All Time Readings

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux." – Jules Renard

Catégorie: Partenariat

Damoclès – Fatou Ndong

Couverture Damoclès

Résumé :

« Madelyn Johnson est une jeune afro américaine de dix-sept ans. Elle grandit à Jackson, dans le Mississippi, l’un des Etats le plus ségrégationniste d’Amérique. Tout va basculer lorsqu’elle se verra confier par sa mère, employée en tant que bonne au sein de la famille la plus riche de Jackson, la lourde tâche de donner des cours particuliers à leur fils. Une mission à garder secrète quoi qu’il en coute. Les Johnson devront non seulement faire face à la vie quotidienne dans le ghetto noir, mais aussi à l’absence d’un père qui a dû fuir le Ku Klux Klan il y a plusieurs années. Car dans le Mississippi, la peine de mort est la seule sentence pour les noirs coupables de quelque préjudice qu’il soit… »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier l’auteure pour l’envoi de ce livre ! Quand j’ai lu le résumé, je me suis dit qu’il fallait absolument que je découvre ce roman. Étant une grande passionnée de l’Histoire des États-Unis et m’intéressant tout particulièrement au combat pour les droits civiques, j’ai su que ce livre était fait pour moi. Et je n’ai vraiment pas été déçue.

Résultats de recherche d'images pour « walk on washington gif tumblr »

Au début du livre, nous faisons la connaissance de Paul Harper, un jeune entrepreneur sur le point de devenir papa. Alors que sa femme est en salle d’accouchement, son ami et collègue Gibson reste pour le soutenir. Ce même Gibson l’encourage à se changer les idées en parlant d’autre chose, il ne s’attendait certainement pas à ce que Paul le renvoie de son entreprise, n’ayant plus besoin de lui… Qui aurait cru que dix-huit ans plus tard, les deux anciens amis se retrouveraient en tant qu’adversaires dans la course à la mairie ? Qui aurait cru que leurs enfants respectifs deviendraient amis et s’allieraient dans une bataille sans merci pour « nettoyer la ville » ? Madelyn, fille de la servante des Harper, se retrouve au milieu de toute cette folie raciste, politique et sociale. Elle aimerait bien que son amitié avec Sebastian, le fils de Paul et donc un blanc, soit acceptée d’un côté comme de l’autre. Mais elle se rend compte que le chemin vers l’égalité des noirs et des blancs est semé d’embûches et qu’il faudra encore du temps, beaucoup du temps pour que les choses changent.

Les gens parlent, ils disent des choses à propos de Madelyn…
– Madelyn ?
– On l’aurait vu à plusieurs reprises en compagnie d’un blanc… Moi je ne dis rien, tu sais ! Mais tu connais les rumeurs… Je préfère t’avertir avant que tu ne l’entendes de la bouche de quelqu’un d’autre. Si c’était vrai… et je ne dis pas que ça l’est… ça pourrait être très dangereux pour elle.

Pour faire simple, j’ai adoré ce livre. Contrairement à d’autres romans trop « structurés », je n’ai pas eu l’impression d’avoir un début, un milieu avec son paroxysme et une fin. Pour moi, quand on apprend à connaître les Johnson et les Harper, c’est comme si on rencontrait quelqu’un et qu’on faisait sa connaissance. Les personnages prennent vie très rapidement. On sait qu’il y a un avant, qu’ils ont vécu des choses avant le début de ce livre et qu’ils en vivront après la fin. Je ne sais pas comment l’auteure s’y est pris mais c’est un coup de génie car j’avais vraiment l’impression de découvrir des personnes réelles plutôt que des personnages sortis de son imagination. Par conséquent, il était plus facile de les imaginer physiquement et de me représenter toutes les scènes dans la tête. J’ai donc trouvé cette lecture très vivante et c’est pourquoi je ne me suis pas ennuyée une seule fois.

Au début, j’avais un peu peur de me perdre avec tous ses personnages. Il y a les principaux comme Paul, Teresa, Madelyn, Sebastian, Sean et James mais il y a aussi les personnages mineurs comme Bettie Sue, Trent, Jane, Kirt… Mais l’histoire est tellement prenante qu’on arrive très vite à comprendre qui est qui et quel est le rôle de chacun. En revanche, je ne saurais dire qui est mon personnage préféré. Évidemment il y a les mauvais, les racistes, ceux qui se croient supérieurs aux noirs. Ceux-là, je ne les ai pas aimé. Mais j’ai aimé découvrir leurs histoires. Parfois, les auteurs bâclent la description des « méchants de l’histoire » et préfèrent se concentrer sur celle des héros. Mais ici, Fatou Ndong fait réellement exister les gens comme James et leur donne une véritable profondeur psychologique. J’ai vraiment apprécié le fait qu’elles développent tous ses personnages de la même façon.

Résultats de recherche d'images pour « riot segregation gif tumblr »

J’ai également adoré la narration par de multiples personnages. Parfois, on relit la même scène vue par deux personnages différents. La première fois que c’est arrivé, je me suis dit que si cela arrivait trop souvent j’allais vite m’ennuyer. Mais pas du tout ! Au contraire, toutes les fois où c’est arrivé, j’ai aimé découvrir ce que pensaient les personnages de leur interlocuteur. Grâce à ces parallèles on apprend vite à cerner les personnages. On voit s’ils sont naïfs ou au contraire parfaitement lucides et cela nous aide à comprendre si l’on doit se fier à leur capacité de jugement…

Si tu veux un conseil, si j’étais toi, je lui poserais un ultimatum. Il renonce à voir sa négresse et il se projette dans l’avenir avec toi. Autrement, il devient la risée de tout Jackson et bien entendu, tu le deviendras aussi par la même occasion.

Le fait que des réalités historiques aient été intégrées dans le livre nous aide à nous plonger complètement dans l’histoire. On n’a aucun mal à s’imaginer que Madelyn et Sebastian ont réellement existé. Ils sont un peu les Roméo et Juliette des temps modernes. Même sans parler d’amour, ces deux jeunes gens tiennent l’un à l’autre comme de véritables meilleurs amis. Ils ne font rien de mal et pourtant les conventions sociales leurs interdisent de se voir. J’imagine sans peine que des amitiés telles que celle-ci existaient dans l’Amérique des années 60 et c’est pourquoi ce livre m’a autant bouleversé.

N’avais-je pas cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête ? Tout ce temps, j’avais voulu croire que j’étais de ceux qui ne seraient jamais en danger, parce que j’avais Sébastian, je me mentais à moi-même. Je fermais les yeux sur tout, je n’écoutais pas les avertissements que l’on me faisait, je détournais les yeux devant les panneaux d’alerte que l’on mettait sur mon chemin.

Quant à la fin, je ne m’attendais pas du tout à ça. Ai-je été déçue pour autant ? Oh que non. Ce retournement de situation inattendu avec James, le comportement de Sean, la décision de Madelyn et les espoirs de Sebastian concluent magnifiquement ce roman.

Note : 20/20
Résultats de recherche d'images pour « mlk gif tumblr »

Publicités

City on Fire – Garth Risk Hallberg

Résumé :

« 31 décembre 1976. New York se prépare pour le réveillon. Chez les Hamilton-Sweeney, Felicia accueille financiers et mondains tandis qu’à l’autre bout de la ville, dans le Lower East Side, Charlie, venu de Long Island, attend Sam pour assister à un concert punk. Mais Sam a un autre rendez-vous auquel elle tient plus que tout. Elle retrouvera Charlie dans quelques heures à la station de métro de la 72e Rue. À quelques encablures de là, dans Hell’s Kitchen, Mercer Goodman tourne et retourne un délicat carton d’invitation. Et s’il se rendait à la réception des Hamilton-Sweeney pour retrouver Regan, cette sœur que William, en rupture avec sa famille, lui a toujours cachée ? Pourquoi ne pas saisir l’occasion d’en apprendre plus sur William, son amant, l’ancien leader du groupe punk Ex Post Facto ?
Bientôt, des coups de feu retentissent dans Central Park. Une ombre s’écroule dans la neige…
Qu’est-ce qui peut bien unir ces êtres – qui n’auraient jamais dû être amenés à se rencontrer – à un meurtre commis au cœur de Central Park ? Au sein de ce roman choral, leurs histoires s’entremêlent et nous entraînent dans les recoins les plus infimes de la ville. »

Mon avis :

Je remercie Le Livre de poche pour l’envoi de ce livre. Lorsque j’ai vu City on Fire dans la sélection de l’été, je n’ai pas pu résister. Ce roman a fait un tel buzz lors de sa sortie française que je ne pouvais pas résister à l’envie de le découvrir. Ce pavé de 1200 pages est, certes, salué par de nombreux critiques mais fait également l’objet de chroniques plus modérées de la part de plusieurs blogueurs littéraires. Par conséquent, je ne savais plus trop si j’allais faire face à un chef d’oeuvre ou si j’allais moi aussi être déçue par le roman… Il ne me restait plus qu’une chose à faire : le lire !

Résultat de recherche d'images pour "new york 1970 gif tumblr"

Ah, le réveillon du nouvel an, ce jour où l’on se dit qu’on peut tout recommencer à zéro. On prend un tas de bonnes résolutions et on imagine que notre vie va changer du tout au tout. Mais en ce 31 décembre 1976, si l’existence de plusieurs personnes va être bouleversée, ce ne sera pas à causes de promesses en l’air qu’ils se font à eux-mêmes. Non, ce sera à cause d’un crime commis au coeur de Central Park. Sam, Mercer, Charlie, William, Regan et Keith seront à jamais liés, plus ou moins directement, par ces coups de feu. Pourtant à première vue, une gamine rebelle n’a rien à voir avec la fille d’une des familles les plus riches de New York. Un professeur n’a rien à voir avec l’ancien leader d’un groupe punk. Dans ce New York des années 70, le temps tisse une toile qui finit par unir les gens à travers tout un tas de rebondissements et de mises à l’épreuve. Une chose est sûre, personne ne sortira de cette décennie indemne.

Quand on est jeune et que le destin en explosant, creuse des cratères dans votre vie, on a les ressources nécessaires pour la reconstruire. Au-delà d’un certain âge, on dissimule simplement les dégâts en les oubliant derrière un mur.

Écrire la chronique de City On Fire se révèle plus compliquée que ce que j’avais imaginé. Ce roman est unique. Il ne rentre dans aucune case, dans aucune catégorie. La plume de l’auteur est vraiment particulière, je dirais même, incomparable. Quant à l’histoire, elle est forgée à base de flashbacks, de bonds dans le temps et d’interludes. Honnêtement, ce livre est sans égal et il est difficile de critiquer ou de noter sans pouvoir prendre un autre roman pour référence. D’ailleurs, il n’y aura pas de note à la fin de cette chronique car pour moi, ce livre est une véritable expérience personnelle en soi. C’est difficile à expliquer mais je pense que chacun vivra cette lecture différemment tant elle est unique.

Le fait qu’elle soit unique ne veut pas dire qu’elle plaira à tout le monde. D’ailleurs, moi, je n’ai pas accroché. Je n’ai pas non plus été totalement déçue mais je m’attendais à autre chose. C’est le style de l’auteur qui m’a principalement dérangé. Ce n’est pas le genre d’écriture que j’apprécie. Par exemple, Garth Risk Hallberg peut faire tout un paragraphe sur la neige qui tombe sur New York. Beaucoup de gens trouvent ça beau et poétique, mais personnellement je trouve que c’est une perte de temps. Évidemment, dans un roman de plus de 1000 pages, il est inévitable d’avoir quelques longueurs. Le problème c’est que pour moi, tout ce qui n’était pas du dialogue était barbant. En fait, j’avais l’impression que l’auteur cherchait à mettre des métaphores partout. Même la chose la plus infime était comparée à un élément poétique ou à n’importe quel autre objet. C’est sympa à petite dose et quand les métaphores me font rire ou me font imaginer des choses loufoques. Mais quand il s’agit simplement de faire des comparaisons pour faire des comparaisons… là, je n’adhère pas. À mon goût, il y’avait trop de narration et pas assez d’action. Parfois les personnages divaguaient et nous parlaient de choses qui n’apportaient franchement pas grand-chose à l’intrigue.

Résultat de recherche d'images pour "new york gif tumblr"

Parlons-en d’ailleurs, de ces personnages. À première vue, ils sont tous très intéressants et ont tous connu des difficultés qui leur donnent un petit côté attachants. Malheureusement, j’ai trouvé une certaine monotonie dans leurs histoires, dans leurs façons de se comporter et de parler. En effet, si chaque chapitre se concentre sur un personnage, il est difficile de savoir de qui on parle avant que le prénom ne soit évoqué. Ils sont tous un peu rebelles et désespérés et c’est dommage car la différence entre eux n’est pas très marquée. Bien sûr, cela peut faire partie de « l’effet de style ». Tout le monde se noie de la même façon dans ce New York des années 70. Il n’empêche que pour m’attacher à des personnages, j’aime bien qu’ils soient uniques en leur genre et non pas qu’ils soient des pions coulés dans le même moule.

On peut construire une vie sur ça : deux personnes qui connaissent les failles l’une de l’autre et choisissent néanmoins de rester assis ensemble, en chaussettes, sous la lampe, à lire des magazines en essayant de ne pas penser trop loin au-delà de la journée qui s’achève ou de celle qui vient.

Dans l’ensemble, mon avis sur le livre est donc assez négatif puisque ma lecture a été fastidieuse. Je mettais plus d’une heure à lire quarante pages et honnêtement je pensais que je n’arriverais jamais à avancer. Mais comme je l’ai dit plus haut, ce roman est unique. Et si on se plonge complètement dans le roman et dans son ambiance on se retrouve hors du temps. Un matin où je lisais, au calme, sans aucune distraction, j’ai sincèrement été absorbée dans ce livre. Nous étions en plein mois d’août, il faisait chaud mais j’avais l’impression d’être au Nouvel An. Je lisais à ce moment-là le passage sur le premier janvier et bizarrement (non, vraiment, c’était bizarre !) je ressentais toute cette euphorie, cette sensation particulière que l’on ressent un premier janvier quand on se dit qu’une nouvelle année vient de commencer. En refermant le livre ce jour-là, j’ai mis quelques minutes à réintégrer la vraie vie et sur le coup… j’étais complètement sidérée. Être plongée dans un livre, oui, ça m’est déjà arrivé, mais confondre la fiction et la réalité, c’était une première. Donc même si ce roman m’a déçue dans son ensemble, quelques points positifs qui ont égayé ma lecture.

En résumé, Garth Risk Hallberg nous montre dans ce premier roman tout l’étendu de ses talents. Grâce à son intrigue, ses personnages ou ses interludes, l’auteur nous prouve qu’il a énormément d’imagination, qu’il sait écrire les passages narratifs et les dialogues et que les longueurs ne lui font pas peur. Malheureusement, son style d’écriture très poétique et purement littéraire n’est pas le genre auquel j’accroche. Comme d’habitude avec ce genre de plumes, je sais que d’autres personnes sauront apprécier ce livre à sa juste valeur. Je retiendrais tout de même le fait que ce livre est unique. Cette lecture n’a ressemblé à aucune autre et rien que pour ça, je me dis que ça valait le coup de découvrir ce roman !

L’échec est tellement plus intéressant. Tout porte à croire que Dieu considère l’humanité comme un échec. Les choses deviennent intéressantes juste au moment où elles s’effondrent.

Résultat de recherche d'images pour "fireworks gif tumblr"

Un été invincible – Alice Adams

Couverture Un été invincible

Résumé :

« Benedict, Eva, Sylvie et Lucien sont inséparables depuis leurs années de fac à Bristol. Leur diplôme en poche, ils vont, pour la première fois, se disperser. Eva part à Londres où l’attend un poste dans la finance ; Benedict reste à Bristol pour suivre son doctorat. Quant à Sylvie et Lucien, fidèles à leurs rêves, ils entament une vie plus bohème, faite d’art et d’aventure. À l’approche de la trentaine, leurs liens autrefois si forts se distendent. Le temps qui passe les éloigne les uns des autres, leurs routes divergent. Pourtant, leurs chemins vont à nouveau se croiser et faire revivre le souvenir de l’« été invincible » qui les a liés à jamais. »

Mon avis :

Je remercie Babelio et les éditions Albin Michel pour l’envoi de ce livre !

La première année de fac vient de s’achever pour quatre jeunes anglais. Avant de rentrer chez eux pour les vacances d’été, ils passent une dernière après-midi ensemble, se disent au revoir et se promettent de se retrouver à la rentrée. Eva, Sylvie, Benedict et Lucien s’imaginent qu’ils viennent de sceller leur amitié une bonne fois pour toute et que rien ne pourra les séparer. Mais une fois leurs études terminées, chacun prend des directions différentes. Tandis qu’Eva devient une business woman à la City, Benedict ne peut se résoudre à commencer  à travailler et commence alors un doctorat. Les deux frangins, Sylvie et Lucien, mènent quant à eux une existence plutôt bohème. La vie éloigne peu à peu ces quatre amis. Les soirées arrosées cèdent la place à un e-mail de temps en temps pour demander des nouvelles. Les disputes remplacent la complicité d’autrefois. Chacun a des centres d’intérêts différent. Certains se concentrent sur leur carrière professionnelle, d’autres sur leurs obligations familiales. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la vie n’épargne aucun de ces inséparables d’autrefois. Eva, Sylvie, Benedict et Lucien vont devoir surmonter de terribles obstacles qui mettront leurs liens d’amitié à l’épreuve mais qui pourraient bien finir par les rapprocher pour de bon…

Résultat de recherche d'images pour "we were friends gif tumblr"

Ce livre débute par une question posée par Eva. Dès la lecture de cette phrase, je savais que j’allais aimer ce livre et je n’ai clairement pas été déçue. J’ai adoré découvrir les aventures de ces quatre amis. Lorsqu’on lit les premiers chapitres, on n’imagine pas un seul instant tous les obstacles qui vont se dresser sur le chemin de Sylvie, Eva, Lucien et Benedict. On se dit que leur amitié connaîtra, certes, des hauts et des bas mais qu’en règle générale, ils sont tellement proches que rien ne pourra les séparer. Dès les premières lignes, on ressent ce lien très fort entre les quatre personnages et on se sentirait presque jaloux de ne pas faire partie de la bande. Mais au final, le lecteur est vraiment plongé au cœur de l’intimité de ces jeunes anglais et on se dit qu’on fait partie de leur cercle, nous sommes le cinquième membre, celui qui observe et qui n’agit pas. L’auteure arrive à nous plonger totalement dans l’ambiance de son livre. Lors des vacances à Corfou, on sentirait presque le soleil sur notre visage. Lorsque Eva marche dans les rues de Londres, on visualise clairement la grisaille et on est à la limite de sentir les gaz d’échappements. C’est prodigieux ! Encore mieux, on arrive à ressentir les mêmes émotions que les personnages. Lorsqu’ils jubilent, nous jubilons. Lorsqu’ils pleurent, notre gorge se serre. C’est exactement comme si ces personnages étaient nos amis intimes et que nous partagions tout avec eux. Bref, la plume d’Alice Adams s’est révélée aussi habile qu’addictive. J’ai hâte de lire d’autres de ses œuvres !

Le mail qu’il avait reçu d’Eva ce matin-là – événement de plus en plus rare – n’avait fait que souligner ce décalage. Le tableau qu’elle brossait de sa vie était, comme toujours, trépidant : gros contrats, grosses fiestas. Elle parlait de Sylvie mais pas de Lucien, poussant Benedict à se demander si elle le voyait encore. Le mail lui avait semblé envoyé par une étrangère. Il ne contenait aucun des clins d’œil qu’ils avaient coutume d’insérer dans leurs messages pour montrer que rien n’avait changé.

En ce qui concerne les quatre personnages principaux, je me suis attachée à chacun d’eux. Eva est une jeune femme ambitieuse et déterminée. Elle sait ce qu’elle veut et elle va faire tout ce qui est en pouvoir pour arriver à ses fins, quitte à mettre un peu de côté sa vie personnelle. Eva est sûrement la protagoniste que j’ai le plus appréciée car je me suis sentie proche d’elle. C’est toujours mieux quand on arrive à s’identifier au personnage d’un roman car on s’attache immédiatement à lui/elle. Bien sûr, si j’ai adoré Eva, j’ai également apprécié Sylvie qui n’a pas choisi le mode de vie le plus simple mais qui se nourrit principalement de ses rêves et de ses passions. Bien qu’elle ait des difficultés financières, elle ne baisse pas les bras et espère qu’un jour elle vivra de son art. Tout le monde n’a pas le cran de faire ça ! D’ailleurs, Sylvie démontrera par la suite toute l’étendue de son courage. Dans les derniers chapitres, on ne peut être qu’admiratifs face à cette femme. En revanche, on n’a plus de mal à glorifier les prouesses de Lucien ! Certes, ce personnage est attachant car il fait partie de la bande. Mais il est plutôt désespérant ! On aimerait qu’il s’en sorte et qu’il fasse quelque chose de bien dans sa vie. Il joue les gros durs, mais on se rend finalement compte que sous sa carapace, il peut se montrer désorienté voire complètement paniqué quand la vie lui met des bâtons dans les roues. C’est ce qui fait son petit charme. Enfin, Benedict est sûrement la personne la plus raisonnable de la bande. Il veut avancer dans la vie. Il ne se laisse pas abattre par les événements et finit toujours par retomber sur ses pattes. J’ai beaucoup aimé ce personnage.

Résultat de recherche d'images pour "people change gif tumblr"

L’histoire en elle-même est simple. Oui, voilà. Il n’y a pas d’autres mots. Elle est simple. C’est l’histoire d’une vie, il n’y a rien d’extraordinaire. Pas de magie, pas de surnaturel, pas de péripéties tirées par les cheveux, pas de retournements de situation qui n’arrivent que dans livres. Tout semble tellement vrai qu’on ne peut lire ce livre qu’avec grand intérêt. On se dit : et si c’était moi ? Tous les rebondissements sont extrêmement crédibles et pourraient arriver à n’importe qui. C’est sûrement pour cela que le livre est si passionnant ! De plus, le fait que l’on suive les protagonistes de la fac jusqu’à leur quarante ans rend cette lecture plus pertinente, plus concrète. Le temps passe et on ne peut pas y échapper. Je dirais même que c’est la morale de ce livre. Faites les bons choix, suivez votre cœur car la vie ne vous offrira pas de seconde chance. En fait, Un été invincible nous apprend à ne pas avoir de regrets. Vivons donc notre vie à fond !

C’est définitivement la fin d’une époque, pas vrai ? A moins que cette époque ait déjà prit fin sans qu’on s’en soit rendu compte. Tu vas me manquer, Benedict. D’une façon bizarre, je crois que tu me manques déjà même si tu es juste là à côté de moi. 

Si je devais formuler un petit point négatif, je dirais que quelques passages m’ont déroutée. Eva étant dans le monde de la finance, certains paragraphes se concentrent sur l’univers de la Bourse et des traders. Par conséquent, on peut se trouver face à des phrases un peu compliquées qui peuvent casser le rythme de notre lecture et qui ne nous apportent pas grand chose pour l’histoire en elle-même. Si l’on s’y connaît, il n’y a aucun problème. Mais si pour nous la Bourse est un univers totalement abstrait, ces petits passages se révèlent frustrants. On ne comprend pas ce qu’on lit. Même remarque pour les travaux de Benedict ! L’accélérateur de particules, j’en ai entendu parler dans la série Flash, mais je ne suis pas sûre que ce soit la meilleure des références scientifiques hahaha ! Je ne peux pas dire que ces points négatifs m’aient gâché la lecture. Je voulais juste les mentionner pour justifier le fait que je n’ai pas mis 20/20.

Enfin, pour finir sur une bonne note, j’ai trouvé la couverture très jolie. Elle est comme l’histoire : simple. Elle est simple et sobre et pourtant elle est irrésistiblement attractive ! Si j’avais vu ce livre dans une librairie, je me serais sans aucun doute approcher pour lire le résumé.

En bref, j’avais compris dès les premières lignes que j’allais aimer ce livre mais je ne pensais pas l’adorer autant ! Je me suis attachée aux quatre protagonistes et j’ai apprécié suivre leurs aventures au fil de la vie. J’ai aussi aimé le fait que ce livre est très concret. Tous les événements sont crédibles et ils sont en plus ancrés dans notre réalité historique (l’attentat du 11 septembre est mentionné, tout comme la crise économique de 2007). Je suis ravie d’avoir découvert la plume d’Alice Adams et j’ai hâte de lire d’autres de ses œuvres.

Note : 18/20
Résultat de recherche d'images pour "live your life gif tumblr"

A la fac, la situation était différente ; ils se voyaient tous presque quotidiennement, si bien qu’il y avait toujours quelqu’un pour remarquer si vous aviez des ennuis, et comme ils menaient le même genre de vie leurs désaccords ne semblaient pas tirer à conséquence. Cette période avait été la plus heureuse de son existence, elle s’en rendait compte à présent : un foyer stable, un réseau d’amis, un avenir plein d’espérances et de promesses.

Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils – Jacques Expert

Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils

Résumé : 

« Quand son fils meurt, renversé par un chauffard qui a pris la fuite, Antonio Rodriguez jure à sa femme qu’il le vengera. Tandis que l’enquête piétine, il finit par découvrir le meurtrier, un cadre supérieur de sa propre entreprise dont l’attitude lui paraît très suspecte. Pourtant, un jour, les gendarmes l’informent qu’ils viennent d’arrêter le coupable. Les preuves sont formelles, l’homme est passé aux aveux. Mais ce n’est pas le même individu. Dans ce roman à quatre voix – Antonio et sa femme, Sylvia, l’assassin et son épouse –, se noue un ballet macabre, autour du thème de l’autodéfense : qui Antonio Rodriguez va-t-il tuer ce soir ?
Jacques Expert a longtemps hésité entre deux fins pour clôturer ce roman. Il a dû trancher pour l’édition imprimé. Aujourd’hui nous vous proposons ces deux alternatives, à vous de choisir… »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier le Livre de Poche pour l’envoi de ce livre. L’avantage de cette édition numérique, par rapport à la version papier, est que l’on pouvait choisir sa fin. A un certain moment, on vous demande de faire un choix entre la fin n°1 et la fin n°2. Vous pouvez bien sûr lire les deux ! Cette fin alternative est un vrai atout pour ce livre qui est déjà, à la base, un chef d’oeuvre.

Résultat de recherche d'images pour "rumple my son is dead gif tumblr"

Il est tard. Jean-Pierre Boulard se décide enfin à rentrer chez lui après un début de soirée arrosé. Il sait que sa femme va lui en vouloir et va lui reprocher son retard. Mais il s’en fiche, cela fait bien longtemps qu’il ne l’aime plus, cette peau de vache. L’esprit embrumé par l’alcool et les tracas familiaux, cet homme ne va pas remarquer la présence du jeune Victor qui est à vélo sur cette même route. Il va le heurter de plein fouet. L’enfant sera retrouvé le lendemain, dans le fossé. Mort. Si la personne qui l’avait percuté s’était arrêté et avait pris la peine d’appeler les pompiers, il serait en vie. C’est ce qu’un des gendarmes déclare à Antonio, le papa de Victor. A partir de ce jour-là, la vie de la famille Rodriguez bascule. Sylvia, la mère, ne demande qu’une chose : que son fils soit vengé. Elle demande à son mari de tuer l’assassin de leur fils. Ce sale type doit mourir. Il n’a pas le droit de vivre alors que leur petit Victor lui, est mort dans d’atroces souffrances. Antonio se met à enquêter, en parallèle de la police qui ne donne pas beaucoup de résultat. Pour lui, l’attitude de son supérieur, un certain monsieur Boulard, est suspecte. Il n’est pas aussi compatissant avec lui que les autres gars de la boîte. Et il a remplacé un feu avant qui était brisé. Et il a des traces de peinture rouge – la couleur du vélo de Victor – sur sa carrosserie. Tout concorde. Mais… alors qu’Antonio s’apprête à passer à l’action, les gendarmes appellent les Rodriguez et les informent que l’assassin de leur fils, Mr. Demay, vient d’être arrêter. Où se cache la vérité ?

Il aimait ce bonheur simple : sa femme occupée à la cuisine et les rires complices de ses enfants qu’il devinait, depuis leur chambre toute proche, malgré la porte tirée. A présent, Sylvia se force toujours à ranger la cuisine mais lui ne supporte plus l’activité obstinée de sa femme ni le silence pesant qui s’échappe de la chambre muette de son fils.

J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce livre. Dès les premières pages, je me suis attachée à Antonio et Sylvia Rodriguez, ces deux parents qui viennent tout juste de vivre un drame. Leur famille a été brisée et ils veulent se venger. C’est le seul moyen pour eux de retrouver un semblant de normalité. Ils ne peuvent pas vivre dans un monde où l’assassin de leur fils respire et profite des joies de la vie ! On ne peut être que compatissants face à ses deux personnages. On essaie de se mettre à leur place et on imagine à quel point ils doivent être meurtris par les récents événements. On comprend leur tristesse, à la différence de ce cher Monsieur Boulard qui en a assez que ses employés se montrent trop démonstratifs avec Antonio. Je crois que je n’ai jamais autant haï un personnage dans une de mes lectures. Je n’ai même pas de mot pour décrire cet homme. C’est un assassin. Ce sale type a tué un enfant. Et pourtant, il arrive bien vite à oublier ce qu’il a fait. Il dit même à un moment que s’il ne repassait devant la « scène du crime » tous les jours pour aller travailler, il aurait déjà oublié tout ça depuis un bout de temps. Le pire, (car oui, il y a pire) c’est que cette ordure dit qu’il n’y ait pour rien. Comme si cela ne suffisait pas, ce personnage se comporte d’un façon terriblement odieuse avec sa femme. D’ailleurs, il ne se prive pas de l’appeler « la salope ». C’est charmant. Je n’ai rien aimé chez ce personnage. Rien. Rien du tout. J’espérais que Antonio allait découvrir la vérité et qu’il n’allait pas tuer Demay, mais bien Boulard, cet homme sans cœur qui a tué un enfant et qui n’exprime même pas une once de regret.

Résultat de recherche d'images pour "rumple my son gif tumblr"

J’ai donc aimé les personnages, mais j’ai bien évidemment aimé l’histoire. Elle est intense. On tourne chaque page avec appréhension en se demandant si la vérité va enfin éclater ou si un nouveau mensonge va venir s’ajouter à la pile. On a envie de connaître le dénouement sans attendre ! En fait, on aimerait lire le livre d’une seule traite. Mais bon, il faut bien garder un peu de suspens, non ? Ce suspens est d’ailleurs doublé lorsqu’on se retrouve face une page où il est écrit que nous devons faire un choix. On doit alors sélectionner quelle fin nous souhaitons lire. J’ai décidé de lire les deux pour connaître les deux issues que l’auteur avait imaginé. J’ai commencé avec la fin n°2 (ne me demandez pas pourquoi) et j’ai été tellement déçue ! L’histoire est toujours aussi palpitante et le style de l’auteur était toujours aussi entraînant, ça il n’y a pas de doute là-dessus. Mais je me suis retrouvé face au dénouement que je craignais. J’ai donc lu la fin n°1 en toute hâte et là, j’ai eu ce que je voulais ! Le fait d’avoir le choix entre deux fins pour une histoire est vraiment très ingénieux. Je pense que tous les lecteurs y trouveront leur compte. Et puis, on a l’impression de participer à l’élaboration de l’histoire avec l’auteur. C’est excitant, il faut bien le dire !

Les gars se sont soudain déchaînés. Ils m’ont pris à témoin et j’ai été bien obligé d’acquiescer avec eux, et d’espérer que les flics chopent « ce fumier ». Qu’est-ce que j’aurais pu faire d’autre, sinon participer à cette explosion de colère ? Franchement, ce déferlement écœurant de haine ne fait pas honneur à l’espèce humaine et je ne peux m’empêcher de me demander comment ils auraient réagi à ma place, ces gueulards.

Enfin, en ce qui concerne le style de l’auteur, j’ai été très agréablement surprise. Les romans policiers ou les thrillers français me font rarement vibrer. De plus, j’étais tombée une fois sur l’adaptation cinématographique de ce livre et je n’avais pas vraiment accroché. Or en lisant cette oeuvre, je me suis prise une grand claque ! La plume de Jacques Expert est très agréable à lire. Elle est fluide et les dialogues ne sonnent pas faux. L’auteur nous entraîne dans son histoire macabre sans aucun problème et on se retrouve plongé au cœur de l’intrigue. J’ai hâte de lire d’autres de ses livres !

En résumé, Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils est une lecture dont on ne peut pas ressortir indemne. Tantôt choqué, tantôt bouleversé, on se surprend à encourager Antonio dans sa quête de vengeance. Dans cette version avec fin alternative, le lecteur peut choisir le dénouement de cet histoire et c’est une très très bonne idée. Je vous conseille ce livre si vous ne l’avez pas encore lu !

Note : 20/20
Résultat de recherche d'images pour "villains don't get happy endings gif tumblr"

Ne pensez surtout pas que je sois un être insensible, mais mettez-vous à ma place, je ne suis pas un monstre quand même !

Métro 2033 – Dmitry Glukhovsky

Couverture Métro 2033

Résumé :

« 2033. Une guerre a décimé la planète. La surface, inha­bitable, est désor­mais livrée à des monstruo­sités mutantes. Moscou est une ville aban­don­née. Les survi­vants se sont réfu­giés dans les pro­fon­deurs du métro­politain, où ils ont tant bien que mal orga­nisé des micro­sociétés de la pénurie. Dans ce monde réduit à des stations en déli­quescence reliées par des tunnels où rôdent les dan­gers les plus insolites, le jeune Artyom entre­prend une mission qui pour­rait le conduire à sauver les derniers hommes d une menace obscure… mais aussi à se découvrir lui-même à travers les rencontres improbables qui l’attendent. »

Mon avis :

Je remercie tout d’abord Babelio et le Livre de Poche pour l’envoi de ce livre. Le résumé de Métro 2033 me donnait vraiment envie. Le monde post-apocalyptique a été traité à toutes les sauces dans de nombreux livres et celui-ci avait un petit quelque chose de différent : tout le monde vit dans le métro, personne ne remonte à la surface. Je pensais sincèrement que ce roman allait me plaire. De plus, j’avais lu quelques chroniques avant de le sélectionner pour la masse critique, et si certaines personnes déploraient quelques longueurs, la majorité des lecteurs avait été conquise. J’avais donc hâte de me lancer. Cependant, j’ai du lutter contre l’ennui et la déception pour continuer cette lecture. J’ai voulu faire un effort car je me disais que toutes ces critiques devaient être justifiées et qu’une bonne surprise m’attendait quelque part… j’ai fini par rendre les armes au bout de 376 pages (sur 864).

Résultat de recherche d'images pour "atomic gif tumblr"

Artyom est un jeune russe qui a survécu à l’apocalypse nucléaire. Tout comme d’autres moscovites, il vit maintenant dans le métro et survit en se nourrissant de champignons et de porcs élevés sur place. Sa mère est morte, dévorée par les rats, lorsqu’il était enfant. Un soldat l’a sauvé et s’est occupé de lui comme de son propre fils. Artyom n’est donc pas le plus à plaindre. Il a un « père », des amis, à boire et à manger. Mais tout n’est pas rose dans le métro. En effet, certains ont profité de l’ambiance chaotique d’après-guerre pour établir leurs lois. Certaines stations sont passées sous le joug néo-nazi. D’autres subissent l’influence de communistes très à cheval sur leurs idéaux. Mais il existe des stations où tout le monde rêve d’aller, comme Polis. C’est là-bas que se concentre la culture et le savoir de l’ancien monde, celui qui les attend à la surface. Mais Artyom et les autres habitants de VNDKh n’ont pas le temps de rêvasser. En effet, ils doivent faire face à des attaques ponctuelles de Noirs. Personne ne sait qui ils sont. Ils n’ont pas l’air humain, ce sont juste des créatures effrayantes. Il y a également ces tunnels, entre les stations, que personne n’ose prendre sous peine de devenir fou à lier. Bref, mieux vaut rester au coeur de VNDKh pour ne courir aucun danger. Mais Artyom va devoir affronter ses peurs pour accomplir la mission qu’un homme lui a confié.

Lorsqu’on lit le résumé, on s’attend à quelque chose de palpitant, on s’attend à de nombreuses aventures excitantes qui nous emmèneront dans les profondeurs du métro moscovite. Cependant, un petit détail m’a tout de suite dérangé : c’est long et lent. Pour nous donner une simple information, parfois insignifiante, un personnage va nous raconter une histoire de deux ou trois pages. A vrai dire, je perdais souvent le fil et je devais regarder quelques pages en arrière pour me rappeler de quoi on parlait. Après avoir lu plus de trois cent pages, je me suis posée une question : est-ce que j’ai eu l’impression de vivre de palpitantes aventures aux cotés d’Artyom ? Clairement, non. Même lorsqu’il se passe quelque chose d’intéressant, le tout est enveloppé dans un contexte tellement long à décrire que ça en devient lassant. Je tournais chaque page avec un peu plus de difficultés. Je m’ennuyais énormément. Je n’ai pas voulu abandonner, alors je me suis forcée. A l’arrivée d’Hunter, j’ai cru que les choses allaient enfin bouger. C’est un personnage que j’ai apprécié mais qui s’éclipse malheureusement bien trop rapidement. Puisqu’il confie une mission à Artyom, je me suis dit que l’action allait véritablement commencer. Mais je n’ai pas été emballée par la suite non plus… J’ai mis trois semaines pour lire 374 pages. C’est ridicule et j’ai perdu mon temps. Je crois que ce livre n’était tout simplement pas fait pour moi. Le style de l’auteur n’était pas ma tasse de thé. Les phrases étaient trop longues et trop compliquées. Il fallait que je reste concentrée, vraiment, vraiment, vraiment concentrée pour comprendre ce que je lisais.

Image associée

Quant aux personnages, je ne me suis attachée à aucun d’eux. Je n’ai pas aimé Artyom. J’ai eu du mal à cerner son personnage. Il ne sait pas vraiment ce qu’il veut. Un coup il est content, un coup il n’est pas content. Je n’ai pas non plus aimé sa façon de se comporter avec les autres. Il a toujours quelque chose à leur reprocher, mais il faut bien avouer que lui non plus n’est pas un ange. L’avantage avec lui, c’est son prénom : court et simple à retenir. Quand on n’est pas habitué aux noms russes, ce livre peut se révéler un peu compliqué. Par exemple, en ce qui concerne les noms (à rallonge) des stations, j’ai eu beaucoup de mal à tout retenir. Je me souvenais de VNDKh et Polis, les plus simples. Mais pour les autres… je serais incapables de vous dire où sont les nazis, où est la Hanse et quelles stations composent la Ligne Rouge. Les noms sont trop compliqués et non traduits (bon ça, c’est normal) mais, du coup, on ne comprend pas leurs significations. C’est dommage. Il en est de même pour les personnages. Je ne retenais pas tous les prénoms et quand Artyom faisait référence à l’une de ses connaissances passées j’étais un peu perdue.

Enfin, il y a un petit quelque chose qui m’a fait tiquer. Certains vont peut-être dire que j’exagère, pourtant je ne suis pas du genre à chercher un sens caché dans chaque petite phrase. Le fait que les « méchants », ces êtres effrayants que tout le monde redoute, s’appellent des Noirs, m’a dérangé. L’auteur aurait pu utiliser tout un tas de qualificatifs, mais non il a choisi les Noirs. C’est discutable comme choix à mon avis. Plus loin dans le livre, Artyom croise une personne d’origine arabe. Plutôt que de dire qu’il parle avec un accent ou je ne sais quoi d’autre, il « écrit » son accent, dans le genre « misieur, pourquoi ti es là ? ». Hm. Je ne trouve pas ça très utile. C’est même légèrement insultant. Mais bon, je cherche peut-être la petite bête, histoire de m’acharner un peu plus sur ce livre qui a été une immense déception pour moi.

Donc en résumé, rien ne m’a plu dans Métro 2033. L’histoire était loin d’être captivante, les personnages m’ont agacée et la plume de l’auteure m’a ennuyée. Je n’ai pas pu aller au bout de ce livre et je le regrette. Peut-être qu’une bonne surprise m’attendait par la suite. Mais je ne pouvais plus perdre mon temps à essayer de lutter pour ne pas m’endormir à chaque fois que je tournais une page. Quand je vois tout l’engouement qui a suivi la sortie de ce livre, je me dis que ce livre n’était tout simplement pas fait pour moi. Je me suis sûrement sentie trop oppressée dans ce métro moscovite… (pas de lecture intégrale, pas de note)

Note : –/20
Résultat de recherche d'images pour "no gif tumblr"