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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux." – Jules Renard

Catégorie: Roman

Deux dans Berlin – Richard Birkefeld & Göran Hachmeister

Couverture Deux dans Berlin

Résumé :

« Hiver 1944. Dans un hôpital militaire, Hans-Wilhelm Kalterer, un ancien des services de renseignements de la SS, se remet d’une blessure par balle. Il sait que la guerre est perdue et qu’il doit se racheter une conscience. Il rejoint la police criminelle de Berlin où il est chargé d’enquêter sur le meurtre d’un haut dignitaire nazi. Dans le même temps, Ruprecht Haas s’évade de Buchenwald à la faveur d’un raid aérien et regagne la capitale pour retrouver les siens, bien décidé à se venger de ceux qui l’ont dénoncé. Tandis que Berlin agonise au rythme des bombardements alliés et de l’avancée inéluctable des troupes soviétiques, une chasse à l’homme sans merci s’engage. Car, de ces deux hommes au milieu du chaos, un seul doit survivre. »

Mon avis :

Malgré ma passion pour l’Histoire, il me semble que je n’ai jamais chroniqué de livres traitant de la seconde guerre mondiale ou se déroulant pendant celle-ci. Pourtant je trouve que cette période est l’une des plus intéressantes de l’Histoire moderne car elle nous montre ce dont sont capables les Hommes dans les heures les plus sombres. Le livre Deux dans Berlin de Richard Birkefeld et Göran Hachmeister aborde justement cette problématique et c’est ce qui m’a donné envie de le lire.

Deux dans Berlin – Richard Birkefeld & Göran Hachmeister

Ruprecht Haas et Hans-Wilhelm Kalterer sont deux êtres que tout oppose. Le premier est un ancien commerçant détenu à Buchenwald pour avoir été trop bavard lors d’une soirée entre amis, le second est un ancien policier ayant intégré l’armée d’Hitler pour monter en grade. Les événements de l’hiver 1944 vont cependant rapprocher ces deux hommes en les menant tout droit vers Berlin. Tandis que l’un profite d’un raid aérien allié sur le camp pour s’échapper, l’autre est blessé au combat et est donc rapatrié dans un hôpital militaire de la capitale. L’histoire entière est basée sur un parallèle entre la vie de ces deux protagonistes au cœur de Berlin à la fin de cette guerre mondiale. Pendant que Ruprecht Haas arpente la ville dans le but de venger son internement à Buchenwald, le Sturmbannführer Kalterer se voit confier une mission de police qui consiste à résoudre un meurtre. Sous le feu des bombes alliées, Haas et Kalterer vont continuer coûte que coûte leur quête de vérité qui les mènera rapidement à se rencontrer. Les rancœurs personnelles, l’ambiance délétère de cette fin de guerre et les raids aériens permanents vont pousser ces deux hommes dans leurs derniers retranchements. A l’heure où le Reich allemand vit ses derniers instants, il n’est plus question de vivre mais de survivre à cette fin de guerre dont on ne sait pas si l’on sortira indemne…

Au camp, il avait misé sur la haine, une rage qui devenait de plus en plus indéfectible et sauvage à chaque nouveau coup du sort.  […] Il était certes seul et à bout – mais pas face au néant. Il la sentait, au fond de la gorge, cette fureur indescriptible, il la sentait monter, elle cherchait une issue.

Ma maman a lu ce livre. Elle en parlait comme d’un chef d’oeuvre. Mon papa n’a donc pas résisté et l’a lu à son tour. Lui aussi et l’a beaucoup aimé et ils en parlaient souvent. J’ai donc moi aussi craqué et je me suis lancée dans cette histoire en espérant lire l’un des plus beaux livres de ma vie. Et là, boum, je n’accroche pas. J’avoue que j’ai eu du mal avec les deux ou trois premiers chapitres. On ne connait pas encore les personnages ni leurs histoires, on est projeté en Allemagne en 1944 en connaissant certes le contexte historique mais sans savoir les particularités liés à ces deux personnages. Evidemment, vu qu’on a deux histoires parallèles, les chapitres concernent alternativement Haas et Kalterer. Seulement ce n’est pas toujours clair dans les tous premiers chapitres et je me suis un peu embrouillée… Mais cette petite déception a très vite été effacée par la suite du livre.

Vous ne pouvez tout de même pas faire la guerre à tout un pays et prétendre en même temps que ceux qui se défendent ont tort.

En effet, une fois qu’on a fait connaissance avec les personnages, on s’attache très vite à eux et à leurs histoires. Comment ne pas ressentir de la compassion pour Ruprecht Haas, cet homme qui, parce qu’il a dit à voix haute ce que tout le monde pense tout bas, s’est fait emprisonné puis déporté dans un des camps de la mort d’Hitler ? Lorsqu’il réussit miraculeusement à s’échapper du camp, on pourrait croire que le pire est derrière lui, mais c’est loin d’être le cas. Il va devoir surmonter d’autres épreuves qui vont réellement affecter sa santé mentale. Qui ne deviendrait pas fou dans ces circonstances, après tout ? Quant à Kalterer, il a beau être un soldat allemand qui a traversé l’Europe entière pour imposer la puissance allemande, on arrive à l’apprécier… Enfin, on a plutôt de la pitié pour lui. Il sait que la guerre est sur le point de se terminer et que le Reich n’en sortira pas vainqueur. Il sait que les Alliés ne feront pas de cadeaux à tous ces soldats qui ont tués tant d’innocents. Mais il sait également qu’il ne peut pas déserter, il ne peut pas quitter sont poste. Bref, de tous les côtés sa vie est menacée et cela va le pousser à se remettre fortement en question. Il va repenser à toutes les choses qu’il a pu faire pendant la guerre, quand il « obéissait aux ordres ». Il se dit également qu’enquêter et traquer un assassin le fait revenir à sa vie d’avant-guerre, quand il était un policier qui cherchait uniquement à maintenir l’ordre et la sécurité dans la ville. Donc Kalterer reste tout de même un personnage attachant.

Deux dans Berlin – Richard Birkefeld & Göran Hachmeister

En fait, dans ce livre, on découvre un peu l’envers du décor. En tant que français, on voit les allemands de cette époque comme « les méchants », mais il ne faut pas oublier qu’ils n’étaient pas tous des soldats et que la population civile a autant voire plus souffert que les habitants des pays occupés. C’était donc très intéressant de vivre la fin de la seconde guerre mondiale d’un point de vue allemand. De plus, l’histoire des deux protagonistes est très poussée, mais les auteurs n’en ont pas pour autant oublié le contexte : les raids aériens, les tickets de rationnement, les travaux forcés… Ce sont tous ces détails qui rendent le livre vraiment vivant. Lire ce roman c’est littéralement plonger dans l’Allemagne de 1944, c’est vivre les bombardements au côté des habitants, retenir son souffle à chaque signal d’alarme, avoir la peur au ventre dès qu’un soldat du Reich procède à un contrôle d’identité, pleurer la mort de victimes innocentes… Quand j’ouvrais ce livre, j’avais réellement l’impression de m’imprégner de cette ambiance, j’étais dans un autre monde. D’ailleurs, quand je commençais à lire j’avais du mal à m’arrêter. L’histoire est tellement passionnante, il y a tellement de rebondissements que je voulais absolument connaître la suite. Les deux auteurs sont vraiment talentueux. Ils arrivent à nous immerger totalement dans le livre, dans cette ambiance tendue de fin de guerre tout en gardant un style d’écriture fluide. Je n’ai trouvé aucune longueur dans ce roman, je ne me suis jamais ennuyée. Je lirais sans aucuns doutes d’autres de leurs œuvres.

Tu crois vraiment qu’après tout ce qui s’est passé, il suffit de travailler dans une fabrique de savon pour avoir les mains propres ? Tu crois ça, vraiment ? Qu’il suffit de dire : tout ce que j’ai fait, c’était de la merde, mais c’est terminé, je vais refaire un travail correct, et tout sera pardonné, et oublié ? Tu crois vraiment que ça marche comme ça ?

Quant à la fin du roman, elle m’a bouleversé. Je ne spoilerais rien bien sûr. Tout ce que je peux vous dire c’est qu’on a la réponse à toute nos questions, il ne subsiste aucun doute. Je ne pourrais pas dire que la fin m’a « satisfaite » étant donné ce qu’il se passe, mais je peux dire que c’est une vraie fin. La boucle est bouclée, on ne se demande pas ce que devient tel ou tel personnage puisqu’on a la réponse dans l’épilogue.

On ne naît pas victime, on le devient, selon les circonstances, suivant l’époque.

En résumé, si j’ai émis quelques réserves au début elles se sont vite estompées et je me suis laissé emporter dans cette histoire qui a sur me garder en haleine jusqu’à la fin. La plume des auteurs est parfaitement fluide et nous entraîne dans les heures les plus sombres qu’a connu l’Europe du vingtième siècle, en compagnie de deux protagonistes attachants.

Note : 19/20
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Le vent avait tourné. C’en était fini de la douceur aryenne pour les camarades du peuple. On leur présentait l’addition pour toutes les horreurs commises en leur nom. Ils ressentaient à présent dans leur propre chair ce qu’était un pays en proie à la guerre totale. Il n’avait plus rien de commun avec l’Allemagne, avec un commerçant du nom de Ruprecht Haas. Il avait déjà payé, et il avait tout perdu.

De foi et de sang – Pierre Gief

Couverture De foi et de sang

Résumé :

« Aux marches de Bretagne, peu avant l’an 800, trois jeune bénédictins cheminent vers un destin incertain et fragile. Leur évêque Théodulphe, zélé propagateur de la politique du roi Charles le Grand, leur a confié mission. Il leur faut bâtir une de ces abbayes nouvelles qui fleurissent sur toute la Francie. Sous le poids d’un enjeu qui souvent les dépasse, ils affrontent avec candeur et humour l’indépendance farouche des hobereaux locaux, leurs luttes d’influence, la méfiance des habitants et le jeu ambigu des moines celtes implantés là depuis plusieurs siècles. Au pays d’Armorique, fascinant et magique, qui des dieux ou des hommes obtiendra préséance ? »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier Annabelle qui a organisé le concours grâce auquel j’ai remporté ce livre. Je remercie également l’auteur, Pierre Gief, pour la jolie dédicace.

Si j’ai participé au concours pour remporter De foi et de sang, c’est principalement parce que j’aime les livres historiques. Je crois que c’est vraiment mon genre littéraire de prédilection. Seulement, je suis plus habituée aux livres se déroulant pendant une guerre mondiale, pendant la guerre froide ou même pendant le règne du Roi Soleil. Je crois bien que je n’avais jamais lu une histoire se déroulant à l’époque de Charles Ier. C’était donc une première pour moi et j’ai été conquise…

Dans ce livre, nous faisons la connaissance de Marcus Tête Grise, un jeune moine bénédictin. Il a été missionnée par l’évêque Théodulphe pour la création d’une abbaye en Bretagne. Or, à cette époque, les Francs et les Bretons étaient loin de s’entendre et ces derniers étaient, certes, catholiques mais ils obéissaient aux règles de croyance celtes. La tâche confiée à Marcus va donc être très compliquée à accomplir, c’est pourquoi il est accompagné de deux autres jeunes moines, Arnulf et Yvo. Une fois arrivé en Armorique, les trois bénédictins rejoignent Armérius, un comte franc qui doit veiller à la coopération des Bretons et principalement à celle de leur seigneur, Garlond Le Fort, aussi rebelle qu’imbu de sa personne. L’installation d’une abbaye n’est pas chose aisée en ces terres hostiles, mais Marcus et ses amis vont rivaliser d’ingéniosité et de bonne volonté afin de mener leur mission à bien. En compagnie de la mystérieuse Annez La Torte, du soldat Pépin, de la jolie Maëlwen, des Bretons cherchant refuge ou encore du barde Llewellyn, les jeunes moines vont vivre des aventures palpitantes et parfois effrayantes sans jamais perdre leur foi ni leur enthousiasme.

Les soirées murmurées, disputées, approuvées, contredites avec respect, animées avec humour et bienveillance lièrent ces trois hommes à jamais d’une amitié indéfectible.

En lisant pour la première fois le résumé de ce livre, je vous avoue que j’étais sceptique. J’avais peur que ce livre soit beaucoup trop porté sur la religion et très peu sur le contexte historique. C’est la chronique d’Annabelle qui m’a fait changé d’avis et j’ai eu raison de l’écouter ! Bien qu’omniprésente, la religion n’est pas oppressante dans le sens où les prières des moines ne sont pas retranscrites par exemple. Cette croyance en Dieu se lit entre chaque ligne, on est conscient de la foi qui anime les moines. Cependant, cette foi pousse les personnages à soulever des montagnes et c’est sur cela que l’on se concentre plutôt que sur leur religion en elle-même. Donc, si comme moi vous n’êtes pas particulièrement attiré par tout ce qui concerne les différentes religions, soyez rassurés, vous pouvez vous lancer dans ce livre sans crainte de vous ennuyer!

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L’histoire de ce livre est, en elle-même, intéressante. Mais ce qui la rend vraiment concrète et passionnante, ce sont les personnages qui la portent. Je crois bien qu’ils m’ont tous plu. Enfin, quand je dis qu’ils m’ont plu, je ne dis pas que je les ai tous aimé! Non bien sûr, il y en a qui sont absolument détestables (comprenez le fier Garlond ou l’irascible Condat) mais ils n’en sont pas moins fascinants. Ce ne sont pas juste des « méchants », ils ont une personnalité bien plus complexe que j’ai pris plaisir à découvrir.
J’ai eu un gros coup de cœur pour Marcus. Il est jeune, un peu naïf et désireux d’accomplir sa mission. Il a été désigné par Théodulphe comme Père de la futur abbaye, c’est donc à lui qu’incombe la responsabilité de faire de ce rêve une réalité et surtout de transformer un simple lopin de terre en un village presque autonome avec son église, ses cultures, son four, sa forge etc. Une grande confiance a été placée en lui par son supérieur et pourtant, il reste humble. Même lorsqu’il s’agit de réprimander ses frères moines, il se montre conciliant et très clément. Ce jeune Marcus n’agit pas dans le but de se faire apprécier de tout le monde et c’est justement ce qui le rend si attachant… D’ailleurs, la vision que j’ai eu de Marcus ressemble grandement à la vision que celui-ci a de Maëlwen.
Maëlwen est une jeune fille très douce et candide qui après avoir servi Garlond se dévoue à l’abbaye et à ses occupants. Elle va peu à peu se rapprocher de Marcus et ne va pas cacher qu’il fait battre son coeur… Je l’ai également trouvé très attachante. Je ne vais pas détailler tous les personnages, cela prendrait trop de temps et serait un peu lassant pour vous! En bref, le personnage de Pépin m’a bien fait rire, celui d’Armérius m’a impressionné par sa force physique et morale, Llewellyn m’a conquise par sa jovialité et Arnulf m’a attendri par sa maladresse. Quant à Yvo, je ne suis pas sûre d’avoir réussi à le cerner, c’est un personnage assez complexe et c’est justement ce qui le rend intéressant.

« Pour être laide grand-mère, vous êtes laide ! »
La femme secoua la tête et rit sans se cacher cette fois, ce qui ne fit qu’accentuer ses traits simiesques.

« Je fais toujours cet effet là ! … Même ma mère a eu peur de moi à ma naissance ! »

La plume de l’auteur a mis quelques temps à me convaincre. En effet, les premiers chapitres introduisent le contexte plus que l’histoire en elle-même. C’est pourquoi ils sont assez lourds en description de personnages et de paysages. De plus, Pierre Gief écrit d’une façon assez bucolique et poétique. Ce n’est pas un frein à ma lecture mais j’avoue que je suis insensible à toutes ces représentations romantiques (une touffe d’herbe reste une touffe d’herbe, peu importe comme on la décrit !). Bien sûr, je comprends que cela embellisse l’histoire pour un grand nombre d’entre vous et c’est tant mieux d’ailleurs car je n’ai sûrement pas apprécié le talent de l’auteur à sa juste valeur. En revanche, le fait que l’auteur décrive avec beaucoup de précision est un véritable avantage lors des batailles ou des événements « exceptionnels » (dur de dire le mot juste sans spoilé!).  D’ailleurs, ces batailles et autres événements rythment parfaitement ce livre. Dès que l’histoire est lancé, à partir du troisième chapitre principalement, on ne s’ennuie pas à un seul instant. Il y a de nombreux rebondissements, plus inattendus les uns que les autres!

En résumé, je suis sorti de mes sentiers battus en me lançant dans ce livre et je ne l’ai pas regretté. J’ai appris beaucoup de choses sur cette époque de l’histoire de France que ce soit sur la guerre entre Francs et Bretons ou sur la prédominance de la religion dans la société. Mes premières appréhensions ont vite été dépassées par l’histoire captivante. Je vous conseille vivement ce roman d’aventures, vous ne serez pas déçus!

Note : 15/20
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La Bretagne n’est pas divisible […]. Tu œuvres pour elle et nous te laissons unir les hommes comme tu le souhaites. Mais tu ne lieras pas leurs âmes sans notre aide, et sans âme, la Bretagne ne sera jamais qu’un ramassis de clans plus désunis que les Scotts et plus barbares que les Pictes ! 

22/11/63 – Stephen King

Couverture 22/11/63

Résumé :

« Jake Epping est un enseignant d’anglais à Lisbon Falls, dans le Maine, qui se fait un revenu complémentaire en enseignant aux adultes dans le programme GED. Il reçoit un essai de l’un des étudiants : une histoire macabre, déchirante, au sujet d’une nuit il y a 50 ans quand le père d’Harry Dunning est arrivé à la maison, a tué sa mère, sa soeur et son frère avec un marteau. Harry s’en est sortit avec une jambe mal en point, comme le prouve sa démarche actuelle.
Un peu plus tard, Al, l’ami de Jake, lui raconte un secret : sa boutique est un portail vers 1958. Il enrole Jake dans une folle mission afin d’empêcher le meurtre de John Kennedy. Ainsi sa nouvelle vie en tant que Jakes George Amberson, son nouveau monde d’Elvis et JFK, un monde de grosses voitures américaines, d’un solitaire en difficulté nommé Lee Harvey Oswald et d’une bibliothécaire prénommée Sadie Dunhill, qui devient l’amour de Jake et qui transgresse les règles normales du temps. »

Mon avis :

Ce livre est mon premier de Stephen King. J’ai choisi de le lire car je suis une grande admiratrice de la famille Kennedy, et je dois bien vous avouer que je n’ai pas été déçue une seule seconde! Pourtant, dans ce roman, on se concentre plus sur Oswald, et sur la vie dans les années 60 en général, que sur JFK. Mais j’ai été littéralement absorbée par ma lecture, je suis restée passionnée du début à la fin.

Elle a reniflé avec mépris. « Vous avez plus de respect que moi pour cet Irlandais grimaçant. Dites-moi un peu, personne ne lui dit jamais d’aller se faire couper les cheveux ? »

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Nous suivons donc les aventures de Jake Epping, un enseignant qui « n’a pas la larme facile ». On en apprend un peu plus sur son entourage : Al Templeton, gérant du fast-food dans lequel Jake va fréquemment, Christy, son ex-femme ou encore Harry Dunning, concierge du lycée.
Un soir, juste avant les vacances, il reçoit un coup de fil qui, il ne le sait pas encore, va changer sa vie. Al Templeton est souffrant et ne peut donc pas accomplir la mission qu’il s’était fixée : sauver John Fitzgerald Kennedy. Bien sûr, Jake le prend tout bonnement pour un fou quand celui-ci lui déclare avoir voyagé dans le passé. Mais peu à peu, il commence à y croire et finit par plonger lui-aussi dans le grand bain. Jake arrive le 9 septembre 1958 à 11h58. Il y rencontre Carton Jaune, figure très importante tout au long du livre. Après quelques minutes passée en 1958, il retourne en 2011 et y retrouve Al. Celui-ci lui demande d’accomplir sa propre mission. Sauver le président. Mais Jake hésite. Quels retentissement pourraient avoir ce sauvetage sur le monde futur ? Il accepte enfin, à une condition, celle de faire un genre de test : celui de sauver la famille d’Harry Dunning, massacrée en 1958 par son père. Le voilà donc parti dans une aventure au cœur d’une autre époque, celle de la guerre froide, de la peur nucléaire, d’Eisenhower puis Kennedy, de la mafia, de Frank Sinatra et de J. Edgar Hoover.

Tu peux changer le cours de l’Histoire, Jake. Comprends-tu ? John Kennedy peut vivre.

Ce livre se décompose en 6 parties : Ligne de partage entre deux eaux, Le père du concierge, Vivre dans le passé, Sadie et le général, 22/11/63, Carton Vert.

Je me suis beaucoup attachée au personnage de Jake Epping/George Amberson ! Le fait que le récit soit à la première personne rend le tout beaucoup plus réel, plus captivant. Lorsque je lisais, j’avais l’impression d’être à la place de Jake, je voyais le film se dérouler dans ma tête. Je crois bien que c’est la première fois qu’un livre me fait cet effet là! J’avais clairement l’impression d’être plongée au cœur des événements.

Je me sentais comme un extraterrestre dans un film de science-fiction, tentant de se faire passer pour un Terrien. C’était idiot – je voulais seulement me déplacer dans la ville, pas désintégrer la Maison Blanche avec un rayon mortel – mais ça ne changeait rien à ma sensation d’étrangeté.

J’ai également beaucoup aimé le personnage de Sadie qui, malgré les épreuves qu’elle a subie, est toujours restée au côté de Jake. Elle est très attachante.
J’ai aussi aimé les personnages de Deke, Mike et Bobbi Jill, Ellie … Plus étonnant, je me suis attachée à Marina Oswald, cette pauvre jeune femme arrachée à sa terre natale pour s’installer dans un pays inconnu avec son bourreau de mari. Je trouve que ce livre reflète bien la vie qu’elle a réellement vécue. Et même si, en tant qu’admiratrice de JFK, j’ai beaucoup de mal à apprécier quelqu’un du nom d’Oswald, on ne peut pas reprocher à cette femme d’avoir été complice de son mari, et c’est un message qui passe très bien dans ce livre.
En ce qui concerne Lee Harvey Oswald, je n’avais aucuns bons sentiments à son égard avant d’ouvrir ce roman et je n’en n’ai pas plus maintenant. L’auteur a très bien su manier les mots quand il le décrivait et j’imagine sans peine « le sourire démoniaque se dessiner sur son visage ».

En ce qui concerne les villes que Jake visite, j’avoue que Derry m’a fait froid dans le dos! L’auteur arrive vraiment bien à décrire les ambiances, l’environnement où se tient l’intrigue!

Être chez soi, c’est regarder la lune se lever sur la vaste terre endormie et pouvoir appeler quelqu’un à la fenêtre pour la contempler ensemble. 
On est chez soi quand on danse avec les autres. Et quand la vie est une danse.

J’ai adoré le fait que ce livre nous plonge complètement dans l’univers des sixties. Je n’ai pas trouvé d’anachronisme pour ma part. Et je pense que ce roman est d’autant plus appréciable quand on en sait un peu plus sur cette période. Par exemple, les nombreuses références à J. Edgar Hoover (qui étaient bien souvent humoristique) m’ont bien fait rire et je ne pouvais pas m’empêcher de dire « C’est tellement vrai! ». Tout comme les allusions à Sinatra, à Jack Ruby ou au mafieux Marcello m’ont bien plus.

Il dit que la seule personne que J. Edgar Hoover déteste plus que JFK, c’est son frère Bobby.

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Autre point qui m’a particulièrement plu, c’est que cette oeuvre regroupe plusieurs genres. On y trouve de la science-fiction, des points historiques, une romance … C’est un livre vraiment très éclectique et l’auteur s’en sort magistralement. Son écriture est tellement fluide qu’on ne voit pas les 1000 pages passer. On tourne les pages mécaniquement, tout comme on regarderait des images défiler sur un écran.
Sincèrement j’ai eu un énormissime coup de cœur et je peux dire sans peine que c’est maintenant mon livre préféré! Je suis même un peu triste de l’avoir fini!
Comme je l’ai dit au début de ma chronique, c’était mon premier Stephen King. Ce ne sera pas mon dernier, ça c’est une certitude! J’aime beaucoup le style de l’auteur et le genre de vocabulaire qu’il emploie!

Ce que je voyais sur le visage de Kennedy était un mélange à parts égales de détermination et d’effroi. Ce que j’y voyais aussi, c’était la vie : un engagement total dans la tâche qu’il avait à accomplir. 

Bref, vous l’aurez compris : carton plein pour ce livre, sans aucunes fausses notes. Je vous le conseille vivement!

Note : 20/20
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Dans le mouvement, mes yeux sont tombés sur le Time que j’avais acheté au kiosque à journaux. Il y avait Jacqueline Kennedy en couverture. Elle souriait, radieuse, vêtue d’une robe sans manches au col V. La première dame en tenue d’été, disait la légende. Comme je regardais la photo, les couleurs se sont fanées jusqu’au noir et blanc et l’expression de la Première Dame est passée du sourire heureux à un regard vide. Je la voyais maintenant debout aux côtés de Lyndon Johnson à bord d’Air Force 1. Elle ne portait plus sa si jolie (et discrètement sexy) robe d’été, mais un tailleur en lainage éclaboussée de sang. Je me souvenais avoir lu (ailleurs que dans les notes d’Al) que, peu de temps après qu’eut été prononcé le décès de l’époux de Mrs. Kennedy, lady Bird Johnson s’était avancée dans le couloir de l’hôpital pour la serrer dans ses bras et avait aperçu, posé sur ce tailleur, un fragment du cerveau du président défunt.

 

Dix-neuf secondes – Pierre Charras

Résumé :

« Sandrine et Gabriel se connaissent depuis vingt-cinq ans. Pour éviter l’usure irréparable de leur couple, ils imaginent ensemble un jeu. Ils se donneront rendez-vous dans la rame du RER de 17h43, nom de code Zeus, à Nation. Sandrine décidera de descendre ou non de la porte arrière de la troisième voiture. 19 secondes, 18 secondes, 17 secondes : Pierre Charras déroule son intrigue au fil d’un impitoyable compte à rebours. Dix-neuf secondes suffiront pour que le train quitte le tunnel, émerge dans les lumières du quai, stationne et reprenne sa course. Dix-neuf secondes au terme desquelles on bascule sans préavis d’une banale affaire de rupture à une tragédie brutale, irréversible… »

Mon avis :

Woah. Ce livre est juste prodigieux. Je l’ai littéralement dévoré! Il est composé de 3 parties : Zeus, Styx, Hadès. La quatrième de couverture n’évoque en fait que la première partie.

Nous voilà donc sur le quai de la station Nation, en compagnie de Gabriel, il est 17h43, le RER va entrer en gare et Sandrine va ou ne va pas descendre sur le quai pour rejoindre son compagnon. Au moins on peut dit que si rupture il y a, elle sera originale!

Gabriel et Sandrine ne sont, en fait, pas les deux seuls personnages principaux. Bien sûr, l’histoire part d’eux, mais on découvre également Sophie ou Emmanuel par exemple (qui sont deux passagers du RER qui se trouvent aux côtés de Sandrine). Nous découvrons donc les pensées de chaque personnage à ce moment précis. Je trouve que cette première partie du livre illustre bien notre vie quotidienne. On croise tous les jours des dizaines de personnes, sans jamais réaliser qu’elles aussi ont des tas de pensées joyeuses, tristes, sordides ou farfelus qui leur passe par la tête.

On apprend donc à connaître ces quelques personnages tout en continuant de se demander si Sandrine va descendre ou non du RER et en se questionnant sur la suite de l’histoire – même si l’auteur nous donne un indice assez gros – : pourquoi nous avoir présenté Sophie, Emmanuel, Gilbert, l’homme au blouson jaune ? Quel sera leur rôle dans l’histoire de Gabriel et Sandrine ? La première partir se termine sur un chapitre où Sophie est la narratrice. Et je peux vous assurer qu’en lisant la dernière phrase du chapitre, ma réaction a été :

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Là le récit entre dans sa deuxième phase, aussi inattendue que tragique. Je ne peux pas trop en dire sur la 2e et la 3e partie, sans vous révéler l’issue. Ce que je peux dire par contre, c’est que l’auteur réussit à nous faire entrer dans son récit, on a l’impression d’y être.
Quant à la 3e partie, l’auteur a bien maîtrisé. Je pense que s’il s’était trop attardé, le livre serait devenu lourd et un peu lent. Mais là, c’est parfaitement dosé, une trentaine de pages suffisent. On se doute bien de l’issue finale de ce livre, même si pour ma part j’espérais qu’il en soit autrement. Après le choc de la deuxième partie, ma réaction en fermant le livre a été :

Bref, ce livre, c’est de la bombe. Un vrai petit coup de cœur, je vous le conseille.

Note : 18/20

NB : difficile de mettre des citations du livre dans l’article, sans vous spoiler!

King’s Game – Nobuaki Kanazawa

Résumé :

« Nobuaki est réveillé en pleine nuit par un étrange SMS qui met au défi deux de ses camarades de lycée de s’embrasser. Le mystérieux expéditeur du message prétend que la classe entière participe à un “King’s Game ». Jour après jour, les défis se succèdent, et les lycéens sont bien obligés de se rendre à l’évidence : ils ont 24 heures pour s’exécuter et la sanction en cas de désobéissance est la mort.
Suicides ou meurtres ? Puissance occulte ou criminel de chair et de sang ? Où qu’elles soient, quoi qu’elles tentent pour s’échapper, la mort vient trouver ses jeunes victimes, infaillible. Le couperet se rapproche dangereusement de nos héros… Parviendront-ils à découvrir la vérité avant qu’il ne s’abatte ? »

Mon avis :

Ce livre nous raconte l’histoire d’une classe de 32 élèves qui va participer, malgré elle, au jeu du roi.

Toute votre classe participe à un jeu du roi. Les ordres sont absolus et doivent être exécutés sous 24 heures. Aucun abandon ne sera toléré.

Sur la première de couverture on peut lire : « 1 classe, 32 élèves, 24 heures pour obéir. Une seule sanction : la mort ». Ce sont ces mots qui m’ont donné envie de le lire. Je m’attendais à de l’action, à du suspens, de la peur, de la souffrance… Bon. On ne peut pas dire que ce livre ait répondu à mes attentes! Certes, il y a bien le jeu du roi, des ordres, des sanctions. Mais le style de l’écriture ne permet pas au lecteur de se fondre dans l’ambiance. Les mots utilisés sont trop simples (au niveau de l’écriture, on dirait presque une fiction comme celles que les ados écrivent) et la logique… on a du mal à la trouver parfois. Par exemple, quand un des élèves est en train de mourir, Nobuaki ne trouve rien d’autre à lui dire que « Alors, tu sortais vraiment avec K. ? »

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Autre chose que je n’ai pas trop apprécié, c’est le fait que les pensées des personnages soient écrites en italiques. Je trouve qu’on a du mal à s’y retrouver parfois. On ne sait plus qui parle, qui pense. L’expression des sentiments de Nobuaki m’a aussi dérangé. Vu que c’est écrit assez simplement, on a presque l’impression qu’il relativise ou alors que ça ne le touche pas vraiment. Je ne me suis donc pas attaché à ce personnage. En revanche, j’ai bien aimé celui de Ria. Elle est plus mystérieuse, plus renfermée. Bref, elle apporte un peu de complexité à ce livre qui en manque cruellement!

Malgré tout, j’ai apprécié ce livre, pour son histoire qui reste quand même captivante (on veut savoir qui va ou ne va pas mourir et surtout on veut savoir qui est le roi). Je trouve qu’il y a un petit côté Pretty Little Liars. Je pense lire le deuxième tome car la fin de ce livre laisse un peu perplexe! Je pense aussi lire les mangas, peut-être qu’ils me plairont un peu plus.

Bref, j’ai lu ce livre en 2 jours, j’ai passé un bon moment de lecture même si j’ai été un peu déçue (je m’attendais trop à un chef d’oeuvre je crois).

Avoir quelque chose à protéger, c’est une faiblesse, c’est douloureux.

Note : 14/20
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Haine, ignominie, jalousie, lamentations, désir, trahison. La véritable nature humaine se dévoile quand on est dos au mur. Notre vraie valeur est mise en question.