All Time Readings

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux." – Jules Renard

En voiture, Simone ! – Aurélie Valognes

Couverture Nos adorables belles-filles / En voiture, Simone

Résumé :

« Pour une comédie familiale irrésistible, il vous faut : un père, despotique et égocentrique, Jacques. Une mère, en rébellion après quarante ans de mariage, Martine. Leurs fils, Matthieu, éternel adolescent mais bientôt papa de trois enfants ; Nicolas, chef cuisinier le jour et castrateur tout le temps ; Alexandre, rêveur mou du genou. Et… trois belles-filles délicieusement insupportables ! Stéphanie, mère poule angoissée ; Laura, végétarienne angoissante ; Jeanne, nouvelle pièce rapportée, féministe et déboussolée, dont l’arrivée va déstabiliser l’équilibre de la tribu. Mettez tout le monde dans une grande maison en Bretagne. Ajoutez-y Antoinette, une grand-mère d’une sagesse à faire pâlir le dalaï-lama, et un chien qui s’incruste. Mélangez, laissez mijoter… et savourez ! »

Mon avis :

Je remercie tout d’abord le Livre de Poche pour l’envoi de ce livre! Lorsque j’ai trouvé ce livre dans la sélection du mois d’avril j’étais ravie. Les couvertures colorées et les résumés un peu déjantés des livres d’Aurélie Valognes me donnaient vraiment envie. C’est donc sans appréhension et avec grand plaisir que j’ai commencé En voiture, Simone ! Cet enthousiasme m’a accompagné tout au long de ma lecture et c’est comblée que j’ai refermé ce livre.

Résultat de recherche d'images pour

Noël 2015. La famille Le Guennec s’apprête à célébrer le réveillon qui se déroulera dans la maison de Martine et Jacques, les parents de la tribu. Tout semble parfait : les cadeaux des enfants et petits-enfants sont emballés, le chevreuil cuit impeccablement dans le four et Martine est sublime dans sa robe. Cependant les choses ne vont pas tarder à se gâter. Leur fils Alexandre les prévient à la dernière seconde que sa compagne, Laura, va finalement venir dîner avec eux. Ce n’est pas un drame me direz-vous, ils n’ont qu’à rajouter une assiette. Au menu de ce soir ? Foie gras, chevreuil et huîtres. Sauf que Laura est végétarienne. Et ce n’est pas tout, dès l’arrivée des trois fils et de leur compagne, l’ambiance est on ne peut plus tendue. Jeanne, l’amie de Nicolas et dernière arrivée dans la famille, va avoir du mal à trouver sa place (surtout quand sa belle-famille ne cesse de faire allusions aux femmes qui l’ont précédée). Quant à Stéphanie, compagne de Matthieu, mère de deux enfants et enceinte d’un troisième, elle a bien du mal à garder son calme face au comportement de son beau-père. Ce Noël marquera un tournant pour la famille Le Guennec et les mois qui suivront ne seront pas de tout repos. Entre gaffes, engueulades et situations improbables, la famille bretonne nous réserve moult surprises…

Bon, on récapitule : ce soir, pas de remarques désagréables à tes belles-filles, pas de portable et tu fais attention à ton cholestérol. Tu ne te sers pas deux fois, entendu ?

COUP DE CŒUR. C’est dit, c’est clair, net et précis. J’ai eu un coup de coeur pour les personnages, pour l’histoire, pour la plume de l’auteure, pour son humour, pour la superbe couverture du livre, pour les titres de chapitre… Bref, ce livre est parfait! Je n’ai pas pour habitude de lire des romans de ce genre, je suis plus du genre fantasy, thriller, livre historique ou même une petite chick-lit de temps en temps. Les livres humoristiques restent assez rares pour moi! Mais je me suis dit que par une belle journée de printemps ensoleillée, c’était l’idéal. Et en effet, c’est un livre totalement adapté si on veut se vider la tête et rire un bon coup!

– Vous avez vu! continua Jacques, à une lettre près, chianti, ça s’écrit comme chiante. Tu as vu, Stéphanie ?
– Pourquoi vous me dites ça à moi ?

Sans surprise, les points forts de ce livres sont les personnages. Ils ont tous un petit quelque chose d’attachant et on prend beaucoup de plaisir à découvrir leurs multiples aventures. J’ai adoré la grand-mère, Antoinette, qui a le don d’apaiser tout le monde avec ses expressions de vieille dame et ses repas gargantuesques. La mère, Martine, est clairement en mal d’amour et de reconnaissance. Elle est vraiment attachante et on aimerait faire quelque chose pour l’aider. Malheureusement, son empoté de mari, Jacques, n’est pas très doué. Il m’a beaucoup fait rire! Il m’a un peu fait pensé au grand-père dans la série En famille, qui se prénomme d’ailleurs Jacques, lui aussi! Ses gaffes avec ses belles-filles sont toutes plus drôles les unes que les autres! C’est encore pire quand il essaie de bien se comporter. Le naturel revient toujours au galop et les discussions banales peuvent vite se transformer en crise d’hystérie! Pour son côté humoristique, je dirais que Jaques a été mon personnage préféré. Les trois fils sont sympathiques également (sauf Alexandre, ce macho sans égal), mais ils sont un peu éclipsés par leur compagne, les vraies stars de ce livre! D’ailleurs, dans une précédente édition le livre s’intitulait Nos adorables belles-filles. Pour être honnête, je préfère le titre En voiture, Simone ! qui fait ressortir l’humour du livre et qui donne tout de suite envie de le lire! En tout cas, je vais éviter de trop parler de Stéphanie, Laura et Jeanne, je ne veux pas vous spoiler!

Résultat de recherche d'images pour

Parlons maintenant de l’histoire en elle-même. En fait, il n’y a pas une seule histoire, il y en a 8, voire 9 si on compte Antoinette. Chaque adulte de la famille a ses propres expériences passées, ses impressions sur sa (belle-)famille et ses préoccupations actuelles. Si au début j’avais peur de me perdre avec tous les prénoms, mes craintes se sont vites envolées. On comprend vite « qui est qui », chacun ayant une fort personnalité, on distingue vite chaque personnage. Chacune de leurs histoires est soit intéressante, soit hilarante, soit les deux! Il n’y a pas un seul moment de cette lecture que je n’ai pas apprécié. Mes moments préférés étaient naturellement ceux où toute la famille était réunie. Plus on est de fous, plus on rit et plus on fait de gaffes bien sûr! Même lorsque les choses commencent à se calmer et que les tensions se dissipent, les moments en famille étaient les meilleurs puisqu’on ressentait une vraie cohésion, une véritable ambiance chaleureuse. Les Le Guennec n’en deviennent pas moins amusant! L’humour devient juste un peu moins piquant et est apprécié par tous les membres de la famille.

Si tes belles-filles savaient que tu les compare à des poules… Attention, c’est limite, chérie! Très limite!

Enfin, en ce qui concerne le style de l’auteure, je l’ai trouvé vraiment très agréable à lire! Léger, frais et dynamique. Aurélie Valognes nous plonge au coeur de cette famille bretonne sans même que l’on s’en rende compte. On a presque l’impression de faire partie de cette famille, nous ne sommes pas que spectateurs. Les sujets abordés sont parfois sérieux, mais la plume de l’auteure reste toujours aussi légère, les choses ne sont pas dramatisées. Et comme je le disais, j’ai trouvé le style de l’auteur dynamique. J’ai lu dans certaines chroniques que certains avaient déploré le manque de rythme ou le manque d’action dans ce livre. Pour ma part, j’ai trouvé que chaque rebondissement arrivait au bon moment et je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. D’ailleurs, j’avais du mal à lâcher mon livre. Une fois que je l’ouvrais, seul un cas de force majeur pouvait me faire refermer ce livre!

En résumé, j’ai véritablement été séduite par En voiture, Simone ! Tout m’a semblé parfait du début à la fin. L’humour des personnages ainsi que la fluidité et la légèreté de la plume de l’auteure m’ont fait passé un moment de lecture très agréable. Si je ne lis pas souvent de livres humoristiques, celui-ci m’a totalement convaincue, je suis conquise! J’ai hâte de découvrir les deux autres romans d’Aurélie Valognes, ainsi que tous ceux qui suivront.

Note : 20/20
Résultat de recherche d'images pour

Quand on se met en couple, chacun vient avec un sac à dos plein de pierres. Les pierres représentent notre passé et conditionnent qui nous sommes aujourd’hui. Pour certains, le sac à dos est plus lourd à porter que pour d’autres.

Regeneration – Pat Barker

Couverture Regeneration, book 1

RÉSUMÉ :

« Craiglockhart War Hospital, Scotland, 1917, where army psychiatrist William Rivers is treating shell-shocked soldiers. Under his care are the poets Siegfried Sassoon and Wilfred Owen, as well as mute Billy Prior, who is only able to communicate by means of pencil and paper. Rivers’s job is to make the men in his charge healthy enough to fight. Yet the closer he gets to mending his patients’ minds the harder becomes every decision to send them back to the horrors of the front… »

MON AVIS :

Pour mon cours de littérature britannique, j’ai du lire Regeneration de Pat Barker et voir son adaptation cinématographique. J’ai vu le film avant de lire le roman. Je m’attendais à être bouleversée puisque cela parle de stress post-traumatique à l’époque de la première guerre mondiale. Malheureusement le film m’a déçu et je repoussais donc indéfiniment le jour où j’allais commencer le livre… Puis j’ai vu le film une seconde fois et cette fois-ci, je l’ai plus apprécié et l’envie de lire est revenue. C’est tout de même prudemment que j’ai commencé Regeneration et j’ai été agréablement surprise.

En pleine guerre mondiale, un officier anglais du nom de Siegfried Sassoon publie dans un journal national un réquisitoire contre le conflit en Europe. Il n’est pas pacifiste, mais il considère que la guerre a assez duré et qu’elle n’est motivée que par des politiciens sans raison particulière. Il aurait du passer en court martiale, il aurait pu être executé. Fort heureusement, enfin si on peut dire cela comme ça, son ami Robert Graves intervient. Devant le conseil médical, il leur avoue que Sassoon a des problèmes de bégaiement, qu’il fait des cauchemars et a des hallucinations depuis son retour du front. Le conseil décide donc de l’envoyer à Craiglockhart, un hôpital psychiatrique dédié aux officiers en stress post-traumatique. C’est là qu’exerce le capitaine Rivers, un médecin très réputé qui obtient de bons résultats. Une fois à Craiglockhart, Sassoon se retrouve au coeur de l’enfer. Pour lui, c’est pire que la guerre en France. Cependant, il pourra tout de même compter sur l’appui de Rivers, qui a bien compris qu’il n’était pas fou. Il va également faire des rencontres surprenantes, dont celle de Wilfred Owen. En parallèle, nous suivons également la guérison de Billy Prior, un officier modeste qui souffre de mutisme. Au fil des cauchemars, des séances d’hypnose et des parties de golf, les protagonistes vont se redécouvrir et vont comprendre que le chemin de la guérison sera semé d’embûche.

« They won’t court-martial you. »
In spite of himself, Sassoon began to feel afraid.
« What then ? »
« Shut you up in a lunatic asylum for the rest of the war. »

Que ce soit dans le film ou dans le livre, une chose m’a étonnée. L’histoire se déroule en 1917, durant la première guerre mondiale. Les protagonistes sont des soldats. Pourtant, nous ne sommes pas sur un champ de bataille, nous en sommes même très éloignés. J’étais un peu déroutée au début mais en fait, la guerre est évoquée constamment. C’est même le coeur du livre. Si les soldats sont là, c’est bien parce qu’ils ont vécu une expérience traumatisante sur le front. Le sujet restait donc très intéressant, mais le rythme n’était pas là. En effet, si cela s’était déroulé sur un champ de bataille, l’histoire aurait été palpitante. Or dans ce livre, c’était beaucoup plus calme. Cela ne m’a pas dérangé sauf à certains moments où j’ai trouvé quelques longueurs inutiles. Cependant, dans l’ensemble, j’ai passé un moment de lecture agréable.

Cette histoire est inspirée de faits réels, c’est ce qui la rend particulièrement intéressante. Si les personnages de Billy Prior et David Burns sont sortis tout droit de l’imaginaire de Pat Barker, Siegfried Sassoon, Robert Graves, Wilfred Owen, Dr Rivers, Dr Brock ou encore Dr Yealland ont réellement existés. Cela rend l’histoire plus vivante, plus concrète mais aussi plus émouvante. Par exemple, dans le livre ou dans le film, je ne me suis pas vraiment attachée au personnage de Wilfred Owen. Pourtant, il n’y a rien de désagréable dans son attitude. Seulement, je savais que le vrai Wilfred Owen était mort juste avant la fin de la guerre. Donc le fait de savoir que ces événements se déroulaient quelques mois seulement avant son décès … c’est très touchant, voire même éprouvant émotionnellement parlant. Je pense donc que c’est pour cela que je ne me suis pas attachée à lui, c’était un genre de mécanisme de protection j’imagine.

Le gros point fort de ce roman c’est évidemment les personnages. En regardant le film, j’avais beaucoup aimé Billy Prior. Mon opinion sur lui s’est confirmée lors de ma lecture. J’ai apprécié le fait qu’il n’était pas un officier comme les autres, il ne vient pas d’une riche famille, il n’a pas été dans une école prestigieuse. Je l’ai trouvé attachant dans le sens où il n’est pas traité comme les autres. Certes, le docteur Rivers est un homme d’honneur mais il fait tout de même des distinctions entre ses patients. Billy Prior souffre de mutisme après avoir vécu une expérience plus que traumatisante, or Rivers lui dit « Officers don’t suffer from mutism ». Pourtant, Prior ne simule pas et souffre vraiment de cette situation (surtout qu’il communique par bouts de papier et qu’il fait des fautes d’orthographe… pas très glorifiant). Prior a donc été mon personnage préféré, c’est celui pour lequel j’ai eu le plus d’affection. Bon et le fait que dans le film il soit interprété par Johnny Lee Miller (quand il était jeune) à peut-être aidé je l’avoue!

You seem to have a very powerful anti-war neurosis.

J’ai également adoré le personnage de Siegfried Sassoon. C’est avec sa déclaration que débute l’histoire et pour être honnête, je suis tout à fait d’accord avec ses idées! Il n’est pas pacifiste, mais pour lui, cette guerre dure pour de mauvaises raisons. Surtout, il hait les civils qui encouragent leur soldats à combattre et à revenir victorieux sans imaginer un seul instant l’horreur qu’ils vivent au front. Le fait que Sassoon trouve qu’il n’y a rien de glorieux à tuer un homme le rend tout aussi humain qu’attachant. Je dois également vous avouer que j’ai aimé Siegfried Sassoon avant même de commencer le livre. En parallèle de cette lecture, nous devions choisir un poème dans un petit recueil pour l’analyser: Poems of the Great War. C’est en cherchant le poème que j’allais étudier que j’ai découvert la plume de Sassoon. Et quelle découverte! Je ne suis pourtant pas une grande fan de poésie, mais j’ai pris une grande claque en lisant celle de cet officier! Donc j’avais un a priori très positif sur ce personnage. J’ai aussi beaucoup aimé sa nonchalance face à Rivers.

The haunted faces, the stammers, the stumbling walks, that undefinable look of being « mental ». Craiglockhat frightened him more than the front had ever done. 

Enfin, en ce qui concerne le style de l’auteure, je l’ai trouvé fluide dans l’ensemble. J’ai particulièrement aimé les nombreux dialogues. Quand on lit en VO, les longues descriptions de paysage ou les interminables passages de narration peuvent être un peu ennuyants et même gênants dans le sens où on a plus de chance de rencontrer du vocabulaire précis que l’on ne connait pas forcément. Les dialogues remettaient donc un peu de rythme dans ce livre et permettaient de mettre mon cerveau en pause pendant quelques instants! Mais en général, le vocabulaire était tout de même largement compréhensible, tout comme le style d’écriture. De plus comme le livre a été écrit das les années 90, cela reste très moderne et donc plus simple qu’un livre de Dickens par exemple!

En résumé, je suis ravie que mon professeur de littérature britannique nous ait demandé de lire cette oeuvre. Etant passionnée d’Histoire, j’étais certaine d’adhérer à ce roman et ce fut le cas. J’ai aimé la plume fluide de l’auteure ainsi que les personnages que j’ai trouvé particulièrement attachants, surtout lorsqu’ils évoquaient leurs traumatismes de guerre. J’ai préféré le livre au film. Il y a quelques différences notables qui changent, selon moi, une grande partie de l’histoire. Par exemple, dans le livre, on s’attarde plus sur l’homosexualité de Sassoon et sur sa relation ambiguë avec Wilfred Owen. Cela apporte un petit plus au roman. Bref, j’ai l’impression que cette chronique est déjà bien assez longue, je ne vais pas m’étaler sur ce sujet! Pour faire court : je vous conseille ce livre, bien différents des autres romans traitants de la première guerre mondiale!

Note : 16/20

For a while I used to go out on patrol every night, looking for Germans to kill. Or rather I told myself that’s what I was doing. In the end I didn’t know whether I was trying to kill them, or just giving them plenty of opportunities to kill me. 

Bilan mars 2017

Bonjour!

Malgré la montagne de cours à réviser, j’ai réussi à consacrer du temps à mes livres ce mois-ci. Je suis franchement satisfaite de mon mois de lecture. En revanche, cette dernière semaine a été très chargée et il n’y aura donc pas de chronique ce samedi! Voici donc mon bilan lecture du mois de mars :

(Je rappelle que je ne chroniquerai pas les short stories!) Pour résumé, j’ai lu 3 romans, un recueil de conte et 2 short stories, soit un total de 1031 pages. Comme d’habitude, j’ai fait une moyenne des notes que j’ai attribué à mes lectures : 15,6/20. C’était donc un très bon mois du côté des découvertes livresques! J’ai mis de bonnes notes aux romans et des notes très moyennes aux short stories! Décidément mon professeur de littérature US n’a pas les mêmes goûts que moi!

Pour le mois d’avril, je ne me prévois pas du tout d’objectif. Il faut absolument que je finisse par lire Regeneration. Puis, étant donné que je serais en vacances, je pense lire le tome 9 des Chevaliers d’Emeraude… Wellan, Swan et les autres me manquent terriblement!

Encore – Hakan Günday

Couverture Encore

Résumé :

« Gazâ a neuf ans et vit sur les bords de la mer Égée. Il travaille avec son père Ahad, passeur de clandestins. Ils entreposent dans un dépôt les individus qui viennent de parcourir plusieurs milliers de kilomètres. Un jour, Gazâ cause la mort d’un jeune Afghan. Dès lors, le garçon ne cesse de penser à lui et conserve précieusement la grenouille en papier qu’il lui avait donnée – ce qui ne l’empêche pas de devenir le tortionnaire des clandestins qui ont le malheur de tomber entre ses mains. Un soir, tout bascule, et c’est désormais à Gazâ de trouver comment survivre… »

Mon avis :

Je remercie tout d’abord les éditions Livre de Poche pour l’envoi de ce livre.

Lorsque je parcourais la sélection du mois, aucun titre ne m’a sauté aux yeux. J’ai du lire chaque résumé afin de faire mon choix et Encore s’est démarqué. C’est la première fois que j’avais l’occasion de lire une oeuvre qui traitait de la crise des migrants. C’est pourtant un sujet inévitable dans notre société actuelle… Je me suis alors dit que c’était important, qu’il fallait absolument que je découvre ce livre. D’autant plus qu’il est écrit du point de vue d’un jeune garçon turc, c’est-à-dire un enfant vivant entre l’enfer que les migrants cherchent à fuir et le paradis qu’ils espèrent trouver.

Résultat de recherche d'images pour "psychopath gif tumblr"

Gazâ est un jeune turc qui vit seul avec son père, Ahad. A première vue, c’est un garçon ordinaire. Il va à l’école et a de bonnes notes. Cependant, lorsqu’il n’est pas à l’école, il doit travailler aux côtés de son père. Cela ne pourrait être qu’un détail, qu’un élément qui montre que Gazâ et Ahad ne croulent pas sur l’or. Mais c’est plus que ça, bien plus que ça. Ahad est passeur de clandestin. Il prend en charge des êtres humains qui ont tout quitté dans leur pays par désespoir et qui espèrent trouver une vie meilleure en Europe. Entre deux transports, les migrants sont parqués dans un entrepôt, près de la maison de Gazâ. Très vite, le garçon se voit confier des responsabilités. C’est lui qui doit surveiller la marchandise et s’assurer qu’elle reparte en bonne état. Il doit distribuer – ou plutôt, vendre – l’eau et la nourriture. A seulement neuf ans, il sait qu’il peut exercer un certain pouvoir sur ces gens qui sont, malgré leur âge, plus faibles que lui. Il sait également, par expérience, qu’il a le pouvoir de vie ou de mort… Bien qu’il soit habitué à cette situation, il voit arriver la fin du collège comme un soulagement. Faisant partie des cents meilleurs étudiants de Turquie, il peut prétendre à un bon lycée. Il va enfin pouvoir échapper à cet enfer. Enfin, c’est ce qu’il croyait…

C’est ainsi que cette année-là, à peine sorti de l’école, je devins passeur de clandestins. A 9 ans… ça ne changeait pas grand-chose. J’étais déjà le fils d’un passeur.

Mon avis sur ce livre est, dans l’ensemble, très positif. Du début à la fin, j’ai été complètement happée par l’histoire de Gazâ, même si au final, je me rends compte que j’ai détesté ce personnage. Il est vrai que si le jeune garçon est aussi odieux, c’est à cause du métier de son père. Cependant, cela ne l’excuse pas pour toutes les horreurs qu’il a commises de son propre chef. A vrai dire, Gazâ m’a vraiment mis mal à l’aise. Son état psychologique est assez désastreux et, puisque c’est lui qui raconte son histoire, nous avons accès aux recoins les plus sombres de sa conscience. Parfois, c’est très dur. Certains passages sont clairement écœurants. Je n’ai pas non plus aimé la façon dont ce personnage évoluait. Attention, je dis que Gazâ est un personnage que j’ai détesté, mais cela ne veut pas dire que j’ai détesté découvrir son histoire. C’est juste que ce personnage me perturbe vraiment et je n’ai pas ressenti la moindre sympathie ni pitié à son égard. En fait, je me rends compte que je ne me suis attachée à aucun personnage, je les ai tous trouvé odieux. A la limite, je pourrais dire que j’ai apprécié Felat et Cuma, deux personnages importants qui brillent par leur absence…

Je pense qu’il était dingue. En fait, je crois qu’ils étaient tous dingues. Tous ces Ouzbeks, Afghans, Turkmènes, Maliens, Kirghizes, Indonésiens, Birmans, Pakistanais, Iraniens, Malais, Syriens, Arméniens, Azéris, Kurdes, Kazakhs, Turcs, tous… Il faut être fou pour pouvoir supporter tout ça.

D’ailleurs sur ce point, j’étais un peu déçue. Cuma, ce jeune afghan dont on parle dans le résumé, semble occuper une place prépondérante dans l’histoire. La petite grenouille en papier qu’il donne à Gazâ se retrouve même sur la couverture. Pourtant, en lisant ce livre, je n’ai pas compris pourquoi Cuma était mis autant en avant. D’accord, Gazâ pense à lui, ponctuellement, tout au long du livre, mais de là à en faire un élément central du résumé… Je ne sais pas, je reste perplexe sur ce personnage. A la limite, Rastin m’aurait semblé plus important. Il est plus présent et fait partie d’un grand projet mené par Gazâ. Ce serait plus légitime de le mettre en avant.

Je hais l’espoir, cette calamité qui fait rêver les enfants les plus désemparés !

En ce qui concerne l’histoire en elle-même, elle m’a captivée. Dès les premières lignes, j’étais très intéressée par le récit de Gazâ. En tant qu’Européens, on ne connait que peu de choses des migrants. On voit au journal leur arrivée en bateau en Grèce, ou leur vie dans les bidonvilles de Calais. C’était donc assez intriguant, et même effrayant de découvrir « l’envers du décor » et toutes les épreuves que ces gens doivent traverser avant d’atteindre leur objectif final. On en apprend plus sur cette micro-économie qu’est le trafic d’êtres humains. C’est vraiment affolant de voir que les personnages en apparence respectables sont souvent les plus abjectes. Puis, à partir de la deuxième partie, nous suivons Gazâ dans sa quête de rédemption et dans sa découverte approfondie de l’espèce humaine (mais je ne vous en dévoilerais pas plus pour ne pas vous spoiler). J’avoue qu’à un moment, je me suis demandé pourquoi il me restait encore 200 pages à lire puisque le « principal problème » était réglé. Au final, cette partie ne m’a pas déçue par son contenu, mais le rythme étant moins soutenu, je l’ai trouvé un peu plus ennuyante. Quant à la toute fin du livre… Je suis extrêmement frustrée! Je ne m’attendais pas du tout à ça et pour être honnête, j’aurais préféré que l’histoire s’arrête quelque pages avant.

Résultat de recherche d'images pour "gif tumblr humanity"

Le style de l’auteur m’a bien plu en général. Je n’ai pas eu un coup de coeur pour la plume de Hakan Günday, mais elle n’en est pas moins agréable à lire. Malgré les sujets abordés, qui sont souvent lourds ou dérangeant, le style reste fluide et plutôt simple à lire. En revanche, à certains moments j’ai trouvé quelques longueurs. Tout un paragraphe de périphrases pour décrire une sensation par exemple. C’est le genre de choses que je n’apprécie pas puisque je suis (malgré moi) dépourvue de toute fibre poétique. Quand je vois ce genre de répétitions, ça me fait un peu penser à Kuzco voyez-vous (Oh, right. The poison. The poison for Kuzco, the poison chosen especially to kill Kuzco, Kuzco’s poison. That poison? – Pardonnez mes références). Donc bon, à certains moment, j’avais tendance à vouloir lire en diagonale pour en revenir à l’essentiel.

En bref, lire un roman de ce genre était une expérience inédite pour moi. Je ne le regrette absolument pas, le style de l’auteur étant agréable à lire et l’histoire étant captivante. Les personnages ne m’ont inspirée aucune sympathie mais j’ai trouvé leurs aventures intéressantes. Ce livre est très instructif et nous fait ouvrir les yeux sur cet immondice qu’est le trafic d’êtres humains. En revanche, quelques petits détails comme des descriptions à rallonge m’ont fait passée à côté d’un coup de coeur. Il n’empêche que ce livre est très émouvant et très bien écrit. Je vous encourage à le lire.

Note : 16/20
Résultat de recherche d'images pour "gif tumblr human"

C’est pour cela que nous mangions et avions besoin de manger. De nous dévorer mutuellement, de croquer toutes sortes de choses. Nous en avions besoin. Pour grandir le plus vite possible, crever et laisser la place à d’autres. Pour que commence une nouvelle époque. Ressemblant le moins possible à celle-ci… Parce que nous avions compris qu’il ne sortirait de nous rien de bon.

Antéchrista – Amélie Nothomb

Couverture Antéchrista

Résumé :

« Avoir pour amie la fille la plus admirée de la fac, belle, séduisante, brillante, enjouée, audacieuse ? Lorsque Christa se tourne vers elle, la timide et solitaire Blanche n’en revient pas de ce bonheur presque écrasant.
Elle n’hésite pas à tout lui donner, et elle commence par l’installer chez elle pour lui épargner de longs trajets en train. Blanche va très vite comprendre dans quel piège redoutable elle est tombée. Car sa nouvelle amie se révèle une inquiétante manipulatrice qui a besoin de s’affirmer en torturant une victime. Au point que Blanche sera amenée à choisir : se laisser anéantir, ou se défendre. »

Mon avis :

Antéchrista est ma première lecture d’Amélie Nothomb depuis cette fameuse rencontre le 8 novembre 2016. Comme d’habitude, j’ai été totalement conquise et cela ne fait que renforcer mon admiration pour cette auteure.

Résultat de recherche d'images pour "tumblr gif i control you"

Blanche est une jeune fille solitaire. A seize ans, elle n’a jamais eu d’amis. En arrivant à l’université, elle espérait une nouvelle vie, elle s’attendait à développer son côté sociable. Cependant, elle se rend rapidement compte que la fac n’est que la continuité du lycée. Les populaires restent les rois, les timides restent dans leur coin. Imaginez donc sa surprise quand Christa, LA fille qui attire tous les regards daigne lui adresser la parole. Très vite, Blanche gagne en confiance et propose de l’héberger afin de lui éviter ses trajets quotidien de plusieurs heures en train. Christa accepte, bien sûr. Malheureusement dès leur première soirée de « colocataires », Blanche se rend compte qu’elle avait fait fausse route. Christa est une personne ignoble. C’est une fille détestable. Aucun adjectif ne serait assez fort pour décrire cette démente qui n’hésite pas à sauter sur Blanche pour la déshabiller et l’humilier. Si Blanche est lucide, ce n’est absolument pas le cas de ses parents. Michelle et François sont sous le charme de cette jeune fille qui a tous les atouts dont ils rêvaient. Ils ont fille introvertie ? Christa est extravertie et aime la vie. Ils ont fille avec des résultats scolaires acceptables ? Christa est brillante. Leur fille n’a pas d’amis ? Christa a beaucoup d’amis et même un petit ami. Petit à petit, Blanche va perdre sa place dans sa propre famille. Jusqu’où cette folie pourra-t-elle aller ? Les gens se rendront-ils compte de la vraie nature de Christa ?

C’était ça, l’université : croire que l’on allait s’ouvrir sur l’univers et ne rencontrer personne.

J’ai adoré ce livre. Mais c’est la première fois que je suis mal à l’aise en lisant une oeuvre d’Amélie Nothomb. En effet, Christa use et abuse de son pouvoir de séduction et j’avais parfois envie d’hurler face à la crédulité des parents. D’autres fois, j’avais envie de pleurer tant je souffrais pour Blanche. Je voulais la sortir de cette situation malsaine et je me sentais tellement impuissante! J’étais désolé de rien pouvoir faire pour elle. Puis j’ai réalisé que continuer ma lecture et tourner chacune des pages rapprochaient Blanche de sa délivrance. C’est sûrement pour cela que je l’ai lu d’une traite. Bien que ce livre soit éprouvant psychologiquement, je l’ai vraiment apprécié puisqu’il nous montre l’évolution de Blanche, un personnage à qui j’ai souvent pu m’identifier.

Résultat de recherche d'images pour "tumblr gif i hate you"

Les personnages sont sans conteste les points forts de ce livre. Nous avons clairement deux personnages antagonistes. D’un côté, nous avons Blanche, cette jeune fille discrète et solitaire qui aime se plonger dans les livres. Elle apprécie d’être seule, mais espère secrètement qu’un jour quelqu’un l’aimera comme elle aime les gens. De l’autre, nous avons Christa, cette jeune fille extravertie qui passe son temps en soirée. Elle aime manipuler les gens en se faisant passer pour une petite malheureuse. Elle adore être le centre de l’attention mais devient ingrate dès qu’il s’agit de s’intéresser aux autres. Enfin, elle devient ingrate lorsqu’elle est en tête à tête avec Blanche. Le reste du temps, elle enfile son masque de petite fille parfaite. En tant que lectrice impuissante, qui ne peut arrêter ses méfaits, j’avoue que Christa m’a vraiment agacée. Vous avez sûrement déjà ressentie de la haine pour un personnage de roman. Et la plupart du temps, on adore détester les personnages puisqu’ils apportent du piquant à l’histoire. Eh bien ce n’était pas le cas pour Christa. Je l’ai détesté, je la déteste toujours, et je hais cette sensation. Elle pousse Blanche à bout et c’est ce qu’elle a fait avec moi aussi! Elle est plus qu’insupportable, elle met mal à l’aise, elle est tellement vicieuse qu’essayer de la représenter dans ma tête me fait sentir vraiment inconfortable. En fait, c’est effrayant de se dire que des gens comme elle existent probablement dans la vraie vie. C’est pour ça que je me sens si mal en pensant à elle : son génie me fait peur. Ma grande sœur, qui me prête bien gentiment tous les livres d’Amélie Nothomb qu’elle possède m’avait dit à quel point elle avait été déçue en lisant Antéchrista car pour elle, c’était bien trop violent. C’est vrai, c’est violent. Psychologiquement, c’est à la limite du supportable. Je n’exagère pas du tout. Je pense que cela pourrait freiner quelques lecteurs potentiels. La violence psychologique est souvent bien pire que la violence physique et tout le monde ne peut pas y être confronté.

Je le savais, moi que cette scène avait été horrible et non comique. Je savais que Christa n’était pas une enfant, que c’était sa stratégie pour attendrir ma mère.

Quant à la plume de l’auteure, il n’y a plus grand chose à dire, je crois que j’en ai déjà fait mille fois le tour. Je suis fan. J’adhère totalement. Je m’évade toujours en lisant du Amélie Nothomb. Je ne suis jamais déçue. C’est juste parfait. Honnêtement c’est dur d’exprimer cette émotion avec des mots! Si j’avais son talent, je le ferais aisément, mais là, je bloque!

Ma mère vint embrasser Christa qui plissait le nez de plaisir. Mon père rayonnait.
J’étais orpheline.

En ce qui concerne la fin, j’ai été surprise. Au début j’étais un peu frustrée car on n’a pas la clé de l’énigme, le mystère n’est pas totalement résolu. Puis, je me suis dit que, finalement, ce n’était pas plus mal de me faire ma propre idée sur la question. Après tout, je ne peux pas être déçue de la fin si c’est moi que l’imagine. C’était donc, en définitive, une bonne surprise! Surtout, j’ai beaucoup aimé la Blanche des dernières pages. Elle a tellement évolué que j’étais fière d’elle, telle une maman poule!

Il suffisait que je sente sa présence, pas même à côté de moi – il suffisait que je la sente dans un rayon de cent mètres, qu’elle soit visible ou non, peu importait : savoir qu’elle était là me coulait du béton sur le corps jusqu’à m’asphyxier.

En résumé, je ne m’attendais pas à une lecture si éprouvante. Le côté psychologique de la relation dominant/dominé est très développée dans cette histoire d’amitié si particulière. Cela peut mettre à l’aise, mais au final, la plume d’Amélie Nothomb est toujours aussi agréable à lire et je crois bien que je ne m’en lasserais jamais. Cette lecture n’est pas adaptée à tout le monde car la violence des mots employés par Christa peut choquer. Mais au moins, le lecteur sait tout de suite ce qui l’attend et s’il sent qu’il doit arrêter sa lecture, ce sera dans les premières pages et non pas au milieu du livre. Enfin, bref, à vous de découvrir si vous êtes fait ou non pour ce genre de livre!

Note : 20/20
Résultat de recherche d'images pour "tumblr gif i am stronger"

Je me découvrais plus importante que je ne l’avais cru. Moi qui me prenais pour la quantité négligeable de la faculté des sciences politiques, j’étais devenue le centre des regards.


De la même auteure :

 Couverture La nostalgie heureuse

Couverture Stupeur et tremblements