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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux." – Jules Renard

Catégorie: Thriller

Le dernier paradis – Antonio Garrido

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Résumé :

« New York, années 1930. Renvoyé parce que juif de l’usine Ford où il travaillait, Jack Beilis retourne habiter chez son père, Solomon, alcoolique et endetté. Sans travail et sans argent, ils ne parviennent pas à payer le loyer au propriétaire, Lukas Kowalski. Un soir, alors que celui-ci débarque avec deux hommes de main, un coup de feu part et Kowalski s’effondre. Persuadé qu’il va être accusé de meurtre, Jack veut fuir le pays. Il s’embarque avec son ami Andrew, militant communiste de la première heure, pour le « paradis des travailleurs ».
Des États-Unis de la Grande Dépression aux steppes enneigées de l’Union soviétique, Antonio Garrido aborde un pan méconnu et captivant de l’histoire de ces deux pays que tout opposait : l’émigration de travailleurs américains plongés dans la misère vers cette terre de la grande promesse qui leur faisait miroiter le dernier paradis. »

Mon avis :

Je remercie Le Livre de Poche pour l’envoi de ce roman ! Lorsqu’on m’a présenté la sélection et que j’ai cliqué sur Le Dernier Paradis, je n’ai pas hésité une seule seconde. Avant même d’avoir lu le résumé, j’étais tombée amoureuse de la couverture et je savais que ce livre était fait pour moi. Je ne me suis pas trompée et j’ai passé un formidable moment de lecture. Voyons cela plus en détail.

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La crise financière qui a débuté en 1929 aux Etats-Unis n’est toujours pas réglée et elle n’épargne personne. Certains ouvriers qualifiés perdent tout après ce krach boursier : leur emploi, leur maison, leurs économies et leur train de vie luxueux. Jack Beilis est l’un d’entre eux. Il est obligé de quitter Détroit pour retourner vivre chez son père à New York. Mais sans argent et sans économie, les deux hommes se retrouvent incapables de payer leur loyer et leur propriétaire, Monsieur Kowalski, n’hésite pas à les menacer de mort. Un soir, alors que cet homme vient réclamer une énième fois son argent, une bagarre éclate entre sbires et Jack qui ne compte pas se laisser faire. Un coup de feu retentit. Kowalski est-il mort ? Pas le temps de vérifier, il faut fuir. Avec l’aide de son ami Andrew, Jack va prendre le bateau et se rendre en union soviétique. Il n’en a pas envie. Pour lui, ce pays n’est pas le dernier paradis des travailleurs et il ne se fait aucune illusion. Il se résigne et suit son ami, un syndicaliste convaincu, dans cette nouvelle vie. Evidemment, la maison avec jardin et le travail bien payé qu’on leur avait promis ne les attendent pas à l’arrivée. Mais Wilbur Hewitt, l’Américain chargé du développement de l’usine automobile à Gorki, va faire une proposition que Jack ne pourra pas refuser. Il ne s’en rend alors pas compte qu’il vient de s’engager dans une histoire qui le dépasse complètement et qu’il pourrait bien le payer de sa vie.

Il ne pouvait pas croire que ce qui leur arrivait soit vrai : seuls au bout du monde, recroquevillés dans une glacière, les poches à moitié vides et le chômage pour tout horizon, même si Andrew s’obstinait à le nier.

Dès les premières lignes, j’ai su que j’allais adorer ce livre. Je m’intéresse beaucoup à l’Histoire en général et pour moi, la vie des américains après le krach boursier de 1929 est importante à découvrir. Ici, le contexte est très habilement mis en place. On sait comment la vie de Jack a basculé le jour où il a perdu son emploi et on comprend que ses conditions de vie sont devenues insupportables. Le contexte historique est très présent et ancre ce roman dans notre réalité. En cela, nous ressentons plus de peine, plus de pitié pour Jack et ses compatriotes car on se dit pas « ce n’est qu’un livre ». Ensuite, l’auteur nous emmène au coeur de cette union nouvellement créée qu’est l’URSS. Une fois encore, la vérité historique reste omniprésente. D’ailleurs, à la fin de ce livre on trouve un petit glossaire dans lequel Antonio Garrido nous explique que le village américain de Gorki a réellement existé, tout comme l’histoire des sabotages. Les protagonistes ont été inventés par l’auteur, mais ils sont tous inspirés de personnages ayant réellement vécus. Plus qu’un superbe thriller, ce roman est donc un livre très instructif qui m’a permis d’apprendre des choses sur l’URSS des années 30. Que demander de plus ? Ah oui, l’impartialité. Eh bien, pas de problèmes de ce côté-là puisque l’auteur ne prend aucun parti. Il ne dit pas que les américains sont meilleurs que les soviétiques ou inversement. Bien sûr, étant donné que la majorité de l’intrigue se déroule en URSS, les communistes en prennent plus pour le grade que les capitalistes. Mais il faut bien avouer que des petites piques sont lancés aux américains tout au long du roman. D’ailleurs, si la vie aux Etats-Unis était si parfaite, personne n’aurait émigré en union soviétique. L’auteur laisse donc au lecteur la possibilité de se faire sa propre opinion sur les deux pays, c’est très ingénieux et habile de sa part.

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Parlons maintenant de l’intrigue. Elle est complexe. Il faut bien avouer que si l’on se déconcentre un peu pendant notre lecture on peut vite se perdre. Mais la plume de l’auteur est si addictive et si agréable à lire qu’on a aucun mal à se plonger complètement dans cette oeuvre. Au final, l’intrigue reste compliquée jusqu’à la dernière seconde. On ne sait pas qui sont les gentils, qui sont les méchants. A chaque fois qu’on se dit « alors c’était lui, le coupable ? », un élément nouveau vient nous éclairer et on comprend que jusqu’à la dernière ligne de la dernière page, Antonio Garrido va nous tenir en haleine. Si je devais résumé ma chronique de ce livre en trois mots, je dirais : extrêmement bien ficelé. Tous les événements s’imbriquent parfaitement les uns dans les autres, tous les renversements de situation sont parfaitement crédibles, bref, cette histoire est incroyablement réaliste. A aucun moment je n’ai trouvé de fausses notes qui pourraient discréditer l’intrigue. Je ne sais pas combien de fois l’auteur a dû se relire pour que tout colle parfaitement, mais bon sang, il a dû s’épuiser à la tâche. J’admire vraiment son travail sur ce livre et j’adorerai découvrir d’autres de ses oeuvres.

Pour eux, les travailleurs américains sont devenus des invités gênants. Les Américains se plaignent, ils demandent qu’on leur paie ce qui était convenu au lieu de la misère qu’on leur verse après impôt, ils réclament des vêtements décents… Et certains osent même exiger qu’on leur rende leurs passeports pour retourner aux Etats-Unis. Crois-tu qu’ils vont autoriser ça ? Crois-tu qu’ils vont laisser des étrangers semer la graine du mécontentement ?

En ce qui concerne les personnages, je me suis attachée à chacun d’eux d’une manière différente. J’ai eu de la peine pour le héros, Jack, qui s’est retrouvé embarqué malgré lui dans une affaire qui le dépasse complètement. D’ailleurs, il ne voulait même pas partir en URSS et voilà qu’il se retrouve impliqué dans un complot de grande envergure… Quant à Andrew, c’est un idéaliste. A l’époque de cette crise financière internationale, on ne peut pas vraiment lui en vouloir. Wilbur Hewitt peut paraître sans pitié au début de ce roman. On peut se dire qu’il n’est qu’un capitaliste qui ne s’occupe pas du sort des autres. Mais au final, il n’est qu’un pantin dont les ficelles sont tirées par Henry Ford d’un côté et Staline de l’autre… Détailler tous les personnages ici seraient trop longs. Mais je les ai tous trouvé intéressant à leur façon. Ils apportaient tous un petit quelque chose non négligeable à l’histoire.

J’ai l’impression que ma chronique s’étire un peu trop en longueur alors je vais m’arrêter là ! C’est toujours tellement sympa d’écrire une chronique enthousiaste que je pourrais rédiger des pages et des pages. Mais pour résumer, je dirais que ce livre nous transporte totalement dans le monde fragile des années 1930. La guerre froide entre l’URSS et les Etats-Unis n’est pas encore déclarée et pourtant on sent déjà que les divergences d’opinions n’amèneront rien de bon. Nos protagonistes se retrouvent piégés dans cet univers instable et on se demande à chaque seconde lesquels s’en sortiront. Si je ne mets pas la note maximale, c’est simplement car j’ai adoré ce livre grâce au suspens et à la réalité historique, mais je n’ai pas ressenti d’émotions intenses comme avec un véritable coup de coeur.

Note : 19/20
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Central Park, l’orgueil vert de New York, changé en une porcherie infestée de mendiants. Il y a vingt ans, le dimanche, on pouvait se promener tranquillement avec ses enfants. Maintenant, ces crève-la-faim qui l’envahissent ne laisseraient même pas tes ossements.

Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils – Jacques Expert

Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils

Résumé : 

« Quand son fils meurt, renversé par un chauffard qui a pris la fuite, Antonio Rodriguez jure à sa femme qu’il le vengera. Tandis que l’enquête piétine, il finit par découvrir le meurtrier, un cadre supérieur de sa propre entreprise dont l’attitude lui paraît très suspecte. Pourtant, un jour, les gendarmes l’informent qu’ils viennent d’arrêter le coupable. Les preuves sont formelles, l’homme est passé aux aveux. Mais ce n’est pas le même individu. Dans ce roman à quatre voix – Antonio et sa femme, Sylvia, l’assassin et son épouse –, se noue un ballet macabre, autour du thème de l’autodéfense : qui Antonio Rodriguez va-t-il tuer ce soir ?
Jacques Expert a longtemps hésité entre deux fins pour clôturer ce roman. Il a dû trancher pour l’édition imprimé. Aujourd’hui nous vous proposons ces deux alternatives, à vous de choisir… »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier le Livre de Poche pour l’envoi de ce livre. L’avantage de cette édition numérique, par rapport à la version papier, est que l’on pouvait choisir sa fin. A un certain moment, on vous demande de faire un choix entre la fin n°1 et la fin n°2. Vous pouvez bien sûr lire les deux ! Cette fin alternative est un vrai atout pour ce livre qui est déjà, à la base, un chef d’oeuvre.

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Il est tard. Jean-Pierre Boulard se décide enfin à rentrer chez lui après un début de soirée arrosé. Il sait que sa femme va lui en vouloir et va lui reprocher son retard. Mais il s’en fiche, cela fait bien longtemps qu’il ne l’aime plus, cette peau de vache. L’esprit embrumé par l’alcool et les tracas familiaux, cet homme ne va pas remarquer la présence du jeune Victor qui est à vélo sur cette même route. Il va le heurter de plein fouet. L’enfant sera retrouvé le lendemain, dans le fossé. Mort. Si la personne qui l’avait percuté s’était arrêté et avait pris la peine d’appeler les pompiers, il serait en vie. C’est ce qu’un des gendarmes déclare à Antonio, le papa de Victor. A partir de ce jour-là, la vie de la famille Rodriguez bascule. Sylvia, la mère, ne demande qu’une chose : que son fils soit vengé. Elle demande à son mari de tuer l’assassin de leur fils. Ce sale type doit mourir. Il n’a pas le droit de vivre alors que leur petit Victor lui, est mort dans d’atroces souffrances. Antonio se met à enquêter, en parallèle de la police qui ne donne pas beaucoup de résultat. Pour lui, l’attitude de son supérieur, un certain monsieur Boulard, est suspecte. Il n’est pas aussi compatissant avec lui que les autres gars de la boîte. Et il a remplacé un feu avant qui était brisé. Et il a des traces de peinture rouge – la couleur du vélo de Victor – sur sa carrosserie. Tout concorde. Mais… alors qu’Antonio s’apprête à passer à l’action, les gendarmes appellent les Rodriguez et les informent que l’assassin de leur fils, Mr. Demay, vient d’être arrêter. Où se cache la vérité ?

Il aimait ce bonheur simple : sa femme occupée à la cuisine et les rires complices de ses enfants qu’il devinait, depuis leur chambre toute proche, malgré la porte tirée. A présent, Sylvia se force toujours à ranger la cuisine mais lui ne supporte plus l’activité obstinée de sa femme ni le silence pesant qui s’échappe de la chambre muette de son fils.

J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce livre. Dès les premières pages, je me suis attachée à Antonio et Sylvia Rodriguez, ces deux parents qui viennent tout juste de vivre un drame. Leur famille a été brisée et ils veulent se venger. C’est le seul moyen pour eux de retrouver un semblant de normalité. Ils ne peuvent pas vivre dans un monde où l’assassin de leur fils respire et profite des joies de la vie ! On ne peut être que compatissants face à ses deux personnages. On essaie de se mettre à leur place et on imagine à quel point ils doivent être meurtris par les récents événements. On comprend leur tristesse, à la différence de ce cher Monsieur Boulard qui en a assez que ses employés se montrent trop démonstratifs avec Antonio. Je crois que je n’ai jamais autant haï un personnage dans une de mes lectures. Je n’ai même pas de mot pour décrire cet homme. C’est un assassin. Ce sale type a tué un enfant. Et pourtant, il arrive bien vite à oublier ce qu’il a fait. Il dit même à un moment que s’il ne repassait devant la « scène du crime » tous les jours pour aller travailler, il aurait déjà oublié tout ça depuis un bout de temps. Le pire, (car oui, il y a pire) c’est que cette ordure dit qu’il n’y ait pour rien. Comme si cela ne suffisait pas, ce personnage se comporte d’un façon terriblement odieuse avec sa femme. D’ailleurs, il ne se prive pas de l’appeler « la salope ». C’est charmant. Je n’ai rien aimé chez ce personnage. Rien. Rien du tout. J’espérais que Antonio allait découvrir la vérité et qu’il n’allait pas tuer Demay, mais bien Boulard, cet homme sans cœur qui a tué un enfant et qui n’exprime même pas une once de regret.

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J’ai donc aimé les personnages, mais j’ai bien évidemment aimé l’histoire. Elle est intense. On tourne chaque page avec appréhension en se demandant si la vérité va enfin éclater ou si un nouveau mensonge va venir s’ajouter à la pile. On a envie de connaître le dénouement sans attendre ! En fait, on aimerait lire le livre d’une seule traite. Mais bon, il faut bien garder un peu de suspens, non ? Ce suspens est d’ailleurs doublé lorsqu’on se retrouve face une page où il est écrit que nous devons faire un choix. On doit alors sélectionner quelle fin nous souhaitons lire. J’ai décidé de lire les deux pour connaître les deux issues que l’auteur avait imaginé. J’ai commencé avec la fin n°2 (ne me demandez pas pourquoi) et j’ai été tellement déçue ! L’histoire est toujours aussi palpitante et le style de l’auteur était toujours aussi entraînant, ça il n’y a pas de doute là-dessus. Mais je me suis retrouvé face au dénouement que je craignais. J’ai donc lu la fin n°1 en toute hâte et là, j’ai eu ce que je voulais ! Le fait d’avoir le choix entre deux fins pour une histoire est vraiment très ingénieux. Je pense que tous les lecteurs y trouveront leur compte. Et puis, on a l’impression de participer à l’élaboration de l’histoire avec l’auteur. C’est excitant, il faut bien le dire !

Les gars se sont soudain déchaînés. Ils m’ont pris à témoin et j’ai été bien obligé d’acquiescer avec eux, et d’espérer que les flics chopent « ce fumier ». Qu’est-ce que j’aurais pu faire d’autre, sinon participer à cette explosion de colère ? Franchement, ce déferlement écœurant de haine ne fait pas honneur à l’espèce humaine et je ne peux m’empêcher de me demander comment ils auraient réagi à ma place, ces gueulards.

Enfin, en ce qui concerne le style de l’auteur, j’ai été très agréablement surprise. Les romans policiers ou les thrillers français me font rarement vibrer. De plus, j’étais tombée une fois sur l’adaptation cinématographique de ce livre et je n’avais pas vraiment accroché. Or en lisant cette oeuvre, je me suis prise une grand claque ! La plume de Jacques Expert est très agréable à lire. Elle est fluide et les dialogues ne sonnent pas faux. L’auteur nous entraîne dans son histoire macabre sans aucun problème et on se retrouve plongé au cœur de l’intrigue. J’ai hâte de lire d’autres de ses livres !

En résumé, Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils est une lecture dont on ne peut pas ressortir indemne. Tantôt choqué, tantôt bouleversé, on se surprend à encourager Antonio dans sa quête de vengeance. Dans cette version avec fin alternative, le lecteur peut choisir le dénouement de cet histoire et c’est une très très bonne idée. Je vous conseille ce livre si vous ne l’avez pas encore lu !

Note : 20/20
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Ne pensez surtout pas que je sois un être insensible, mais mettez-vous à ma place, je ne suis pas un monstre quand même !

Papillon de nuit – R.J. Ellory

Résumé :

« Assassinat de Kennedy, guerre du Vietnam, luttes pour les droits civiques, Ku Klux Klan : c’est dans cette Amérique en crise des sixties que Daniel Ford a grandi. Et c’est là, en Caroline du Sud, qu’il a été accusé d’avoir tué Nathan Verney, son meilleur ami.
1982. Daniel est dans le couloir de la mort. Peu de temps avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions. Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles en ont l’air. Papillon ne nuit, premier roman publié de R. J. Ellory, nous emporte là où rodent la folie et le complot. »

Mon avis :

Je remercie chaleureusement le Livre de Poche pour l’envoi de ce livre!

Papillon de nuit m’avait tapé dans l’œil il y a déjà un petit bout de temps. Evidemment, un livre dont le résumé débute par « Assassinat de Kennedy » ne peut que m’intéresser et m’intriguer. De plus, je ne voyais que des chroniques positives! Alors quand je l’ai vu dans la sélection de février pour les partenariats du Livre de Poche, je n’ai pas hésité une seule seconde. C’était sûrement l’une des plus belles décisions de ma vie.

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A quinze kilomètres au sud du trente-troisième parallèle nord, entre la rivière Trinity et le triple passage souterrain de Dallas… et c’était Dealey Plaza, le site du premier temple maçonnique de Dallas. Avant, cet endroit s’appelait Bloody Elm Street, et c’est là qu’ils ont amené le roi de Camelot, John Fitzgerald Kennedy, et qu’ils l’ont sacrifié.

Daniel Ford va mourir. Dans quelques semaines, il sera exécuté dans une prison miteuse de Caroline du Sud pour un crime qu’il n’a pas commis. On l’accuse d’avoir tué un jeune noir, Nathan Verney. C’est totalement absurde. Même avec toute la volonté du monde, Danny n’aurait jamais tué personne et encore moins Nathan, son meilleur ami depuis ses six ans. Dans l’Amérique des années 60, leur amitié dérangeait. Rendez vous compte, un petit blanc qui ne quittait pas d’une semelle un nègre. Mais les deux enfants n’avaient que faire des préjugés raciaux de leur époque et un simple sandwich au jambon cuit va les lier d’une amitié indescriptible. Ensemble, ils vont traverser des moments de joie, d’effroi, de peine et les grands événements de leur siècle : l’assassinat de Kennedy – John puis Bobby -, celui de Martin Luther King et surtout le conflit au Vietnam. Cette guerre qui, à peu de choses près, aurait pu mettre un terme à leur amitié. Mais plus les épreuves s’avéraient difficiles, plus leur amitié se renforçait. Jusqu’au jour au Nathan Verney est retrouvé mort. Après une dizaine d’années en prison, on communique à Daniel sa date d’exécution. C’est le début d’un long travail de deuil. Le deuil de Nathan, d’une génération perdue, de lui-même et de ses souvenirs.

De six à vingt-quatre ans, nous avons vécu des vies parallèles, et si l’un ou l’autre partait de temps en temps à droite ou à gauche, ou alors marquait une pause, ralentissait, ou manquait un pas, nous finissions toujours par nous retrouver un peu plus loin. A vrai dire, j’aurais eu du mal à me créer une vie après la mort de Nathan.

Je vais avoir du mal à faire cette chronique car ce livre m’a littéralement laissé sans voix. J’ai été bluffée, scotchée, époustouflée… Tout est parfait, du début à la fin, je n’ai pas trouvé un seul point négatif. Même en cherchant la petite bête je ne trouve rien. Que ce soit les personnages, l’histoire ou le style d’écriture, il n’y a rien à changer, tout est littéralement parfait. Et pour être honnête, je ressors de cette lecture quelque peu changée.

Commençons donc par les personnages. Daniel Ford est aussi attachant qu’émouvant. On sait qu’il se retrouve en prison pour un crime qu’il n’a pas commis et surtout, qu’il va mourir sur la chaise électrique à cause de cela. C’est révoltant. A chaque page tournée, on espère un rebondissement, on espère un appel du gouverneur qui annulera ou au pire retardera l’exécution. On est obligé de ressentir de la compassion pour ce personnage. Comme s’il était réel, comme si toute l’affection qu’on lui porte pouvait traverser le papier et le toucher en plein coeur. C’est assez impressionnant de la part de R.J. Ellory car en lisant Papillon de nuit, j’avais le sentiment que tout ceci était réel, que cette affaire sordide s’était vraiment déroulée et que Danny allait véritablement mourir. Mais je reviendrais sur cet aspect plus tard. Revenons donc à Daniel Ford. C’est lui le narrateur, c’est lui qui nous rend compte des tenants et des aboutissants de cette injustice. Mais le plus important est qu’il nous raconte toute son histoire avec Nathan, de leur six ans jusqu’à la mort de ce dernier. Rien n’est omis. On sait comment ils se sont rencontrés, comment ils sont devenus amis, toutes les épreuves auxquelles ils ont du faire face ensemble. Et il faut bien le dire, leur amitié est extraordinaire, vraiment touchante. A leur époque, une amitié inter-raciale n’était pas chose aisée, et pourtant rien ne semblait plus naturel. Ils étaient fait pour être amis. Le lecteur peut même avoir l’impression de faire partie de cette amitié, on partage tout avec eux. Alors quand Nathan se fait tuer, je crois qu’on ressent presque autant de colère que Danny. Car Nathan est un personnage fort sympathique mais aussi émouvant. Que ce soit au restaurant, dans la rue, au bar, il est la cible d’un racisme abjecte. Pourtant il ne demande rien à personne. Je me suis beaucoup attaché à ce personnage et je dois bien avouer que j’ai versé ma petite larme quand il est mort.
Ce livre nous présente beaucoup de personnages et il serait trop long de tous les détailler. Pour parler des principaux, je dirais que Caroline et Linny m’ont un peu dérouté, Eve Chantry m’a attendri, tout comme Mr Timmons. Quant à Mr West, il n’y a pas grand chose à dire sur lui mise à part que c’est un connard fini. Désolé pour l’expression, mais vous verrez, si vous lisez ce livre, que ce personnage n’est qu’un prétexte pour déverser toute la haine que l’on a accumulé au cours de notre lecture.

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Passons maintenant à l’histoire. J’ai tout simplement adoré découvrir l’amitié entre un jeune blanc et un jeune noir dans les années 60. On parle souvent de la ségrégation et du mouvement pour les droits civiques dans les livres. En revanche, c’est la première fois que je découvre une histoire telle que celle-ci. Certes, le racisme est présent. Mais lorsque les deux enfants deviennent amis, il n’est aucunement question de race. Ils s’apprécient et c’est tout. Ici c’est leur amitié qui est accentuée avant tout le reste. J’ai vraiment adoré les suivre dans leurs aventures. Puis vient le jour où tout bascule. En parallèle de cette histoire d’amitié, Danny nous parle de sa vie en prison. Des gardiens, des autres détenus, de son transfert dans le couloir de la mort, et de sa préparation. Sa préparation à mourir. Rencontrer un prêtre, subir des examens médicaux pour s’assurer qu’il est assez en forme pour mourir, se faire raser la tête pour que le courant passe mieux lorsqu’il sera sur la chaise. Bref, nous vivons les dernières heures d’un homme. Et bon dieu ça prend aux tripes. Je n’ai jamais ressenti ça au cours d’une lecture. Je me sentais oppressée, j’avais le souffle court, j’avais l’impression d’être avec Danny et que j’allais m’asseoir à ses côtés sur la chaise électrique. C’est vraiment morbide ce que je dis, mais je vous assure que c’était une lecture très intense. J’ai refermé ce livre profondément bouleversée. J’imagine que c’est ce qu’on doit ressentir après avoir lu un chef d’oeuvre.

Je sais que tu n’as pas tué Nathan, disaient ses yeux. Je sais que tu n’as pas tué Nathan, que tu ne devrais pas être ici, et que ce qu’ils te font est mal… mais je ne peux rien pour toi. Personne ne peut plus t’aider hormis le gouverneur ou le Seigneur Jésus.

Car oui, c’est un chef d’oeuvre. R.J. Ellory a un talent immense. Comme je le disais un peu plus haut, il rend son livre terriblement réel. On n’arrive plus à détacher la fiction de la réalité. Et ce pour une raison toute simple : le contexte. Les aventures de Daniel et Nathan se déroulent dans les années 60 et rien n’est omis. Kennedy élu Président, la Baie des Cochons, la Crise des missiles de Cuba, Kennedy assassiné, les thèses complotistes, les assassinats de Bobby Kennedy, de Martin Luther King, de Malcolm X, la guerre du Vietnam et tous ces jeunes hommes sacrifiés pour une cause perdue. Bref, l’intrigue est ancrée dans un contexte si réel qu’il est difficile de se dire que tout ceci n’est pas réellement arrivé. C’est juste bluffant. Tout comme l’habilité de l’auteur à nous transmettre des émotions au travers de son récit. Je ne compte même pas le nombre de fois où j’ai pleuré pendant cette lecture! Les moments qui m’ont le plus touché ont été la mort de JFK et bien évidemment la fin du roman. Les 100 dernières pages sont très éprouvantes émotionnellement. Gardez un paquet de mouchoirs à côté de vous, on ne sait jamais. D’ailleurs, mettez vous à l’aise, quand vous atteignez ces 100 dernières pages car vous ne pourrez pas refermer ce livre avant la toute fin, je vous l’assure.

Je crois que je me suis accroché à cet enfant, à l’innocence émerveillée, à la foi en l’humanité, à la certitude que les gens étaient fondamentalement bien intentionnés, et qu’au bout du compte ils opteraient toujours pour le bien, la justice et l’équité. En février, j’ai appris que ce n’était pas le cas.

En résumé, je suis époustouflée par cette lecture. La plume de l’auteur est tout simplement extraordinaire, même addictive. L’intrigue, s’inscrivant dans un contexte historique parfaitement décrit, nous fait passer du rire aux larmes grâce à des personnages aussi sympathiques que touchants. Les 500 pages de ce livre passe à une vitesse folle dans la mesure où on peine à refermer ce livre une fois la lecture débutée. On veut toujours en savoir plus sur les deux amis et sur les événements tragiques qui ont mené Danny dans le couloir de la mort. C’est vraiment un carton plein pour moi. Je n’ai aucun point négatif à formuler. Même la première de couverture est attirante! Non vraiment, c’est un chef d’oeuvre que je conseille à tous.

Note : 20/20
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Les gens erraient dans les rues, brisés comme des poupées de paille. Je crois que je ne m’étais jamais vraiment rendu compte à quel point Greenleaf était divisée. Le chemin que j’avais si souvent emprunté avec Nathan Verney pour aller au lac était en fait la ligne de démarcation entre Blancs et gens de couleur. […] Mais ce jour-là, c’était différent.
Kennedy avait un jour dit : Il n’y a pas de stèles blanches ou de couleur dans les cimetières militaires.
Et c’était l’impression qu’on avait ce 22 novembre. Aucune division entre Blancs et Noirs dans notre chagrin.

Innocenti – Eric Descamps

Résumé :

« Paris, le 13 janvier 2013.
Au cours de la manifestation contre le mariage pour tous, six femmes s’écroulent, et meurent dans les minutes qui suivent, saignées à blanc. Hantée par l’idée d’un attentat politique, la police mène une enquête dans la plus grande discrétion. Rien ne relie les victimes les unes aux autres, si ce n’est que chacune est enceinte de son premier enfant. Deux semaines plus tard, durant la manifestation en faveur du mariage pour tous, d’autres femmes meurent, laissant les enquêteurs sans la moindre piste. »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à dire un grand merci à l’auteur Eric Descamps qui m’a proposé de m’envoyer son livre en format ePub!

Dans ce livre, nous faisons la connaissance de Vincent Ghuesquières, un informaticien en mission à Paris. Il travaille au sein d’une entreprise qui a développé un logiciel appelé Crowdscan. Ce logiciel, relié à toutes les caméras de la ville, permet de repérer et de suivre n’importe quel individu. La mission de Vincent consiste à former un des policiers, Juste Bramans, à l’utilisation de cet outil. Rien de très exaltant! Seulement, le 13 janvier 2013, à la suite de la manifestation contre le mariage pour tous, sa mission va connaître un regain d’intérêt…
En effet, lors de cette manifestation, six femmes se sont brutalement écroulées. Elles sont toutes mortes subitement. Leur point commun ? Elles étaient toutes enceintes de leur premier enfant. Vous imaginez donc toute l’agitation qui suit ces événements. Des renforts arrivent et parmi eux, Guillon, un inspecteur de la cellule anti-terroriste. Toutes les pistes sont donc envisagées.
Deux semaines plus tard, lors d’une nouvelle manifestation, cette fois-ci en faveur du mariage pour tous, de nouvelles victimes sont recensées. Une nouvelle fois, ce sont des femmes enceintes de leur premier enfant. Une simple récidive me direz-vous. Oui. Mais non. La mort d’une de ces jeunes femmes va littéralement faire exploser la vie de Vincent en dizaines de morceaux et le pousser à s’impliquer plus que de raison dans cette enquête…

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Même si le thriller n’est pas mon genre littéraire de prédilection, j’avoue que ce livre m’a tout de suite intriguée. En lisant le résumé et avec tout ce qui se passe en ce moment, on n’a aucune peine à s’imaginer que ce genre de scénario puisse se réaliser. C’est pour cela que j’étais très pressée de découvrir ce livre, et je n’ai pas été déçue!

Un soir, au détour d’une rencontre dans une brasserie, Vincent s’était retrouvé pris dans le regard de la jeune femme comme un animal dans la phares d’une voiture.

En ce qui concerne l’histoire en elle-même, je l’ai vraiment appréciée. Le lecteur est tenu en haleine jusqu’à la fin, c’est difficile de s’arrêter de lire, on veut toujours savoir ce qui va se passer ensuite. Il y a beaucoup de rebondissements qui donnent un vrai rythme au roman. Il n’y a aucuns passages à vide, on ne s’ennuie pas une seule seconde. De plus, on est captivé par la recherche du coupable. On étudie chaque personnage avec minutie pour essayer de les cerner complètement. En gros, j’ai compris qui était le suspect au bout de la 200e page. Et encore, l’auteur glisse beaucoup de petits éléments qui remettent sans cesse en question notre opinion. On se dit « Non, ce n’est pas possible. Mais si c’est évident. Oui mais d’un côté… » On doute beaucoup, et rien que pour cela je crois que l’auteur a réussi son pari.
Un des éléments de l’histoire qui m’a particulièrement plu, c’est le logiciel Crowdscan. Evidemment, c’est assez inquiétant de se dire qu’une intelligence artificielle puisse surveiller nos moindres faits et gestes, ça a un petit côté Big Brother is watching you. Mais plus que George Orwell, ce logiciel m’a surtout rappelé La Machine dans la série Person of Interest. C’est une série que j’adore, donc évidemment, Crowdscan a captivé toute mon attention !

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Une des caractéristiques de ce thriller est qu’il est tout de même très noir. La mort de toutes ces femmes est particulièrement violente et macabre. Mais c’est surtout la psychologie de certains personnages qui rend ce livre si sordide. Surtout la fin que j’ai, je l’avoue, trouvé assez effrayante. On se demande si des gens aussi tordus peuvent exister dans la réalité, et la réponse est sûrement oui. Enfin bref, ce livre est assez dur psychologiquement donc, âmes sensibles, s’abstenir.

En revanche, en ce qui concerne les personnages, je ne les ai pas particulièrement trouvé très attachants. En fait, toute notre sympathie va aux victimes et il ne reste plus rien pour les vivants. Vincent est le personnage principal de ce livre, mais au final on ressort de cette lecture sans en avoir beaucoup appris sur lui. Mis à part qu’il est informaticien, qu’il est belge et que sa fiancée s’appelle Alice, on ne sait pas grand chose. Et c’est un peu dommage car je pense que c’est ce qui nous empêche de s’attacher réellement à lui.
Son chef, Milos, m’a intrigué du début à la fin. Il ne m’inspirait rien de bon, je ne sais pas vraiment pourquoi mais il avait quelque chose de louche. Du coup, ce n’est pas un personnage que j’ai apprécié. Même ressenti pour LeFoll et Guillon, les deux inspecteurs venus en renfort. Je les ai trouvé très antipathique et assez violent envers Vincent, qui venait tout de même de perdre un être cher. Le seul qui relève un peu le niveau est Juste Bramans. A certains moments il laisse transparaître un côté très paternel envers Vincent, donc il apparaît un peu plus sympathique aux yeux du lecteur.
Enfin concernant Laura, mon avis reste très mitigé et surtout très partagé!

Vincent et elle se parlaient depuis à peine quelques secondes et Audrey donnait l’impression de planer bien plus haut que le dernier étage.

Parlons maintenant de quelque chose qui n’est pas en relation directe avec le livre : c’était ma première lecture de roman en version numérique (jusqu’à maintenant je n’avais tenté que les BD). J’avoue que je ne suis pas convaincue. Oui, c’est pratique d’avoir son livre partout avec soi, sans craindre de l’abîmer dans son sac. Mais mon dieu, ça donne mal à la tête! J’avais vraiment besoin de faire des petites pauses de temps en temps. Donc je crois que je peux dire très clairement que le livre papier est irremplaçable pour moi!

En résumé, voici un très bon thriller que je vous recommande si vous aimez les livres très poussés sur la psychologie et son côté macabre chez certaines personnes. En revanche, ne vous attendez pas à vous pouvoir vous raccrocher aux personnages pour suivre l’intrigue, vous ne pourrez compter que sur vous-mêmes et sur vos doutes!

Note : 16/20
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Il lui communiqua rapidement le numéro de son nouveau portable- un appareil « qui ne sert qu’à téléphoner » muni d’une carte prépayée, ce qui à l’échelle de l’informaticien s’apparentait à la conduite d’une voiture montée sur quatre roues de vélo – et lui demanda de l’appeler dès que possible.

L’ombre de Gray Mountain – John Grisham

Couverture L'ombre de Gray Mountain

Résumé :

« New York, 2008. La carrière de Samantha Kofer dans un grand cabinet d’avocats de Wall Street est sur des rails dorés… Mais la récession frappe. La jeune femme se retrouve congédiée du jour au lendemain. Samantha a toutefois de la chance dans son malheur : si elle accepte de travailler gratuitement pendant un an dans un centre d’aide juridique, elle pourra peut-être réintégrer sa place.
En quelques jours, Samantha quitte donc Manhattan pour s’installer à Brady, en Virginie, une petite ville minière au cœur des Appalaches. Mattie Wyatt, la directrice du centre, va lui montrer comment aider « les vraies gens ayant de vrais problèmes ». Pour la première fois dans sa carrière d’avocate, Samantha va préparer un procès, connaître la violence des salles d’audience, recevoir des menaces. Elle apprendra également que Brady, sous la coupe des compagnies minières, cache de lourds secrets. Le danger est partout. »

Mon avis :

Ma maman est une grande fan de John Grisham, elle se précipite toujours en librairie dès qu’un de ses livres sort. Alors je me suis dit qu’il était temps de découvrir pourquoi elle aimait autant cet auteur, même si le thriller n’est pas mon genre littéraire de prédilection. Et pourtant… J’ai eu un véritable coup de cœur!

Au début du livre, nous faisons la connaissance de Samantha Kofer, avocate dans un grand cabinet new-yorkais, Scully & Pershing. Mais nous sommes en 2008 et la crise financière bouscule tous les marchés financiers. Samantha, comme la majeure partie de ses collègues, se retrouve sur la sellette.
Ce qui devait arriver, arriva. Samantha se retrouve sans emploi. Mais la société lui promet de la reprendre dans douze mois, si en attendant elle accepte de travailler bénévolement pour des associations ou autre cabinets de petits patelins. Bien qu’hésitante, la jeune femme entame les démarches mais ne reçoit que des réponses négatives… Jusqu’où jour où Mattie, avocate à Brady, une petite ville de Virginie, l’appelle pour lui dire que sa candidature a été retenue et qu’elle est donc acceptée en tant que stagiaire bénévole. Bien que peu enchantée, Samantha s’y rend.

Je ne sais pas encore quoi penser, Mattie, en toute honnêteté. Il y a un mois, je me battais pour être la meilleure, je luttais contre moi, contre les autres, quitte à jouer des coudes. J’avais l’impression que ça avait un sens à l’époque, même si, à présent, je suis incapable de dire ce que je cherchais au juste.

Une fois arrivée à Brady, elle va y faire la connaissance de Mattie Wyatt, sa collègue Annette et surtout son neveu Donovan Gray. Ce dernier est un avocat qui n’a pas froid aux yeux. Il s’attaque aux grandes compagnies minières qui sévissent dans la région et qui détruisent une à une les montages de Virginie, dans le seul but de faire un maximum de profit.

Lorsqu’elle commence à travailler aux côtés de Mattie et Annette, Samantha découvre qu’à New-York les gens sont un peu trop déconnectés de la vie réelle. Elle se rend compte que son travail « d’avocate » pour de gros clients, lui avait fait oublié les vrais problèmes. Tout cela va la bouleverser. Son séjour à Brady s’annonçait donc très prometteur et enrichissant, aussi bien du point de vu culturel que personnel.

This is mountaintop removal coal mining.It poisons water.It impacts our health.It destroys mountains.All for the dirtiest source of energy on the planet.There is another way.– Watch the video and take action!

Comme je vous l’ai dit dans mon introduction, j’ai eu un vrai coup de cœur pour ce livre. J’ai adoré du début à la fin. Je me suis tout de suite attaché au personnage de Samantha. Cette jeune femme qui perd tout du jour au lendemain pour des raisons qui la dépasse terriblement. Elle espérait tellement de son travail. Elle rêvait d’une carrière brillante mais la crise a subitement bouleversée ses projets. Je l’ai trouvé touchante au début. Et au fil du livre j’ai été impressionnée par l’évolution de son personnage. Elle devient forte, se forge un caractère, n’est plus une simple citadine. Elle redescend sur terre, réapprend les simples plaisirs de la vie. Mais surtout elle revient aux bases de son travail : la plaidoirie, la défense de pauvres gens. Sincèrement, à la fin du livre Samantha m’a bluffée.

Trent Fuller ne s’en serait jamais pris comme ça à des avocats d’un autre grand cabinet. Il avait joué les gros durs parce qu’il avait à faire à deux femmes, deux avocates mal payées d’un centre d’aide juridique, représentant un mineur mourant. Il pouvait se lâcher sans risque.

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J’ai aussi beaucoup aimé le personnage de Wyatt. Elle n’a pas vécue que des choses faciles dans sa vie et pourtant elle continue à consacrer sa vie à aider celle des autres. C’est une femme forte, qui a certes ses faiblesses, mais qui fait tout pour ses clients et surtout pour faire accepter sa place de femme dans un milieu viril.
Je suis un peu plus mitigée pour Annette, mais en même temps je ne suis pas sûre que l’auteur voulait la rendre appréciable. Elle est assez imbue de sa personne et pense qu’elle peut traiter Samantha de n’importe quelle façon sous prétexte qu’elle est stagiaire. J’ai eu un peu de mal avec elle…

En ce qui concerne Donovan, je dois dire que je suis fan de son personnage! C’est un homme de conviction et de principes. Les crimes ne doivent pas rester impunis. Peu importe si ce sont des compagnies minières qui peuvent engager des avocats très talentueux et soudoyer bon nombre de juges. Sa détermination m’a impressionnée. Et j’avoue que j’aurai aimé que son personnage soit un peu plus présent dans le livre…
J’ai bien aimé son frère Jeff aussi, qu’on découvre surtout dans la dernière partie du livre. Mais je pense qu’on n’a pas trop le temps de s’attacher à lui autant que l’on peut le faire avec Donovan. En tout cas, c’est un personnage très sympathique.

Les clients du centre où Samantha est stagiaire m’ont aussi beaucoup touchés, particulièrement Buddy Ryzer et Pamela. Leur histoire est tellement émouvante et tragique qu’on ne peut que les apprécier. D’autres clients sont aussi assez épiques, dont les enfants de Madame Crump.

Voilà pour les personnages. En ce qui concerne l’histoire, j’ai vraiment adoré. Il y a des rebondissements tout le temps, on ne s’ennuie jamais. J’ai été captivée par ma lecture. On passe du rire aux larmes et c’est ça qui rend le livre vraiment intéressant! (Car oui, encore une fois j’ai versée ma petite larme…)
Il y a un point qui est particulièrement appréciable : c’est le fait que ce thriller est très très très instructif. On apprend énormément de choses sur les mines à ciel ouvert et la manière d’extraire le charbon. Mais ce n’est pas ennuyant comme on pourrait l’imaginer. C’est introduit d’une façon très subtile, dans une simple conservation, et du coup ça ne coupe pas le récit. Ce livre est vraiment intéressant de par sa richesse intellectuelle.

Pour le style de l’auteur, je dirais qu’il est vraiment fluide. On prend plaisir à tourner les pages et on a même hâte de lire la suite. Je commence à comprendre pourquoi ma maman aime tant cet auteur! Je retenterais volontiers l’expérience avec un autre de ses thrillers.

La seule critique que je pourrais faire, c’est que ce livre mériterait sûrement un tome deux. Je ne dis pas que la fin ne nous donne pas les explications qu’on espérait, bien sûr que si. Mais j’aurais aimé une suite, car évidemment, les affaires prennent du temps au tribunal, et on laisse dans certains clients (même si leur cas n’est primordial) en suspend. On ne sait pas ce qu’ils deviennent et c’est peut-être un peu dommage. Mais bon, le livre n’en est pas moins appréciable. Je vous le conseille vivement!

Note : 19/20
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– Un gars ? Il te plaît ?
– Il est marié.
– Parfait. Je n’ai aucune envie que tu t’amouraches d’un cul-terreux.