après dix tomes, je me suis réellement attachée à eux et je m’inquiète toujours de ce qui peut leur arriver. Malheureusement, j’ai été un peu déçue par ce tome, pour une raison très particulière : on s’éparpille. Clairement, l’auteure a voulu rendre l’aventure encore plus complexe, plus palpitante et nous faire découvrir encore plus d’ennemis. Le problème, c’est que je me suis retrouvée un peu perdu. Il y a beaucoup de rythme dans ce tome, il se passe beaucoup de choses, beaucoup d’actions différentes. Mais le grand problème c’est que d’un chapitre à un autre, on passe de problèmes en problèmes et il faut parfois attendre cinq ou six chapitres avant de reprendre là où on s’était arrêté pour une action. C’était un peu confus et déroutant. Au final on se pose beaucoup de questions, on découvre de nouveaux problèmes mais on n’obtient aucune réponse. Évidemment, j’ai maintenant envie de lire le tome suivant, mais je suis vraiment frustrée pour celui-ci.

Je ne saurais pas dire quel est le personnage central de ce tome. En général, quelques chevaliers ou écuyers se détachent toujours du lot et on s’intéresse plus particulièrement à eux. Ici, tout est tellement mélangé que chacun est au même niveau. J’étais un peu déçue par le fait que Swan brille par son absence. Dans ce tome, les seules fois où l’on parle d’elle, c’est en tant qu’épouse d’Onyx. Pour moi, Swan est la femme la plus courageuse de l’Ordre, elle n’est pas seulement la femme du renégat et la mère de ses enfants. J’ai trouvé dommage qu’elle soit réduite à sa condition de mère.
Quant à Hadrian, j’ai pour l’instant un peu du mal à le cerner. Je ne comprends pas encore très bien son importance dans l’Ordre. Certes, il est le seul capable de contrôler les actes d’Onyx (et encore, il n’y arrive pas toujours). Donc je ne vois pas très bien ce qu’il vient faire là. Et l’histoire avec Jenifael… ce n’est juste pas possible.

Liam avait pris pas mal d’importance ces derniers tomes et j’étais heureuse de le retrouver dans celui-ci. La relation maître/écuyer qu’il a avec Kevin est toujours très intéressante étant donné que ce chevalier n’est plus comme les autres depuis son enlèvement. En revanche, ce qui arrive à Liam à la fin du livre m’a complètement dérouté. Il se passait déjà assez de choses sur Enkidiev pour qu’on s’aventure dans les territoires inconnus et qu’on découvre de nouveaux peuples plus particuliers les uns que les autres. J’avais beaucoup de mal à porter intérêt aux Pardusses et Tégénaires car j’étais trop inquiète pour ce qui se passait à Enkidiev. Peut-être que ces peuples joueront un rôle dans les prochains tomes ? Ce serait intéressant de les intégrer dans les territoires connus. Sinon je crains ne pas leur porter un très grand intérêt.

Je me suis attardée sur les points négatifs mais ce tome, comme tous les autres, est empli de points positifs. Il y a beaucoup d’émotions. Lorsqu’une tragédie vient toucher le château d’Émeraude, j’étais au bord des larmes. On s’attache tellement aux personnages que dès qu’il leur arrive quelque chose, on a l’impression de perdre un ami ou une connaissance. Il y a également beaucoup d’action, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Et comme souvent dans Les Chevaliers d’Émeraude, ce tome se termine sur un gros suspens qui nous donne envie de lire le tome suivant.

Un aperçu rapide des événements qui se sont produits du 15 au 20 juin 1940

Ce petit livre traînait sur mon étagère depuis un sacré bout de temps. Je n’osais pas l’ouvrir, je n’osais pas le parcourir. Et pour cause : j’avais peur d’être bouleversée. Ce livret regroupe des extraits de journaux locaux qui nous racontent ce qui s’est passé dans les principales villes du Loiret au début de l’Occupation allemande. Étant originaire de ce département, j’y suis particulièrement attachée et connaître toutes les horreurs qui s’ étaient déroulées ne me tentait pas plus que ça… Mais j’ai enfin franchi le pas.

Quatrième de couverture

« Extraits des reportages publiés dans les numéros du Gâtinais des 6, 13, 20 juillet et 10 août. Zones traitées : principalement Gien, Sully-sur-Loire, Gondreville, Pithiviers, puis Puiseaux, Montargis, Orléans. Il ne s’agit pas de généralités sur la guerre et l’époque mais de reportages de terrain sur les combats et les destructions, de nombreux de civils de la région sont nommément cités. »

Mon avis

Le premier extrait du livret nous explique que l’un des journal local n’avait pas pu être publié pendant quelques jours à cause de l’arrivée des allemands et de la situation compliquée à laquelle devait faire face les habitants du Loiret. Une fois le calme (relativement) revenu, les journalistes avaient du récolter des informations pour faire un bref compte-rendu à la population. La première ville dont on parle est Gien. C’est exactement ce que je redoutais… Gien est la ville dans laquelle je suis née et je la connais plus ou moins sur le bout des doigts. Alors quand je lisais et que je voyais des noms de rue ou d’avenue ayant été détruites par des bombes, des incendies ou quand je lisais que des personnes avaient été retrouvées mortes à tel ou tel endroit, j’étais bouleversée. C’est difficile de se dire qu’à un endroit où l’on est passé des centaines de fois, des choses aussi horribles se sont produites. Je ne vois plus la ville de la même façon et je pense qu’à partir de maintenant, dès que je passerais dans ces rues je penserais aux événements qui s’y sont déroulés.

En ce qui concerne les autres villes, comme Sully-sur-Loire ou Orléans par exemple, je les connais, mais pas autant que Gien. Par conséquent, quand il y avait des noms de rues ou de places, j’avais du mal à me repérer. Évidemment, les extraits sont tirés de journaux locaux, lus par des habitants de ces villes et c’est pourquoi il y a un tel niveau de détail. Mais il faut bien avouer que c’est un peu dur à suivre quand on ne connaît pas très bien la ville. En plus de ça, le journaliste situe parfois les événements au niveau de la maison de monsieur un tel ou madame un tel. Certes, les gens de l’époque comprenaient, mais un lecteur actuel se retrouve vite perdu. Je pense que ce serait vraiment bien si un spécialiste de l’histoire du département se penchait sur ce livre et y ajoutait ses connaissances pour que les lecteurs d’aujourd’hui puissent comprendre et situer tout ce qu’il lit. Le livre n’en gagnerait que plus d’intérêt !

J’ai également eu un peu de mal avec le style d’écriture. Je suis parfaitement consciente qu’il s’agissait du style journalistique de l’époque et que dans les années 40, tout le monde y était habitué. Mais personnellement, j’ai trouvé la plume très lourde et j’avais parfois besoin de relire des phrases pour les comprendre. Il fallait que je sois bien concentrée pendant cette lecture. Malheureusement avec le nombre de lectures requises pour mes cours de littérature ou de linguistique, j’avais envie de me détendre et je ne le pouvais pas vraiment avec ce livre.

Difficile de faire des critiques sur un tel livret puisqu’il nous donne un témoignage unique sur le drame de l’Occupation dans le Loiret. Mais bon, j’ai toujours partagé un avis honnête sur le blog et puis mes critiques n’en sont pas vraiment, ce sont plutôt des petits détails qui m’ont empêché d’avoir un coup de coeur. Le livre en lui-même reste très instructif et je ne regrette vraiment pas de l’avoir lu. Je le conseille à tous ceux qui s’intéressent à l’Occupation et au département du Loiret. C’est captivant de voir comment l’arrivée des allemands a été perçue dans les petits villages. Les documentaires se concentrent d’habitude sur Paris ou autres grandes villes mais ils parlent rarement des zones rurales dans lesquelles l’Occupation a été tout aussi horrible qu’ailleurs.

Citations

C’est des fenêtres du château que l’on se rend le mieux compte du cataclysme qui a frappé la ville. La Loire coule en bas, majestueuse; sous son flot, en séjour rapide, se devine déjà le banc de sable. Mais les yeux rechercheraient en vain une maison intacte et les quelques murs qui subsistent ont l’air de sentinelles fatiguées, prêtes à s’écrouler. Pauvre Gien, pauvre victime de la guerre !

Le malheur fortifie les âmes. Orléans restera fidèle à son passé et préparera l’avenir.

Coeur itinérant, tome 1 : Hors de portée – Jane Harvey-Berrick

Résumé :

« Aimee assiste pour la première fois à une fête foraine à l’âge de 10 ans quand celle-ci passe deux semaines dans sa ville. Elle y rencontre Kes, un garçon de son âge qui y travaille, et une amitié rare et touchante se construit entre eux. Chaque année, ils se retrouvent pour deux semaines qui illuminent leur vie. Et alors que leur amitié d’enfance se développe en amour, une fois adultes, les choix deviennent difficiles à faire et tous les deux comprennent que deux semaines par an ne seront jamais suffisantes. »

Mon avis :

Voilà bien longtemps que je n’avais pas lu une romance. C’est grâce à MxM Bookmark et leur collection Infinity que j’ai pu découvrir ce livre et pour être honnête, cette histoire est parfaite pour une fin d’été où on veut juste lire pour s’évader et non pour réfléchir…

La vie d’Aimee bascule le jour de ses dix ans. Après avoir longuement insisté, ses parents acceptent enfin de l’emmener à la fête foraine, une lieu qu’elle trouve magique. Rendez vous compte. Un soir, des camions arrivent et le lendemain matin, tout un univers de jeu et d’émerveillement s’est élevé. La jeune fille aimerait s’amuser comme une folle mais ses parents sont assez réticents, même une fois entrés dans le parc. C’est alors qu’apparaît Kes, un jeune garçon du même âge qu’Aimee. Les deux enfants vont immédiatement se lier d’amitié et ils ne cesseront de se voir pendant deux semaines. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin et Kes doit repartir sur les routes. Commence alors une attente interminable. Chaque été, la même histoire recommence. Les jeunes gens se retrouvent, profitent de deux semaines intenses et se séparent, le coeur brisé. Pourtant, ils ne renonceraient pour rien au monde à la relation qu’ils ont bâtie. Comment peuvent-ils s’en sortir ? Quelles solutions vont-ils trouver ? Ce qui est sûr, c’est qu’ils devront faire des choix plus difficiles les uns que les autres…

J’étais persuadée d’avoir rencontré mon âme soeur, mais on me l’arrachait systématiquement. C’était injuste.

Pour être honnête, j’ai adoré ce livre. Bien que les sentiments des personnages soient très complexes et parfois un peu durs à comprendre, cette lecture reste légère. C’est une romance qu’on a aucune peine à lire, elle est très fluide et tous les éléments s’emboîtent parfaitement. J’ai particulièrement aimé le fait que l’on apprend à connaître les protagonistes au fil des années. Kes et Aimee n’ont que dix ans au début du livre. C’est intéressant de les voir grandir et mûrir. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé ces personnages, ils sont très attachants. Kes n’a pas une vie facile. On pourrait croire qu’être forain le comble de bonheur mais c’est faux. Certes, il aime les gens avec qui il travaille et il aime faire des spectacles. Mais son métier l’empêche également d’être avec la personne dont il aimerait partager la vie. Quant à Aimee, elle sent que sa place est ailleurs et pourtant, elle ne peut pas abandonner sa famille ni son ambition de carrière. Elle sait qu’elle n’est pas foraine et qu’elle ne le sera jamais, mais cela ne l’a pas empêché de tomber amoureux d’un garçon qu’elle ne voit que deux semaines par an… En tant que lecteur, on apprécie de voir leur histoire compliquée se dérouler sous nos yeux. (C’est un peu cruel, vous ne trouvez pas ? ahah)

Le style d’écriture est fluide et facile à lire. Ce qui est remarquable, c’est qu’on ne perd jamais le fil même si l’histoire est étalée dans le temps. On a aucun mal à se repérer et à passer d’une « époque » à l’autre. En revanche, si je devais trouver un point négatif, je dirais que j’ai été un peu déçue par les dialogues. Ils sont intéressants et apportent un vrai plus, il n’y a aucun doute là-dessus. Mais quelque chose m’a fait tiqué : Kes et Aimee parlent de la même façon. C’est assez paradoxal lorsqu’on sait qu’Aimee lit énormément et va à l’école tandis que lui est dyslexique et passe le plus clair de son temps à cracher du feu ou à faire des pirouettes sur son poney. Je ne dis pas qu’Aimee devrait parler de façon guindée ou quoique ce soit, mais il devrait tout de même y avoir une légère différence étant donné leur niveau d’éducation et leurs origines sociales. J’ai également trouvé peu de différences dans les dialogues entre le moment où les deux personnages avaient 10 ans et celui où ils avaient plus d’une vingtaine d’années. Pourtant un enfant ne parle clairement pas comme un adulte, enfin, je l’espère ! Mais bon, vous pouvez dire que je cherche la petite bête car ce livre était vraiment très agréable à lire dans son ensemble.

— Si l’amour, ça ne te suffit pas, alors quoi ?
— Je vais te dire : avoir à manger, avoir un toit au-dessus de ma tête, avoir un travail. Il faut tout ça avant de pouvoir se consacrer à une relation. L’amour, ça ne nourrit pas et ça ne tient pas chaud. Dès qu’on doit penser à la réalité, tout s’effondre.

Quant à la fin, je ne vous spoilerai pas, mais je pense que vous serez aussi étonnés que moi ! Je ne m’attendais pas à ça, ou du moins, pas d’une façon aussi brutale. C’est bien pour cela que j’ai hâte de découvrir le tome deux en espérant que cette fois-ci, le dénouement répondra plus à mes attentes ! J’ai hâte de retrouver ces personnages dans un second livre car je me suis vraiment attachée à eux. Le premier livre n’est pas très court et pourtant j’ai l’impression de n’avoir passé que trop peu de temps en compagnie de ces protagonistes !

Je pensais que nos retrouvailles allaient être maladroites, je m’attendais à ce qu’il soit nerveux. Mais aussi désinvolte ? Non. Je le détestais un petit pour ça.

En résumé, voici une romance parfaite pour cette fin de vacances. Cette lecture est vraiment sympathique et sans prise de tête. On suit avec délice les aventures de Kes et Aimee, deux adolescents qui se sont engagés dans une relation compliquée. Les personnages sont attachants et on espère à chaque seconde qu’ils prendront la bonne décision. Le coup de coeur pour ce livre n’était pas loin ! Peut-être que le second tome sera encore meilleur, je l’espère en tout cas!

Difficile d’expliquer ce que symbolisaient pour moi ces deux semaines d’été. Je ne vivais que pour elles. Le reste de ma vie, je le passais à l’attendre. Bien sûr, j’allais à l’école et j’avais des copines – mais pas de copains parce que j’était maigre et que je n’avais pas de poitrine. De toute façon, aucun garçon n’arrivait à la cheville de mon forain.

City on Fire – Garth Risk Hallberg

Résumé :

« 31 décembre 1976. New York se prépare pour le réveillon. Chez les Hamilton-Sweeney, Felicia accueille financiers et mondains tandis qu’à l’autre bout de la ville, dans le Lower East Side, Charlie, venu de Long Island, attend Sam pour assister à un concert punk. Mais Sam a un autre rendez-vous auquel elle tient plus que tout. Elle retrouvera Charlie dans quelques heures à la station de métro de la 72e Rue. À quelques encablures de là, dans Hell’s Kitchen, Mercer Goodman tourne et retourne un délicat carton d’invitation. Et s’il se rendait à la réception des Hamilton-Sweeney pour retrouver Regan, cette sœur que William, en rupture avec sa famille, lui a toujours cachée ? Pourquoi ne pas saisir l’occasion d’en apprendre plus sur William, son amant, l’ancien leader du groupe punk Ex Post Facto ?
Bientôt, des coups de feu retentissent dans Central Park. Une ombre s’écroule dans la neige…
Qu’est-ce qui peut bien unir ces êtres – qui n’auraient jamais dû être amenés à se rencontrer – à un meurtre commis au cœur de Central Park ? Au sein de ce roman choral, leurs histoires s’entremêlent et nous entraînent dans les recoins les plus infimes de la ville. »

Mon avis :

Je remercie Le Livre de poche pour l’envoi de ce livre. Lorsque j’ai vu City on Fire dans la sélection de l’été, je n’ai pas pu résister. Ce roman a fait un tel buzz lors de sa sortie française que je ne pouvais pas résister à l’envie de le découvrir. Ce pavé de 1200 pages est, certes, salué par de nombreux critiques mais fait également l’objet de chroniques plus modérées de la part de plusieurs blogueurs littéraires. Par conséquent, je ne savais plus trop si j’allais faire face à un chef d’oeuvre ou si j’allais moi aussi être déçue par le roman… Il ne me restait plus qu’une chose à faire : le lire !

Ah, le réveillon du nouvel an, ce jour où l’on se dit qu’on peut tout recommencer à zéro. On prend un tas de bonnes résolutions et on imagine que notre vie va changer du tout au tout. Mais en ce 31 décembre 1976, si l’existence de plusieurs personnes va être bouleversée, ce ne sera pas à causes de promesses en l’air qu’ils se font à eux-mêmes. Non, ce sera à cause d’un crime commis au coeur de Central Park. Sam, Mercer, Charlie, William, Regan et Keith seront à jamais liés, plus ou moins directement, par ces coups de feu. Pourtant à première vue, une gamine rebelle n’a rien à voir avec la fille d’une des familles les plus riches de New York. Un professeur n’a rien à voir avec l’ancien leader d’un groupe punk. Dans ce New York des années 70, le temps tisse une toile qui finit par unir les gens à travers tout un tas de rebondissements et de mises à l’épreuve. Une chose est sûre, personne ne sortira de cette décennie indemne.

Quand on est jeune et que le destin en explosant, creuse des cratères dans votre vie, on a les ressources nécessaires pour la reconstruire. Au-delà d’un certain âge, on dissimule simplement les dégâts en les oubliant derrière un mur.

Écrire la chronique de City On Fire se révèle plus compliquée que ce que j’avais imaginé. Ce roman est unique. Il ne rentre dans aucune case, dans aucune catégorie. La plume de l’auteur est vraiment particulière, je dirais même, incomparable. Quant à l’histoire, elle est forgée à base de flashbacks, de bonds dans le temps et d’interludes. Honnêtement, ce livre est sans égal et il est difficile de critiquer ou de noter sans pouvoir prendre un autre roman pour référence. D’ailleurs, il n’y aura pas de note à la fin de cette chronique car pour moi, ce livre est une véritable expérience personnelle en soi. C’est difficile à expliquer mais je pense que chacun vivra cette lecture différemment tant elle est unique.

Le fait qu’elle soit unique ne veut pas dire qu’elle plaira à tout le monde. D’ailleurs, moi, je n’ai pas accroché. Je n’ai pas non plus été totalement déçue mais je m’attendais à autre chose. C’est le style de l’auteur qui m’a principalement dérangé. Ce n’est pas le genre d’écriture que j’apprécie. Par exemple, Garth Risk Hallberg peut faire tout un paragraphe sur la neige qui tombe sur New York. Beaucoup de gens trouvent ça beau et poétique, mais personnellement je trouve que c’est une perte de temps. Évidemment, dans un roman de plus de 1000 pages, il est inévitable d’avoir quelques longueurs. Le problème c’est que pour moi, tout ce qui n’était pas du dialogue était barbant. En fait, j’avais l’impression que l’auteur cherchait à mettre des métaphores partout. Même la chose la plus infime était comparée à un élément poétique ou à n’importe quel autre objet. C’est sympa à petite dose et quand les métaphores me font rire ou me font imaginer des choses loufoques. Mais quand il s’agit simplement de faire des comparaisons pour faire des comparaisons… là, je n’adhère pas. À mon goût, il y’avait trop de narration et pas assez d’action. Parfois les personnages divaguaient et nous parlaient de choses qui n’apportaient franchement pas grand-chose à l’intrigue.

Parlons-en d’ailleurs, de ces personnages. À première vue, ils sont tous très intéressants et ont tous connu des difficultés qui leur donnent un petit côté attachants. Malheureusement, j’ai trouvé une certaine monotonie dans leurs histoires, dans leurs façons de se comporter et de parler. En effet, si chaque chapitre se concentre sur un personnage, il est difficile de savoir de qui on parle avant que le prénom ne soit évoqué. Ils sont tous un peu rebelles et désespérés et c’est dommage car la différence entre eux n’est pas très marquée. Bien sûr, cela peut faire partie de « l’effet de style ». Tout le monde se noie de la même façon dans ce New York des années 70. Il n’empêche que pour m’attacher à des personnages, j’aime bien qu’ils soient uniques en leur genre et non pas qu’ils soient des pions coulés dans le même moule.

On peut construire une vie sur ça : deux personnes qui connaissent les failles l’une de l’autre et choisissent néanmoins de rester assis ensemble, en chaussettes, sous la lampe, à lire des magazines en essayant de ne pas penser trop loin au-delà de la journée qui s’achève ou de celle qui vient.

Dans l’ensemble, mon avis sur le livre est donc assez négatif puisque ma lecture a été fastidieuse. Je mettais plus d’une heure à lire quarante pages et honnêtement je pensais que je n’arriverais jamais à avancer. Mais comme je l’ai dit plus haut, ce roman est unique. Et si on se plonge complètement dans le roman et dans son ambiance on se retrouve hors du temps. Un matin où je lisais, au calme, sans aucune distraction, j’ai sincèrement été absorbée dans ce livre. Nous étions en plein mois d’août, il faisait chaud mais j’avais l’impression d’être au Nouvel An. Je lisais à ce moment-là le passage sur le premier janvier et bizarrement (non, vraiment, c’était bizarre !) je ressentais toute cette euphorie, cette sensation particulière que l’on ressent un premier janvier quand on se dit qu’une nouvelle année vient de commencer. En refermant le livre ce jour-là, j’ai mis quelques minutes à réintégrer la vraie vie et sur le coup… j’étais complètement sidérée. Être plongée dans un livre, oui, ça m’est déjà arrivé, mais confondre la fiction et la réalité, c’était une première. Donc même si ce roman m’a déçue dans son ensemble, quelques points positifs qui ont égayé ma lecture.

En résumé, Garth Risk Hallberg nous montre dans ce premier roman tout l’étendu de ses talents. Grâce à son intrigue, ses personnages ou ses interludes, l’auteur nous prouve qu’il a énormément d’imagination, qu’il sait écrire les passages narratifs et les dialogues et que les longueurs ne lui font pas peur. Malheureusement, son style d’écriture très poétique et purement littéraire n’est pas le genre auquel j’accroche. Comme d’habitude avec ce genre de plumes, je sais que d’autres personnes sauront apprécier ce livre à sa juste valeur. Je retiendrais tout de même le fait que ce livre est unique. Cette lecture n’a ressemblé à aucune autre et rien que pour ça, je me dis que ça valait le coup de découvrir ce roman !

L’échec est tellement plus intéressant. Tout porte à croire que Dieu considère l’humanité comme un échec. Les choses deviennent intéressantes juste au moment où elles s’effondrent.

Think of England – KJ Charles

Résumé :

« England, 1904. Two years ago, Captain Archie Curtis lost his friends, fingers, and future to a terrible military accident. Alone, purposeless and angry, Curtis is determined to discover if he and his comrades were the victims of fate, or of sabotage. Curtis’s search takes him to an isolated, ultra-modern country house, where he meets and instantly clashes with fellow guest Daniel da Silva. Effete, decadent, foreign, and all-too-obviously queer, the sophisticated poet is everything the straightforward British officer fears and distrusts. As events unfold, Curtis realizes that Daniel has his own secret intentions. And there’s something else they share : a mounting sexual tension that leaves Curtis reeling. As the house party’s elegant facade cracks to reveal treachery, blackmail and murder, Curtis finds himself needing clever, dark-eyed Daniel as he has never needed a man before… »

Mon avis :

Think of England est un livre que j’ai eu la chance de traduire pour MxM Bookmark. Dès la lecture du résumé, j’ai eu un coup de coeur. Le fait que l’histoire se passe dans l’Angleterre du début du vingtième siècle et que le personnage soit un ancien soldat m’avait tout de suite donné le déclic et je savais que ce roman allait me plaire. Je n’ai pas été déçue !

Sir Hubert Armstrong et sa femme Sophie invitent plusieurs de leurs connaissances pour de petites vacances dans leur manoir isolé au coeur de la campagne anglaise. Parmi leurs hôtes se trouvent Archie Curtis, un ancien soldat qui se remet à peine de l’incident au cours duquel il perdu trois doigts, plusieurs amis et toute joie de vivre. D’ailleurs, il n’est pas venu pour faire la fête. Il a comme l’impression que ce cher monsieur Armstrong n’est pas aussi innocent qu’il en a l’air. En effet, après la faillite de son concurrent causé par la mort des amis de Curtis, Sir Hubert s’est incroyablement enrichi. Archie décide donc d’enquêter pour dissiper ou confirmer ses soupçons. Seulement, il va rapidement se rendre compte que Daniel Da Silva cherche également à en apprendre plus sur celui qui les accueille. Les deux hommes vont devoir apprendre à travailler ensemble, mais c’est loin d’être gagné. Entre un dandy efféminé et un soldat soucieux de prouver sa virilité, l’entente n’est pas évidente. Pourtant, s’ils veulent coincer Armstrong, ils n’auront d’autres choix que de s’allier…

“Jesus!” he yelped.
“I fear not,” said a silky voice, and Curtis realised that he had collided with da Silva. “Both Jewish, of course, but the resemblance ends there.”

Dès les premières pages, j’ai adoré cette histoire et plus particulièrement le personnage de Curtis. On comprend que l’incident de Jacobsdal l’a profondément blessé aussi bien physiquement que mentalement et c’est pourquoi il a besoin de réponse. J’ai aimé le suivre dans sa quête de vérité palpitante. Cette aventure ne fut pas de tout repos pour lui ni pour le lecteur ! En fait, on se prend au jeu et dès que Curtis se met en danger, on a peur pour lui et on espère qu’il va s’en sortir. Ce livre met nos nerfs à rude épreuve. Surtout qu’une fois la vérité découverte, le plus dur reste à faire. Curtis et Da Silva ne sont pas au bout de leurs surprises et on ressent presque de la pitié pour eux. D’ailleurs, en parlant de ce dernier, j’ai apprécié sa personnalité. Il est un peu spécial, il faut l’avouer, mais plus on apprend à le connaître et plus il semble sympathique.
Tous les personnages ont quelque chose d’intéressant. Ils ne sont pas tous attachants, non, loin de là ! Mais ils ont tous un visage public et une facette secrète qu’ils vont peu à peu dévoiler au fil de l’intrigue. Les personnes qui nous inspiraient confiance peuvent nous décevoir et inversement. Résultat, on ne s’ennuie jamais pendant notre lecture car on s’attend toujours à un rebondissement.

Le style d’écriture est fluide et agréable à lire. De plus, il y a un bon équilibre entre narration et dialogues, ce qui nous permet de nous représenter facilement les scènes. On imagine très bien Curtis et Da Silva surpris en pleine enquête dans la bibliothèque, avec toutes les étagères pleines de livres, les fauteuils recouverts de tissu luxueux et les vieux bureaux. Pour moi, cette pièce était particulièrement bien décrite et tous les passages qui s’y déroulaient m’ont fascinée. J’ai également adoré la façon dont la maison de plaisance était décrite même si au début, je me demandais pourquoi on parlait autant de cette bâtisse. Je ne comprenais pas pourquoi elle tenait une place importante dans l’histoire et quand j’ai enfin su pourquoi, je n’étais vraiment pas déçue ! En revanche, si je devais formuler une petite critique négative sur la plume de l’auteure, je dirais qu’elle est assez répétitive par moment. Il y a certaines expressions, certaines tournures de phrases qui reviennent souvent et c’est parfois lassant. Et si les chapitres sont bien définis, les premières phrases qui les composent sont souvent maladroites. On a l’impression que l’auteure peine à introduire l’élément nouveau. Pourtant, l’histoire est passionnante et elle n’aurait pas dû s’encombrer avec des détails qui ne font qu’alourdir ses phrases.

To have people cut you dead, or look at you with contempt, or have your friends and family turn their backs— You don’t know what that’s like. I don’t want you to know what that’s like. God damn it, I saw your face when you thought your uncles would get those bloody photographs!

Pour finir sur une note positive, je tiens à dire que la fin a répondu à toutes mes attentes. Je n’imaginais pas une autre fin que celle-ci et j’étais comblée !

Pour résumer, Think of England est un livre que je vous conseille. L’enquête menée par Curtis vous fera passer par tout un tas d’émotions et, je l’espère, vous passionnera autant que moi. Je lirais certainement d’autres livres de cette auteure car d’après ce que j’ai vu, le contexte historique est toujours très présent et c’est justement ce qui me plaît.

What I mean is, one can’t help one’s fears. The question isn’t if you’re a fellow who cries in the night before a big engagement—and I knew a damned brave man who did exactly that, regularly. It’s whether you pick yourself up the next day.

L’histoire de la Bête – Serena Valentino

Couverture L'histoire de la BêteRésumé :

« C’est une histoire vieille comme le monde : celle d’un prince cruel transformé en Bête. Et celle d’une belle jeune fille qui surgit dans sa vie. Le monstre est métamorphosé par la compassion de la jeune fille et l’amour qu’il ressent pour elle. Puis ils se marient et ont beaucoup d’enfants.
Mais comme pour chaque histoire, il y a plusieurs versions. Qu’importe ce que l’on a pu dire ou écrire, une seule question demeure : qu’est-ce qui a changé le prince en la Bête que l’on connaît ?
Voici l’une de ces histoires. Une histoire de bêtes, et, bien sûr, de belles. »

Mon avis :

Nous connaissons tous l’histoire de La Belle et la Bête. Entre le livre de Madame de Villeneuve, son adaptation Disney et les différents films qui sont sortis, il est difficile de passer à côté de cette histoire d’amour entre une belle jeune femme et un monstre hideux. En revanche, nous ne savons que peu de choses sur la malédiction qui a condamné le Prince à se transformer peu à peu en bête sauvage. C’est donc avec plaisir que je me suis plongée dans ce livre de Serena Valentino qui nous raconte comment un homme dont toutes les princesses tombaient amoureuses a pu finir dans cet état…

Il était une fois, un beau prince qui vivait dans un château, entouré de ses domestiques. Sa dulcinée ne vivait pas encore à ses côtés mais les fiançailles avaient déjà été officialisées et le mariage se préparait petit à petit. Gaston, l’ami fidèle du prince, va un jour lui divulguer une terrible information : la fiancée du prince est la fille d’un porcher. Circé, cette jeune femme magnifique de laquelle il est tombé amoureux, n’est pas de sang royal et elle ne lui avait jamais dit… Un homme de son rang ne peut se permettre d’épouser la fille d’un paysan. Il met un terme aux fiançailles et brise à jamais le coeur de sa belle en multipliant les insultes et les provocations. Circé étant une sorcière, elle décide de lui jeter un mauvais sort qui pourra être brisé uniquement par le véritable amour. Le Prince n’en croit pas un mot. D’ailleurs, il ne constate aucun changement ni sur sa personne ni dans sa vie. Son ex-fiancée se serait-elle jouée de lui ?

Il a fini par épouser une roturière, une simple servante. Ce que je me refuse à faire, même si ce doit être la plus belle femme du royaume ! Pas après avoir enduré ce cirque avec la fille du porcher. 

Pour faire court, ce livre m’a laissé sur ma faim. Étant une grande fan de la série Once Upon A Time, je me suis habituée aux réécritures de contes un peu compliquées et farfelues. Ainsi, en lisant cette oeuvre de Serena Valentino, je m’attendais à quelque chose d’assez poussé, à une histoire originale qui me ferait découvrir des aspects méconnus du personnage de la Bête. Au final, je me suis retrouvée face à un livre, certes, divertissant mais qui reste banal. Au début de cette lecture, j’étais vraiment déçu, je m’attendais à quelque chose de plus palpitant. Au final, quand j’ai compris que ce livre était plus destiné à la jeunesse et qu’il ne fallait pas non plus avoir des attentes extraordinaires, je me suis laissée porter par l’histoire et j’ai tout de même passé un bon moment.

Commençons par parler du personnage principal, le Prince qui deviendra la Bête. Il est tout bonnement insupportable ! En fait, on en vient même à encourager les sorcières à lui lancer le sort le plus horrible possible. Il est narcissique, égoïste, prétentieux et ne pense qu’au prestige de sa couronne plutôt qu’à profiter de la vie. Il était amoureux de Circé et pourtant il va l’abandonner et la faire souffrir parce qu’elle n’est pas assez bien pour lui. Puis, lorsqu’il repart à la conquête d’une nouvelle fiancée, il s’attarde d’abord sur ses origines sociales, puis sur son physique. Il souhaite également qu’elle soit légèrement simplette, comme ça elle ne discutera aucun de ses ordres et elle aimera naïvement ce beau prince. Bref, le cliché de l’homme macho. Il se croit plus malin que tout le monde puisqu’il compte tromper les sorcières et leur faire croire qu’il a trouvé l’amour véritable. Évidemment, son plan échoue et se retourne même contre lui. Bien fait.

La Bête est véritablement au centre de ce livre. Les autres personnages ne sont qu’accessoires et on ne se concentre sur aucun d’entre eux. J’étais tout de même surprise de découvrir les liens qui unissaient Gaston et le Prince. Qui aurait cru que ces deux hommes étaient amis avant la malédiction ? Enfin, quand on y réfléchi, c’est plutôt logique. Ils ont tous les deux le même caractère et ont également la même vision des femmes…
Quant à Mrs. Samovar, à Big Ben et aux autres serviteurs, j’ai aimé les retrouver sous leur forme humaine avant que le mauvais sort ne les atteigne. Ce sont des personnages attachants dans le sens où ils continuent à servir leur maître même s’ils savent que ce n’est pas un homme bon. Ils sont dévoués à leur tâche et seront malheureusement les victimes innocentes du sort de Circé.

Le Prince […] n’avait nullement besoin d’une femme encline à la réflexion ; il était suffisamment brillant pour penser et décider en leurs deux noms.

En quelque sorte, ce livre m’a laissé de marbre. Lorsqu’on lit un conte, on s’attend à être transporté dans un monde féérique. En lisant L’histoire de la Bête, je n’a ressenti aucune émotion particulière, je tournai les pages mécaniquement pour connaître tous les tenants et les aboutissants du passé du Prince, mais cela ne me passionnait pas plus que ça. Je pense que j’avais trop d’attentes, que j’imaginais une histoire plus complexe avec plus de détails imaginés par l’auteure. Au final, cette lecture n’est pas désagréable et c’est assez sympathique de redécouvrir un conte célèbre du point de vue du méchant. Il faut juste garder en tête que c’est un livre destiné à la jeunesse et que la trame reste donc simple.

En résumé, j’ai passé un moment divertissant en découvrant le passé du Prince devenu Bête. Malheureusement, son histoire n’a rien d’original et reprend les clichés des méchants princes narcissiques. Je suis donc passée à côté du coup de coeur. Mais si on modère ses attentes, cette lecture peut se révéler agréable. Je pense lire les deux autres oeuvres de cette collection consacrées à la méchante reine et à Ursula.

Le sortilège est jeté, et ton sort est entre tes mains. Fais les bons choix, mon prince, change ce que tu es, et tu seras épargné. Perds-toi sur la voie de la vanité et de la cruauté, et je ne réponds pas des souffrances que tu endureras.