Think of England – KJ Charles

Résumé :

« England, 1904. Two years ago, Captain Archie Curtis lost his friends, fingers, and future to a terrible military accident. Alone, purposeless and angry, Curtis is determined to discover if he and his comrades were the victims of fate, or of sabotage. Curtis’s search takes him to an isolated, ultra-modern country house, where he meets and instantly clashes with fellow guest Daniel da Silva. Effete, decadent, foreign, and all-too-obviously queer, the sophisticated poet is everything the straightforward British officer fears and distrusts. As events unfold, Curtis realizes that Daniel has his own secret intentions. And there’s something else they share : a mounting sexual tension that leaves Curtis reeling. As the house party’s elegant facade cracks to reveal treachery, blackmail and murder, Curtis finds himself needing clever, dark-eyed Daniel as he has never needed a man before… »

Mon avis :

Think of England est un livre que j’ai eu la chance de traduire pour MxM Bookmark. Dès la lecture du résumé, j’ai eu un coup de coeur. Le fait que l’histoire se passe dans l’Angleterre du début du vingtième siècle et que le personnage soit un ancien soldat m’avait tout de suite donné le déclic et je savais que ce roman allait me plaire. Je n’ai pas été déçue !

Sir Hubert Armstrong et sa femme Sophie invitent plusieurs de leurs connaissances pour de petites vacances dans leur manoir isolé au coeur de la campagne anglaise. Parmi leurs hôtes se trouvent Archie Curtis, un ancien soldat qui se remet à peine de l’incident au cours duquel il perdu trois doigts, plusieurs amis et toute joie de vivre. D’ailleurs, il n’est pas venu pour faire la fête. Il a comme l’impression que ce cher monsieur Armstrong n’est pas aussi innocent qu’il en a l’air. En effet, après la faillite de son concurrent causé par la mort des amis de Curtis, Sir Hubert s’est incroyablement enrichi. Archie décide donc d’enquêter pour dissiper ou confirmer ses soupçons. Seulement, il va rapidement se rendre compte que Daniel Da Silva cherche également à en apprendre plus sur celui qui les accueille. Les deux hommes vont devoir apprendre à travailler ensemble, mais c’est loin d’être gagné. Entre un dandy efféminé et un soldat soucieux de prouver sa virilité, l’entente n’est pas évidente. Pourtant, s’ils veulent coincer Armstrong, ils n’auront d’autres choix que de s’allier…

“Jesus!” he yelped.
“I fear not,” said a silky voice, and Curtis realised that he had collided with da Silva. “Both Jewish, of course, but the resemblance ends there.”

Dès les premières pages, j’ai adoré cette histoire et plus particulièrement le personnage de Curtis. On comprend que l’incident de Jacobsdal l’a profondément blessé aussi bien physiquement que mentalement et c’est pourquoi il a besoin de réponse. J’ai aimé le suivre dans sa quête de vérité palpitante. Cette aventure ne fut pas de tout repos pour lui ni pour le lecteur ! En fait, on se prend au jeu et dès que Curtis se met en danger, on a peur pour lui et on espère qu’il va s’en sortir. Ce livre met nos nerfs à rude épreuve. Surtout qu’une fois la vérité découverte, le plus dur reste à faire. Curtis et Da Silva ne sont pas au bout de leurs surprises et on ressent presque de la pitié pour eux. D’ailleurs, en parlant de ce dernier, j’ai apprécié sa personnalité. Il est un peu spécial, il faut l’avouer, mais plus on apprend à le connaître et plus il semble sympathique.
Tous les personnages ont quelque chose d’intéressant. Ils ne sont pas tous attachants, non, loin de là ! Mais ils ont tous un visage public et une facette secrète qu’ils vont peu à peu dévoiler au fil de l’intrigue. Les personnes qui nous inspiraient confiance peuvent nous décevoir et inversement. Résultat, on ne s’ennuie jamais pendant notre lecture car on s’attend toujours à un rebondissement.

Le style d’écriture est fluide et agréable à lire. De plus, il y a un bon équilibre entre narration et dialogues, ce qui nous permet de nous représenter facilement les scènes. On imagine très bien Curtis et Da Silva surpris en pleine enquête dans la bibliothèque, avec toutes les étagères pleines de livres, les fauteuils recouverts de tissu luxueux et les vieux bureaux. Pour moi, cette pièce était particulièrement bien décrite et tous les passages qui s’y déroulaient m’ont fascinée. J’ai également adoré la façon dont la maison de plaisance était décrite même si au début, je me demandais pourquoi on parlait autant de cette bâtisse. Je ne comprenais pas pourquoi elle tenait une place importante dans l’histoire et quand j’ai enfin su pourquoi, je n’étais vraiment pas déçue ! En revanche, si je devais formuler une petite critique négative sur la plume de l’auteure, je dirais qu’elle est assez répétitive par moment. Il y a certaines expressions, certaines tournures de phrases qui reviennent souvent et c’est parfois lassant. Et si les chapitres sont bien définis, les premières phrases qui les composent sont souvent maladroites. On a l’impression que l’auteure peine à introduire l’élément nouveau. Pourtant, l’histoire est passionnante et elle n’aurait pas dû s’encombrer avec des détails qui ne font qu’alourdir ses phrases.

To have people cut you dead, or look at you with contempt, or have your friends and family turn their backs— You don’t know what that’s like. I don’t want you to know what that’s like. God damn it, I saw your face when you thought your uncles would get those bloody photographs!

Pour finir sur une note positive, je tiens à dire que la fin a répondu à toutes mes attentes. Je n’imaginais pas une autre fin que celle-ci et j’étais comblée !

Pour résumer, Think of England est un livre que je vous conseille. L’enquête menée par Curtis vous fera passer par tout un tas d’émotions et, je l’espère, vous passionnera autant que moi. Je lirais certainement d’autres livres de cette auteure car d’après ce que j’ai vu, le contexte historique est toujours très présent et c’est justement ce qui me plaît.

What I mean is, one can’t help one’s fears. The question isn’t if you’re a fellow who cries in the night before a big engagement—and I knew a damned brave man who did exactly that, regularly. It’s whether you pick yourself up the next day.

Publicités

L’histoire de la Bête – Serena Valentino

Couverture L'histoire de la BêteRésumé :

« C’est une histoire vieille comme le monde : celle d’un prince cruel transformé en Bête. Et celle d’une belle jeune fille qui surgit dans sa vie. Le monstre est métamorphosé par la compassion de la jeune fille et l’amour qu’il ressent pour elle. Puis ils se marient et ont beaucoup d’enfants.
Mais comme pour chaque histoire, il y a plusieurs versions. Qu’importe ce que l’on a pu dire ou écrire, une seule question demeure : qu’est-ce qui a changé le prince en la Bête que l’on connaît ?
Voici l’une de ces histoires. Une histoire de bêtes, et, bien sûr, de belles. »

Mon avis :

Nous connaissons tous l’histoire de La Belle et la Bête. Entre le livre de Madame de Villeneuve, son adaptation Disney et les différents films qui sont sortis, il est difficile de passer à côté de cette histoire d’amour entre une belle jeune femme et un monstre hideux. En revanche, nous ne savons que peu de choses sur la malédiction qui a condamné le Prince à se transformer peu à peu en bête sauvage. C’est donc avec plaisir que je me suis plongée dans ce livre de Serena Valentino qui nous raconte comment un homme dont toutes les princesses tombaient amoureuses a pu finir dans cet état…

Il était une fois, un beau prince qui vivait dans un château, entouré de ses domestiques. Sa dulcinée ne vivait pas encore à ses côtés mais les fiançailles avaient déjà été officialisées et le mariage se préparait petit à petit. Gaston, l’ami fidèle du prince, va un jour lui divulguer une terrible information : la fiancée du prince est la fille d’un porcher. Circé, cette jeune femme magnifique de laquelle il est tombé amoureux, n’est pas de sang royal et elle ne lui avait jamais dit… Un homme de son rang ne peut se permettre d’épouser la fille d’un paysan. Il met un terme aux fiançailles et brise à jamais le coeur de sa belle en multipliant les insultes et les provocations. Circé étant une sorcière, elle décide de lui jeter un mauvais sort qui pourra être brisé uniquement par le véritable amour. Le Prince n’en croit pas un mot. D’ailleurs, il ne constate aucun changement ni sur sa personne ni dans sa vie. Son ex-fiancée se serait-elle jouée de lui ?

Il a fini par épouser une roturière, une simple servante. Ce que je me refuse à faire, même si ce doit être la plus belle femme du royaume ! Pas après avoir enduré ce cirque avec la fille du porcher. 

Pour faire court, ce livre m’a laissé sur ma faim. Étant une grande fan de la série Once Upon A Time, je me suis habituée aux réécritures de contes un peu compliquées et farfelues. Ainsi, en lisant cette oeuvre de Serena Valentino, je m’attendais à quelque chose d’assez poussé, à une histoire originale qui me ferait découvrir des aspects méconnus du personnage de la Bête. Au final, je me suis retrouvée face à un livre, certes, divertissant mais qui reste banal. Au début de cette lecture, j’étais vraiment déçu, je m’attendais à quelque chose de plus palpitant. Au final, quand j’ai compris que ce livre était plus destiné à la jeunesse et qu’il ne fallait pas non plus avoir des attentes extraordinaires, je me suis laissée porter par l’histoire et j’ai tout de même passé un bon moment.

Commençons par parler du personnage principal, le Prince qui deviendra la Bête. Il est tout bonnement insupportable ! En fait, on en vient même à encourager les sorcières à lui lancer le sort le plus horrible possible. Il est narcissique, égoïste, prétentieux et ne pense qu’au prestige de sa couronne plutôt qu’à profiter de la vie. Il était amoureux de Circé et pourtant il va l’abandonner et la faire souffrir parce qu’elle n’est pas assez bien pour lui. Puis, lorsqu’il repart à la conquête d’une nouvelle fiancée, il s’attarde d’abord sur ses origines sociales, puis sur son physique. Il souhaite également qu’elle soit légèrement simplette, comme ça elle ne discutera aucun de ses ordres et elle aimera naïvement ce beau prince. Bref, le cliché de l’homme macho. Il se croit plus malin que tout le monde puisqu’il compte tromper les sorcières et leur faire croire qu’il a trouvé l’amour véritable. Évidemment, son plan échoue et se retourne même contre lui. Bien fait.

La Bête est véritablement au centre de ce livre. Les autres personnages ne sont qu’accessoires et on ne se concentre sur aucun d’entre eux. J’étais tout de même surprise de découvrir les liens qui unissaient Gaston et le Prince. Qui aurait cru que ces deux hommes étaient amis avant la malédiction ? Enfin, quand on y réfléchi, c’est plutôt logique. Ils ont tous les deux le même caractère et ont également la même vision des femmes…
Quant à Mrs. Samovar, à Big Ben et aux autres serviteurs, j’ai aimé les retrouver sous leur forme humaine avant que le mauvais sort ne les atteigne. Ce sont des personnages attachants dans le sens où ils continuent à servir leur maître même s’ils savent que ce n’est pas un homme bon. Ils sont dévoués à leur tâche et seront malheureusement les victimes innocentes du sort de Circé.

Le Prince […] n’avait nullement besoin d’une femme encline à la réflexion ; il était suffisamment brillant pour penser et décider en leurs deux noms.

En quelque sorte, ce livre m’a laissé de marbre. Lorsqu’on lit un conte, on s’attend à être transporté dans un monde féérique. En lisant L’histoire de la Bête, je n’a ressenti aucune émotion particulière, je tournai les pages mécaniquement pour connaître tous les tenants et les aboutissants du passé du Prince, mais cela ne me passionnait pas plus que ça. Je pense que j’avais trop d’attentes, que j’imaginais une histoire plus complexe avec plus de détails imaginés par l’auteure. Au final, cette lecture n’est pas désagréable et c’est assez sympathique de redécouvrir un conte célèbre du point de vue du méchant. Il faut juste garder en tête que c’est un livre destiné à la jeunesse et que la trame reste donc simple.

En résumé, j’ai passé un moment divertissant en découvrant le passé du Prince devenu Bête. Malheureusement, son histoire n’a rien d’original et reprend les clichés des méchants princes narcissiques. Je suis donc passée à côté du coup de coeur. Mais si on modère ses attentes, cette lecture peut se révéler agréable. Je pense lire les deux autres oeuvres de cette collection consacrées à la méchante reine et à Ursula.

Le sortilège est jeté, et ton sort est entre tes mains. Fais les bons choix, mon prince, change ce que tu es, et tu seras épargné. Perds-toi sur la voie de la vanité et de la cruauté, et je ne réponds pas des souffrances que tu endureras.

Bilan juin & juillet 2017

Bonjour !

Les mois de juin et juillet se sont révélés très intenses au niveau lecture. Je ne parle pas forcément du nombre de pages mais plutôt de l’aspect émotionnel. Mis à part deux livres, j’ai littéralement adoré tous les romans que j’ai pu découvrir pendant ces deux mois. Voici la liste :

Mois de juin :

Mois de juillet :

Au total, j’ai donc lu 1 077 pages au mois de juin et 1 985 pages au mois de juillet. Comme d’habitude, j’ai également fait la moyenne des notes que j’ai attribué à mes lectures. Pour ces deux mois, la moyenne est de 15,8/20. Elle peut sembler basse mais c’est uniquement à cause de deux livres sur les neuf que je n’ai pas apprécié. Sans ces deux oeuvres la moyenne passe à 18 !

Pour le mois d’août je ne me fixe pas d’objectifs, d’autant plus que je vais être pas mal occupée avec mes traductions et avec la préparation de mon année à l’étranger. Je dois tout de même lire City on Fire pour mon partenariat avec Le livre de poche et il fait plus de 1200 pages !

Bon mois d’août à vous et profitez bien de vos vacances si vous avez la chance d’en prendre 🙂

Idaho – Andria Williams

Couverture Idaho

Résumé :

« Etats-Unis, 1959. Lorsque Paul est muté à Idaho Falls, sa femme, Natalie, et leurs deux petites filles s’installent avec lui dans une base militaire au milieu du désert. Au cœur de cette communauté isolée, il est difficile de se lier d’amitié et dangereux de se faire des ennemis. Dans un climat étouffant de secrets et de trahison, leur mariage résistera-t-il aux tensions qui montent inexorablement ?
Des personnages inoubliables, un cadre hors du commun, une langue précise et lyrique… Le portrait, subtil et poignant, d’un mariage comparé à juste titre à La Fenêtre panoramique de Richard Yates, adapté à l’écran sous le titre Les noces rebelles. »

Mon avis :

Je remercie Le Livre de Poche pour l’envoi de ce livre ! Lorsque j’ai vu ce roman dans la sélection du mois, j’ai tout de suite craqué sur le résumé et la couverture. En effet, ce livre réunit deux des choses qui me passionnent tout particulièrement : les États-Unis des années 50-60 et l’armée américaine.

En juin 1959, Paul Collier est contraint de déménager à Idaho Falls avec sa femme et ses deux filles. La ville n’est pas à proprement parler une base militaire mais la majorité de ses habitants à un rapport avec l’armée, et pour cause ! Des réacteurs nucléaires ont été implantés à quatre-vingt kilomètres de là et sont contrôlés par des ingénieurs et des soldats pour la maintenance. Paul et sa femme Nat vont donc devoir trouver leur place dans ce monde barbare où les hommes sont prêts à tout pour obtenir une promotion et où les femmes n’ont d’autres occupations que de raconter des ragots sur leur voisins. Si Paul arrive plus ou moins à s’intégrer grâce à deux collègues sympathiques, Nat a du mal à se comporter en épouse et en mère modèle. Faire une promenade avec ses filles habillées à la va vite et mal peignées ne la dérange pas le moins du monde. Les Collier arrivent à trouver un certain équilibre pendant ces premiers mois à Idaho Falls. Mais voilà que Paul va faire une grave erreur et va devoir s’éloigner de sa femme et de ses filles pendant quelques temps. Cette harmonie familiale fragile pourrait bien voler en éclat et entraîner un tas de conséquences inattendues…

Je me sens comme un bibelot dans une vitrine, vous comprenez ? Comme si je restais là, sans bouger, en attendant que quelque chose m’arrive. Comme si je n’avais pas pris l’air depuis des années.

Ce livre n’a pas été un coup de coeur mais je l’ai tout de même apprécié. L’histoire est intéressante dans son ensemble puisqu’elle réunit pas mal de thèmes. Il y a tout d’abord la vie d’une famille des années 50 que l’on découvre avec Nat et Paul mais également avec Jeannie Richards et son mari. À cette époque, l’homme partait travailler tandis que la femme restait à la maison pour s’occuper du ménage et des enfants. Il était donc assez intéressant de voir comment les femmes s’adaptaient à ce mode de vie qui leur était plus ou moins imposé et de comprendre leur besoin d’émancipation grandissant. Ce livre se déroule dans une petite ville et on sait tous ce que cela veut dire. Cela ajoute un petit plus à l’histoire puisque tous les personnages se connaissent et sont, en quelque sorte, obligés de se fréquenter. Bon, ça n’a rien de très original mais personnellement, j’aime bien ce genre d’histoires où l’action est bien délimitée dans l’espace. Je trouve que cela nous aide à nous représenter la ville, les rues commerçantes, la façon dont les maisons sont disposées et on se retrouve plongé dans l’univers des protagonistes. Le nucléaire, sujet très épineux à l’époque, prend également une place très importante dans ce livre. C’était très intéressant mais surtout très angoissant car on se demandait à chaque instant si Idaho Falls n’allait pas être soufflée par une catastrophe nucléaire. En revanche, le côté militaire a brillé par son absence. A part le fait qu’il y ait une hiérarchie entre les soldats et que certains hommes soient envoyés en mission loin de leur famille, on ne retrouvait pas forcément le thème de l’armée. Dommage !

En ce qui concerne les personnages, ils ont tous été intéressants à mes yeux. Certains se sont montrés réellement détestables, comme le couple Richards par exemple. Mais leur histoire est intéressante et on a toujours envie d’en savoir plus sur eux. D’ailleurs, j’étais ravie de voir que quelques chapitres se concentraient sur Jeannie et son mari plutôt que sur Nat et Paul. J’avais peur de rentrer dans une certaine monotonie si on alternait indéfiniment les chapitres se concentrant sur elle et ceux se focalisant sur lui. Les petites parenthèses amenées par les Richards étaient donc très appréciables. En revanche, on ne peut pas dire que je me sois attachée aux protagonistes. Certes, leurs vies et leurs parcours m’ont intéressée, mais je ne les ai pas appréciés plus que cela. Il faut avouer que Nat est assez particulière dans sa façon de se comporter. Elle est également un peu lunatique et j’ai souvent eu du mal à la cerner. Quant à Paul, il a beau aimer sa famille, il a du mal à comprendre les besoins de sa femme et de ses filles. Il m’a été difficile de le comprendre, lui aussi ! Quant au couple Richards, ils apportent un peu de piquant dans cette ville qui en manque tant !

Que Jeannie plaisante au sujet de son âge, c’était une chose, mais c’en était une autre de voir qu’Estelle semblait croire sérieusement que Jeannie avait un million d’années.

En général, la plume de l’auteur m’a bien plue. Les dialogues sonnaient bien, les passages descriptifs étaient agréables à lire et nous permettaient facilement de nous représenter visuellement la scène et les émotions des protagonistes sont bien mises en avant. En revanche, le rythme de ce livre m’a déçu. A certains moments, il se passe tout un tas d’évènements en à peine quelques pages et à d’autres moments, rien de particulier ne se produit pendant tout un chapitre. Parfois, j’étais à fond dans l’histoire, j’attendais la suite avec impatience et bim, je me retrouvais face à un long passage narratif qui n’avait pas grand intérêt pour l’histoire en elle-même. Cela cassait un petit peu mon rythme de lecture et explique pourquoi j’ai mis un peu de temps à lire ce roman.

En résumé, j’ai apprécié ce livre qui a su attiser ma curiosité sur certains évènements comme l’explosion du réacteur CR-1 qui a vraiment eu lieu en 1961. En revanche, les personnages difficiles à cerner et les passages narratifs légèrement trop longs m’ont fait passer à côté du coup de coeur.

Chaque fois qu’ils quittaient un endroit, il regardait droit devant lui, mais Nat serait toujours celle qui regarderait en arrière.

The Biggest Scoop – Gillian St. Kevern

Résultat de recherche d'images pour "the biggest scoop gillian st kevern quote"

Résumé :

« Everything is going wrong for Milo Markopoulos. The future of the school newsletter is in jeopardy, he doesn’t have a single friend among his junior classmates, and his film script has just been rejected again. Worse, he has only one day to find a story that will satisfy newspaper editor, Candice. Enter transfer student, Taylor. Good looking, responsible, and possessed of a mysterious something that has him turning heads on his first day of school, Taylor is the story Milo is looking for — too bad Taylor has plans for a quiet high school experience. 
Despite their many differences of opinion, Milo finds himself developing a close journalistic relationship with the future class president. But Taylor’s success might put an end to their burgeoning friendship. What will happen when Taylor is no longer Milo’s story? How far will Milo go to save the newspaper? »

Mon avis :

The Biggest Scoop est le deuxième livre que j’ai eu la chance de traduire grâce à MxM Bookmark. Après Rock, d’Anyta Sunday, la barre avait été placée très haute. Je me suis dit que jamais je ne retraduirai un livre si puissant, si magnifique et que j’allais forcément être déçue. Pourtant, The Biggest Scoop s’est montré convaincant du début à la fin ! Il ne s’agit pas du tout du même registre, du même genre, mais il est très sympathique.

Milo Markopoulos est le stéréotype du garçon que personne n’aime au lycée. Il préfère la compagnie des livres à celle de ses camarades, il ne fait pas partie d’une équipe de sport mais il écrit pour le journal du lycée et cerise sur gâteau, il est gay. Le lycée Bernhardt essaie de développer chez ses élèves un esprit de tolérance mais il y a encore fort à faire avec quelques étudiants comme Logan, le quaterback. Ce dernier en veut à l’équipe du journal et leur fait bien comprendre. La vie de lycéen de Milo était déjà assez compliquée, mais voilà que débarque Taylor, un sublime jeune homme qui fait tourner la tête aussi bien des filles que des garçons. Il est beau, gentil, intelligent, doué pour l’écriture, serviable, honnête, j’en passe et des meilleurs. Milo, qui ne lâche jamais son rôle de reporter, se dit que ce garçon est son histoire, la meilleure qu’il n’ait jamais écrite. S’en suit alors un bon nombre d’aventures qui va mettre le lycée sans dessus dessous et qui va obliger certains à faire quelques révélations…

Inwardly, there was only one thing I could think of. This was it. I was sure of it. His good looks. The effect he had on the class. The fact we didn’t know anything about him beyond his name.
Taylor was the perfect story.

Quelle bonne lecture ! Pour être tout à fait honnête, à la lecture du résumé j’étais un peu dubitative. L’histoire me semblait bien mais j’avais peur qu’elle soit un peu trop clichée. Au final, ce livre s’est révélé incroyablement drôle, divertissant et idéal comme lecture estivale. Rien ne m’a déçu. J’ai aimé les personnages, l’intrigue, les divers rebondissements, le style de l’auteur. Bref, coup de cœur ! A première vue ce livre n’a pourtant rien d’extraordinaire : un intello qui tombe amoureux du nouveau mec populaire. En réalité, les protagonistes sont tellement attachants et la plume de l’auteur tellement agréable à lire, qu’on tourne chaque page avec beaucoup d’enthousiasme. De plus, à chaque fois que l’on a l’impression que tous les problèmes vont enfin se régler, un nouvel événement vient tout chambouler et on repart du début. Je trouve que Gillian St. Kevern a très bien su décrire les relations entre lycéens. Je ne sais pas si beaucoup d’entre vous gardent un bon souvenir de vos trois années au lycée, en tout cas moi je me souviens que la vie sociale était extrêmement compliquée ! L’auteure partageait visiblement cet avis et retranscrit parfaitement cette impression. A l’âge où les hormones s’affolent et où les caractères s’affirment, chaque petit ressenti se transforme en un raz-de-marée d’émotions ! Milo en sera malheureusement la principale victime.

J’ai adoré ce personnage. Il m’a tellement fait rire ! Il faut avouer que Milo a un caractère bien trempé. Il ne se laisse pas faire et lorsqu’il a une idée en tête, il va au bout de choses. Le problème est que le destin semble s’acharner contre lui. A chaque fois qu’il veut faire quelque chose, cela se retourne contre lui. On pourrait avoir pitié de lui, mais sa façon de réagir de manière disproportionnée (enfin, comme un ado quoi…) nous fait bien rire ! De plus, j’ai admiré son courage. Les articles qu’il écrit pour le journal sont souvent sujets à controverse. Pourtant, il n’abandonne pas. Il continue d’écrire sur son sujet favori quitte à s’attirer les foudres d’un certain élève… Pour en finir avec Milo, je dirais également que sa maman m’a bien fait rire ! Dès que son fils est pris pour cible, madame Markopoulos se transformerait presque en ninja ! Elle est irrésistiblement drôle.

Quant à Taylor, j’avoue qu’il m’a déconcerté dans le premier chapitre. Sa façon de répondre à Milo alors que celui-ci voulait simplement l’aider à comprendre le fonctionnement du lycée m’a un peu refroidie. Monsieur faisait l’école à domicile avant alors il devrait prendre en compte les conseils qu’on lui donne. Taylor est têtu. Et il ne prend pas toujours la peine d’expliquer à Milo ou aux autres pourquoi il leur fait la tête, pourquoi il n’apprécie pas leur comportement. Ils ne sont pas devins, bon sang ! Mais son personnage évolue au fil du temps et on se rend compte qu’au fond, il est vraiment gentil. On sait également qu’il cache un secret. Il ne se dévoile pas, il ne parle jamais de sa vie, de ses parents, de ses amis extérieur au lycée. Cela lui confère une petite aura de mystère qui n’est franchement pas désagréable ! A chaque fois qu’on tourne une page, on espère découvrir ce que cache son comportement si étrange et cela nous encourage vivement à lire ce livre d’une traite !

Quant aux autres personnages, je les ai tous adoré. Oui, oui, même Logan. Au final, ce garçon n’est sûrement pas le plus intelligent de tous ni le plus mature, mais il respecte ses principes et se montre toujours loyal envers ses amis. Un peu comme Fern qui sacrifierait presque sa propre réussite scolaire pour aider ses amies à faire leurs devoirs. En revanche, Candice se montre très individualiste, mais c’est pour les besoins de son journal. C’est une jeune femme déterminée et je dois avouer que j’ai eu beaucoup d’admiration pour elle !

Having my self-esteem crushed was nothing new. But Taylor…
Taylor had sent my entire self-worth reeling.

Si j’ai tant adoré ce livre, c’est qu’il est ancré dans notre réalité. A plusieurs reprises, l’auteur fait appel à notre culture populaire. On parle par exemple de Marilyn Monroe et de son film Certains l’aiment chaud. Pour les plus jeunes, on parle du film Lolita malgré moi, de la série Sleepy Hollow, de Taylor Swift ou même de Zayn Malik ! Ce sont des clins d’oeil à des artistes ou à des films qui sont très sympathiques car on se sent plus proches des personnages s’ils connaissent les mêmes choses que nous.

Si je devais cependant formuler une petite critique, je dirais que le secret de Taylor est un peu trop évident. On ne le trouve pas immédiatement, dès qu’on commence le livre. Mais vers le milieu, alors que l’intrigue est bien expliquée et que toutes les composantes sont là, il est assez facile de deviner ce que cache Taylor. Certes, cela ne gâche pas le plaisir de voir Milo le découvrir mais cela enlève un peu de suspens. Dès que l’on a compris, le livre redevient une simple romance lycéenne (ou plutôt une superbe romance lycéenne !). Mais bon, c’est vraiment pour chipoter que je dis ça !

En résumé, j’ai été ravie de découvrir ce roman de Gillian St. Kevern ! C’est une lecture idéal pour l’été puisqu’elle allie humour et émotions tout en restant très légère. Les personnages sont attachants et on aime les accompagner dans leurs différentes aventures. Je vous conseille vivement cette oeuvre !

I hate shallowness. People aren’t commodities. You can’t label them and assign value to them like you do clothes or brands. Anyone who tries to makes me sick. And you’re the shallowest person I’ve ever met.

Le dernier paradis – Antonio Garrido

Résultat de recherche d'images pour "le dernier paradis antonio garrido"

Résumé :

« New York, années 1930. Renvoyé parce que juif de l’usine Ford où il travaillait, Jack Beilis retourne habiter chez son père, Solomon, alcoolique et endetté. Sans travail et sans argent, ils ne parviennent pas à payer le loyer au propriétaire, Lukas Kowalski. Un soir, alors que celui-ci débarque avec deux hommes de main, un coup de feu part et Kowalski s’effondre. Persuadé qu’il va être accusé de meurtre, Jack veut fuir le pays. Il s’embarque avec son ami Andrew, militant communiste de la première heure, pour le « paradis des travailleurs ».
Des États-Unis de la Grande Dépression aux steppes enneigées de l’Union soviétique, Antonio Garrido aborde un pan méconnu et captivant de l’histoire de ces deux pays que tout opposait : l’émigration de travailleurs américains plongés dans la misère vers cette terre de la grande promesse qui leur faisait miroiter le dernier paradis. »

Mon avis :

Je remercie Le Livre de Poche pour l’envoi de ce roman ! Lorsqu’on m’a présenté la sélection et que j’ai cliqué sur Le Dernier Paradis, je n’ai pas hésité une seule seconde. Avant même d’avoir lu le résumé, j’étais tombée amoureuse de la couverture et je savais que ce livre était fait pour moi. Je ne me suis pas trompée et j’ai passé un formidable moment de lecture. Voyons cela plus en détail.

La crise financière qui a débuté en 1929 aux Etats-Unis n’est toujours pas réglée et elle n’épargne personne. Certains ouvriers qualifiés perdent tout après ce krach boursier : leur emploi, leur maison, leurs économies et leur train de vie luxueux. Jack Beilis est l’un d’entre eux. Il est obligé de quitter Détroit pour retourner vivre chez son père à New York. Mais sans argent et sans économie, les deux hommes se retrouvent incapables de payer leur loyer et leur propriétaire, Monsieur Kowalski, n’hésite pas à les menacer de mort. Un soir, alors que cet homme vient réclamer une énième fois son argent, une bagarre éclate entre sbires et Jack qui ne compte pas se laisser faire. Un coup de feu retentit. Kowalski est-il mort ? Pas le temps de vérifier, il faut fuir. Avec l’aide de son ami Andrew, Jack va prendre le bateau et se rendre en union soviétique. Il n’en a pas envie. Pour lui, ce pays n’est pas le dernier paradis des travailleurs et il ne se fait aucune illusion. Il se résigne et suit son ami, un syndicaliste convaincu, dans cette nouvelle vie. Evidemment, la maison avec jardin et le travail bien payé qu’on leur avait promis ne les attendent pas à l’arrivée. Mais Wilbur Hewitt, l’Américain chargé du développement de l’usine automobile à Gorki, va faire une proposition que Jack ne pourra pas refuser. Il ne s’en rend alors pas compte qu’il vient de s’engager dans une histoire qui le dépasse complètement et qu’il pourrait bien le payer de sa vie.

Il ne pouvait pas croire que ce qui leur arrivait soit vrai : seuls au bout du monde, recroquevillés dans une glacière, les poches à moitié vides et le chômage pour tout horizon, même si Andrew s’obstinait à le nier.

Dès les premières lignes, j’ai su que j’allais adorer ce livre. Je m’intéresse beaucoup à l’Histoire en général et pour moi, la vie des américains après le krach boursier de 1929 est importante à découvrir. Ici, le contexte est très habilement mis en place. On sait comment la vie de Jack a basculé le jour où il a perdu son emploi et on comprend que ses conditions de vie sont devenues insupportables. Le contexte historique est très présent et ancre ce roman dans notre réalité. En cela, nous ressentons plus de peine, plus de pitié pour Jack et ses compatriotes car on se dit pas « ce n’est qu’un livre ». Ensuite, l’auteur nous emmène au coeur de cette union nouvellement créée qu’est l’URSS. Une fois encore, la vérité historique reste omniprésente. D’ailleurs, à la fin de ce livre on trouve un petit glossaire dans lequel Antonio Garrido nous explique que le village américain de Gorki a réellement existé, tout comme l’histoire des sabotages. Les protagonistes ont été inventés par l’auteur, mais ils sont tous inspirés de personnages ayant réellement vécus. Plus qu’un superbe thriller, ce roman est donc un livre très instructif qui m’a permis d’apprendre des choses sur l’URSS des années 30. Que demander de plus ? Ah oui, l’impartialité. Eh bien, pas de problèmes de ce côté-là puisque l’auteur ne prend aucun parti. Il ne dit pas que les américains sont meilleurs que les soviétiques ou inversement. Bien sûr, étant donné que la majorité de l’intrigue se déroule en URSS, les communistes en prennent plus pour le grade que les capitalistes. Mais il faut bien avouer que des petites piques sont lancés aux américains tout au long du roman. D’ailleurs, si la vie aux Etats-Unis était si parfaite, personne n’aurait émigré en union soviétique. L’auteur laisse donc au lecteur la possibilité de se faire sa propre opinion sur les deux pays, c’est très ingénieux et habile de sa part.

Parlons maintenant de l’intrigue. Elle est complexe. Il faut bien avouer que si l’on se déconcentre un peu pendant notre lecture on peut vite se perdre. Mais la plume de l’auteur est si addictive et si agréable à lire qu’on a aucun mal à se plonger complètement dans cette oeuvre. Au final, l’intrigue reste compliquée jusqu’à la dernière seconde. On ne sait pas qui sont les gentils, qui sont les méchants. A chaque fois qu’on se dit « alors c’était lui, le coupable ? », un élément nouveau vient nous éclairer et on comprend que jusqu’à la dernière ligne de la dernière page, Antonio Garrido va nous tenir en haleine. Si je devais résumé ma chronique de ce livre en trois mots, je dirais : extrêmement bien ficelé. Tous les événements s’imbriquent parfaitement les uns dans les autres, tous les renversements de situation sont parfaitement crédibles, bref, cette histoire est incroyablement réaliste. A aucun moment je n’ai trouvé de fausses notes qui pourraient discréditer l’intrigue. Je ne sais pas combien de fois l’auteur a dû se relire pour que tout colle parfaitement, mais bon sang, il a dû s’épuiser à la tâche. J’admire vraiment son travail sur ce livre et j’adorerai découvrir d’autres de ses oeuvres.

Pour eux, les travailleurs américains sont devenus des invités gênants. Les Américains se plaignent, ils demandent qu’on leur paie ce qui était convenu au lieu de la misère qu’on leur verse après impôt, ils réclament des vêtements décents… Et certains osent même exiger qu’on leur rende leurs passeports pour retourner aux Etats-Unis. Crois-tu qu’ils vont autoriser ça ? Crois-tu qu’ils vont laisser des étrangers semer la graine du mécontentement ?

En ce qui concerne les personnages, je me suis attachée à chacun d’eux d’une manière différente. J’ai eu de la peine pour le héros, Jack, qui s’est retrouvé embarqué malgré lui dans une affaire qui le dépasse complètement. D’ailleurs, il ne voulait même pas partir en URSS et voilà qu’il se retrouve impliqué dans un complot de grande envergure… Quant à Andrew, c’est un idéaliste. A l’époque de cette crise financière internationale, on ne peut pas vraiment lui en vouloir. Wilbur Hewitt peut paraître sans pitié au début de ce roman. On peut se dire qu’il n’est qu’un capitaliste qui ne s’occupe pas du sort des autres. Mais au final, il n’est qu’un pantin dont les ficelles sont tirées par Henry Ford d’un côté et Staline de l’autre… Détailler tous les personnages ici seraient trop longs. Mais je les ai tous trouvé intéressant à leur façon. Ils apportaient tous un petit quelque chose non négligeable à l’histoire.

J’ai l’impression que ma chronique s’étire un peu trop en longueur alors je vais m’arrêter là ! C’est toujours tellement sympa d’écrire une chronique enthousiaste que je pourrais rédiger des pages et des pages. Mais pour résumer, je dirais que ce livre nous transporte totalement dans le monde fragile des années 1930. La guerre froide entre l’URSS et les Etats-Unis n’est pas encore déclarée et pourtant on sent déjà que les divergences d’opinions n’amèneront rien de bon. Nos protagonistes se retrouvent piégés dans cet univers instable et on se demande à chaque seconde lesquels s’en sortiront. Si je ne mets pas la note maximale, c’est simplement car j’ai adoré ce livre grâce au suspens et à la réalité historique, mais je n’ai pas ressenti d’émotions intenses comme avec un véritable coup de coeur.

Central Park, l’orgueil vert de New York, changé en une porcherie infestée de mendiants. Il y a vingt ans, le dimanche, on pouvait se promener tranquillement avec ses enfants. Maintenant, ces crève-la-faim qui l’envahissent ne laisseraient même pas tes ossements.

Qui es-tu Alaska ? – John Green

Résumé :

« Miles Halter a seize ans et n’a pas l’impression d’avoir vécu. Assoiffé d’expériences, il décide de quitter le petit cocon familial pour partir loin, en Alabama au pensionnat de Culver Creek. Ce sera le lieu de tous les possibles. Et de toutes les premières fois. C’est là aussi, qu’il rencontre Alaska. La troublante, l’insaisissable et insoumise, drôle, intelligente et follement sexy, Alaska Young. »

Mon avis :

Qui es-tu Alaska ? est le livre qui devait trancher mon avis sur John Green. En effet, si j’avais adoré Nos Etoiles Contraires, j’avais été déçue par La Face cachée de Margo. Je voulais donc lire ce roman, qui traînait dans ma PAL depuis un petit bout de temps, pour voir si l’écriture de cet auteur était ou non faite pour moi ou si Nos Etoiles Contraires restait une exception. Eh bien, après ma lecture, je reste toujours aussi dubitative ! J’ai apprécié ce livre, oui, mais ce n’était pas un coup de coeur. Voyons donc ça plus en détail.

Miles avait besoin de changer d’air, il a donc demandé à ses parents de l’inscrire dans un pensionnat. Dès son arrivée dans ce nouveau lycée, il rencontre son camarade de chambre que tout le monde appelle le Colonel. Si au premier abord, Miles se dit qu’il est mal tombé, il se rend rapidement compte que ce garçon est vraiment sympathique. De plus, il est ami avec une jeune fille, Alaska Young, aussi belle que mystérieuse. Le coup de foudre est immédiat. Miles tombe sous le charme de sa nouvelle amie et s’imagine tout un tas de scénarios avec elle. Un jour, il en est sûr, elle quittera son petit ami pour se mettre en couple avec lui. Seulement, Alaska se révèle très déroutante. Personne n’arrive jamais à la cerner. Une seconde, elle va bien. La seconde d’après, elle est en larmes ou en colère. Mais cela ne la rend que plus populaire et plus fascinante. Cette année scolaire devait se dérouler tout naturellement avec la découverte d’un nouvel environnement, de nouveaux amis, de nouveaux profs. Et ce fut le cas… jusqu’au jour où un événement imprévu vint chambouler l’existence de tout ce pensionnat.

Je voulais compter parmi les types qui avaient une réputation, dont l’énergie brûlait l’herbe sous leurs pieds. Mais, pour l’instant, je me contentais d’en avoir rencontré, c’était déjà ça, et je leur étais indispensable, comme les traînées lumineuses aux comètes.

Ce livre est divisé en deux parties : Avant et Après. Lorsqu’on commence notre lecture, on ne sait pas ce qui nous attend, on ne sait pas pourquoi il y a un avant et un après. Même si on devine assez rapidement quel est l’événement en question, on a du mal à imaginer quand et pourquoi il va arriver. J’ai beaucoup aimé ce petit suspens car jusqu’à la dernière seconde de la partie « Avant », on ne sait pas comment cela va se dérouler. Cet événement attendu maintient réellement le lecteur en haleine et nous pousse à tourner chaque page avec plus d’enthousiasme et d’intérêt. Une fois que « cette chose » se produit, on est tout aussi sidéré que les protagonistes. On essaie de comprendre le déroulement des événements. On cherche en vain une explication ! Bon, si on est vraiment attentif, on finit par comprendre avant que la vérité n’éclate. Mais cela n’enlève rien au suspens et à l’émotion que l’on partage avec les protagonistes. L’histoire reste intéressante du début à la fin, même si j’ai trouvé d’infimes passages à vide. Je ne dirais pas que j’ai été captivée ou totalement excitée à la lecture de ce livre, mais c’était tout de même un moment plaisant. L’intrigue est assez crédible pour que l’on prenne plaisir à la lire.

On passe sa vie coincé dans le labyrinthe à essayer de trouver le moyen d’en sortir, en se régalant à l’avance de cette perspective. Et rêver l’avenir permet de continuer, sauf qu’on ne passe jamais à la réalisation. On se sert de l’avenir pour échapper au présent.

Miles, qui est plus souvent appelé « Le Gros » est quelqu’un de très attachant. Il est nouveau dans un lycée et ce n’est pas une position enviable. Il fait de son mieux pour faire la connaissance de nouvelles personnes et on ne peut pas dire que les gens de cette école lui facilitent la tâche ! Entre les gosses de riches et cette Alaska si lunatique, difficile pour lui de s’intégrer. Pourtant, il ne baisse jamais les bras et surtout, il ne se plaint pas. C’est lui qui a pris la décision de venir dans ce pensionnat et il en assume entièrement les conséquences. Miles est un jeune homme très réfléchi et mûr pour son âge. C’est un personnage attachant. Quant au Colonel, j’ai eu un peu de mal à le cerner au début. Je ne savais pas trop si on pouvait lui faire confiance mais il s’est en fait révélé être un très bon ami. Il est, certes, moins mature que Miles, il n’en reste pas moins quelqu’un de très intelligent ! Il est également assez marrant et il apporte un vrai plus à l’histoire. Tout comme Takumi et Lara. Ils sont un peu moins présents et un peu moins importants, mais ils apportent quelques éléments intéressants. D’ailleurs, Takumi m’a agréablement surprise vers la fin. Si je ne lui prêtais pas grande attention au début, je me suis prise d’affection pour lui au fil des pages. Quant à Lara, elle apporte une petite touche d’exotisme !

En revanche, j’ai eu plus de mal avec Alaska. Son caractère m’a agacé, tout comme sa façon de traiter Miles. Il faut bien le dire, Alaska est imbue de sa personne. Alors oui, elle a souffert, elle a vécu d’horribles choses dans sa vie. Mais ce n’est pas une excuse pour prendre tout le monde de haut et traiter ses amis comme des esclaves. C’est dommage car Alaska est LE personnage central de ce livre, comme on peut le voir grâce au titre. Je ne dirais pas que cela m’a dérangé lors de ma lecture mais je dirais que cela m’a empêché de ressentir toutes les émotions que j’aurai dû éprouver.

Et j’en avais marre de ses sautes d’humeur, un jour glaciale, l’autre délicieuse, le troisième dragueuse envoûtante, et le quatrième odieuse désenvoûtante.

Enfin, en ce qui concerne le style d’écriture, j’étais ravie de retrouver cette plume qui avait fait chavirer mon coeur dans Nos Etoiles Contraires et qui m’avait tant manqué dans La Face cachée de Margo. J’ai retrouvé ces belles et longues phrases avec lesquelles John Green nous décrit l’amitié, l’amour, la déception ou la tristesse. Quand on sait que l’auteur avait seulement vingt-cinq ans lorsqu’il a écrit ces mots, on ne peut être qu’admiratif !

En résumé, j’ai beaucoup aimé l’histoire et la plume de l’auteur. En revanche, tous les personnages ne m’ont pas convaincue et c’est un peu dommage car Alaska, celle avec qui j’ai eu le plus de mal, est l’élément central du livre. Cela ne m’a pas empêché de passer un bon moment de lecture mais à cause de cela, je n’ai pas eu de coup de coeur. Je n’ai donc pas réussi à trancher mon opinion sur John Green. Oui, il écrit bien, mais je n’apprécie pas forcément ses personnages… Je ne pense donc pas lire Will & Will et le Théorème des Katherine prochainement, car je suis toujours dans le doute et j’ai peur de ne pas aimer. Et vous, quel est votre livre préféré de John Green ?

Bon, je ne vais pas faire partie de ces gens qui passent leur temps à raconter ce qu’ils ont l’intention de faire plus tard. Je vais le faire, c’est tout. Imaginer l’avenir est une forme de nostalgie.

Un été invincible – Alice Adams

Couverture Un été invincible

Résumé :

« Benedict, Eva, Sylvie et Lucien sont inséparables depuis leurs années de fac à Bristol. Leur diplôme en poche, ils vont, pour la première fois, se disperser. Eva part à Londres où l’attend un poste dans la finance ; Benedict reste à Bristol pour suivre son doctorat. Quant à Sylvie et Lucien, fidèles à leurs rêves, ils entament une vie plus bohème, faite d’art et d’aventure. À l’approche de la trentaine, leurs liens autrefois si forts se distendent. Le temps qui passe les éloigne les uns des autres, leurs routes divergent. Pourtant, leurs chemins vont à nouveau se croiser et faire revivre le souvenir de l’« été invincible » qui les a liés à jamais. »

Mon avis :

Je remercie Babelio et les éditions Albin Michel pour l’envoi de ce livre !

La première année de fac vient de s’achever pour quatre jeunes anglais. Avant de rentrer chez eux pour les vacances d’été, ils passent une dernière après-midi ensemble, se disent au revoir et se promettent de se retrouver à la rentrée. Eva, Sylvie, Benedict et Lucien s’imaginent qu’ils viennent de sceller leur amitié une bonne fois pour toute et que rien ne pourra les séparer. Mais une fois leurs études terminées, chacun prend des directions différentes. Tandis qu’Eva devient une business woman à la City, Benedict ne peut se résoudre à commencer  à travailler et commence alors un doctorat. Les deux frangins, Sylvie et Lucien, mènent quant à eux une existence plutôt bohème. La vie éloigne peu à peu ces quatre amis. Les soirées arrosées cèdent la place à un e-mail de temps en temps pour demander des nouvelles. Les disputes remplacent la complicité d’autrefois. Chacun a des centres d’intérêts différent. Certains se concentrent sur leur carrière professionnelle, d’autres sur leurs obligations familiales. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la vie n’épargne aucun de ces inséparables d’autrefois. Eva, Sylvie, Benedict et Lucien vont devoir surmonter de terribles obstacles qui mettront leurs liens d’amitié à l’épreuve mais qui pourraient bien finir par les rapprocher pour de bon…

Ce livre débute par une question posée par Eva. Dès la lecture de cette phrase, je savais que j’allais aimer ce livre et je n’ai clairement pas été déçue. J’ai adoré découvrir les aventures de ces quatre amis. Lorsqu’on lit les premiers chapitres, on n’imagine pas un seul instant tous les obstacles qui vont se dresser sur le chemin de Sylvie, Eva, Lucien et Benedict. On se dit que leur amitié connaîtra, certes, des hauts et des bas mais qu’en règle générale, ils sont tellement proches que rien ne pourra les séparer. Dès les premières lignes, on ressent ce lien très fort entre les quatre personnages et on se sentirait presque jaloux de ne pas faire partie de la bande. Mais au final, le lecteur est vraiment plongé au cœur de l’intimité de ces jeunes anglais et on se dit qu’on fait partie de leur cercle, nous sommes le cinquième membre, celui qui observe et qui n’agit pas. L’auteure arrive à nous plonger totalement dans l’ambiance de son livre. Lors des vacances à Corfou, on sentirait presque le soleil sur notre visage. Lorsque Eva marche dans les rues de Londres, on visualise clairement la grisaille et on est à la limite de sentir les gaz d’échappements. C’est prodigieux ! Encore mieux, on arrive à ressentir les mêmes émotions que les personnages. Lorsqu’ils jubilent, nous jubilons. Lorsqu’ils pleurent, notre gorge se serre. C’est exactement comme si ces personnages étaient nos amis intimes et que nous partagions tout avec eux. Bref, la plume d’Alice Adams s’est révélée aussi habile qu’addictive. J’ai hâte de lire d’autres de ses œuvres !

Le mail qu’il avait reçu d’Eva ce matin-là – événement de plus en plus rare – n’avait fait que souligner ce décalage. Le tableau qu’elle brossait de sa vie était, comme toujours, trépidant : gros contrats, grosses fiestas. Elle parlait de Sylvie mais pas de Lucien, poussant Benedict à se demander si elle le voyait encore. Le mail lui avait semblé envoyé par une étrangère. Il ne contenait aucun des clins d’œil qu’ils avaient coutume d’insérer dans leurs messages pour montrer que rien n’avait changé.

En ce qui concerne les quatre personnages principaux, je me suis attachée à chacun d’eux. Eva est une jeune femme ambitieuse et déterminée. Elle sait ce qu’elle veut et elle va faire tout ce qui est en pouvoir pour arriver à ses fins, quitte à mettre un peu de côté sa vie personnelle. Eva est sûrement la protagoniste que j’ai le plus appréciée car je me suis sentie proche d’elle. C’est toujours mieux quand on arrive à s’identifier au personnage d’un roman car on s’attache immédiatement à lui/elle. Bien sûr, si j’ai adoré Eva, j’ai également apprécié Sylvie qui n’a pas choisi le mode de vie le plus simple mais qui se nourrit principalement de ses rêves et de ses passions. Bien qu’elle ait des difficultés financières, elle ne baisse pas les bras et espère qu’un jour elle vivra de son art. Tout le monde n’a pas le cran de faire ça ! D’ailleurs, Sylvie démontrera par la suite toute l’étendue de son courage. Dans les derniers chapitres, on ne peut être qu’admiratifs face à cette femme. En revanche, on n’a plus de mal à glorifier les prouesses de Lucien ! Certes, ce personnage est attachant car il fait partie de la bande. Mais il est plutôt désespérant ! On aimerait qu’il s’en sorte et qu’il fasse quelque chose de bien dans sa vie. Il joue les gros durs, mais on se rend finalement compte que sous sa carapace, il peut se montrer désorienté voire complètement paniqué quand la vie lui met des bâtons dans les roues. C’est ce qui fait son petit charme. Enfin, Benedict est sûrement la personne la plus raisonnable de la bande. Il veut avancer dans la vie. Il ne se laisse pas abattre par les événements et finit toujours par retomber sur ses pattes. J’ai beaucoup aimé ce personnage.

L’histoire en elle-même est simple. Oui, voilà. Il n’y a pas d’autres mots. Elle est simple. C’est l’histoire d’une vie, il n’y a rien d’extraordinaire. Pas de magie, pas de surnaturel, pas de péripéties tirées par les cheveux, pas de retournements de situation qui n’arrivent que dans livres. Tout semble tellement vrai qu’on ne peut lire ce livre qu’avec grand intérêt. On se dit : et si c’était moi ? Tous les rebondissements sont extrêmement crédibles et pourraient arriver à n’importe qui. C’est sûrement pour cela que le livre est si passionnant ! De plus, le fait que l’on suive les protagonistes de la fac jusqu’à leur quarante ans rend cette lecture plus pertinente, plus concrète. Le temps passe et on ne peut pas y échapper. Je dirais même que c’est la morale de ce livre. Faites les bons choix, suivez votre cœur car la vie ne vous offrira pas de seconde chance. En fait, Un été invincible nous apprend à ne pas avoir de regrets. Vivons donc notre vie à fond !

C’est définitivement la fin d’une époque, pas vrai ? A moins que cette époque ait déjà prit fin sans qu’on s’en soit rendu compte. Tu vas me manquer, Benedict. D’une façon bizarre, je crois que tu me manques déjà même si tu es juste là à côté de moi. 

Si je devais formuler un petit point négatif, je dirais que quelques passages m’ont déroutée. Eva étant dans le monde de la finance, certains paragraphes se concentrent sur l’univers de la Bourse et des traders. Par conséquent, on peut se trouver face à des phrases un peu compliquées qui peuvent casser le rythme de notre lecture et qui ne nous apportent pas grand chose pour l’histoire en elle-même. Si l’on s’y connaît, il n’y a aucun problème. Mais si pour nous la Bourse est un univers totalement abstrait, ces petits passages se révèlent frustrants. On ne comprend pas ce qu’on lit. Même remarque pour les travaux de Benedict ! L’accélérateur de particules, j’en ai entendu parler dans la série Flash, mais je ne suis pas sûre que ce soit la meilleure des références scientifiques hahaha ! Je ne peux pas dire que ces points négatifs m’aient gâché la lecture. Je voulais juste les mentionner pour justifier le fait que je n’ai pas mis 20/20.

Enfin, pour finir sur une bonne note, j’ai trouvé la couverture très jolie. Elle est comme l’histoire : simple. Elle est simple et sobre et pourtant elle est irrésistiblement attractive ! Si j’avais vu ce livre dans une librairie, je me serais sans aucun doute approcher pour lire le résumé.

En bref, j’avais compris dès les premières lignes que j’allais aimer ce livre mais je ne pensais pas l’adorer autant ! Je me suis attachée aux quatre protagonistes et j’ai apprécié suivre leurs aventures au fil de la vie. J’ai aussi aimé le fait que ce livre est très concret. Tous les événements sont crédibles et ils sont en plus ancrés dans notre réalité historique (l’attentat du 11 septembre est mentionné, tout comme la crise économique de 2007). Je suis ravie d’avoir découvert la plume d’Alice Adams et j’ai hâte de lire d’autres de ses œuvres.

A la fac, la situation était différente ; ils se voyaient tous presque quotidiennement, si bien qu’il y avait toujours quelqu’un pour remarquer si vous aviez des ennuis, et comme ils menaient le même genre de vie leurs désaccords ne semblaient pas tirer à conséquence. Cette période avait été la plus heureuse de son existence, elle s’en rendait compte à présent : un foyer stable, un réseau d’amis, un avenir plein d’espérances et de promesses.

La sélection, tome 2 : L’élite – Kiera Cass

Couverture La sélection, tome 2 : L'élite

Résumé :

« La Sélection de 35 candidates s’est réduite comme peau de chagrin, et désormais l’Élite restante n’est plus composée que de 6 prétendantes. L’enjeu pour ces jeunes filles? Convaincre le Prince Maxon, le Roi et la Reine ses parents, qu’elles sont les mieux à même de monter sur le trône d’Illéa, cette petite monarchie régie par un strict système de castes et déchirée par deux factions de rebelles qui veulent la faire tomber.
Pour America Singer, la donne est encore plus compliquée : ses sentiments pour Maxon viennent se heurter à son amour d’enfance pour Aspen, garde royal qui hante les couloirs du palais, et à son sens aigu de la justice trop souvent déçu par les décisions royales… Entre intrigues de cour, dilemmes tragiques et loyautés divisées, America navigue à vue dans la tourmente, en quête de la décision qui changera à jamais sa vie… »

Mon avis :

Ayant eu un énorme coup de cœur pour le premier tome de La Sélection, j’étais ravie de retrouver America dans L’Elite. J’ai retrouvé tous les ingrédients qui m’avaient fait aimé le roman précédent et j’ai de nouveau eu un coup de cœur. Pourtant, je ressors de cette lecture légèrement frustrée.

America a réussi à conquérir le cœur du prince Maxon et fait maintenant partie de l’élite. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle remporte la sélection et qu’elle devienne la princesse d’Illéa. Pourtant, les choses ne sont pas si simples. Elles se posent encore des questions sur ses sentiments envers Maxon et Aspen. Elle doit également supporter les autres candidates qui ont bien compris qu’America avait tapé dans l’œil du prince et elles sont prêtes à tout pour se débarrasser d’elle. Céleste est toujours une peste, quant à Kriss elle se rapproche dangereusement de Maxon. Il se pourrait même qu’elle prenne la place d’America… Il y a également les mises à l’épreuve inventées par la Reine et Silvia qui se révéleront primordiales pour l’avenir de la diplomatie d’Illéa. Comme si cela ne suffisait pas, tout le château doit faire face aux attaques de plus en plus violentes des Renégats. America n’est donc pas au bout de ses peines.

J’admire ton attitude. Ton honnêteté. Mais tu dois comprendre que nous sommes rivales, America. Jamais je ne mentirai à ton sujet, jamais je ne dirai du mal de toi, mais jamais je n’irai jusqu’à chanter tes louanges auprès du prince. Jamais.

Comme pour le premier tome de La Sélection, j’ai eu un coup de cœur pour les protagonistes. L’héroïne, America, est un personnage vraiment sympathique quoiqu’un peu complexe. On a du mal à la suivre parfois, elle est tellement imprévisible ! C’est justement ce qui fait son charme. Elle essaie également de ne pas oublier d’où elle vient. Lorsque Silvia demande aux filles de préparer un projet caritatif, America se souvient des problèmes que son entourage a rencontré à cause du système de caste. Bref, c’est LA jeune fille qui pourrait renverser tout le système afin de le rendre plus juste. Ses intentions sont nobles et on comprend les doutes qu’elle nourrit envers ses sentiments pour Maxon ou Aspen. C’est une fille formidable et le lecteur ne peut être que charmé ! Quant à Maxon, il est vraiment attachant. Il reste follement amoureux d’America et essaie de lui faire comprendre coûte que coûte. Mais il peut se révéler très déroutant. Lorsque l’élue de son cœur doute de lui, il ne fait pas grand-chose pour la rassurer. Il la laisse un peu mariner dans son jus et il s’étonne ensuite qu’elle lui en veuille ! Il n’empêche que ses sentiments envers elle restent sincères et on ne peut qu’espérer que les deux tourtereaux finissent enfin par se rendre à l’évidence.

Ce tome laisse beaucoup de places aux autres prétendantes. Céleste se fait encore et toujours remarquer par sa mesquinerie et sa méchanceté gratuite. On a beau la détester, on ne veut pas qu’elle parte de la Sélection car elle donne du peps au roman ! Le fait que Céleste et America soient totalement à l’opposé ne fait que renforcer l’intérêt du livre. On se demande pourquoi Maxon a gardé les deux. Il n’est pas possible qu’il soit amoureux de l’une et qu’il apprécie l’autre en même temps. Puis on se rend compte que tout cela est en fait guidé en coulisses par des acteurs bien plus influents que le prince lui-même… La présence d’Elise dans les six dernières concurrentes n’est pas non plus anodines. Après tout, elle est originaire de Nouvelle-Asie. Quant à Kriss, elle occupe une place beaucoup plus importantes dans ce tome que dans le précédent. En effet, il semblerait bien que Maxon se rapproche d’elle à un point tel qu’il pourrait en oublier America. Cette fille est donc la rivale de cette héroïne que l’on aime tant. Pourtant, je n’ai pas réussi à la détester car elle ne fait pas de coups tordus. Elle reste distinguée quoiqu’il arrive et elle veut gagner à la loyale. Si on la compare avec Céleste… il n’y a pas photo ! Enfin, en ce qui concerne Marlee, j’étais un petit peu déçue qu’elle soit moins présente dans ce tome-là. C’est un personnage que j’avais beaucoup apprécié dans le premier tome et j’ai été vraiment choquée de voir ce qui lui arrivait dans celui-ci.

L’histoire est toujours aussi captivante. La Sélection s’est réduite à une poignée de candidate et la lutte n’en est que plus féroce. J’ai aimé suivre pas à pas la progression d’America dans cet univers qu’elle ne connaissait pas. Dans ce second tome, elle s’est habituée à la vie de château, mais elle doit maintenant apprendre à devenir une princesse avec des responsabilités. Elle doit apprendre la géopolitique, la diplomatie… Et surtout l’histoire. Ce que j’ai vraiment apprécié, c’est que l’on en apprend plus sur Illéa. On apprend des choses sur son fondateur, Grégory Illéa, sur l’ancien système de castes ou sur les anciennes traditions. On retrouve vraiment le côté dystopie qui passe parfois à la trappe pour laisser place à une romance pure. En revanche j’ai été déçue par la fin. Je ne m’attendais pas à cela, je pensais que l’histoire allait faire un bon en avant et que la Sélection prendrait fin. Je reste frustrée car je voulais connaître le dénouement de cette compétition mais je dois attendre le tome suivant… Le suspens dans une saga, c’est bien. Mais gare à ne pas trop faire languir le lecteur qui peut vite se lasser. Si le livre suivant reprend le même schéma, c’est-à-dire le triangle amoureux, les concurrentes féroces et les attaques de renégat, j’ai un peu peur de m’ennuyer.

J’ai commis des erreurs. J’ai laissé la perspective de la couronne me remplir de peur et m’éloigner de vous. J’ai voulu me convaincre que vous n’étiez rien pour moi. Que vous m’aviez menti, que vous n’aviez pas confiance en moi. Je me suis laissée convaincre que je ne comptais pas à vos yeux. 

Enfin, en ce qui concerne le style d’écriture, je l’ai trouvé très fluide et agréable à lire. Ce livre reste adapté aux lecteurs de tous âges. Le petit détail qui me chagrine un peu, c’est qu’America est une Cinq. Par conséquent, elle a été élevée dans un milieu modeste. Et bien qu’elle ait reçu des cours de Silvia, j’ai du mal à croire qu’elle puisse formuler ses phrases comme Maxon. Lorsqu’il y a un dialogue entre ces deux personnages, on ne remarque pas particulièrement de différence de registre, ce qui est assez bizarre entre une Cinq et un Prince. Elle n’est pas censée avoir toutes ses manières. Mais peut-être qu’à Illéa, tout le monde prend un petit air guindé, allez savoir.

En résumé, j’ai été ravie de retrouver America dans ce second tome de la Sélection. J’ai aimé suivre ses nouvelles péripéties au sein du palais et l’évolution de ses sentiments envers Aspen et Maxon. En revanche, je suis un peu déçue car la fin reste une nouvelle fois en suspend et on se demande presque si ce second tome n’a pas été qu’un blabla inutile. Mais dans l’ensemble, cette saga me plait toujours et je lirai sans aucun doute le tome suivant qui, je l’espère, conclura la Sélection en beauté.

Vous êtes absolument quelconque. Les cheveux roux, le teint pâle, la silhouette passable ; Céleste est un astre à côté de vous. Quant à votre tempérament… vous êtes malpolie, vulgaire ; la seule fois où vous vous impliquez dans un projet sérieux, vous n’hésitez pas à compromettre la sécurité du royaume. Et je ne parle même pas de votre posture, de votre démarche. Kriss est mille fois plus jolie et plus amène. 


De la même auteure :Couverture La sélection, tome 1

Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils – Jacques Expert

Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils

Résumé : 

« Quand son fils meurt, renversé par un chauffard qui a pris la fuite, Antonio Rodriguez jure à sa femme qu’il le vengera. Tandis que l’enquête piétine, il finit par découvrir le meurtrier, un cadre supérieur de sa propre entreprise dont l’attitude lui paraît très suspecte. Pourtant, un jour, les gendarmes l’informent qu’ils viennent d’arrêter le coupable. Les preuves sont formelles, l’homme est passé aux aveux. Mais ce n’est pas le même individu. Dans ce roman à quatre voix – Antonio et sa femme, Sylvia, l’assassin et son épouse –, se noue un ballet macabre, autour du thème de l’autodéfense : qui Antonio Rodriguez va-t-il tuer ce soir ?
Jacques Expert a longtemps hésité entre deux fins pour clôturer ce roman. Il a dû trancher pour l’édition imprimé. Aujourd’hui nous vous proposons ces deux alternatives, à vous de choisir… »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier le Livre de Poche pour l’envoi de ce livre. L’avantage de cette édition numérique, par rapport à la version papier, est que l’on pouvait choisir sa fin. A un certain moment, on vous demande de faire un choix entre la fin n°1 et la fin n°2. Vous pouvez bien sûr lire les deux ! Cette fin alternative est un vrai atout pour ce livre qui est déjà, à la base, un chef d’oeuvre.

Il est tard. Jean-Pierre Boulard se décide enfin à rentrer chez lui après un début de soirée arrosé. Il sait que sa femme va lui en vouloir et va lui reprocher son retard. Mais il s’en fiche, cela fait bien longtemps qu’il ne l’aime plus, cette peau de vache. L’esprit embrumé par l’alcool et les tracas familiaux, cet homme ne va pas remarquer la présence du jeune Victor qui est à vélo sur cette même route. Il va le heurter de plein fouet. L’enfant sera retrouvé le lendemain, dans le fossé. Mort. Si la personne qui l’avait percuté s’était arrêté et avait pris la peine d’appeler les pompiers, il serait en vie. C’est ce qu’un des gendarmes déclare à Antonio, le papa de Victor. A partir de ce jour-là, la vie de la famille Rodriguez bascule. Sylvia, la mère, ne demande qu’une chose : que son fils soit vengé. Elle demande à son mari de tuer l’assassin de leur fils. Ce sale type doit mourir. Il n’a pas le droit de vivre alors que leur petit Victor lui, est mort dans d’atroces souffrances. Antonio se met à enquêter, en parallèle de la police qui ne donne pas beaucoup de résultat. Pour lui, l’attitude de son supérieur, un certain monsieur Boulard, est suspecte. Il n’est pas aussi compatissant avec lui que les autres gars de la boîte. Et il a remplacé un feu avant qui était brisé. Et il a des traces de peinture rouge – la couleur du vélo de Victor – sur sa carrosserie. Tout concorde. Mais… alors qu’Antonio s’apprête à passer à l’action, les gendarmes appellent les Rodriguez et les informent que l’assassin de leur fils, Mr. Demay, vient d’être arrêter. Où se cache la vérité ?

Il aimait ce bonheur simple : sa femme occupée à la cuisine et les rires complices de ses enfants qu’il devinait, depuis leur chambre toute proche, malgré la porte tirée. A présent, Sylvia se force toujours à ranger la cuisine mais lui ne supporte plus l’activité obstinée de sa femme ni le silence pesant qui s’échappe de la chambre muette de son fils.

J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce livre. Dès les premières pages, je me suis attachée à Antonio et Sylvia Rodriguez, ces deux parents qui viennent tout juste de vivre un drame. Leur famille a été brisée et ils veulent se venger. C’est le seul moyen pour eux de retrouver un semblant de normalité. Ils ne peuvent pas vivre dans un monde où l’assassin de leur fils respire et profite des joies de la vie ! On ne peut être que compatissants face à ses deux personnages. On essaie de se mettre à leur place et on imagine à quel point ils doivent être meurtris par les récents événements. On comprend leur tristesse, à la différence de ce cher Monsieur Boulard qui en a assez que ses employés se montrent trop démonstratifs avec Antonio. Je crois que je n’ai jamais autant haï un personnage dans une de mes lectures. Je n’ai même pas de mot pour décrire cet homme. C’est un assassin. Ce sale type a tué un enfant. Et pourtant, il arrive bien vite à oublier ce qu’il a fait. Il dit même à un moment que s’il ne repassait devant la « scène du crime » tous les jours pour aller travailler, il aurait déjà oublié tout ça depuis un bout de temps. Le pire, (car oui, il y a pire) c’est que cette ordure dit qu’il n’y ait pour rien. Comme si cela ne suffisait pas, ce personnage se comporte d’un façon terriblement odieuse avec sa femme. D’ailleurs, il ne se prive pas de l’appeler « la salope ». C’est charmant. Je n’ai rien aimé chez ce personnage. Rien. Rien du tout. J’espérais que Antonio allait découvrir la vérité et qu’il n’allait pas tuer Demay, mais bien Boulard, cet homme sans cœur qui a tué un enfant et qui n’exprime même pas une once de regret.

J’ai donc aimé les personnages, mais j’ai bien évidemment aimé l’histoire. Elle est intense. On tourne chaque page avec appréhension en se demandant si la vérité va enfin éclater ou si un nouveau mensonge va venir s’ajouter à la pile. On a envie de connaître le dénouement sans attendre ! En fait, on aimerait lire le livre d’une seule traite. Mais bon, il faut bien garder un peu de suspens, non ? Ce suspens est d’ailleurs doublé lorsqu’on se retrouve face une page où il est écrit que nous devons faire un choix. On doit alors sélectionner quelle fin nous souhaitons lire. J’ai décidé de lire les deux pour connaître les deux issues que l’auteur avait imaginé. J’ai commencé avec la fin n°2 (ne me demandez pas pourquoi) et j’ai été tellement déçue ! L’histoire est toujours aussi palpitante et le style de l’auteur était toujours aussi entraînant, ça il n’y a pas de doute là-dessus. Mais je me suis retrouvé face au dénouement que je craignais. J’ai donc lu la fin n°1 en toute hâte et là, j’ai eu ce que je voulais ! Le fait d’avoir le choix entre deux fins pour une histoire est vraiment très ingénieux. Je pense que tous les lecteurs y trouveront leur compte. Et puis, on a l’impression de participer à l’élaboration de l’histoire avec l’auteur. C’est excitant, il faut bien le dire !

Les gars se sont soudain déchaînés. Ils m’ont pris à témoin et j’ai été bien obligé d’acquiescer avec eux, et d’espérer que les flics chopent « ce fumier ». Qu’est-ce que j’aurais pu faire d’autre, sinon participer à cette explosion de colère ? Franchement, ce déferlement écœurant de haine ne fait pas honneur à l’espèce humaine et je ne peux m’empêcher de me demander comment ils auraient réagi à ma place, ces gueulards.

Enfin, en ce qui concerne le style de l’auteur, j’ai été très agréablement surprise. Les romans policiers ou les thrillers français me font rarement vibrer. De plus, j’étais tombée une fois sur l’adaptation cinématographique de ce livre et je n’avais pas vraiment accroché. Or en lisant cette oeuvre, je me suis prise une grand claque ! La plume de Jacques Expert est très agréable à lire. Elle est fluide et les dialogues ne sonnent pas faux. L’auteur nous entraîne dans son histoire macabre sans aucun problème et on se retrouve plongé au cœur de l’intrigue. J’ai hâte de lire d’autres de ses livres !

En résumé, Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils est une lecture dont on ne peut pas ressortir indemne. Tantôt choqué, tantôt bouleversé, on se surprend à encourager Antonio dans sa quête de vengeance. Dans cette version avec fin alternative, le lecteur peut choisir le dénouement de cet histoire et c’est une très très bonne idée. Je vous conseille ce livre si vous ne l’avez pas encore lu !

Ne pensez surtout pas que je sois un être insensible, mais mettez-vous à ma place, je ne suis pas un monstre quand même !