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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux." – Jules Renard

Catégorie: Partenariat

Un été invincible – Alice Adams

Couverture Un été invincible

Résumé :

« Benedict, Eva, Sylvie et Lucien sont inséparables depuis leurs années de fac à Bristol. Leur diplôme en poche, ils vont, pour la première fois, se disperser. Eva part à Londres où l’attend un poste dans la finance ; Benedict reste à Bristol pour suivre son doctorat. Quant à Sylvie et Lucien, fidèles à leurs rêves, ils entament une vie plus bohème, faite d’art et d’aventure. À l’approche de la trentaine, leurs liens autrefois si forts se distendent. Le temps qui passe les éloigne les uns des autres, leurs routes divergent. Pourtant, leurs chemins vont à nouveau se croiser et faire revivre le souvenir de l’« été invincible » qui les a liés à jamais. »

Mon avis :

Je remercie Babelio et les éditions Albin Michel pour l’envoi de ce livre !

La première année de fac vient de s’achever pour quatre jeunes anglais. Avant de rentrer chez eux pour les vacances d’été, ils passent une dernière après-midi ensemble, se disent au revoir et se promettent de se retrouver à la rentrée. Eva, Sylvie, Benedict et Lucien s’imaginent qu’ils viennent de sceller leur amitié une bonne fois pour toute et que rien ne pourra les séparer. Mais une fois leurs études terminées, chacun prend des directions différentes. Tandis qu’Eva devient une business woman à la City, Benedict ne peut se résoudre à commencer  à travailler et commence alors un doctorat. Les deux frangins, Sylvie et Lucien, mènent quant à eux une existence plutôt bohème. La vie éloigne peu à peu ces quatre amis. Les soirées arrosées cèdent la place à un e-mail de temps en temps pour demander des nouvelles. Les disputes remplacent la complicité d’autrefois. Chacun a des centres d’intérêts différent. Certains se concentrent sur leur carrière professionnelle, d’autres sur leurs obligations familiales. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la vie n’épargne aucun de ces inséparables d’autrefois. Eva, Sylvie, Benedict et Lucien vont devoir surmonter de terribles obstacles qui mettront leurs liens d’amitié à l’épreuve mais qui pourraient bien finir par les rapprocher pour de bon…

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Ce livre débute par une question posée par Eva. Dès la lecture de cette phrase, je savais que j’allais aimer ce livre et je n’ai clairement pas été déçue. J’ai adoré découvrir les aventures de ces quatre amis. Lorsqu’on lit les premiers chapitres, on n’imagine pas un seul instant tous les obstacles qui vont se dresser sur le chemin de Sylvie, Eva, Lucien et Benedict. On se dit que leur amitié connaîtra, certes, des hauts et des bas mais qu’en règle générale, ils sont tellement proches que rien ne pourra les séparer. Dès les premières lignes, on ressent ce lien très fort entre les quatre personnages et on se sentirait presque jaloux de ne pas faire partie de la bande. Mais au final, le lecteur est vraiment plongé au cœur de l’intimité de ces jeunes anglais et on se dit qu’on fait partie de leur cercle, nous sommes le cinquième membre, celui qui observe et qui n’agit pas. L’auteure arrive à nous plonger totalement dans l’ambiance de son livre. Lors des vacances à Corfou, on sentirait presque le soleil sur notre visage. Lorsque Eva marche dans les rues de Londres, on visualise clairement la grisaille et on est à la limite de sentir les gaz d’échappements. C’est prodigieux ! Encore mieux, on arrive à ressentir les mêmes émotions que les personnages. Lorsqu’ils jubilent, nous jubilons. Lorsqu’ils pleurent, notre gorge se serre. C’est exactement comme si ces personnages étaient nos amis intimes et que nous partagions tout avec eux. Bref, la plume d’Alice Adams s’est révélée aussi habile qu’addictive. J’ai hâte de lire d’autres de ses œuvres !

Le mail qu’il avait reçu d’Eva ce matin-là – événement de plus en plus rare – n’avait fait que souligner ce décalage. Le tableau qu’elle brossait de sa vie était, comme toujours, trépidant : gros contrats, grosses fiestas. Elle parlait de Sylvie mais pas de Lucien, poussant Benedict à se demander si elle le voyait encore. Le mail lui avait semblé envoyé par une étrangère. Il ne contenait aucun des clins d’œil qu’ils avaient coutume d’insérer dans leurs messages pour montrer que rien n’avait changé.

En ce qui concerne les quatre personnages principaux, je me suis attachée à chacun d’eux. Eva est une jeune femme ambitieuse et déterminée. Elle sait ce qu’elle veut et elle va faire tout ce qui est en pouvoir pour arriver à ses fins, quitte à mettre un peu de côté sa vie personnelle. Eva est sûrement la protagoniste que j’ai le plus appréciée car je me suis sentie proche d’elle. C’est toujours mieux quand on arrive à s’identifier au personnage d’un roman car on s’attache immédiatement à lui/elle. Bien sûr, si j’ai adoré Eva, j’ai également apprécié Sylvie qui n’a pas choisi le mode de vie le plus simple mais qui se nourrit principalement de ses rêves et de ses passions. Bien qu’elle ait des difficultés financières, elle ne baisse pas les bras et espère qu’un jour elle vivra de son art. Tout le monde n’a pas le cran de faire ça ! D’ailleurs, Sylvie démontrera par la suite toute l’étendue de son courage. Dans les derniers chapitres, on ne peut être qu’admiratifs face à cette femme. En revanche, on n’a plus de mal à glorifier les prouesses de Lucien ! Certes, ce personnage est attachant car il fait partie de la bande. Mais il est plutôt désespérant ! On aimerait qu’il s’en sorte et qu’il fasse quelque chose de bien dans sa vie. Il joue les gros durs, mais on se rend finalement compte que sous sa carapace, il peut se montrer désorienté voire complètement paniqué quand la vie lui met des bâtons dans les roues. C’est ce qui fait son petit charme. Enfin, Benedict est sûrement la personne la plus raisonnable de la bande. Il veut avancer dans la vie. Il ne se laisse pas abattre par les événements et finit toujours par retomber sur ses pattes. J’ai beaucoup aimé ce personnage.

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L’histoire en elle-même est simple. Oui, voilà. Il n’y a pas d’autres mots. Elle est simple. C’est l’histoire d’une vie, il n’y a rien d’extraordinaire. Pas de magie, pas de surnaturel, pas de péripéties tirées par les cheveux, pas de retournements de situation qui n’arrivent que dans livres. Tout semble tellement vrai qu’on ne peut lire ce livre qu’avec grand intérêt. On se dit : et si c’était moi ? Tous les rebondissements sont extrêmement crédibles et pourraient arriver à n’importe qui. C’est sûrement pour cela que le livre est si passionnant ! De plus, le fait que l’on suive les protagonistes de la fac jusqu’à leur quarante ans rend cette lecture plus pertinente, plus concrète. Le temps passe et on ne peut pas y échapper. Je dirais même que c’est la morale de ce livre. Faites les bons choix, suivez votre cœur car la vie ne vous offrira pas de seconde chance. En fait, Un été invincible nous apprend à ne pas avoir de regrets. Vivons donc notre vie à fond !

C’est définitivement la fin d’une époque, pas vrai ? A moins que cette époque ait déjà prit fin sans qu’on s’en soit rendu compte. Tu vas me manquer, Benedict. D’une façon bizarre, je crois que tu me manques déjà même si tu es juste là à côté de moi. 

Si je devais formuler un petit point négatif, je dirais que quelques passages m’ont déroutée. Eva étant dans le monde de la finance, certains paragraphes se concentrent sur l’univers de la Bourse et des traders. Par conséquent, on peut se trouver face à des phrases un peu compliquées qui peuvent casser le rythme de notre lecture et qui ne nous apportent pas grand chose pour l’histoire en elle-même. Si l’on s’y connaît, il n’y a aucun problème. Mais si pour nous la Bourse est un univers totalement abstrait, ces petits passages se révèlent frustrants. On ne comprend pas ce qu’on lit. Même remarque pour les travaux de Benedict ! L’accélérateur de particules, j’en ai entendu parler dans la série Flash, mais je ne suis pas sûre que ce soit la meilleure des références scientifiques hahaha ! Je ne peux pas dire que ces points négatifs m’aient gâché la lecture. Je voulais juste les mentionner pour justifier le fait que je n’ai pas mis 20/20.

Enfin, pour finir sur une bonne note, j’ai trouvé la couverture très jolie. Elle est comme l’histoire : simple. Elle est simple et sobre et pourtant elle est irrésistiblement attractive ! Si j’avais vu ce livre dans une librairie, je me serais sans aucun doute approcher pour lire le résumé.

En bref, j’avais compris dès les premières lignes que j’allais aimer ce livre mais je ne pensais pas l’adorer autant ! Je me suis attachée aux quatre protagonistes et j’ai apprécié suivre leurs aventures au fil de la vie. J’ai aussi aimé le fait que ce livre est très concret. Tous les événements sont crédibles et ils sont en plus ancrés dans notre réalité historique (l’attentat du 11 septembre est mentionné, tout comme la crise économique de 2007). Je suis ravie d’avoir découvert la plume d’Alice Adams et j’ai hâte de lire d’autres de ses œuvres.

Note : 18/20
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A la fac, la situation était différente ; ils se voyaient tous presque quotidiennement, si bien qu’il y avait toujours quelqu’un pour remarquer si vous aviez des ennuis, et comme ils menaient le même genre de vie leurs désaccords ne semblaient pas tirer à conséquence. Cette période avait été la plus heureuse de son existence, elle s’en rendait compte à présent : un foyer stable, un réseau d’amis, un avenir plein d’espérances et de promesses.

Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils – Jacques Expert

Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils

Résumé : 

« Quand son fils meurt, renversé par un chauffard qui a pris la fuite, Antonio Rodriguez jure à sa femme qu’il le vengera. Tandis que l’enquête piétine, il finit par découvrir le meurtrier, un cadre supérieur de sa propre entreprise dont l’attitude lui paraît très suspecte. Pourtant, un jour, les gendarmes l’informent qu’ils viennent d’arrêter le coupable. Les preuves sont formelles, l’homme est passé aux aveux. Mais ce n’est pas le même individu. Dans ce roman à quatre voix – Antonio et sa femme, Sylvia, l’assassin et son épouse –, se noue un ballet macabre, autour du thème de l’autodéfense : qui Antonio Rodriguez va-t-il tuer ce soir ?
Jacques Expert a longtemps hésité entre deux fins pour clôturer ce roman. Il a dû trancher pour l’édition imprimé. Aujourd’hui nous vous proposons ces deux alternatives, à vous de choisir… »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier le Livre de Poche pour l’envoi de ce livre. L’avantage de cette édition numérique, par rapport à la version papier, est que l’on pouvait choisir sa fin. A un certain moment, on vous demande de faire un choix entre la fin n°1 et la fin n°2. Vous pouvez bien sûr lire les deux ! Cette fin alternative est un vrai atout pour ce livre qui est déjà, à la base, un chef d’oeuvre.

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Il est tard. Jean-Pierre Boulard se décide enfin à rentrer chez lui après un début de soirée arrosé. Il sait que sa femme va lui en vouloir et va lui reprocher son retard. Mais il s’en fiche, cela fait bien longtemps qu’il ne l’aime plus, cette peau de vache. L’esprit embrumé par l’alcool et les tracas familiaux, cet homme ne va pas remarquer la présence du jeune Victor qui est à vélo sur cette même route. Il va le heurter de plein fouet. L’enfant sera retrouvé le lendemain, dans le fossé. Mort. Si la personne qui l’avait percuté s’était arrêté et avait pris la peine d’appeler les pompiers, il serait en vie. C’est ce qu’un des gendarmes déclare à Antonio, le papa de Victor. A partir de ce jour-là, la vie de la famille Rodriguez bascule. Sylvia, la mère, ne demande qu’une chose : que son fils soit vengé. Elle demande à son mari de tuer l’assassin de leur fils. Ce sale type doit mourir. Il n’a pas le droit de vivre alors que leur petit Victor lui, est mort dans d’atroces souffrances. Antonio se met à enquêter, en parallèle de la police qui ne donne pas beaucoup de résultat. Pour lui, l’attitude de son supérieur, un certain monsieur Boulard, est suspecte. Il n’est pas aussi compatissant avec lui que les autres gars de la boîte. Et il a remplacé un feu avant qui était brisé. Et il a des traces de peinture rouge – la couleur du vélo de Victor – sur sa carrosserie. Tout concorde. Mais… alors qu’Antonio s’apprête à passer à l’action, les gendarmes appellent les Rodriguez et les informent que l’assassin de leur fils, Mr. Demay, vient d’être arrêter. Où se cache la vérité ?

Il aimait ce bonheur simple : sa femme occupée à la cuisine et les rires complices de ses enfants qu’il devinait, depuis leur chambre toute proche, malgré la porte tirée. A présent, Sylvia se force toujours à ranger la cuisine mais lui ne supporte plus l’activité obstinée de sa femme ni le silence pesant qui s’échappe de la chambre muette de son fils.

J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce livre. Dès les premières pages, je me suis attachée à Antonio et Sylvia Rodriguez, ces deux parents qui viennent tout juste de vivre un drame. Leur famille a été brisée et ils veulent se venger. C’est le seul moyen pour eux de retrouver un semblant de normalité. Ils ne peuvent pas vivre dans un monde où l’assassin de leur fils respire et profite des joies de la vie ! On ne peut être que compatissants face à ses deux personnages. On essaie de se mettre à leur place et on imagine à quel point ils doivent être meurtris par les récents événements. On comprend leur tristesse, à la différence de ce cher Monsieur Boulard qui en a assez que ses employés se montrent trop démonstratifs avec Antonio. Je crois que je n’ai jamais autant haï un personnage dans une de mes lectures. Je n’ai même pas de mot pour décrire cet homme. C’est un assassin. Ce sale type a tué un enfant. Et pourtant, il arrive bien vite à oublier ce qu’il a fait. Il dit même à un moment que s’il ne repassait devant la « scène du crime » tous les jours pour aller travailler, il aurait déjà oublié tout ça depuis un bout de temps. Le pire, (car oui, il y a pire) c’est que cette ordure dit qu’il n’y ait pour rien. Comme si cela ne suffisait pas, ce personnage se comporte d’un façon terriblement odieuse avec sa femme. D’ailleurs, il ne se prive pas de l’appeler « la salope ». C’est charmant. Je n’ai rien aimé chez ce personnage. Rien. Rien du tout. J’espérais que Antonio allait découvrir la vérité et qu’il n’allait pas tuer Demay, mais bien Boulard, cet homme sans cœur qui a tué un enfant et qui n’exprime même pas une once de regret.

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J’ai donc aimé les personnages, mais j’ai bien évidemment aimé l’histoire. Elle est intense. On tourne chaque page avec appréhension en se demandant si la vérité va enfin éclater ou si un nouveau mensonge va venir s’ajouter à la pile. On a envie de connaître le dénouement sans attendre ! En fait, on aimerait lire le livre d’une seule traite. Mais bon, il faut bien garder un peu de suspens, non ? Ce suspens est d’ailleurs doublé lorsqu’on se retrouve face une page où il est écrit que nous devons faire un choix. On doit alors sélectionner quelle fin nous souhaitons lire. J’ai décidé de lire les deux pour connaître les deux issues que l’auteur avait imaginé. J’ai commencé avec la fin n°2 (ne me demandez pas pourquoi) et j’ai été tellement déçue ! L’histoire est toujours aussi palpitante et le style de l’auteur était toujours aussi entraînant, ça il n’y a pas de doute là-dessus. Mais je me suis retrouvé face au dénouement que je craignais. J’ai donc lu la fin n°1 en toute hâte et là, j’ai eu ce que je voulais ! Le fait d’avoir le choix entre deux fins pour une histoire est vraiment très ingénieux. Je pense que tous les lecteurs y trouveront leur compte. Et puis, on a l’impression de participer à l’élaboration de l’histoire avec l’auteur. C’est excitant, il faut bien le dire !

Les gars se sont soudain déchaînés. Ils m’ont pris à témoin et j’ai été bien obligé d’acquiescer avec eux, et d’espérer que les flics chopent « ce fumier ». Qu’est-ce que j’aurais pu faire d’autre, sinon participer à cette explosion de colère ? Franchement, ce déferlement écœurant de haine ne fait pas honneur à l’espèce humaine et je ne peux m’empêcher de me demander comment ils auraient réagi à ma place, ces gueulards.

Enfin, en ce qui concerne le style de l’auteur, j’ai été très agréablement surprise. Les romans policiers ou les thrillers français me font rarement vibrer. De plus, j’étais tombée une fois sur l’adaptation cinématographique de ce livre et je n’avais pas vraiment accroché. Or en lisant cette oeuvre, je me suis prise une grand claque ! La plume de Jacques Expert est très agréable à lire. Elle est fluide et les dialogues ne sonnent pas faux. L’auteur nous entraîne dans son histoire macabre sans aucun problème et on se retrouve plongé au cœur de l’intrigue. J’ai hâte de lire d’autres de ses livres !

En résumé, Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils est une lecture dont on ne peut pas ressortir indemne. Tantôt choqué, tantôt bouleversé, on se surprend à encourager Antonio dans sa quête de vengeance. Dans cette version avec fin alternative, le lecteur peut choisir le dénouement de cet histoire et c’est une très très bonne idée. Je vous conseille ce livre si vous ne l’avez pas encore lu !

Note : 20/20
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Ne pensez surtout pas que je sois un être insensible, mais mettez-vous à ma place, je ne suis pas un monstre quand même !

Métro 2033 – Dmitry Glukhovsky

Couverture Métro 2033

Résumé :

« 2033. Une guerre a décimé la planète. La surface, inha­bitable, est désor­mais livrée à des monstruo­sités mutantes. Moscou est une ville aban­don­née. Les survi­vants se sont réfu­giés dans les pro­fon­deurs du métro­politain, où ils ont tant bien que mal orga­nisé des micro­sociétés de la pénurie. Dans ce monde réduit à des stations en déli­quescence reliées par des tunnels où rôdent les dan­gers les plus insolites, le jeune Artyom entre­prend une mission qui pour­rait le conduire à sauver les derniers hommes d une menace obscure… mais aussi à se découvrir lui-même à travers les rencontres improbables qui l’attendent. »

Mon avis :

Je remercie tout d’abord Babelio et le Livre de Poche pour l’envoi de ce livre. Le résumé de Métro 2033 me donnait vraiment envie. Le monde post-apocalyptique a été traité à toutes les sauces dans de nombreux livres et celui-ci avait un petit quelque chose de différent : tout le monde vit dans le métro, personne ne remonte à la surface. Je pensais sincèrement que ce roman allait me plaire. De plus, j’avais lu quelques chroniques avant de le sélectionner pour la masse critique, et si certaines personnes déploraient quelques longueurs, la majorité des lecteurs avait été conquise. J’avais donc hâte de me lancer. Cependant, j’ai du lutter contre l’ennui et la déception pour continuer cette lecture. J’ai voulu faire un effort car je me disais que toutes ces critiques devaient être justifiées et qu’une bonne surprise m’attendait quelque part… j’ai fini par rendre les armes au bout de 376 pages (sur 864).

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Artyom est un jeune russe qui a survécu à l’apocalypse nucléaire. Tout comme d’autres moscovites, il vit maintenant dans le métro et survit en se nourrissant de champignons et de porcs élevés sur place. Sa mère est morte, dévorée par les rats, lorsqu’il était enfant. Un soldat l’a sauvé et s’est occupé de lui comme de son propre fils. Artyom n’est donc pas le plus à plaindre. Il a un « père », des amis, à boire et à manger. Mais tout n’est pas rose dans le métro. En effet, certains ont profité de l’ambiance chaotique d’après-guerre pour établir leurs lois. Certaines stations sont passées sous le joug néo-nazi. D’autres subissent l’influence de communistes très à cheval sur leurs idéaux. Mais il existe des stations où tout le monde rêve d’aller, comme Polis. C’est là-bas que se concentre la culture et le savoir de l’ancien monde, celui qui les attend à la surface. Mais Artyom et les autres habitants de VNDKh n’ont pas le temps de rêvasser. En effet, ils doivent faire face à des attaques ponctuelles de Noirs. Personne ne sait qui ils sont. Ils n’ont pas l’air humain, ce sont juste des créatures effrayantes. Il y a également ces tunnels, entre les stations, que personne n’ose prendre sous peine de devenir fou à lier. Bref, mieux vaut rester au coeur de VNDKh pour ne courir aucun danger. Mais Artyom va devoir affronter ses peurs pour accomplir la mission qu’un homme lui a confié.

Lorsqu’on lit le résumé, on s’attend à quelque chose de palpitant, on s’attend à de nombreuses aventures excitantes qui nous emmèneront dans les profondeurs du métro moscovite. Cependant, un petit détail m’a tout de suite dérangé : c’est long et lent. Pour nous donner une simple information, parfois insignifiante, un personnage va nous raconter une histoire de deux ou trois pages. A vrai dire, je perdais souvent le fil et je devais regarder quelques pages en arrière pour me rappeler de quoi on parlait. Après avoir lu plus de trois cent pages, je me suis posée une question : est-ce que j’ai eu l’impression de vivre de palpitantes aventures aux cotés d’Artyom ? Clairement, non. Même lorsqu’il se passe quelque chose d’intéressant, le tout est enveloppé dans un contexte tellement long à décrire que ça en devient lassant. Je tournais chaque page avec un peu plus de difficultés. Je m’ennuyais énormément. Je n’ai pas voulu abandonner, alors je me suis forcée. A l’arrivée d’Hunter, j’ai cru que les choses allaient enfin bouger. C’est un personnage que j’ai apprécié mais qui s’éclipse malheureusement bien trop rapidement. Puisqu’il confie une mission à Artyom, je me suis dit que l’action allait véritablement commencer. Mais je n’ai pas été emballée par la suite non plus… J’ai mis trois semaines pour lire 374 pages. C’est ridicule et j’ai perdu mon temps. Je crois que ce livre n’était tout simplement pas fait pour moi. Le style de l’auteur n’était pas ma tasse de thé. Les phrases étaient trop longues et trop compliquées. Il fallait que je reste concentrée, vraiment, vraiment, vraiment concentrée pour comprendre ce que je lisais.

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Quant aux personnages, je ne me suis attachée à aucun d’eux. Je n’ai pas aimé Artyom. J’ai eu du mal à cerner son personnage. Il ne sait pas vraiment ce qu’il veut. Un coup il est content, un coup il n’est pas content. Je n’ai pas non plus aimé sa façon de se comporter avec les autres. Il a toujours quelque chose à leur reprocher, mais il faut bien avouer que lui non plus n’est pas un ange. L’avantage avec lui, c’est son prénom : court et simple à retenir. Quand on n’est pas habitué aux noms russes, ce livre peut se révéler un peu compliqué. Par exemple, en ce qui concerne les noms (à rallonge) des stations, j’ai eu beaucoup de mal à tout retenir. Je me souvenais de VNDKh et Polis, les plus simples. Mais pour les autres… je serais incapables de vous dire où sont les nazis, où est la Hanse et quelles stations composent la Ligne Rouge. Les noms sont trop compliqués et non traduits (bon ça, c’est normal) mais, du coup, on ne comprend pas leurs significations. C’est dommage. Il en est de même pour les personnages. Je ne retenais pas tous les prénoms et quand Artyom faisait référence à l’une de ses connaissances passées j’étais un peu perdue.

Enfin, il y a un petit quelque chose qui m’a fait tiquer. Certains vont peut-être dire que j’exagère, pourtant je ne suis pas du genre à chercher un sens caché dans chaque petite phrase. Le fait que les « méchants », ces êtres effrayants que tout le monde redoute, s’appellent des Noirs, m’a dérangé. L’auteur aurait pu utiliser tout un tas de qualificatifs, mais non il a choisi les Noirs. C’est discutable comme choix à mon avis. Plus loin dans le livre, Artyom croise une personne d’origine arabe. Plutôt que de dire qu’il parle avec un accent ou je ne sais quoi d’autre, il « écrit » son accent, dans le genre « misieur, pourquoi ti es là ? ». Hm. Je ne trouve pas ça très utile. C’est même légèrement insultant. Mais bon, je cherche peut-être la petite bête, histoire de m’acharner un peu plus sur ce livre qui a été une immense déception pour moi.

Donc en résumé, rien ne m’a plu dans Métro 2033. L’histoire était loin d’être captivante, les personnages m’ont agacée et la plume de l’auteure m’a ennuyée. Je n’ai pas pu aller au bout de ce livre et je le regrette. Peut-être qu’une bonne surprise m’attendait par la suite. Mais je ne pouvais plus perdre mon temps à essayer de lutter pour ne pas m’endormir à chaque fois que je tournais une page. Quand je vois tout l’engouement qui a suivi la sortie de ce livre, je me dis que ce livre n’était tout simplement pas fait pour moi. Je me suis sûrement sentie trop oppressée dans ce métro moscovite… (pas de lecture intégrale, pas de note)

Note : –/20
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Chroniques d’une princesse machiavélique, tome 1 : Sans Valentin – Lily B. Francis

Couverture Chroniques d'une princesse machiavélique, tome 1 : Sans valentin

Résumé :

« Agnès n’en revient pas. Le voile du déni vient de se lever et elle réalise qu’elle est toujours amoureuse de son meilleur ami le magnifique Phoebus Rolland. Ce serait le début d’une superbe histoire d’amour s’il n’était pas en couple depuis 7 ans ! Tant pis, Agnès tente le tout pour le tout. C’est fun, c’est frais, c’est fou sauf qu’elle oublie complètement que si elle sème le vent, elle récoltera la tempête ! »

Mon avis :

Je remercie l’auteure, Lily B. Francis, de m’avoir envoyé les deux tomes des Chroniques d’une princesse machiavélique. Dès que j’ai reçu la proposition de partenariat, j’étais séduite. Le titre, la couverture et le résumé du livre me donnaient vraiment envie. Au final, ce livre a répondu à toutes mes attentes et j’ai passé un super moment de lecture.

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Pour fêter le Nouvel An 2016, Agnès Thomson-Shirt et sa bande d’amis décident de se rendre à Las Vegas. Toutes les folies sont permises pour ses riches et beaux héritiers, ils comptent bien profiter de leur soirée en buvant jusqu’à plus soif et en dansant jusqu’au petit matin. L’année qui vient de s’écouler ne les a pas épargnés et chacun a du faire face à des problèmes familiaux ou des peines de coeur. Cette soirée leur fera le plus grand bien. Mais alors que la fête bat son plein, Agnès a comme une révélation. Il est là. Oui, c’est lui, elle en est certaine. Son âme sœur se tient debout, là, devant elle. Le meilleur dans tout ça, c’est que ce n’est pas un inconnu : c’est son meilleur ami, Phoebus (dit Phoeb) Rolland. Agnès se demande comment elle a pu ne pas s’en rendre compte plus tôt… En tout cas, maintenant qu’elle le sait, elle ne va pas se priver de lui dire. Elle espère bien que ses sentiments seront réciproques et qu’ils vivront une histoire d’amour passionnée et éternelle. Bon. Il y a un tout petit, tout riquiqui, vraiment infime problème : Phoeb est en couple avec une jolie colombienne, Esméralda, depuis sept ans. Ils ont une maison, un chat, une petite vie de couple bien rangée. Seulement, Agnès est certaine que Phoeb partage ses sentiments. S’il s’est mis avec Esmé, c’est parce qu’il pensait qu’il n’était qu’un ami pour Agnès. Bien que stressée, elle a hâte de faire le grand saut et de lui dire enfin ce qu’elle ressent. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu. Le soir de sa grande déclaration, Phoeb va lui annoncer une nouvelle absolument catastrophique. Agnès va devoir rivaliser d’ingéniosité pour enfin lui faire comprendre ce qu’elle ressent. Cependant elle est loin d’imaginer que ses agissements vont bouleverser toute une bande d’amis et les tensions auront des conséquences aussi désastreuses qu’inattendues.

Phœbus Rolland le magnifique lui avait préféré Esméralda. Il avait préféré la mystérieuse Colombienne à elle le génie, la prétentieuse princesse du lycée.
Tous applaudissaient le tour que l’Univers venait de lui jouer, tous riaient de son malheur et pas une âme dans le lycée n’eut envie de la plaindre.

Ce que je vais dire est paradoxal : j’ai détesté le personnage principal mais j’ai adoré ce livre. En effet, bien qu’Agnès m’ait exaspérée et même agacée au plus haut point, j’ai adoré suivre le déroulement de cette histoire car, bien plus qu’Agnès, c’est tout une bande de potes que l’on suit. J’ai apprécié le fait qu’ils soient amis depuis des années et qu’ils aient appris au fil du temps comment ils devaient agir avec telle ou telle personne. Ils se connaissent tous vraiment bien et leur amitié m’a fait chaud au coeur. En fait, on se sent comme un membre à part entière de cette petite clique. On partage leurs aventures, leurs doutes, leurs peines et leurs joies. Et puis, il faut bien avouer qu’on ne s’ennuie pas avec eux! Il y a toujours un rebondissement là où on ne l’attend pas. Si j’ai aimé cette bande d’amis, c’est également parce qu’ils étaient, en quelque sorte, ligués contre Agnès. Cette princesse machiavélique s’apprêtait à détruire perfidement une belle histoire d’amour et ils allaient tout faire pour l’en empêcher. Ils le faisaient, certes, pour protéger Esmé et Phoeb. Mais pour être honnête, j’ai senti qu’ils le faisaient également pour protéger Agnès de ses propres démons car elle était sur le point de perdre son meilleur ami et de faire ressortir toute la noirceur de son âme. A mon humble avis, ce qu’ils ont fait était le bon choix.

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Pour en revenir à Agnès, j’ai été déçue de son personnage. Au début, je l’aimais beaucoup et même si je croyais peu à son histoire avec Phoeb, je me disais qu’une bonne surprise l’attendait peut-être. Le soir où elle devait faire sa déclaration à Phoeb, celui-ci lui vole en quelque sorte la vedette et lui fait une annonce qui va mettre un terme à toutes ses espérances. Du moins, c’est ce que je pensais. Elle déprime pendant quelques jours puis reprend ses esprits et compte bien mettre son plan à exécution. Je peux comprendre sa douleur et son amertume envers Esmé, mais là, je l’ai juste trouvé complètement folle. Je vous jure quand il dit, en gros, « Je sais que Phoeb est amoureux de moi, j’en suis sûre, mais il ne s’en est pas encore rendu compte », j’avais envie de hurler! Non, il ne t’aime pas, tu dérailles complètement ma pauvre dame! C’est vrai que j’avais pitié d’elle au départ, je me disais vraiment que c’était sur le coup de la douleur qu’elle réagissait comme ça. Mais non, madame est une petite princesse qui pense que le monde doit tourner autour d’elle et qu’il ne doit jamais la contredire. A un moment, elle hurle « Excuse-moi si je suis riche, belle, et populaire ». OK, alors excuse-moi si j’ai envie de te frapper violemment. Je pense que ce personnage mérite ce qui lui arrive et j’avoue que j’avais un petit plaisir malsain à découvrir tout ce qui lui tombait dessus au fil des pages! En revanche, je me suis beaucoup attachée à Phoeb et à Billy. Ces deux personnages n’ont rien demandé à personne et pourtant, ce sont eux qui souffrent le plus.

Arrête Julie, Agnès est pathétique. Elle se prélasse dans le passé au lieu d’avancer, et Phoeb est son excuse pour ne pas réussir sa vie. Je pense qu’elle va se prendre un vent et qu’on devra encore recoller les morceaux. Cela dit, je t’adore Agnès ! finit-elle avec un petit rire énervant.

Enfin, en ce qui concerne le style de l’auteur, j’ai totalement adhéré! Le style est fluide, léger et agréable à lire. Les dialogues tiennent la route et mettent beaucoup de rythme dans ce livre. Si je devais trouver un petit point négatif, je dirais qu’à deux reprises, j’ai trouvé le temps un petit peu long : la première fois c’est lorsque les membres des Belles sont décrites une par une (trop d’informations d’un coup, trop d’énumérations, je n’ai pas retenu toutes les informations) et la seconde fois, c’était lors d’un flash-back, le jour où Phoeb a déclaré sa flamme à Esméralda. J’ai trouvé que le passage où Esmé discutait avec ses frères et sœurs était un peu long et, à mon avis, pas franchement utile. Mais ce ne sont que deux petits détails, le livre m’a conquise dans son ensemble et c’est avec plaisir que je me lancerai dans le tome 2.

En résumé, j’ai adoré découvrir les aventures de cette bande d’amis. Si l’histoire se concentre autour d’Agnès et de Phoeb, c’est bien un large groupe de personnes qui subit les conséquences de leurs actes. J’ai apprécié me retrouver au coeur de ce groupe grâce à la plume habile de Lily B. Francis. Le style est léger, c’est donc une lecture idéale si on veut simplement se vider la tête et se divertir! Je vous conseille vivement ce livre.

Note : 17/20
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L’amour frappe lorsque l’on s’y attend le moins. Souvent avec violence comme un coup de poing en plein ventre. Toujours avec justesse, telle une flèche d’une précision chirurgicale qui atteint et transperce le coeur, là, en plein milieu. C’est douloureux, c’est électrique, c’est magique. Et il est étrange de se dire qu’un si bref instant peut changer la vie à jamais.

Encore – Hakan Günday

Couverture Encore

Résumé :

« Gazâ a neuf ans et vit sur les bords de la mer Égée. Il travaille avec son père Ahad, passeur de clandestins. Ils entreposent dans un dépôt les individus qui viennent de parcourir plusieurs milliers de kilomètres. Un jour, Gazâ cause la mort d’un jeune Afghan. Dès lors, le garçon ne cesse de penser à lui et conserve précieusement la grenouille en papier qu’il lui avait donnée – ce qui ne l’empêche pas de devenir le tortionnaire des clandestins qui ont le malheur de tomber entre ses mains. Un soir, tout bascule, et c’est désormais à Gazâ de trouver comment survivre… »

Mon avis :

Je remercie tout d’abord les éditions Livre de Poche pour l’envoi de ce livre.

Lorsque je parcourais la sélection du mois, aucun titre ne m’a sauté aux yeux. J’ai du lire chaque résumé afin de faire mon choix et Encore s’est démarqué. C’est la première fois que j’avais l’occasion de lire une oeuvre qui traitait de la crise des migrants. C’est pourtant un sujet inévitable dans notre société actuelle… Je me suis alors dit que c’était important, qu’il fallait absolument que je découvre ce livre. D’autant plus qu’il est écrit du point de vue d’un jeune garçon turc, c’est-à-dire un enfant vivant entre l’enfer que les migrants cherchent à fuir et le paradis qu’ils espèrent trouver.

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Gazâ est un jeune turc qui vit seul avec son père, Ahad. A première vue, c’est un garçon ordinaire. Il va à l’école et a de bonnes notes. Cependant, lorsqu’il n’est pas à l’école, il doit travailler aux côtés de son père. Cela ne pourrait être qu’un détail, qu’un élément qui montre que Gazâ et Ahad ne croulent pas sur l’or. Mais c’est plus que ça, bien plus que ça. Ahad est passeur de clandestin. Il prend en charge des êtres humains qui ont tout quitté dans leur pays par désespoir et qui espèrent trouver une vie meilleure en Europe. Entre deux transports, les migrants sont parqués dans un entrepôt, près de la maison de Gazâ. Très vite, le garçon se voit confier des responsabilités. C’est lui qui doit surveiller la marchandise et s’assurer qu’elle reparte en bonne état. Il doit distribuer – ou plutôt, vendre – l’eau et la nourriture. A seulement neuf ans, il sait qu’il peut exercer un certain pouvoir sur ces gens qui sont, malgré leur âge, plus faibles que lui. Il sait également, par expérience, qu’il a le pouvoir de vie ou de mort… Bien qu’il soit habitué à cette situation, il voit arriver la fin du collège comme un soulagement. Faisant partie des cents meilleurs étudiants de Turquie, il peut prétendre à un bon lycée. Il va enfin pouvoir échapper à cet enfer. Enfin, c’est ce qu’il croyait…

C’est ainsi que cette année-là, à peine sorti de l’école, je devins passeur de clandestins. A 9 ans… ça ne changeait pas grand-chose. J’étais déjà le fils d’un passeur.

Mon avis sur ce livre est, dans l’ensemble, très positif. Du début à la fin, j’ai été complètement happée par l’histoire de Gazâ, même si au final, je me rends compte que j’ai détesté ce personnage. Il est vrai que si le jeune garçon est aussi odieux, c’est à cause du métier de son père. Cependant, cela ne l’excuse pas pour toutes les horreurs qu’il a commises de son propre chef. A vrai dire, Gazâ m’a vraiment mis mal à l’aise. Son état psychologique est assez désastreux et, puisque c’est lui qui raconte son histoire, nous avons accès aux recoins les plus sombres de sa conscience. Parfois, c’est très dur. Certains passages sont clairement écœurants. Je n’ai pas non plus aimé la façon dont ce personnage évoluait. Attention, je dis que Gazâ est un personnage que j’ai détesté, mais cela ne veut pas dire que j’ai détesté découvrir son histoire. C’est juste que ce personnage me perturbe vraiment et je n’ai pas ressenti la moindre sympathie ni pitié à son égard. En fait, je me rends compte que je ne me suis attachée à aucun personnage, je les ai tous trouvé odieux. A la limite, je pourrais dire que j’ai apprécié Felat et Cuma, deux personnages importants qui brillent par leur absence…

Je pense qu’il était dingue. En fait, je crois qu’ils étaient tous dingues. Tous ces Ouzbeks, Afghans, Turkmènes, Maliens, Kirghizes, Indonésiens, Birmans, Pakistanais, Iraniens, Malais, Syriens, Arméniens, Azéris, Kurdes, Kazakhs, Turcs, tous… Il faut être fou pour pouvoir supporter tout ça.

D’ailleurs sur ce point, j’étais un peu déçue. Cuma, ce jeune afghan dont on parle dans le résumé, semble occuper une place prépondérante dans l’histoire. La petite grenouille en papier qu’il donne à Gazâ se retrouve même sur la couverture. Pourtant, en lisant ce livre, je n’ai pas compris pourquoi Cuma était mis autant en avant. D’accord, Gazâ pense à lui, ponctuellement, tout au long du livre, mais de là à en faire un élément central du résumé… Je ne sais pas, je reste perplexe sur ce personnage. A la limite, Rastin m’aurait semblé plus important. Il est plus présent et fait partie d’un grand projet mené par Gazâ. Ce serait plus légitime de le mettre en avant.

Je hais l’espoir, cette calamité qui fait rêver les enfants les plus désemparés !

En ce qui concerne l’histoire en elle-même, elle m’a captivée. Dès les premières lignes, j’étais très intéressée par le récit de Gazâ. En tant qu’Européens, on ne connait que peu de choses des migrants. On voit au journal leur arrivée en bateau en Grèce, ou leur vie dans les bidonvilles de Calais. C’était donc assez intriguant, et même effrayant de découvrir « l’envers du décor » et toutes les épreuves que ces gens doivent traverser avant d’atteindre leur objectif final. On en apprend plus sur cette micro-économie qu’est le trafic d’êtres humains. C’est vraiment affolant de voir que les personnages en apparence respectables sont souvent les plus abjectes. Puis, à partir de la deuxième partie, nous suivons Gazâ dans sa quête de rédemption et dans sa découverte approfondie de l’espèce humaine (mais je ne vous en dévoilerais pas plus pour ne pas vous spoiler). J’avoue qu’à un moment, je me suis demandé pourquoi il me restait encore 200 pages à lire puisque le « principal problème » était réglé. Au final, cette partie ne m’a pas déçue par son contenu, mais le rythme étant moins soutenu, je l’ai trouvé un peu plus ennuyante. Quant à la toute fin du livre… Je suis extrêmement frustrée! Je ne m’attendais pas du tout à ça et pour être honnête, j’aurais préféré que l’histoire s’arrête quelque pages avant.

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Le style de l’auteur m’a bien plu en général. Je n’ai pas eu un coup de coeur pour la plume de Hakan Günday, mais elle n’en est pas moins agréable à lire. Malgré les sujets abordés, qui sont souvent lourds ou dérangeant, le style reste fluide et plutôt simple à lire. En revanche, à certains moments j’ai trouvé quelques longueurs. Tout un paragraphe de périphrases pour décrire une sensation par exemple. C’est le genre de choses que je n’apprécie pas puisque je suis (malgré moi) dépourvue de toute fibre poétique. Quand je vois ce genre de répétitions, ça me fait un peu penser à Kuzco voyez-vous (Oh, right. The poison. The poison for Kuzco, the poison chosen especially to kill Kuzco, Kuzco’s poison. That poison? – Pardonnez mes références). Donc bon, à certains moment, j’avais tendance à vouloir lire en diagonale pour en revenir à l’essentiel.

En bref, lire un roman de ce genre était une expérience inédite pour moi. Je ne le regrette absolument pas, le style de l’auteur étant agréable à lire et l’histoire étant captivante. Les personnages ne m’ont inspirée aucune sympathie mais j’ai trouvé leurs aventures intéressantes. Ce livre est très instructif et nous fait ouvrir les yeux sur cet immondice qu’est le trafic d’êtres humains. En revanche, quelques petits détails comme des descriptions à rallonge m’ont fait passée à côté d’un coup de coeur. Il n’empêche que ce livre est très émouvant et très bien écrit. Je vous encourage à le lire.

Note : 16/20
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C’est pour cela que nous mangions et avions besoin de manger. De nous dévorer mutuellement, de croquer toutes sortes de choses. Nous en avions besoin. Pour grandir le plus vite possible, crever et laisser la place à d’autres. Pour que commence une nouvelle époque. Ressemblant le moins possible à celle-ci… Parce que nous avions compris qu’il ne sortirait de nous rien de bon.