Coeur itinérant, tome 1 : Hors de portée – Jane Harvey-Berrick

Résumé :

« Aimee assiste pour la première fois à une fête foraine à l’âge de 10 ans quand celle-ci passe deux semaines dans sa ville. Elle y rencontre Kes, un garçon de son âge qui y travaille, et une amitié rare et touchante se construit entre eux. Chaque année, ils se retrouvent pour deux semaines qui illuminent leur vie. Et alors que leur amitié d’enfance se développe en amour, une fois adultes, les choix deviennent difficiles à faire et tous les deux comprennent que deux semaines par an ne seront jamais suffisantes. »

Mon avis :

Voilà bien longtemps que je n’avais pas lu une romance. C’est grâce à MxM Bookmark et leur collection Infinity que j’ai pu découvrir ce livre et pour être honnête, cette histoire est parfaite pour une fin d’été où on veut juste lire pour s’évader et non pour réfléchir…

La vie d’Aimee bascule le jour de ses dix ans. Après avoir longuement insisté, ses parents acceptent enfin de l’emmener à la fête foraine, une lieu qu’elle trouve magique. Rendez vous compte. Un soir, des camions arrivent et le lendemain matin, tout un univers de jeu et d’émerveillement s’est élevé. La jeune fille aimerait s’amuser comme une folle mais ses parents sont assez réticents, même une fois entrés dans le parc. C’est alors qu’apparaît Kes, un jeune garçon du même âge qu’Aimee. Les deux enfants vont immédiatement se lier d’amitié et ils ne cesseront de se voir pendant deux semaines. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin et Kes doit repartir sur les routes. Commence alors une attente interminable. Chaque été, la même histoire recommence. Les jeunes gens se retrouvent, profitent de deux semaines intenses et se séparent, le coeur brisé. Pourtant, ils ne renonceraient pour rien au monde à la relation qu’ils ont bâtie. Comment peuvent-ils s’en sortir ? Quelles solutions vont-ils trouver ? Ce qui est sûr, c’est qu’ils devront faire des choix plus difficiles les uns que les autres…

J’étais persuadée d’avoir rencontré mon âme soeur, mais on me l’arrachait systématiquement. C’était injuste.

Pour être honnête, j’ai adoré ce livre. Bien que les sentiments des personnages soient très complexes et parfois un peu durs à comprendre, cette lecture reste légère. C’est une romance qu’on a aucune peine à lire, elle est très fluide et tous les éléments s’emboîtent parfaitement. J’ai particulièrement aimé le fait que l’on apprend à connaître les protagonistes au fil des années. Kes et Aimee n’ont que dix ans au début du livre. C’est intéressant de les voir grandir et mûrir. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé ces personnages, ils sont très attachants. Kes n’a pas une vie facile. On pourrait croire qu’être forain le comble de bonheur mais c’est faux. Certes, il aime les gens avec qui il travaille et il aime faire des spectacles. Mais son métier l’empêche également d’être avec la personne dont il aimerait partager la vie. Quant à Aimee, elle sent que sa place est ailleurs et pourtant, elle ne peut pas abandonner sa famille ni son ambition de carrière. Elle sait qu’elle n’est pas foraine et qu’elle ne le sera jamais, mais cela ne l’a pas empêché de tomber amoureux d’un garçon qu’elle ne voit que deux semaines par an… En tant que lecteur, on apprécie de voir leur histoire compliquée se dérouler sous nos yeux. (C’est un peu cruel, vous ne trouvez pas ? ahah)

Le style d’écriture est fluide et facile à lire. Ce qui est remarquable, c’est qu’on ne perd jamais le fil même si l’histoire est étalée dans le temps. On a aucun mal à se repérer et à passer d’une « époque » à l’autre. En revanche, si je devais trouver un point négatif, je dirais que j’ai été un peu déçue par les dialogues. Ils sont intéressants et apportent un vrai plus, il n’y a aucun doute là-dessus. Mais quelque chose m’a fait tiqué : Kes et Aimee parlent de la même façon. C’est assez paradoxal lorsqu’on sait qu’Aimee lit énormément et va à l’école tandis que lui est dyslexique et passe le plus clair de son temps à cracher du feu ou à faire des pirouettes sur son poney. Je ne dis pas qu’Aimee devrait parler de façon guindée ou quoique ce soit, mais il devrait tout de même y avoir une légère différence étant donné leur niveau d’éducation et leurs origines sociales. J’ai également trouvé peu de différences dans les dialogues entre le moment où les deux personnages avaient 10 ans et celui où ils avaient plus d’une vingtaine d’années. Pourtant un enfant ne parle clairement pas comme un adulte, enfin, je l’espère ! Mais bon, vous pouvez dire que je cherche la petite bête car ce livre était vraiment très agréable à lire dans son ensemble.

— Si l’amour, ça ne te suffit pas, alors quoi ?
— Je vais te dire : avoir à manger, avoir un toit au-dessus de ma tête, avoir un travail. Il faut tout ça avant de pouvoir se consacrer à une relation. L’amour, ça ne nourrit pas et ça ne tient pas chaud. Dès qu’on doit penser à la réalité, tout s’effondre.

Quant à la fin, je ne vous spoilerai pas, mais je pense que vous serez aussi étonnés que moi ! Je ne m’attendais pas à ça, ou du moins, pas d’une façon aussi brutale. C’est bien pour cela que j’ai hâte de découvrir le tome deux en espérant que cette fois-ci, le dénouement répondra plus à mes attentes ! J’ai hâte de retrouver ces personnages dans un second livre car je me suis vraiment attachée à eux. Le premier livre n’est pas très court et pourtant j’ai l’impression de n’avoir passé que trop peu de temps en compagnie de ces protagonistes !

Je pensais que nos retrouvailles allaient être maladroites, je m’attendais à ce qu’il soit nerveux. Mais aussi désinvolte ? Non. Je le détestais un petit pour ça.

En résumé, voici une romance parfaite pour cette fin de vacances. Cette lecture est vraiment sympathique et sans prise de tête. On suit avec délice les aventures de Kes et Aimee, deux adolescents qui se sont engagés dans une relation compliquée. Les personnages sont attachants et on espère à chaque seconde qu’ils prendront la bonne décision. Le coup de coeur pour ce livre n’était pas loin ! Peut-être que le second tome sera encore meilleur, je l’espère en tout cas!

Difficile d’expliquer ce que symbolisaient pour moi ces deux semaines d’été. Je ne vivais que pour elles. Le reste de ma vie, je le passais à l’attendre. Bien sûr, j’allais à l’école et j’avais des copines – mais pas de copains parce que j’était maigre et que je n’avais pas de poitrine. De toute façon, aucun garçon n’arrivait à la cheville de mon forain.

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Think of England – KJ Charles

Résumé :

« England, 1904. Two years ago, Captain Archie Curtis lost his friends, fingers, and future to a terrible military accident. Alone, purposeless and angry, Curtis is determined to discover if he and his comrades were the victims of fate, or of sabotage. Curtis’s search takes him to an isolated, ultra-modern country house, where he meets and instantly clashes with fellow guest Daniel da Silva. Effete, decadent, foreign, and all-too-obviously queer, the sophisticated poet is everything the straightforward British officer fears and distrusts. As events unfold, Curtis realizes that Daniel has his own secret intentions. And there’s something else they share : a mounting sexual tension that leaves Curtis reeling. As the house party’s elegant facade cracks to reveal treachery, blackmail and murder, Curtis finds himself needing clever, dark-eyed Daniel as he has never needed a man before… »

Mon avis :

Think of England est un livre que j’ai eu la chance de traduire pour MxM Bookmark. Dès la lecture du résumé, j’ai eu un coup de coeur. Le fait que l’histoire se passe dans l’Angleterre du début du vingtième siècle et que le personnage soit un ancien soldat m’avait tout de suite donné le déclic et je savais que ce roman allait me plaire. Je n’ai pas été déçue !

Sir Hubert Armstrong et sa femme Sophie invitent plusieurs de leurs connaissances pour de petites vacances dans leur manoir isolé au coeur de la campagne anglaise. Parmi leurs hôtes se trouvent Archie Curtis, un ancien soldat qui se remet à peine de l’incident au cours duquel il perdu trois doigts, plusieurs amis et toute joie de vivre. D’ailleurs, il n’est pas venu pour faire la fête. Il a comme l’impression que ce cher monsieur Armstrong n’est pas aussi innocent qu’il en a l’air. En effet, après la faillite de son concurrent causé par la mort des amis de Curtis, Sir Hubert s’est incroyablement enrichi. Archie décide donc d’enquêter pour dissiper ou confirmer ses soupçons. Seulement, il va rapidement se rendre compte que Daniel Da Silva cherche également à en apprendre plus sur celui qui les accueille. Les deux hommes vont devoir apprendre à travailler ensemble, mais c’est loin d’être gagné. Entre un dandy efféminé et un soldat soucieux de prouver sa virilité, l’entente n’est pas évidente. Pourtant, s’ils veulent coincer Armstrong, ils n’auront d’autres choix que de s’allier…

“Jesus!” he yelped.
“I fear not,” said a silky voice, and Curtis realised that he had collided with da Silva. “Both Jewish, of course, but the resemblance ends there.”

Dès les premières pages, j’ai adoré cette histoire et plus particulièrement le personnage de Curtis. On comprend que l’incident de Jacobsdal l’a profondément blessé aussi bien physiquement que mentalement et c’est pourquoi il a besoin de réponse. J’ai aimé le suivre dans sa quête de vérité palpitante. Cette aventure ne fut pas de tout repos pour lui ni pour le lecteur ! En fait, on se prend au jeu et dès que Curtis se met en danger, on a peur pour lui et on espère qu’il va s’en sortir. Ce livre met nos nerfs à rude épreuve. Surtout qu’une fois la vérité découverte, le plus dur reste à faire. Curtis et Da Silva ne sont pas au bout de leurs surprises et on ressent presque de la pitié pour eux. D’ailleurs, en parlant de ce dernier, j’ai apprécié sa personnalité. Il est un peu spécial, il faut l’avouer, mais plus on apprend à le connaître et plus il semble sympathique.
Tous les personnages ont quelque chose d’intéressant. Ils ne sont pas tous attachants, non, loin de là ! Mais ils ont tous un visage public et une facette secrète qu’ils vont peu à peu dévoiler au fil de l’intrigue. Les personnes qui nous inspiraient confiance peuvent nous décevoir et inversement. Résultat, on ne s’ennuie jamais pendant notre lecture car on s’attend toujours à un rebondissement.

Le style d’écriture est fluide et agréable à lire. De plus, il y a un bon équilibre entre narration et dialogues, ce qui nous permet de nous représenter facilement les scènes. On imagine très bien Curtis et Da Silva surpris en pleine enquête dans la bibliothèque, avec toutes les étagères pleines de livres, les fauteuils recouverts de tissu luxueux et les vieux bureaux. Pour moi, cette pièce était particulièrement bien décrite et tous les passages qui s’y déroulaient m’ont fascinée. J’ai également adoré la façon dont la maison de plaisance était décrite même si au début, je me demandais pourquoi on parlait autant de cette bâtisse. Je ne comprenais pas pourquoi elle tenait une place importante dans l’histoire et quand j’ai enfin su pourquoi, je n’étais vraiment pas déçue ! En revanche, si je devais formuler une petite critique négative sur la plume de l’auteure, je dirais qu’elle est assez répétitive par moment. Il y a certaines expressions, certaines tournures de phrases qui reviennent souvent et c’est parfois lassant. Et si les chapitres sont bien définis, les premières phrases qui les composent sont souvent maladroites. On a l’impression que l’auteure peine à introduire l’élément nouveau. Pourtant, l’histoire est passionnante et elle n’aurait pas dû s’encombrer avec des détails qui ne font qu’alourdir ses phrases.

To have people cut you dead, or look at you with contempt, or have your friends and family turn their backs— You don’t know what that’s like. I don’t want you to know what that’s like. God damn it, I saw your face when you thought your uncles would get those bloody photographs!

Pour finir sur une note positive, je tiens à dire que la fin a répondu à toutes mes attentes. Je n’imaginais pas une autre fin que celle-ci et j’étais comblée !

Pour résumer, Think of England est un livre que je vous conseille. L’enquête menée par Curtis vous fera passer par tout un tas d’émotions et, je l’espère, vous passionnera autant que moi. Je lirais certainement d’autres livres de cette auteure car d’après ce que j’ai vu, le contexte historique est toujours très présent et c’est justement ce qui me plaît.

What I mean is, one can’t help one’s fears. The question isn’t if you’re a fellow who cries in the night before a big engagement—and I knew a damned brave man who did exactly that, regularly. It’s whether you pick yourself up the next day.

The Biggest Scoop – Gillian St. Kevern

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Résumé :

« Everything is going wrong for Milo Markopoulos. The future of the school newsletter is in jeopardy, he doesn’t have a single friend among his junior classmates, and his film script has just been rejected again. Worse, he has only one day to find a story that will satisfy newspaper editor, Candice. Enter transfer student, Taylor. Good looking, responsible, and possessed of a mysterious something that has him turning heads on his first day of school, Taylor is the story Milo is looking for — too bad Taylor has plans for a quiet high school experience. 
Despite their many differences of opinion, Milo finds himself developing a close journalistic relationship with the future class president. But Taylor’s success might put an end to their burgeoning friendship. What will happen when Taylor is no longer Milo’s story? How far will Milo go to save the newspaper? »

Mon avis :

The Biggest Scoop est le deuxième livre que j’ai eu la chance de traduire grâce à MxM Bookmark. Après Rock, d’Anyta Sunday, la barre avait été placée très haute. Je me suis dit que jamais je ne retraduirai un livre si puissant, si magnifique et que j’allais forcément être déçue. Pourtant, The Biggest Scoop s’est montré convaincant du début à la fin ! Il ne s’agit pas du tout du même registre, du même genre, mais il est très sympathique.

Milo Markopoulos est le stéréotype du garçon que personne n’aime au lycée. Il préfère la compagnie des livres à celle de ses camarades, il ne fait pas partie d’une équipe de sport mais il écrit pour le journal du lycée et cerise sur gâteau, il est gay. Le lycée Bernhardt essaie de développer chez ses élèves un esprit de tolérance mais il y a encore fort à faire avec quelques étudiants comme Logan, le quaterback. Ce dernier en veut à l’équipe du journal et leur fait bien comprendre. La vie de lycéen de Milo était déjà assez compliquée, mais voilà que débarque Taylor, un sublime jeune homme qui fait tourner la tête aussi bien des filles que des garçons. Il est beau, gentil, intelligent, doué pour l’écriture, serviable, honnête, j’en passe et des meilleurs. Milo, qui ne lâche jamais son rôle de reporter, se dit que ce garçon est son histoire, la meilleure qu’il n’ait jamais écrite. S’en suit alors un bon nombre d’aventures qui va mettre le lycée sans dessus dessous et qui va obliger certains à faire quelques révélations…

Inwardly, there was only one thing I could think of. This was it. I was sure of it. His good looks. The effect he had on the class. The fact we didn’t know anything about him beyond his name.
Taylor was the perfect story.

Quelle bonne lecture ! Pour être tout à fait honnête, à la lecture du résumé j’étais un peu dubitative. L’histoire me semblait bien mais j’avais peur qu’elle soit un peu trop clichée. Au final, ce livre s’est révélé incroyablement drôle, divertissant et idéal comme lecture estivale. Rien ne m’a déçu. J’ai aimé les personnages, l’intrigue, les divers rebondissements, le style de l’auteur. Bref, coup de cœur ! A première vue ce livre n’a pourtant rien d’extraordinaire : un intello qui tombe amoureux du nouveau mec populaire. En réalité, les protagonistes sont tellement attachants et la plume de l’auteur tellement agréable à lire, qu’on tourne chaque page avec beaucoup d’enthousiasme. De plus, à chaque fois que l’on a l’impression que tous les problèmes vont enfin se régler, un nouvel événement vient tout chambouler et on repart du début. Je trouve que Gillian St. Kevern a très bien su décrire les relations entre lycéens. Je ne sais pas si beaucoup d’entre vous gardent un bon souvenir de vos trois années au lycée, en tout cas moi je me souviens que la vie sociale était extrêmement compliquée ! L’auteure partageait visiblement cet avis et retranscrit parfaitement cette impression. A l’âge où les hormones s’affolent et où les caractères s’affirment, chaque petit ressenti se transforme en un raz-de-marée d’émotions ! Milo en sera malheureusement la principale victime.

J’ai adoré ce personnage. Il m’a tellement fait rire ! Il faut avouer que Milo a un caractère bien trempé. Il ne se laisse pas faire et lorsqu’il a une idée en tête, il va au bout de choses. Le problème est que le destin semble s’acharner contre lui. A chaque fois qu’il veut faire quelque chose, cela se retourne contre lui. On pourrait avoir pitié de lui, mais sa façon de réagir de manière disproportionnée (enfin, comme un ado quoi…) nous fait bien rire ! De plus, j’ai admiré son courage. Les articles qu’il écrit pour le journal sont souvent sujets à controverse. Pourtant, il n’abandonne pas. Il continue d’écrire sur son sujet favori quitte à s’attirer les foudres d’un certain élève… Pour en finir avec Milo, je dirais également que sa maman m’a bien fait rire ! Dès que son fils est pris pour cible, madame Markopoulos se transformerait presque en ninja ! Elle est irrésistiblement drôle.

Quant à Taylor, j’avoue qu’il m’a déconcerté dans le premier chapitre. Sa façon de répondre à Milo alors que celui-ci voulait simplement l’aider à comprendre le fonctionnement du lycée m’a un peu refroidie. Monsieur faisait l’école à domicile avant alors il devrait prendre en compte les conseils qu’on lui donne. Taylor est têtu. Et il ne prend pas toujours la peine d’expliquer à Milo ou aux autres pourquoi il leur fait la tête, pourquoi il n’apprécie pas leur comportement. Ils ne sont pas devins, bon sang ! Mais son personnage évolue au fil du temps et on se rend compte qu’au fond, il est vraiment gentil. On sait également qu’il cache un secret. Il ne se dévoile pas, il ne parle jamais de sa vie, de ses parents, de ses amis extérieur au lycée. Cela lui confère une petite aura de mystère qui n’est franchement pas désagréable ! A chaque fois qu’on tourne une page, on espère découvrir ce que cache son comportement si étrange et cela nous encourage vivement à lire ce livre d’une traite !

Quant aux autres personnages, je les ai tous adoré. Oui, oui, même Logan. Au final, ce garçon n’est sûrement pas le plus intelligent de tous ni le plus mature, mais il respecte ses principes et se montre toujours loyal envers ses amis. Un peu comme Fern qui sacrifierait presque sa propre réussite scolaire pour aider ses amies à faire leurs devoirs. En revanche, Candice se montre très individualiste, mais c’est pour les besoins de son journal. C’est une jeune femme déterminée et je dois avouer que j’ai eu beaucoup d’admiration pour elle !

Having my self-esteem crushed was nothing new. But Taylor…
Taylor had sent my entire self-worth reeling.

Si j’ai tant adoré ce livre, c’est qu’il est ancré dans notre réalité. A plusieurs reprises, l’auteur fait appel à notre culture populaire. On parle par exemple de Marilyn Monroe et de son film Certains l’aiment chaud. Pour les plus jeunes, on parle du film Lolita malgré moi, de la série Sleepy Hollow, de Taylor Swift ou même de Zayn Malik ! Ce sont des clins d’oeil à des artistes ou à des films qui sont très sympathiques car on se sent plus proches des personnages s’ils connaissent les mêmes choses que nous.

Si je devais cependant formuler une petite critique, je dirais que le secret de Taylor est un peu trop évident. On ne le trouve pas immédiatement, dès qu’on commence le livre. Mais vers le milieu, alors que l’intrigue est bien expliquée et que toutes les composantes sont là, il est assez facile de deviner ce que cache Taylor. Certes, cela ne gâche pas le plaisir de voir Milo le découvrir mais cela enlève un peu de suspens. Dès que l’on a compris, le livre redevient une simple romance lycéenne (ou plutôt une superbe romance lycéenne !). Mais bon, c’est vraiment pour chipoter que je dis ça !

En résumé, j’ai été ravie de découvrir ce roman de Gillian St. Kevern ! C’est une lecture idéal pour l’été puisqu’elle allie humour et émotions tout en restant très légère. Les personnages sont attachants et on aime les accompagner dans leurs différentes aventures. Je vous conseille vivement cette oeuvre !

I hate shallowness. People aren’t commodities. You can’t label them and assign value to them like you do clothes or brands. Anyone who tries to makes me sick. And you’re the shallowest person I’ve ever met.

La sélection, tome 2 : L’élite – Kiera Cass

Couverture La sélection, tome 2 : L'élite

Résumé :

« La Sélection de 35 candidates s’est réduite comme peau de chagrin, et désormais l’Élite restante n’est plus composée que de 6 prétendantes. L’enjeu pour ces jeunes filles? Convaincre le Prince Maxon, le Roi et la Reine ses parents, qu’elles sont les mieux à même de monter sur le trône d’Illéa, cette petite monarchie régie par un strict système de castes et déchirée par deux factions de rebelles qui veulent la faire tomber.
Pour America Singer, la donne est encore plus compliquée : ses sentiments pour Maxon viennent se heurter à son amour d’enfance pour Aspen, garde royal qui hante les couloirs du palais, et à son sens aigu de la justice trop souvent déçu par les décisions royales… Entre intrigues de cour, dilemmes tragiques et loyautés divisées, America navigue à vue dans la tourmente, en quête de la décision qui changera à jamais sa vie… »

Mon avis :

Ayant eu un énorme coup de cœur pour le premier tome de La Sélection, j’étais ravie de retrouver America dans L’Elite. J’ai retrouvé tous les ingrédients qui m’avaient fait aimé le roman précédent et j’ai de nouveau eu un coup de cœur. Pourtant, je ressors de cette lecture légèrement frustrée.

America a réussi à conquérir le cœur du prince Maxon et fait maintenant partie de l’élite. Ce n’est qu’une question de temps avant qu’elle remporte la sélection et qu’elle devienne la princesse d’Illéa. Pourtant, les choses ne sont pas si simples. Elles se posent encore des questions sur ses sentiments envers Maxon et Aspen. Elle doit également supporter les autres candidates qui ont bien compris qu’America avait tapé dans l’œil du prince et elles sont prêtes à tout pour se débarrasser d’elle. Céleste est toujours une peste, quant à Kriss elle se rapproche dangereusement de Maxon. Il se pourrait même qu’elle prenne la place d’America… Il y a également les mises à l’épreuve inventées par la Reine et Silvia qui se révéleront primordiales pour l’avenir de la diplomatie d’Illéa. Comme si cela ne suffisait pas, tout le château doit faire face aux attaques de plus en plus violentes des Renégats. America n’est donc pas au bout de ses peines.

J’admire ton attitude. Ton honnêteté. Mais tu dois comprendre que nous sommes rivales, America. Jamais je ne mentirai à ton sujet, jamais je ne dirai du mal de toi, mais jamais je n’irai jusqu’à chanter tes louanges auprès du prince. Jamais.

Comme pour le premier tome de La Sélection, j’ai eu un coup de cœur pour les protagonistes. L’héroïne, America, est un personnage vraiment sympathique quoiqu’un peu complexe. On a du mal à la suivre parfois, elle est tellement imprévisible ! C’est justement ce qui fait son charme. Elle essaie également de ne pas oublier d’où elle vient. Lorsque Silvia demande aux filles de préparer un projet caritatif, America se souvient des problèmes que son entourage a rencontré à cause du système de caste. Bref, c’est LA jeune fille qui pourrait renverser tout le système afin de le rendre plus juste. Ses intentions sont nobles et on comprend les doutes qu’elle nourrit envers ses sentiments pour Maxon ou Aspen. C’est une fille formidable et le lecteur ne peut être que charmé ! Quant à Maxon, il est vraiment attachant. Il reste follement amoureux d’America et essaie de lui faire comprendre coûte que coûte. Mais il peut se révéler très déroutant. Lorsque l’élue de son cœur doute de lui, il ne fait pas grand-chose pour la rassurer. Il la laisse un peu mariner dans son jus et il s’étonne ensuite qu’elle lui en veuille ! Il n’empêche que ses sentiments envers elle restent sincères et on ne peut qu’espérer que les deux tourtereaux finissent enfin par se rendre à l’évidence.

Ce tome laisse beaucoup de places aux autres prétendantes. Céleste se fait encore et toujours remarquer par sa mesquinerie et sa méchanceté gratuite. On a beau la détester, on ne veut pas qu’elle parte de la Sélection car elle donne du peps au roman ! Le fait que Céleste et America soient totalement à l’opposé ne fait que renforcer l’intérêt du livre. On se demande pourquoi Maxon a gardé les deux. Il n’est pas possible qu’il soit amoureux de l’une et qu’il apprécie l’autre en même temps. Puis on se rend compte que tout cela est en fait guidé en coulisses par des acteurs bien plus influents que le prince lui-même… La présence d’Elise dans les six dernières concurrentes n’est pas non plus anodines. Après tout, elle est originaire de Nouvelle-Asie. Quant à Kriss, elle occupe une place beaucoup plus importantes dans ce tome que dans le précédent. En effet, il semblerait bien que Maxon se rapproche d’elle à un point tel qu’il pourrait en oublier America. Cette fille est donc la rivale de cette héroïne que l’on aime tant. Pourtant, je n’ai pas réussi à la détester car elle ne fait pas de coups tordus. Elle reste distinguée quoiqu’il arrive et elle veut gagner à la loyale. Si on la compare avec Céleste… il n’y a pas photo ! Enfin, en ce qui concerne Marlee, j’étais un petit peu déçue qu’elle soit moins présente dans ce tome-là. C’est un personnage que j’avais beaucoup apprécié dans le premier tome et j’ai été vraiment choquée de voir ce qui lui arrivait dans celui-ci.

L’histoire est toujours aussi captivante. La Sélection s’est réduite à une poignée de candidate et la lutte n’en est que plus féroce. J’ai aimé suivre pas à pas la progression d’America dans cet univers qu’elle ne connaissait pas. Dans ce second tome, elle s’est habituée à la vie de château, mais elle doit maintenant apprendre à devenir une princesse avec des responsabilités. Elle doit apprendre la géopolitique, la diplomatie… Et surtout l’histoire. Ce que j’ai vraiment apprécié, c’est que l’on en apprend plus sur Illéa. On apprend des choses sur son fondateur, Grégory Illéa, sur l’ancien système de castes ou sur les anciennes traditions. On retrouve vraiment le côté dystopie qui passe parfois à la trappe pour laisser place à une romance pure. En revanche j’ai été déçue par la fin. Je ne m’attendais pas à cela, je pensais que l’histoire allait faire un bon en avant et que la Sélection prendrait fin. Je reste frustrée car je voulais connaître le dénouement de cette compétition mais je dois attendre le tome suivant… Le suspens dans une saga, c’est bien. Mais gare à ne pas trop faire languir le lecteur qui peut vite se lasser. Si le livre suivant reprend le même schéma, c’est-à-dire le triangle amoureux, les concurrentes féroces et les attaques de renégat, j’ai un peu peur de m’ennuyer.

J’ai commis des erreurs. J’ai laissé la perspective de la couronne me remplir de peur et m’éloigner de vous. J’ai voulu me convaincre que vous n’étiez rien pour moi. Que vous m’aviez menti, que vous n’aviez pas confiance en moi. Je me suis laissée convaincre que je ne comptais pas à vos yeux. 

Enfin, en ce qui concerne le style d’écriture, je l’ai trouvé très fluide et agréable à lire. Ce livre reste adapté aux lecteurs de tous âges. Le petit détail qui me chagrine un peu, c’est qu’America est une Cinq. Par conséquent, elle a été élevée dans un milieu modeste. Et bien qu’elle ait reçu des cours de Silvia, j’ai du mal à croire qu’elle puisse formuler ses phrases comme Maxon. Lorsqu’il y a un dialogue entre ces deux personnages, on ne remarque pas particulièrement de différence de registre, ce qui est assez bizarre entre une Cinq et un Prince. Elle n’est pas censée avoir toutes ses manières. Mais peut-être qu’à Illéa, tout le monde prend un petit air guindé, allez savoir.

En résumé, j’ai été ravie de retrouver America dans ce second tome de la Sélection. J’ai aimé suivre ses nouvelles péripéties au sein du palais et l’évolution de ses sentiments envers Aspen et Maxon. En revanche, je suis un peu déçue car la fin reste une nouvelle fois en suspend et on se demande presque si ce second tome n’a pas été qu’un blabla inutile. Mais dans l’ensemble, cette saga me plait toujours et je lirai sans aucun doute le tome suivant qui, je l’espère, conclura la Sélection en beauté.

Vous êtes absolument quelconque. Les cheveux roux, le teint pâle, la silhouette passable ; Céleste est un astre à côté de vous. Quant à votre tempérament… vous êtes malpolie, vulgaire ; la seule fois où vous vous impliquez dans un projet sérieux, vous n’hésitez pas à compromettre la sécurité du royaume. Et je ne parle même pas de votre posture, de votre démarche. Kriss est mille fois plus jolie et plus amène. 


De la même auteure :Couverture La sélection, tome 1

Rock – Anyta Sunday

Résumé :

« Igneous. When Cooper’s parents divorce, he finds himself landed in Week About—one week with his mum and one week with his dad.
Only, it’s not just his dad he has to live with. There’s Lila, too: The other woman, the one who stole the rock-solid foundation of his life.
And then… There’s Jace. Lila’s son. Lila’s smug, regurgitated-fish-scale-blue eyed son. All Cooper wants is to have his family back the way it once was, but there’s something about this boy that promises things will never be the same again.
Sedimentary. Resisting the realities of his new life, Cooper and Jace get off to a rocky start. But rocky start or not, after hundreds of shared memories together, they forge something new. A close… friendship. Because friendship is all they can have. Although it’s not like they are real brothers. Technically, they’re not even stepbrothers…
Metamorphic. But how does that friendship evolve under the pressures of life? Under pressures of the heart? »

Mon avis :

Ma chronique de Rock est un peu spéciale pour moi. En effet, j’ai eu la chance grâce aux éditions MxM Bookmark de traduire ce livre. C’était ma première expérience en tant que traductrice et c’est vraiment un rêve qui se réalise ! Je n’aurais pas pu imaginer meilleur livre pour ma grande première. J’ai eu un coup de cœur pour l’histoire et les personnages auxquels je me suis beaucoup attachés. Je remercie donc très chaleureusement cette maison d’éditions et, bien sûr, je vous tiendrais au courant pour la publication du livre !

La vie de Cooper bascule le jour où ses parents divorcent. Lui et sa sœur, Annie, vont devoir aller vivre une semaine sur deux chez leur père et sa nouvelle compagne, Lila. Il se trouve que cette dernière a un fils de leur âge, Jace. Les choses ne se passent pas très bien entre les trois enfants. Cooper et Annie ont du mal à comprendre ce que leur père trouve chez cette femme et ils n’arrivent pas à digérer le fait que Jace l’appelle Papa. Si la jeune fille va s’enfermer dans sa chambre, Cooper, lui, se réfugie dans sa passion pour les pierres. A chaque nouvelle journée, une nouvelle pierre. Il serre les minéraux dans sa main et y déverse toutes ses émotions de la journée, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. La famille recomposée peine à trouver ses marques. Pourtant, les deux garçons, les deux « demi-frères » semblent développer un lien spécial. Ils passent rapidement de l’indifférence à l’amitié. Il deviendront des amis très proches. Trop proches peut-être et leurs sentiments vont se révéler beaucoup plus puissants qu’ils ne le pensaient.

He balls up his fist and presses it into my open palm. « I’ll be your rock ».

J’ai littéralement adoré ce livre. Dès les premières pages, même les premières lignes, je me suis attachée à Cooper. Le divorce de ses parents le dépasse. Il ne sait pas comment réagir. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il déteste Lila et son idiot de fils. Il se renferme sur lui-même et souffre beaucoup de la situation. Le lecteur est vraiment amené à ressentir de la compassion pour ce pré-ado. Puis, on apprend à le découvrir au fil des années. Et la vie ne l’épargnera pas. J’avais beau adoré ce livre, j’avais peur de tourner les pages car je redoutais ce qui allait encore lui tomber sur le coin du nez ! Même quand on pense que tout est réglé… Cooper en prend encore plein la tête. On s’attache à ce personnage car on veut qu’il s’en sorte. On veut qu’il soit heureux. Quant à Jace, il a beau m’avoir exaspéré pendant une grande partie du livre, je l’ai beaucoup aimé également. La vie ne sera pas tendre avec lui non plus et il va vivre une épreuve dont personne ne peut sortir indemne. On comprend pourquoi il ne pouvait pas se consacrer entièrement à sa relation avec Cooper et, tout comme pour son demi-frère, on espère qu’il arrivera un jour à être heureux. Les autres personnages comme Annie, Lila, les parents de Cooper, Ernie et Bert sont tous sympathiques. On prend plaisir à découvrir chacun d’eux et surtout, il y a une véritable ambiance conviviale quand les protagonistes partagent des moments entre amis ou en famille. On a l’impression de faire partie de ce cercle restreint, on se sent comme un spectateur aux premières loges ce qui nous implique davantage dans l’histoire.

I know we were forced into each other’s lives, but, I mean, I would have chosen you if I’d had the chance.

Ce livre est une romance, il n’y a aucun doute là-dessus. Cependant, j’ai apprécié le fait que tout ne tournait pas autour d’une histoire d’amour. Il y a la vie à côté. On suit Cooper lorsqu’il se rend au lycée, on apprend comment se reconstruit sa mère après le divorce, on suit les aventures d’Annie et Jace à l’université, on partage des moments familiaux douloureux… Bref, il y a vraiment toute une palette d’événements qui nous permet de sortir un peu de cette relation ambiguë entre les deux frères. L’avantage, c’est qu’on ne s’ennuie jamais. Il y a toujours un retournement de situation et celui-ci peut concerner n’importe qui. On ne peut pas prévoir à l’avance comment cela va se terminer. On a beau essayer de se convaincre que Cooper et Jace vont finir ensemble, on perd parfois tout espoir. C’est vraiment agréable quand une fin n’est pas prévisible car jusqu’à la dernière ligne, on est captivé par l’histoire.

Cela est également dû à la plume de l’auteure. J’ai beaucoup aimé ce style d’écriture très moderne et adapté à tous les lecteurs (enfin, sauf pour quelques petites scènes…). Le style est fluide, le vocabulaire est simple. Mais une des choses qui m’a fait avoir un coup de coeur, c’est le fait que ce livre soit vraiment construit autour des pierres. Etant donné que Cooper en est passionné et qu’il est le narrateur de cet histoire, on en apprend énormément sur les minéraux. Chaque titre de chapitre est d’ailleurs le nom d’une roche. Cela m’a permis de découvrir beaucoup de choses et je crois bien que Cooper m’a transmis sa passion ! J’ai découvert par exemple les rhodochrosites, les malachite ou les larmes d’Apache qui sont toutes des pierres magnifiques. Lorsqu’on lit ce livre, on découvre également la Nouvelle-Zélande. C’est là-bas que se déroule l’histoire et Cooper part souvent en vadrouille. Maintenant, j’ai bien envie de découvrir les Moreaki Boulders et les Pancakes Rocks ! Sans parler des grottes qui abritent les vers luisants… Enfin, une des autres choses que j’ai apprécié, ce sont les quelques jeux de mots glissés dans le livre. Quelques petites blagues Toc Toc Toc qui m’ont fait rire puis qui m’ont bien exaspérée quand je me suis rendu compte que j’allais devoir les traduire tout en conservant leur petit côté humoristique.

En résumé, ce livre a été un coup de cœur grâce à ses personnages attachants et à son intrigue pleine de rebondissements. Les sentiments exprimés dans ce roman sont purs et sincères. Si vous êtes sensibles comme moi ou comme Manon, une amie qui est également la relectrice de ma traduction, vous allez rire, pleurer, être choqué, détester Jace puis finalement l’aimer, adore Cooper, … Bref, vous allez passer par des états complètement différents qui vont rythmer votre lecture ! Je vous conseille ce livre. Cette romance vous fera passer un très bon moment !

He touches the opal, rubing his thumb over it.
« My favorite rock, » I say.
« I know. »
[…] « Not the opal. You. »

Chroniques d’une princesse machiavélique, tome 1 : Sans Valentin – Lily B. Francis

Couverture Chroniques d'une princesse machiavélique, tome 1 : Sans valentin

Résumé :

« Agnès n’en revient pas. Le voile du déni vient de se lever et elle réalise qu’elle est toujours amoureuse de son meilleur ami le magnifique Phoebus Rolland. Ce serait le début d’une superbe histoire d’amour s’il n’était pas en couple depuis 7 ans ! Tant pis, Agnès tente le tout pour le tout. C’est fun, c’est frais, c’est fou sauf qu’elle oublie complètement que si elle sème le vent, elle récoltera la tempête ! »

Mon avis :

Je remercie l’auteure, Lily B. Francis, de m’avoir envoyé les deux tomes des Chroniques d’une princesse machiavélique. Dès que j’ai reçu la proposition de partenariat, j’étais séduite. Le titre, la couverture et le résumé du livre me donnaient vraiment envie. Au final, ce livre a répondu à toutes mes attentes et j’ai passé un super moment de lecture.

Pour fêter le Nouvel An 2016, Agnès Thomson-Shirt et sa bande d’amis décident de se rendre à Las Vegas. Toutes les folies sont permises pour ses riches et beaux héritiers, ils comptent bien profiter de leur soirée en buvant jusqu’à plus soif et en dansant jusqu’au petit matin. L’année qui vient de s’écouler ne les a pas épargnés et chacun a du faire face à des problèmes familiaux ou des peines de coeur. Cette soirée leur fera le plus grand bien. Mais alors que la fête bat son plein, Agnès a comme une révélation. Il est là. Oui, c’est lui, elle en est certaine. Son âme sœur se tient debout, là, devant elle. Le meilleur dans tout ça, c’est que ce n’est pas un inconnu : c’est son meilleur ami, Phoebus (dit Phoeb) Rolland. Agnès se demande comment elle a pu ne pas s’en rendre compte plus tôt… En tout cas, maintenant qu’elle le sait, elle ne va pas se priver de lui dire. Elle espère bien que ses sentiments seront réciproques et qu’ils vivront une histoire d’amour passionnée et éternelle. Bon. Il y a un tout petit, tout riquiqui, vraiment infime problème : Phoeb est en couple avec une jolie colombienne, Esméralda, depuis sept ans. Ils ont une maison, un chat, une petite vie de couple bien rangée. Seulement, Agnès est certaine que Phoeb partage ses sentiments. S’il s’est mis avec Esmé, c’est parce qu’il pensait qu’il n’était qu’un ami pour Agnès. Bien que stressée, elle a hâte de faire le grand saut et de lui dire enfin ce qu’elle ressent. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu. Le soir de sa grande déclaration, Phoeb va lui annoncer une nouvelle absolument catastrophique. Agnès va devoir rivaliser d’ingéniosité pour enfin lui faire comprendre ce qu’elle ressent. Cependant elle est loin d’imaginer que ses agissements vont bouleverser toute une bande d’amis et les tensions auront des conséquences aussi désastreuses qu’inattendues.

Phœbus Rolland le magnifique lui avait préféré Esméralda. Il avait préféré la mystérieuse Colombienne à elle le génie, la prétentieuse princesse du lycée.
Tous applaudissaient le tour que l’Univers venait de lui jouer, tous riaient de son malheur et pas une âme dans le lycée n’eut envie de la plaindre.

Ce que je vais dire est paradoxal : j’ai détesté le personnage principal mais j’ai adoré ce livre. En effet, bien qu’Agnès m’ait exaspérée et même agacée au plus haut point, j’ai adoré suivre le déroulement de cette histoire car, bien plus qu’Agnès, c’est tout une bande de potes que l’on suit. J’ai apprécié le fait qu’ils soient amis depuis des années et qu’ils aient appris au fil du temps comment ils devaient agir avec telle ou telle personne. Ils se connaissent tous vraiment bien et leur amitié m’a fait chaud au coeur. En fait, on se sent comme un membre à part entière de cette petite clique. On partage leurs aventures, leurs doutes, leurs peines et leurs joies. Et puis, il faut bien avouer qu’on ne s’ennuie pas avec eux! Il y a toujours un rebondissement là où on ne l’attend pas. Si j’ai aimé cette bande d’amis, c’est également parce qu’ils étaient, en quelque sorte, ligués contre Agnès. Cette princesse machiavélique s’apprêtait à détruire perfidement une belle histoire d’amour et ils allaient tout faire pour l’en empêcher. Ils le faisaient, certes, pour protéger Esmé et Phoeb. Mais pour être honnête, j’ai senti qu’ils le faisaient également pour protéger Agnès de ses propres démons car elle était sur le point de perdre son meilleur ami et de faire ressortir toute la noirceur de son âme. A mon humble avis, ce qu’ils ont fait était le bon choix.

Pour en revenir à Agnès, j’ai été déçue de son personnage. Au début, je l’aimais beaucoup et même si je croyais peu à son histoire avec Phoeb, je me disais qu’une bonne surprise l’attendait peut-être. Le soir où elle devait faire sa déclaration à Phoeb, celui-ci lui vole en quelque sorte la vedette et lui fait une annonce qui va mettre un terme à toutes ses espérances. Du moins, c’est ce que je pensais. Elle déprime pendant quelques jours puis reprend ses esprits et compte bien mettre son plan à exécution. Je peux comprendre sa douleur et son amertume envers Esmé, mais là, je l’ai juste trouvé complètement folle. Je vous jure quand il dit, en gros, « Je sais que Phoeb est amoureux de moi, j’en suis sûre, mais il ne s’en est pas encore rendu compte », j’avais envie de hurler! Non, il ne t’aime pas, tu dérailles complètement ma pauvre dame! C’est vrai que j’avais pitié d’elle au départ, je me disais vraiment que c’était sur le coup de la douleur qu’elle réagissait comme ça. Mais non, madame est une petite princesse qui pense que le monde doit tourner autour d’elle et qu’il ne doit jamais la contredire. A un moment, elle hurle « Excuse-moi si je suis riche, belle, et populaire ». OK, alors excuse-moi si j’ai envie de te frapper violemment. Je pense que ce personnage mérite ce qui lui arrive et j’avoue que j’avais un petit plaisir malsain à découvrir tout ce qui lui tombait dessus au fil des pages! En revanche, je me suis beaucoup attachée à Phoeb et à Billy. Ces deux personnages n’ont rien demandé à personne et pourtant, ce sont eux qui souffrent le plus.

Arrête Julie, Agnès est pathétique. Elle se prélasse dans le passé au lieu d’avancer, et Phoeb est son excuse pour ne pas réussir sa vie. Je pense qu’elle va se prendre un vent et qu’on devra encore recoller les morceaux. Cela dit, je t’adore Agnès ! finit-elle avec un petit rire énervant.

Enfin, en ce qui concerne le style de l’auteur, j’ai totalement adhéré! Le style est fluide, léger et agréable à lire. Les dialogues tiennent la route et mettent beaucoup de rythme dans ce livre. Si je devais trouver un petit point négatif, je dirais qu’à deux reprises, j’ai trouvé le temps un petit peu long : la première fois c’est lorsque les membres des Belles sont décrites une par une (trop d’informations d’un coup, trop d’énumérations, je n’ai pas retenu toutes les informations) et la seconde fois, c’était lors d’un flash-back, le jour où Phoeb a déclaré sa flamme à Esméralda. J’ai trouvé que le passage où Esmé discutait avec ses frères et sœurs était un peu long et, à mon avis, pas franchement utile. Mais ce ne sont que deux petits détails, le livre m’a conquise dans son ensemble et c’est avec plaisir que je me lancerai dans le tome 2.

En résumé, j’ai adoré découvrir les aventures de cette bande d’amis. Si l’histoire se concentre autour d’Agnès et de Phoeb, c’est bien un large groupe de personnes qui subit les conséquences de leurs actes. J’ai apprécié me retrouver au coeur de ce groupe grâce à la plume habile de Lily B. Francis. Le style est léger, c’est donc une lecture idéale si on veut simplement se vider la tête et se divertir! Je vous conseille vivement ce livre.

L’amour frappe lorsque l’on s’y attend le moins. Souvent avec violence comme un coup de poing en plein ventre. Toujours avec justesse, telle une flèche d’une précision chirurgicale qui atteint et transperce le coeur, là, en plein milieu. C’est douloureux, c’est électrique, c’est magique. Et il est étrange de se dire qu’un si bref instant peut changer la vie à jamais.

My Ántonia – Willa Cather

Couverture Mon Antonia

Résumé :

« My Ántonia (1918) depicts the pioneering period of European settlement on the tall-grass prairie of the American midwest, with its beautiful yet terrifying landscape, rich etchnic mix of immigrants and native-born Americans, and communities who share life’s joys and sorrows. Jim Burden recounts his memories of Ántonia Shimerda, whose family settle in Nebraska from Bohemia. Together they share childhoods spent in a new world. Jim leaves the prairie fo college and a career in the east, while Ántonia devotes herself to her large family and productive farm. Her story is that of the land itself, a moving portrait of endurance and strength. »

Mon avis :

Comme certains d’entre vous le savent, je suis actuellement en LCE Anglais et j’ai donc des cours de littérature. Ce semestre-ci, mon cours sur les auteures américaines sera largement consacré à Willa Cather. En plus de ses short stories, nous avons du lire My Ántonia. A première vue, la couverture et le résumé ne m’attiraient pas vraiment. Mais si la lecture des trente premières pages s’est révélée fastidieuse, j’ai été prise d’un réel intérêt pour le reste du livre et j’ai même versé ma petite larme.

Devenu orphelin à seulement dix ans, Jim Burden se voit dans l’obligation de partir habiter chez ses grands-parents. Dans le train, il apprend qu’une famille tchèque, les Shimerda, vient également s’installer dans la région. Jim est immédiatement intrigué par une de leur filles, Ántonia. Les deux enfants vont rapidement développer une forte relation de confiance et d’amitié. Cependant, alors que le jeune garçon vit dans un environnement plutôt confortable, sans trop s’inquiéter de quoi demain sera fait, la vie d’immigrés fraîchement arrivés se révèle bien plus compliquée. Cette situation devient pesante pour la famille d’Ántonia. Bien trop pesante. Et un événement tragique va venir bouleverser la paisible campagne du Nebraska, obligeant Ántonia à mettre de côté la naïveté de son enfance pour se consacrer au travail fermier et à la subsistance de sa famille. Jim, quant à lui, part vivre en ville. Mais si le dicton dit « Loin des yeux, loin du coeur », les deux enfants eux, ne s’oublient pas, et ne s’oublieront même jamais…

I don’t think I was homesick. If we never arrived anywhere, it did not matter. Between that earth and that sky I felt erased, blotted out. I did not say my prayers that night : here, I felt, what would be would be.

Voilà une lecture riche en surprises! En général, je l’ai trouvé vraiment très agréable. J’ai passé un bon moment de lecture. Pourtant ce n’était pas gagné. En effet, comme je devais lire cette oeuvre pour un de mes cours, je la détaillais très méticuleusement afin de ne manquer aucune information. A chaque page, je notais les éléments importants, je recopiais des citations etc. Bref, c’était long et fastidieux. J’ai tenu ce rythme jusqu’à la page 32. Puis j’ai arrêté ce livre pendant au moins deux semaines. Ce n’est pas qu’il ne me plaisait pas. Enfin, il ne m’intéressait pas énormément non plus. Et comme je lisais en anglais et que je faisais tout ce travail à côté, j’avançais vraiment très lentement dans ma lecture et j’avais l’impression que je n’allais jamais réussir à la finir. Donc j’étais un peu découragée. Puis la date du test de lecture a été fixée par le prof et là j’ai compris que je n’avais plus d’autre choix que de lire. Alors j’ai repris où je m’étais arrêté, mais sans prendre de notes, en me plongeant tout simplement dans l’histoire. Après tout, dès que je lis un livre, j’en imprègne chaque cellule de mon cerveau afin de vous en faire une chronique complète par la suite. J’ai donc décidé de faire comme d’habitude et de simplement prendre du plaisir en lisant. Je ne regrette pas cette décision car cela m’a fait prendre conscience que ce livre était magnifique.

They were going prettier every day, but as they passed, I used to think with pride that Ántonia, like Snow-white in the fairy-tale, was still « fairest of them all ».

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par le côté négatif. Ce sera rapide! En effet, les seuls éléments qui m’ont dérangé lors de ma lecture étaient les « passages à vides ». Je ne saurais pas comment qualifier autrement ces moments où le narrateur, Jim Burden, ne nous raconte pas une histoire, mais où il nous décrit simplement le paysage. Bien sûr, je ne parle pas là de toutes les descriptions, mais seulement de celles qui s’étalent sur une page et demie juste pour dire que le soleil se couche. Même si on s’en sort très bien en anglais, c’est toujours plus compliqué de lire dans une langue autre que le français. Cela demande plus d’attention. Et j’avoue que toute ma concentration avait tendance à s’évaporer quand Jim nous parlait de paysage, de couleurs, de la nature en général. Du coup je devais relire la page 5 ou 6 fois pour tout saisir. C’était une perte de temps et cela n’apportait rien à l’histoire, c’est dommage! Je suis sûre que mon prof de littérature va y trouver de nombreuses significations et nous expliquer par A+B pourquoi ces descriptions sont importantes. Mais pour ma part, je les ai juste trouvée ennuyantes!

Passons maintenant à tous les points positifs, à commencer par les personnages. Je me suis très vite attachée à Jim Burden. C’est lui qui nous raconte l’histoire. C’est lui qui nous parle de son Ántonia. Et dès le début, il l’aime. Je ne dis pas qu’il a un coup de foudre pour elle. Mais dès les premières pages, il apprécie chaque moment passé à côté d’elle, s’inquiète de son bonheur et cherche à la protéger. C’est vraiment adorable! Leur amitié est très intéressante et surtout touchante. Même lorsqu’ils vieillissent. Le fait que toute le livre repose sur les épaules de ces deux personnages est un véritable atout. Tout comme Jim, Ántonia est un personnage qu’on ne peut qu’apprécier. On comprend que la vie n’est pas évidente pour elle qui ne parle que quelques mots d’anglais en arrivant aux Etats-Unis. D’autant plus que le destin ne va pas se montrer très tendre avec elle. Mais malgré tout, elle reste forte. Elle ne se décourage jamais et fait de son mieux pour vivre la vie dont elle a rêvé. C’est un personnage qui m’a impressionné de part sa force mentale. Elle sait aussi apprécier les plaisirs simples et n’ose pas se plaindre. Je pense qu’elle peut être une source d’inspiration pour toute les jeunes filles qui liront cette oeuvre.

Now, don’t you go and be a fool like some of these town boys. You’re not going to sit around here and whittle store-boxes and tell stories all your life. You are going away to school and make something of yourself. I’m just awful proud of you.

L’histoire en elle-même m’a également plu. On découvre Ántonia et Jim alors que ce ne sont que des enfants, puis lorsqu’ils sont adolescents, jeunes adultes et enfin quarantenaires. Les ellipses narratives sont les bienvenues car elle nous permettent de découvrir les étapes les plus importantes dans la vie de nos personnages, de leur 10 à leur 40 ans, sans lire un roman de 1000 pages. Comme je l’ai dit plus haut, j’ai adoré la relation entre Jim et Ántonia. Mais j’ai également aimé leurs histoires personnelles et celles des autres personnages. C’était intéressant de suivre Jim à l’université, de retrouver Lena qui avait tant changé en si peu de temps, de connaître les détails macabres de la fin des Cutter et de retrouver Ántonia si épanouie des années plus tard. En fait, en y repensant on peut se dire qu’il y a très peu d’histoires concrètes en 200 pages. Il est vrai que l’auteure se concentre pas mal sur la vie quotidienne et sur des détails parfois insignifiants. Mais j’ai trouvé que cela rendait ces petites tranches de vie bien plus réelles. On ne se concentre que sur quelques épisodes, certes, mais quand on le fait, on le fait à fond!

I don’t want a husband. Men are all right for friends, but as soon as you marry them they turn into cranky old fathers, even the wild ones. They begin to tell you what’s sensible and what’s foolish, and want you to stick at home all the ime. I prefer to be foolish when I feel like it, and be accountable to nobody.

J’avais découvert le style d’écriture de Willa Cather l’année dernière, puisque j’avais du lire une de ses short stories (The Enchanted Bluff) pour mon cours de Nature Writing. Je l’avais bien apprécié et j’étais contente de retrouver sa plume dans My Ántonia. Mises à part certaines descriptions qui se sont révélées un peu ennuyeuses, j’ai beaucoup aimé sa façon de présenter ses personnages ou d’écrire les dialogues. Parfois, elle écrit des phrases pleines de passion. C’est même à cause de cela que j’ai versé ma petite larme à la fin! Ce n’était pas triste. C’était juste… beau. Les trois dernières phrases m’ont vraiment touché. Ressentir autant d’émotions lorsque je lis un livre, c’est vraiment ce que je recherche!

Do you know, Ántonia, since I’ve been away, I think of you more often than of anyone else in this part of the world? I’d have liked to have you for a sweetheart, or a wife, or my mother or my sister – anything that a woman can be to a man. The idea of you is a part of my mind, you influence my likes and dislikes, all my tastes, hundreds of times when I don’t realize it. You really are a part of me.

En résumé, je n’ai pas eu de coup de coeur, mais j’ai vraiment aimé découvrir la relation émouvante entre Jim et Ántonia. La plume de Willa Cather est en général plutôt fluide et légère. En revanche, il est vrai que cette lecture peut se révéler un peu déconcertante au début étant donné qu’il ne se passe pas énormément d’action. Mais une fois plongé dans l’histoire, on se laisse facilement prendre au jeu. C’est la première fois que je lis un tel livre et j’en ressors agréablement surprise!

For Ántonia and for me, this had been the road of Destiny ; had taken us to those early accidents of fortune which predetermined for us all that we can ever be. Now I understood that the same road was to bring us together. Whatever we had missed, we possessed together the precious, the incommunicable past.

Les Tribulations d’une gothique amoureuse – Cécile Guillot

Couverture Les Tribulations d'une Gothique Amoureuse

Résumé :

« Lily est amoureuse de Vince, mais pas seulement… Elle aime aussi…
La vie.
La musique.
Son travail.
Ses corsets.
Les cupcakes.
Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… elle décide de vivre ses rêves au lieu de rêver sa vie… »

Mon avis :

Voilà un petit bout de temps que je n’avais pas lu de chick-lit! Parfois, on peut avoir l’impression que tous les livres de ce genre se ressemblent. Une fille qui aime un peu trop le shopping, qui a un boulot assez original et qui s’entête à vouloir faire un régime tombe amoureuse du prince charmant. Alors cette fois-ci j’ai voulu miser sur quelque chose d’un peu différent : Les Tribulations d’une gothique amoureuse. Une chick-lit dont l’héroïne n’est pas le cliché de la jeune femme branchée vivant à New York ? Intrigant!

Lily a vingt-sept ans. Elle est professeure des écoles et vit à Angoulême. Rien de très captivant jusque là me direz-vous! Mais Lily a un petit quelque chose en plus : elle est gothique. Oui, oui, elle aime effrayer les enfants, sacrifier des poulets et dormir dans un cercueil. Euh. Non, attendez. Ah oui! Cette jeune femme se pare bien de noir et écoute bien du métal, mais sinon elle est tout à fait ordinaire. Bien que sa directrice, dite Le Troll, et certains de ses collègues aient du mal à le comprendre… Heureusement, tout le monde ne la regarde pas comme un personnage tout droit sorti du film Dracula. Elle peut compter sur son groupe de métal pour s’évader de la réalité quotidienne et passer de bons moments entre amis ainsi que sur sa meilleure amie Victorine pour écouter ses peines de cœurs et lui organiser des rencards surprises un peu trop souvent. Le problème est que le coeur de Lily est déjà pris. Par Vince. Un autre membre de son groupe, les Tell-Tale Heart. Elle le voit comme son grand amour, comme son âme sœur, comme son prince charmant même si cela fait un peu trop niais. Alors quand celui-ci arrive à la répétition avec sa nouvelle petite amie, l’univers de Lily va se retrouver complètement chamboulé. A grand renfort de cupcakes, de liner noir et de riffs de basse, la jeune femme va essayer de remettre sa vie à l’endroit. Et qui sait ? Une bonne surprise l’attendra peut-être au bout…

Le film idéal pour un chagrin d’amour. En tout cas, quand on est une gothique de vingt-sept ans. J’avais de la chance, si ça se trouve, avec une décennie de mois, je me morfondrais devant l’œil de poisson mort de Bella et devant son vampire qui brille.

Je ne vais pas passer par quatre chemins : j’ai adoré ce livre! Dès les premières pages je me suis attachée à Lily, un personnage que je trouve touchant et amusant à la fois. Le fait qu’elle soit gothique peut nous laisser penser qu’elle aime être seule dans son univers bien à elle. Mais non, elle est humaine, elle est comme tout le monde et aimerait bien trouver l’homme de ses rêves. Cependant, elle est dans une situation délicate. Difficile de dire à Vince ce qu’elle ressent pour lui car ce coureur de jupon invétéré semble être tombé fou amoureux d’une midinette. Au final, elle n’est pas si différente des autres héroïnes de chick-lit. Elle noie son chagrin dans les gourmandises sucrées et dans les vieux films romantiques (même si sa définition de vieux film romantique est un peu étonnante !). Et surtout, elle nous fait rire par ses petites maladresses qui la mettront dans des situations délicates. Bref, cette amoureuse éconduite étant si attachante, elle ne pouvait que nous entraîner dans son histoire sans jamais nous lasser!

J’ai lu ce livre en très peu de temps car j’avais toujours hâte de savoir ce qui allait lui arriver par la suite. Il y a toujours un petit rebondissement qui nous empêche de refermer le livre. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde pendant cette lecture, elle aurait même pu être un peu plus longue, ça ne m’aurait absolument pas dérangée. La plume de l’auteure est fluide, agréable à lire. Les dialogues sonnent bien. Les descriptions des vêtements des personnages ne sont pas trop longues et elles apportent cette petite touche de gothique qui rend cette chick-lit originale. Je n’ai vraiment dégoté aucun point négatif. Pourtant je n’ai pas eu le coup de coeur. C’est peut être cette pointe de sarcasme et de second degré que j’aime tant qui m’a manqué! Mais cela n’empêche que ce livre est vraiment très sympathique à lire.

La Cristina Cordula qui sommeillait en moi se réveille et, soudain prise au jeu, j’oubliai ma rancoeur, enfin pas au point de tomber dans les…

J’ai particulièrement aimé le fait que le nombre de personnages important était restreint. Il y a Lily, ses collègues, son groupe, sa meilleure amie. Cela confère une ambiance très intimiste à ce livre. Surtout, cela nous aide à nous plonger dans l’histoire puisqu’on se sent proche de chaque personnage. Tous les protagonistes ont d’ailleurs un côté attachant. Victorine est joviale et rigolote. Christelle et Maxime sont les alliés précieux de Lily face au Troll. Paulina et Marc sont les bons copains. Vince est le bad boy pour lequel nous avons toutes craqué, au moins une fois dans notre vie. Julie est la petite nouvelle qui doit s’intégrer dans un groupe d’amis de longue date. On ne peut que les aimer!

Si j’ai adoré ce livre dans son ensemble, j’ai été surprise par la fin. Agréablement surprise! Quand j’ai découvert les sentiments que deux des personnages avaient l’un pour l’autre, je ne m’y attendais pas du tout. C’est vraiment étonnant, et en même temps, quand on y repense, cela semblait logique depuis le début! J’ai aussi aimé le fait que l’épilogue nous donne des nouvelles de ce jeune couple quelques temps après. Cela change un peu des Happy End habituel, où le livre se referme sur les personnages s’avouant leurs sentiments. Ici on sait que leur couple fonctionne très bien et que des semaines après leurs sentiments sont toujours intacts.

En résumé, voilà un lire que je vous conseille! Il se lit avec autant de délectation que si l’on dégustait un cupcake aux saveurs originales. Les personnages sont attachants et on aime les suivre dans leurs diverses histoires de coeur. Si ce livre reste une chick-lit, on ne tombe pas dans le cliché grâce au fait que l’héroïne soit gothique. Cela ramène de la nouveauté et c’est très agréable!

Qu’avais-je appris ? Qu’il ne faut pas rester à rêver sa vie, mais qu’il faut prendre des risques, oser… oui, oser vivre ses rêves. Je saurai à l’avenir affronter mes désir et ne pas fuir. 

Pardon – Erika Boyer

Couverture Pardon

Résumé :

« Tandis que le monde évolue et que la jeunesse fait preuve d’une plus grande ouverture d’esprit qu’avant, il reste tout de même des sujets dont il ne faut pas parler, des tabous qui ne sont pas prêts à être brisés. Mais quand l’inceste cache un amour inconditionnel, que deux âmes ont simplement eu la malchance de ne pas naître dans les bons corps, n’est-il pas envisageable d’accepter l’inacceptable ?
Will ne prendra pas le risque, il préférera partir à 600 km de sa sœur plutôt que de potentiellement l’entraîner dans sa déchéance. Reste à savoir si « loin des yeux, loin du coeur » est une réalité ou bien un proverbe menteur, et si Sarah acceptera de perdre son frère dans ce sacrifice amoureux. »

Mon avis :

Je remercie tout d’abord l’auteure, Erika Boyer, de m’avoir donner accès à son livre en format numérique.

Il faut l’avouer, le thème de ce roman n’est pas banal. Si le résumé m’a vraiment donné envie de le découvrir, une fois confrontée au livre en lui-même, je me suis demandée si cela n’allait pas me déranger, si ce ne serait pas un frein à ma lecture. Pour être tout à fait honnête, j’étais un peu mal à l’aise par moment au début, mais pas au point d’arrêter de lire. En fait, je crois que mon esprit éludait souvent le problème, j’arrêtais de penser que Will et Sarah étaient frère et sœur pour me concentrer sur l’histoire d’amour entre deux personnages.

Vous l’aurez donc compris, Pardon est un livre traitant de l’amour incestueux. Will est un jeune homme de 18 ans qui vient d’obtenir son bac et qui décide donc de quitter sa Bretagne natale pour aller faire ses études à Bordeaux. Mais s’il a choisi cette université, ce n’est pas pour sa réputation où pour les cours qui y sont enseignés. En effet, Will cherche simplement à s’éloigner de sa famille et plus particulièrement de sa sœur Sarah, de deux ans sa cadette. Depuis quelque temps, Will s’est rendu compte qu’il aimait sa sœur… d’une façon assez inhabituelle. L’amour fraternel ne lui suffit pas, il veut plus. Evidemment, il s’interdit de révéler ses sentiments à qui que ce soit. Mais son attirance pour Sarah est trop forte et trop douloureuse. Alors il préfère essayer de l’oublier en s’éloignant géographiquement. Loin des yeux, loin du coeur. Si seulement le dicton était vrai! Une fois à Bordeaux, Will va donc tout faire pour oublier cet amour qui le ronge de l’intérieur. Il va d’ailleurs y faire la rencontre de David, Kelia ou encore Achir qui vont l’aider dans sa quête du bonheur.

J’avais envie de lui dire que je crevais en son absence, qu’elle était mon tout, que sans elle je n’étais qu’une enveloppe vide, sans âme, et que je l’aimais outre mesure. Mais je m’étais contenté de banalité, aussi creuses que ma vie sans elle.

J’ai eu un énorme coup de coeur pour la plume de l’auteure. En effet si le livre m’a parfois mis mal à l’aise à cause du tabou que, pour ma part, je ne suis pas prête à briser, le style d’écriture m’a totalement convaincu. Je dirais même qu’il m’a transporté! Il est très fluide, très agréable à lire. Même les dialogues sont très bien écrits, ils sont naturels, les personnages n’en font pas trop! Ce livre s’étend en fait sur une période de trois ans, il y a donc beaucoup d’ellipses narratives mais elles sont les bienvenues. Ce que je veux dire c’est que l’auteure a su se concentrer sur les étapes importantes et ne nous noie pas dans un contexte inutile. Résultat : on ne s’ennuie pas une seule seconde lors de notre lecture. Bravo à Erika Boyer dont c’est seulement le premier roman! J’espère sincèrement qu’elle en écrira d’autres et surtout qu’elle continuera à nous parler d’amour dans ses livres car elle le fait magnifiquement bien! Dans toutes les scènes où Will nous parle de l’amour déchirant qu’il a pour Sarah, j’avais presque l’impression que c’était mon coeur qui se brisait en des millions de petits morceaux. L’auteure est très habile pour manier les mots, elle a réussi à me faire passer par toute une palette d’émotions en seulement 200 pages.

En ce qui concerne les personnages, je les ai tous trouvé (ou presque) attachants. Will est très touchant. On sait tout l’amour qu’il porte à Sarah, on sait à quel point ça le détruit. Mais il est conscient qu’il y a peu de chance que sa sœur ait les mêmes sentiments. Il est également soucieux de la morale et du regard des autres. Bref, il est clairement très amoureux mais il ne fait pas n’importe quoi avec ses sentiments ou avec ceux de Sarah. Il ne fonce pas tête baissée dans une relation qui pourrait faire imploser sa famille toute entière. En revanche, Sarah m’a agacé. Je n’ai pas aimé son comportement envers son frère. Mais je ne peux pas vous en dire trop, de peur de vous spoiler!
Quant à David, j’ai eu un gros coup de coeur pour lui. Mais franchement, qui n’en aurait pas ? Il est drôle, soutient Will quand celui-ci en a besoin mais il est aussi très touchant lorsqu’il est en présence de Johanna. L’ami parfait! Kelia, elle, est un personnage un peu plus complexe surtout de par sa relation avec Will. Mais elle n’en est pas moins attachante. Elle aussi a souffert dans cette histoire et on ne peut qu’être désolé pour elle.
Enfin, j’ai beaucoup aimé Achir et ses deux enfants. J’ai aimé le fait qu’ils aient acceptés Will comme un membre de leur famille.

Alors je pris mon mal en patience, j’affrontai les jours avec le coeur en miettes tout en organisant mon évasion, ma fuite vers une chute inévitable dans laquelle je ne voulais absolument pas entraîner ma petite sœur.

L’amour incestueux n’était pas un sujet facile à aborder. Ce n’est pas quelque chose auquel on est confronté régulièrement, et, il faut bien le dire, cela reste vraiment tabou. Alors oui, je n’ai pas peur de le dire, cela me mettait parfois un peu mal à l’aise. C’est un genre de relation très particulier et honnêtement, je ne sais pas comment je réagirais si je rencontrais un couple incestueux dans la vraie vie. Mais comme je le disais un peu plus haut dans ma chronique, l’auteure a réellement un don pour l’écriture. Lorsque Will parle de son amour pour Sarah, même s’il répète que c’est sa sœur et qu’il ne peut pas l’aimer, je me concentrais vraiment sur sa déclaration d’amour à proprement parler et non sur le fait que cette relation était incestueuse. Certes, j’ai peut-être choisi la solution de facilité mais cela m’a permis d’apprécier un peu plus le livre je pense.

En résumé, j’ai beaucoup aimé ce livre. J’ai eu un coup de coeur pour la plume d’Erika Boyer et j’ai hâte de lire d’autres de ces livres. Le thème dont traitait ce roman n’était pas évident, mais elle s’en est très bien sortie. D’autant plus qu’elle se concentre uniquement sur les événements importants. Les nombreuses ellipses narratives permettent donc de donner un côté vraiment dynamique à ce livre. Quant aux personnages, ils sont si attachants qu’on tourne les pages avec envie, pour savoir ce qui va leur arriver ensuite. Je vous conseille ce livre et j’espère que, comme moi, vous réussirez à passer outre les petits moments de gêne que vous pourrez ressentir. Enfin, j’ai oublié de le dire auparavant, mais je trouve la couverture vraiment très jolie!

J’avais trop longtemps choisi de mettre mes sentiments de côté et de faire comme s’ils n’existaient pas, pensant bêtement que cela me permettrait de ne pas trop souffrir. 

 

Ce qui nous lie – Samantha Bailly

Couverture Ce qui nous lie

Résumé :

« Alice a un don. Les liens entre les individus lui apparaissent sous forme de fils lumineux. Un phénomène inexplicable qu’elle a appris à dissimuler… et à utiliser pour démasquer les hommes infidèles et venger les femmes trompées. Mais au fond, Alice aspire à retrouver une vie «normale», celle du bureau, des collègues et des relations simples. Son nouveau job dans un cabinet de recrutement semble lui offrir tout cela, et plus encore.
Parmi les personnalités variées qui cohabitent dans l’open space, elle rencontre Raphaël, chasseur de têtes et de cœurs, un homme inaccessible qui ne la laisse pas indifférente. Le seul dont Alice n’arrive pas à percevoir les liens. »

Mon avis :

Lorsque j’ai commencé à lire Ce qui nous lie de Samantha Bailly, je ne savais pas que ce livre avait fait un carton et que l’auteure était encensée par les lecteurs et les critiques. Etant donné que le début ne m’avait pas vraiment emballé, je me suis dit que la suite me réservait de nombreuses surprises et que cette lecture allait devenir de plus en plus intéressante. Sauf que…

Ce livre est comme un journal intime, rédigé par la protagoniste : Alice Duval. Au premier abord, on pourrait croire que cette jeune femme est tout à fait banale. Mais, en réalité, elle possède un don. En effet, elle est capable de voir les connexions sentimentales qu’il existe entre les gens, grâce à des filaments argentés plus ou moins épais. Ces fils sont bien évidemment immatériels, ils n’existent que dans son esprit. Si peu de gens trouveraient une utilité à cette faculté particulière, Alice elle s’en sert pour piéger les hommes infidèles. Pendant près d’un an, elle s’est entièrement consacrée à cette « mission ». Cependant, il arrive un jour où la jeune femme veut retrouver une certaine stabilité (en plus d’une source de revenu) et elle recommence donc à travailler, dans une entreprise du nom de Linker. Là-bas elle fait la connaissance de plusieurs personnes avec qui elle va devenir amie comme Sonia, Shamin, Seb ou Romain. Mais il y a un homme qui va l’intriguer : son manager Raphaël. Pourquoi ? Eh bien parce qu’elle est incapable de voir ses liens, ses connexions sentimentales. Cet homme étant fiancé, elle a du mal à croire qu’il n’a aucune attache. Alice se lance alors dans une nouvelle quête qui se révélera aussi inattendue que désastreuse…

Les relations humaines n’ont pas de secret pour moi ; elles m’apparaissent.
C’est mon don.

Ou ma malédiction.

Je n’ai pas réussi à me plonger dans ce livre. Beaucoup d’éléments m’ont rendus cette lecture plutôt désagréable et c’est bien dommage car, selon moi, le don d’Alice avait un sacré potentiel. Je ne dis pas que tout est mauvais dans ce livre, je ne me le permettrais pas. J’ai aimé certains des personnages et j’ai apprécié certains rebondissements. Mais en général, cette lecture a été une grande déception pour moi.

Mon plus gros problème a été que je n’ai pas apprécié le personnage principal. J’ai eu beaucoup de mal avec Alice. Dès le début je l’ai trouvé très agaçante. Je n’ai ressentie aucune empathie à son égard et encore moins de la pitié. Pourtant, on apprend tout au fil du livre qu’elle a traversé de nombreuses épreuves, plus douloureuses les unes que les autres. Mais justement, c’est ça le problème. On dirait qu’elle le fait exprès de se mettre dans des situations inextricables pour ensuite aller s’effondrer dans les bras de ses plus fidèles amis comme Jonathan ou Morgan. C’est comme si elle se sentait mal dès qu’elle n’était plus le centre du monde… Généralement, le fait qu’un livre soit écrit à la première personne le rend encore plus intéressant et plus vivant. Mais quand on n’apprécie pas la personne qui nous raconte son histoire, c’est assez compliqué de s’y intéresser.
Mon second problème a été, encore une fois, relatif à Alice. Elle multiplie les conquêtes avec des hommes qui présentent tous le même profil mais s’étonne toujours du résultat final. C’est très (trop ?) cliché. D’ailleurs cette fille est un cliché ambulant. Elle est l’héroïne en mal d’amour mais en même temps elle a un meilleur ami duquel elle est trop proche et qui a probablement des sentiments pour elle. Ses parents ne s’occupent pas d’elle, ses grands-parents, eux, sont décédés. La protagoniste de ce livre est trop stéréotypée et ça m’a vraiment déplu, du début à la fin.
Pour en finir avec Alice, il est indispensable de parler de son don. Elle peut voir les liens qui unit chaque être humain aux autres et, même si c’est loin d’être le sixième sens convoité par la majorité d’entre nous, cela reste un don, quelque chose qui fait d’elle une personne unique. C’est ce don qui fait que ce livre existe. Et pourtant je trouve qu’il n’a pas une si grande importance. Parfois on a même l’impression qu’il n’est plus là : Alice rencontre de nouvelles personnes, nous les décrit, mais ne nous parle pas de leurs liens… C’est dommage car cette faculté est l’essence même du livre et elle est sous-exploitée.

En ce qui concerne les autres personnages, je les ai trouvé, en majorité, beaucoup plus sympathiques. Romain est aussi attachant que désespérant, il m’a bien fait rire! Quant à Shamin, elle est plus en retrait au début qu’à la fin. On apprend doucement à la connaître et au final je l’ai trouvé adorable. Je crois que c’est elle, mon personnage favori dans ce livre. Passons à Seb. Je crois que tout le monde connaît ce genre de garçon, au charme ravageur, mais avec qui il vaut mieux être amie qu’amante. Au fil de l’histoire, on apprend à le connaître et on se rend compte qu’il est plus qu’un Dom Juan incorrigible, il est un ami loyal sur lequel Alice pourra toujours se reposer et cela lui donne un petit côté attachant. En ce qui concerne Raphaël, je n’ai pas grand chose à dire car je n’ai pas cerné son personnage. Il est trop énigmatique et mes questions n’ont pas trouvé de réponses lors de la conclusion de cette histoire. Il en est de même pour Jonathan. On entend beaucoup parler de lui mais au final je n’ai pas compris grand chose à sa relation avec Alice. Quant à Morgan, j’ai été surprise quand j’ai découvert qui il était parce qu’il n’est pas présenté comme tel au début…

Depuis plus d’un an, voilà ce que je fais de ma vie. Voilà qui je suis. Une déterreuse de tromperies. Je plonge les mains dans les secrets pour les tirer à la lumière du jour. Et pour cela, je dois en devenir un à mon tour.

Concernant maintenant la plume de l’auteur, mon avis est plutôt mitigé. Par moment, j’ai vraiment été transportée par son style d’écriture, par la façon dont elle décrivait les sentiments d’Alice mais il est aussi arrivé que je décroche totalement et que je m’y reprenne à 3 fois pour comprendre l’utilité d’un paragraphe.
Lorsque Alice nous parle de sa grand-mère, atteinte d’Alzheimer, j’ai vraiment été bouleversée. Cela est, certes, lié à mon histoire personnelle mais je pense que n’importe qui serait ému en lisant ce passage car il décrit à la perfection ce qu’on peut ressentir face à une personne atteinte de cette maladie.
J’ai également apprécié les retours dans le passé car ils sont explicites. Il y a bien écrit « Passé » ainsi qu’une date, donc on ne s’y perd pas lors de notre lecture. De plus ils nous permettent de comprendre certaines choses sur l’histoire d’Alice. En revanche, à partir d’un certains moment les retours dans le passé laissent place à des voyages dans le futur, et là je n’y ai trouvé aucun intérêt. Si on sait déjà ce qui va se passer, quelle est l’utilité de revenir dans le présent ?
Il y a également une petite chose qui m’a dérangée dans le style de l’auteur : les phrases très courtes, parfois se réduisant à un mot, ou n’ayant pas de verbes conjugués. Je trouve que cela casse un peu le rythme du livre.

En bref, cela faisait un petit bout de temps que je n’avais pas été confrontée à une protagoniste que je ne supportais pas. J’ai eu beaucoup de mal avec Alice et avec son histoire ce qui a rendu ma lecture décevante malgré la présence d’autres personnages plus sympathiques. Quant au style de l’auteur il ne m’a pas entièrement convaincue.

« Quand même, papi est parti depuis longtemps. Il faut qu’il revienne. »
Il n’est plus de ce monde depuis plusieurs années. Inutile de te le rappeler. Faire comme si de rien n’était. Le temps est aboli dans ton esprit. Tout semble confus. L’instant que nous venons de partager n’existe plus. Il est englouti dans les limbes de ta mémoire défaillante, de ta mémoire déréglée.