All Time Readings

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux." – Jules Renard

Catégorie: Partenariat

Métro 2033 – Dmitry Glukhovsky

Couverture Métro 2033

Résumé :

« 2033. Une guerre a décimé la planète. La surface, inha­bitable, est désor­mais livrée à des monstruo­sités mutantes. Moscou est une ville aban­don­née. Les survi­vants se sont réfu­giés dans les pro­fon­deurs du métro­politain, où ils ont tant bien que mal orga­nisé des micro­sociétés de la pénurie. Dans ce monde réduit à des stations en déli­quescence reliées par des tunnels où rôdent les dan­gers les plus insolites, le jeune Artyom entre­prend une mission qui pour­rait le conduire à sauver les derniers hommes d une menace obscure… mais aussi à se découvrir lui-même à travers les rencontres improbables qui l’attendent. »

Mon avis :

Je remercie tout d’abord Babelio et le Livre de Poche pour l’envoi de ce livre. Le résumé de Métro 2033 me donnait vraiment envie. Le monde post-apocalyptique a été traité à toutes les sauces dans de nombreux livres et celui-ci avait un petit quelque chose de différent : tout le monde vit dans le métro, personne ne remonte à la surface. Je pensais sincèrement que ce roman allait me plaire. De plus, j’avais lu quelques chroniques avant de le sélectionner pour la masse critique, et si certaines personnes déploraient quelques longueurs, la majorité des lecteurs avait été conquise. J’avais donc hâte de me lancer. Cependant, j’ai du lutter contre l’ennui et la déception pour continuer cette lecture. J’ai voulu faire un effort car je me disais que toutes ces critiques devaient être justifiées et qu’une bonne surprise m’attendait quelque part… j’ai fini par rendre les armes au bout de 376 pages (sur 864).

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Artyom est un jeune russe qui a survécu à l’apocalypse nucléaire. Tout comme d’autres moscovites, il vit maintenant dans le métro et survit en se nourrissant de champignons et de porcs élevés sur place. Sa mère est morte, dévorée par les rats, lorsqu’il était enfant. Un soldat l’a sauvé et s’est occupé de lui comme de son propre fils. Artyom n’est donc pas le plus à plaindre. Il a un « père », des amis, à boire et à manger. Mais tout n’est pas rose dans le métro. En effet, certains ont profité de l’ambiance chaotique d’après-guerre pour établir leurs lois. Certaines stations sont passées sous le joug néo-nazi. D’autres subissent l’influence de communistes très à cheval sur leurs idéaux. Mais il existe des stations où tout le monde rêve d’aller, comme Polis. C’est là-bas que se concentre la culture et le savoir de l’ancien monde, celui qui les attend à la surface. Mais Artyom et les autres habitants de VNDKh n’ont pas le temps de rêvasser. En effet, ils doivent faire face à des attaques ponctuelles de Noirs. Personne ne sait qui ils sont. Ils n’ont pas l’air humain, ce sont juste des créatures effrayantes. Il y a également ces tunnels, entre les stations, que personne n’ose prendre sous peine de devenir fou à lier. Bref, mieux vaut rester au coeur de VNDKh pour ne courir aucun danger. Mais Artyom va devoir affronter ses peurs pour accomplir la mission qu’un homme lui a confié.

Lorsqu’on lit le résumé, on s’attend à quelque chose de palpitant, on s’attend à de nombreuses aventures excitantes qui nous emmèneront dans les profondeurs du métro moscovite. Cependant, un petit détail m’a tout de suite dérangé : c’est long et lent. Pour nous donner une simple information, parfois insignifiante, un personnage va nous raconter une histoire de deux ou trois pages. A vrai dire, je perdais souvent le fil et je devais regarder quelques pages en arrière pour me rappeler de quoi on parlait. Après avoir lu plus de trois cent pages, je me suis posée une question : est-ce que j’ai eu l’impression de vivre de palpitantes aventures aux cotés d’Artyom ? Clairement, non. Même lorsqu’il se passe quelque chose d’intéressant, le tout est enveloppé dans un contexte tellement long à décrire que ça en devient lassant. Je tournais chaque page avec un peu plus de difficultés. Je m’ennuyais énormément. Je n’ai pas voulu abandonner, alors je me suis forcée. A l’arrivée d’Hunter, j’ai cru que les choses allaient enfin bouger. C’est un personnage que j’ai apprécié mais qui s’éclipse malheureusement bien trop rapidement. Puisqu’il confie une mission à Artyom, je me suis dit que l’action allait véritablement commencer. Mais je n’ai pas été emballée par la suite non plus… J’ai mis trois semaines pour lire 374 pages. C’est ridicule et j’ai perdu mon temps. Je crois que ce livre n’était tout simplement pas fait pour moi. Le style de l’auteur n’était pas ma tasse de thé. Les phrases étaient trop longues et trop compliquées. Il fallait que je reste concentrée, vraiment, vraiment, vraiment concentrée pour comprendre ce que je lisais.

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Quant aux personnages, je ne me suis attachée à aucun d’eux. Je n’ai pas aimé Artyom. J’ai eu du mal à cerner son personnage. Il ne sait pas vraiment ce qu’il veut. Un coup il est content, un coup il n’est pas content. Je n’ai pas non plus aimé sa façon de se comporter avec les autres. Il a toujours quelque chose à leur reprocher, mais il faut bien avouer que lui non plus n’est pas un ange. L’avantage avec lui, c’est son prénom : court et simple à retenir. Quand on n’est pas habitué aux noms russes, ce livre peut se révéler un peu compliqué. Par exemple, en ce qui concerne les noms (à rallonge) des stations, j’ai eu beaucoup de mal à tout retenir. Je me souvenais de VNDKh et Polis, les plus simples. Mais pour les autres… je serais incapables de vous dire où sont les nazis, où est la Hanse et quelles stations composent la Ligne Rouge. Les noms sont trop compliqués et non traduits (bon ça, c’est normal) mais, du coup, on ne comprend pas leurs significations. C’est dommage. Il en est de même pour les personnages. Je ne retenais pas tous les prénoms et quand Artyom faisait référence à l’une de ses connaissances passées j’étais un peu perdue.

Enfin, il y a un petit quelque chose qui m’a fait tiquer. Certains vont peut-être dire que j’exagère, pourtant je ne suis pas du genre à chercher un sens caché dans chaque petite phrase. Le fait que les « méchants », ces êtres effrayants que tout le monde redoute, s’appellent des Noirs, m’a dérangé. L’auteur aurait pu utiliser tout un tas de qualificatifs, mais non il a choisi les Noirs. C’est discutable comme choix à mon avis. Plus loin dans le livre, Artyom croise une personne d’origine arabe. Plutôt que de dire qu’il parle avec un accent ou je ne sais quoi d’autre, il « écrit » son accent, dans le genre « misieur, pourquoi ti es là ? ». Hm. Je ne trouve pas ça très utile. C’est même légèrement insultant. Mais bon, je cherche peut-être la petite bête, histoire de m’acharner un peu plus sur ce livre qui a été une immense déception pour moi.

Donc en résumé, rien ne m’a plu dans Métro 2033. L’histoire était loin d’être captivante, les personnages m’ont agacée et la plume de l’auteure m’a ennuyée. Je n’ai pas pu aller au bout de ce livre et je le regrette. Peut-être qu’une bonne surprise m’attendait par la suite. Mais je ne pouvais plus perdre mon temps à essayer de lutter pour ne pas m’endormir à chaque fois que je tournais une page. Quand je vois tout l’engouement qui a suivi la sortie de ce livre, je me dis que ce livre n’était tout simplement pas fait pour moi. Je me suis sûrement sentie trop oppressée dans ce métro moscovite… (pas de lecture intégrale, pas de note)

Note : –/20
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Chroniques d’une princesse machiavélique, tome 1 : Sans Valentin – Lily B. Francis

Couverture Chroniques d'une princesse machiavélique, tome 1 : Sans valentin

Résumé :

« Agnès n’en revient pas. Le voile du déni vient de se lever et elle réalise qu’elle est toujours amoureuse de son meilleur ami le magnifique Phoebus Rolland. Ce serait le début d’une superbe histoire d’amour s’il n’était pas en couple depuis 7 ans ! Tant pis, Agnès tente le tout pour le tout. C’est fun, c’est frais, c’est fou sauf qu’elle oublie complètement que si elle sème le vent, elle récoltera la tempête ! »

Mon avis :

Je remercie l’auteure, Lily B. Francis, de m’avoir envoyé les deux tomes des Chroniques d’une princesse machiavélique. Dès que j’ai reçu la proposition de partenariat, j’étais séduite. Le titre, la couverture et le résumé du livre me donnaient vraiment envie. Au final, ce livre a répondu à toutes mes attentes et j’ai passé un super moment de lecture.

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Pour fêter le Nouvel An 2016, Agnès Thomson-Shirt et sa bande d’amis décident de se rendre à Las Vegas. Toutes les folies sont permises pour ses riches et beaux héritiers, ils comptent bien profiter de leur soirée en buvant jusqu’à plus soif et en dansant jusqu’au petit matin. L’année qui vient de s’écouler ne les a pas épargnés et chacun a du faire face à des problèmes familiaux ou des peines de coeur. Cette soirée leur fera le plus grand bien. Mais alors que la fête bat son plein, Agnès a comme une révélation. Il est là. Oui, c’est lui, elle en est certaine. Son âme sœur se tient debout, là, devant elle. Le meilleur dans tout ça, c’est que ce n’est pas un inconnu : c’est son meilleur ami, Phoebus (dit Phoeb) Rolland. Agnès se demande comment elle a pu ne pas s’en rendre compte plus tôt… En tout cas, maintenant qu’elle le sait, elle ne va pas se priver de lui dire. Elle espère bien que ses sentiments seront réciproques et qu’ils vivront une histoire d’amour passionnée et éternelle. Bon. Il y a un tout petit, tout riquiqui, vraiment infime problème : Phoeb est en couple avec une jolie colombienne, Esméralda, depuis sept ans. Ils ont une maison, un chat, une petite vie de couple bien rangée. Seulement, Agnès est certaine que Phoeb partage ses sentiments. S’il s’est mis avec Esmé, c’est parce qu’il pensait qu’il n’était qu’un ami pour Agnès. Bien que stressée, elle a hâte de faire le grand saut et de lui dire enfin ce qu’elle ressent. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu. Le soir de sa grande déclaration, Phoeb va lui annoncer une nouvelle absolument catastrophique. Agnès va devoir rivaliser d’ingéniosité pour enfin lui faire comprendre ce qu’elle ressent. Cependant elle est loin d’imaginer que ses agissements vont bouleverser toute une bande d’amis et les tensions auront des conséquences aussi désastreuses qu’inattendues.

Phœbus Rolland le magnifique lui avait préféré Esméralda. Il avait préféré la mystérieuse Colombienne à elle le génie, la prétentieuse princesse du lycée.
Tous applaudissaient le tour que l’Univers venait de lui jouer, tous riaient de son malheur et pas une âme dans le lycée n’eut envie de la plaindre.

Ce que je vais dire est paradoxal : j’ai détesté le personnage principal mais j’ai adoré ce livre. En effet, bien qu’Agnès m’ait exaspérée et même agacée au plus haut point, j’ai adoré suivre le déroulement de cette histoire car, bien plus qu’Agnès, c’est tout une bande de potes que l’on suit. J’ai apprécié le fait qu’ils soient amis depuis des années et qu’ils aient appris au fil du temps comment ils devaient agir avec telle ou telle personne. Ils se connaissent tous vraiment bien et leur amitié m’a fait chaud au coeur. En fait, on se sent comme un membre à part entière de cette petite clique. On partage leurs aventures, leurs doutes, leurs peines et leurs joies. Et puis, il faut bien avouer qu’on ne s’ennuie pas avec eux! Il y a toujours un rebondissement là où on ne l’attend pas. Si j’ai aimé cette bande d’amis, c’est également parce qu’ils étaient, en quelque sorte, ligués contre Agnès. Cette princesse machiavélique s’apprêtait à détruire perfidement une belle histoire d’amour et ils allaient tout faire pour l’en empêcher. Ils le faisaient, certes, pour protéger Esmé et Phoeb. Mais pour être honnête, j’ai senti qu’ils le faisaient également pour protéger Agnès de ses propres démons car elle était sur le point de perdre son meilleur ami et de faire ressortir toute la noirceur de son âme. A mon humble avis, ce qu’ils ont fait était le bon choix.

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Pour en revenir à Agnès, j’ai été déçue de son personnage. Au début, je l’aimais beaucoup et même si je croyais peu à son histoire avec Phoeb, je me disais qu’une bonne surprise l’attendait peut-être. Le soir où elle devait faire sa déclaration à Phoeb, celui-ci lui vole en quelque sorte la vedette et lui fait une annonce qui va mettre un terme à toutes ses espérances. Du moins, c’est ce que je pensais. Elle déprime pendant quelques jours puis reprend ses esprits et compte bien mettre son plan à exécution. Je peux comprendre sa douleur et son amertume envers Esmé, mais là, je l’ai juste trouvé complètement folle. Je vous jure quand il dit, en gros, « Je sais que Phoeb est amoureux de moi, j’en suis sûre, mais il ne s’en est pas encore rendu compte », j’avais envie de hurler! Non, il ne t’aime pas, tu dérailles complètement ma pauvre dame! C’est vrai que j’avais pitié d’elle au départ, je me disais vraiment que c’était sur le coup de la douleur qu’elle réagissait comme ça. Mais non, madame est une petite princesse qui pense que le monde doit tourner autour d’elle et qu’il ne doit jamais la contredire. A un moment, elle hurle « Excuse-moi si je suis riche, belle, et populaire ». OK, alors excuse-moi si j’ai envie de te frapper violemment. Je pense que ce personnage mérite ce qui lui arrive et j’avoue que j’avais un petit plaisir malsain à découvrir tout ce qui lui tombait dessus au fil des pages! En revanche, je me suis beaucoup attachée à Phoeb et à Billy. Ces deux personnages n’ont rien demandé à personne et pourtant, ce sont eux qui souffrent le plus.

Arrête Julie, Agnès est pathétique. Elle se prélasse dans le passé au lieu d’avancer, et Phoeb est son excuse pour ne pas réussir sa vie. Je pense qu’elle va se prendre un vent et qu’on devra encore recoller les morceaux. Cela dit, je t’adore Agnès ! finit-elle avec un petit rire énervant.

Enfin, en ce qui concerne le style de l’auteur, j’ai totalement adhéré! Le style est fluide, léger et agréable à lire. Les dialogues tiennent la route et mettent beaucoup de rythme dans ce livre. Si je devais trouver un petit point négatif, je dirais qu’à deux reprises, j’ai trouvé le temps un petit peu long : la première fois c’est lorsque les membres des Belles sont décrites une par une (trop d’informations d’un coup, trop d’énumérations, je n’ai pas retenu toutes les informations) et la seconde fois, c’était lors d’un flash-back, le jour où Phoeb a déclaré sa flamme à Esméralda. J’ai trouvé que le passage où Esmé discutait avec ses frères et sœurs était un peu long et, à mon avis, pas franchement utile. Mais ce ne sont que deux petits détails, le livre m’a conquise dans son ensemble et c’est avec plaisir que je me lancerai dans le tome 2.

En résumé, j’ai adoré découvrir les aventures de cette bande d’amis. Si l’histoire se concentre autour d’Agnès et de Phoeb, c’est bien un large groupe de personnes qui subit les conséquences de leurs actes. J’ai apprécié me retrouver au coeur de ce groupe grâce à la plume habile de Lily B. Francis. Le style est léger, c’est donc une lecture idéale si on veut simplement se vider la tête et se divertir! Je vous conseille vivement ce livre.

Note : 17/20
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L’amour frappe lorsque l’on s’y attend le moins. Souvent avec violence comme un coup de poing en plein ventre. Toujours avec justesse, telle une flèche d’une précision chirurgicale qui atteint et transperce le coeur, là, en plein milieu. C’est douloureux, c’est électrique, c’est magique. Et il est étrange de se dire qu’un si bref instant peut changer la vie à jamais.

Encore – Hakan Günday

Couverture Encore

Résumé :

« Gazâ a neuf ans et vit sur les bords de la mer Égée. Il travaille avec son père Ahad, passeur de clandestins. Ils entreposent dans un dépôt les individus qui viennent de parcourir plusieurs milliers de kilomètres. Un jour, Gazâ cause la mort d’un jeune Afghan. Dès lors, le garçon ne cesse de penser à lui et conserve précieusement la grenouille en papier qu’il lui avait donnée – ce qui ne l’empêche pas de devenir le tortionnaire des clandestins qui ont le malheur de tomber entre ses mains. Un soir, tout bascule, et c’est désormais à Gazâ de trouver comment survivre… »

Mon avis :

Je remercie tout d’abord les éditions Livre de Poche pour l’envoi de ce livre.

Lorsque je parcourais la sélection du mois, aucun titre ne m’a sauté aux yeux. J’ai du lire chaque résumé afin de faire mon choix et Encore s’est démarqué. C’est la première fois que j’avais l’occasion de lire une oeuvre qui traitait de la crise des migrants. C’est pourtant un sujet inévitable dans notre société actuelle… Je me suis alors dit que c’était important, qu’il fallait absolument que je découvre ce livre. D’autant plus qu’il est écrit du point de vue d’un jeune garçon turc, c’est-à-dire un enfant vivant entre l’enfer que les migrants cherchent à fuir et le paradis qu’ils espèrent trouver.

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Gazâ est un jeune turc qui vit seul avec son père, Ahad. A première vue, c’est un garçon ordinaire. Il va à l’école et a de bonnes notes. Cependant, lorsqu’il n’est pas à l’école, il doit travailler aux côtés de son père. Cela ne pourrait être qu’un détail, qu’un élément qui montre que Gazâ et Ahad ne croulent pas sur l’or. Mais c’est plus que ça, bien plus que ça. Ahad est passeur de clandestin. Il prend en charge des êtres humains qui ont tout quitté dans leur pays par désespoir et qui espèrent trouver une vie meilleure en Europe. Entre deux transports, les migrants sont parqués dans un entrepôt, près de la maison de Gazâ. Très vite, le garçon se voit confier des responsabilités. C’est lui qui doit surveiller la marchandise et s’assurer qu’elle reparte en bonne état. Il doit distribuer – ou plutôt, vendre – l’eau et la nourriture. A seulement neuf ans, il sait qu’il peut exercer un certain pouvoir sur ces gens qui sont, malgré leur âge, plus faibles que lui. Il sait également, par expérience, qu’il a le pouvoir de vie ou de mort… Bien qu’il soit habitué à cette situation, il voit arriver la fin du collège comme un soulagement. Faisant partie des cents meilleurs étudiants de Turquie, il peut prétendre à un bon lycée. Il va enfin pouvoir échapper à cet enfer. Enfin, c’est ce qu’il croyait…

C’est ainsi que cette année-là, à peine sorti de l’école, je devins passeur de clandestins. A 9 ans… ça ne changeait pas grand-chose. J’étais déjà le fils d’un passeur.

Mon avis sur ce livre est, dans l’ensemble, très positif. Du début à la fin, j’ai été complètement happée par l’histoire de Gazâ, même si au final, je me rends compte que j’ai détesté ce personnage. Il est vrai que si le jeune garçon est aussi odieux, c’est à cause du métier de son père. Cependant, cela ne l’excuse pas pour toutes les horreurs qu’il a commises de son propre chef. A vrai dire, Gazâ m’a vraiment mis mal à l’aise. Son état psychologique est assez désastreux et, puisque c’est lui qui raconte son histoire, nous avons accès aux recoins les plus sombres de sa conscience. Parfois, c’est très dur. Certains passages sont clairement écœurants. Je n’ai pas non plus aimé la façon dont ce personnage évoluait. Attention, je dis que Gazâ est un personnage que j’ai détesté, mais cela ne veut pas dire que j’ai détesté découvrir son histoire. C’est juste que ce personnage me perturbe vraiment et je n’ai pas ressenti la moindre sympathie ni pitié à son égard. En fait, je me rends compte que je ne me suis attachée à aucun personnage, je les ai tous trouvé odieux. A la limite, je pourrais dire que j’ai apprécié Felat et Cuma, deux personnages importants qui brillent par leur absence…

Je pense qu’il était dingue. En fait, je crois qu’ils étaient tous dingues. Tous ces Ouzbeks, Afghans, Turkmènes, Maliens, Kirghizes, Indonésiens, Birmans, Pakistanais, Iraniens, Malais, Syriens, Arméniens, Azéris, Kurdes, Kazakhs, Turcs, tous… Il faut être fou pour pouvoir supporter tout ça.

D’ailleurs sur ce point, j’étais un peu déçue. Cuma, ce jeune afghan dont on parle dans le résumé, semble occuper une place prépondérante dans l’histoire. La petite grenouille en papier qu’il donne à Gazâ se retrouve même sur la couverture. Pourtant, en lisant ce livre, je n’ai pas compris pourquoi Cuma était mis autant en avant. D’accord, Gazâ pense à lui, ponctuellement, tout au long du livre, mais de là à en faire un élément central du résumé… Je ne sais pas, je reste perplexe sur ce personnage. A la limite, Rastin m’aurait semblé plus important. Il est plus présent et fait partie d’un grand projet mené par Gazâ. Ce serait plus légitime de le mettre en avant.

Je hais l’espoir, cette calamité qui fait rêver les enfants les plus désemparés !

En ce qui concerne l’histoire en elle-même, elle m’a captivée. Dès les premières lignes, j’étais très intéressée par le récit de Gazâ. En tant qu’Européens, on ne connait que peu de choses des migrants. On voit au journal leur arrivée en bateau en Grèce, ou leur vie dans les bidonvilles de Calais. C’était donc assez intriguant, et même effrayant de découvrir « l’envers du décor » et toutes les épreuves que ces gens doivent traverser avant d’atteindre leur objectif final. On en apprend plus sur cette micro-économie qu’est le trafic d’êtres humains. C’est vraiment affolant de voir que les personnages en apparence respectables sont souvent les plus abjectes. Puis, à partir de la deuxième partie, nous suivons Gazâ dans sa quête de rédemption et dans sa découverte approfondie de l’espèce humaine (mais je ne vous en dévoilerais pas plus pour ne pas vous spoiler). J’avoue qu’à un moment, je me suis demandé pourquoi il me restait encore 200 pages à lire puisque le « principal problème » était réglé. Au final, cette partie ne m’a pas déçue par son contenu, mais le rythme étant moins soutenu, je l’ai trouvé un peu plus ennuyante. Quant à la toute fin du livre… Je suis extrêmement frustrée! Je ne m’attendais pas du tout à ça et pour être honnête, j’aurais préféré que l’histoire s’arrête quelque pages avant.

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Le style de l’auteur m’a bien plu en général. Je n’ai pas eu un coup de coeur pour la plume de Hakan Günday, mais elle n’en est pas moins agréable à lire. Malgré les sujets abordés, qui sont souvent lourds ou dérangeant, le style reste fluide et plutôt simple à lire. En revanche, à certains moments j’ai trouvé quelques longueurs. Tout un paragraphe de périphrases pour décrire une sensation par exemple. C’est le genre de choses que je n’apprécie pas puisque je suis (malgré moi) dépourvue de toute fibre poétique. Quand je vois ce genre de répétitions, ça me fait un peu penser à Kuzco voyez-vous (Oh, right. The poison. The poison for Kuzco, the poison chosen especially to kill Kuzco, Kuzco’s poison. That poison? – Pardonnez mes références). Donc bon, à certains moment, j’avais tendance à vouloir lire en diagonale pour en revenir à l’essentiel.

En bref, lire un roman de ce genre était une expérience inédite pour moi. Je ne le regrette absolument pas, le style de l’auteur étant agréable à lire et l’histoire étant captivante. Les personnages ne m’ont inspirée aucune sympathie mais j’ai trouvé leurs aventures intéressantes. Ce livre est très instructif et nous fait ouvrir les yeux sur cet immondice qu’est le trafic d’êtres humains. En revanche, quelques petits détails comme des descriptions à rallonge m’ont fait passée à côté d’un coup de coeur. Il n’empêche que ce livre est très émouvant et très bien écrit. Je vous encourage à le lire.

Note : 16/20
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C’est pour cela que nous mangions et avions besoin de manger. De nous dévorer mutuellement, de croquer toutes sortes de choses. Nous en avions besoin. Pour grandir le plus vite possible, crever et laisser la place à d’autres. Pour que commence une nouvelle époque. Ressemblant le moins possible à celle-ci… Parce que nous avions compris qu’il ne sortirait de nous rien de bon.

L’Homme qui voulait rester dans son coin – Manou Fuentes

Couverture L’homme qui voulait rester dans son coin

Résumé 

« Célibataire et volontiers solitaire, Édouard Pojulebe est un homme prudent qui, depuis l’enfance, a appris à se tenir à distance des autres pour éviter les conflits. Édouard s’est construit, au fil des ans, une vie tranquille, faite des gestes du quotidien, de façon à ne jamais risquer de mettre en péril sa quiétude.
Un grain de sable vient perturber cette vie si bien huilée. Édouard se trouve alors entraîné dans des aventures dont il ne saisit pas le sens. Décontenancé par la tournure que prennent les événements, il s’angoisse de ne plus savoir quoi faire et quoi être, erre sur des chemins méconnus tout en essayant, malgré tout, de ne pas perdre pied.
N’arrivant à rien dénouer, Édouard se trouve, in fine, contraint à la fuite. Exposé alors à une menace permanente, ce personnage peu enclin à la réflexion voit son instinct de survie s’aiguiser et son discernement s’approfondir, pour tenter de s’adapter aux réalités nouvelles auxquelles il est confronté. Sa personnalité en vient à se métamorphoser de telle manière qu’il se découvre, finalement, autre qu’il n’était. »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier Aurélie des éditions Hélène Jacob pour sa confiance! Lorsque j’ai du choisir un livre parmi la sélection proposée, L’Homme qui voulait rester dans son coin m’a tout de suite attiré de par son titre très prometteur et son résumé mystérieux.

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Edouard Pojulebe est un homme banal. Même plus que banal. Il est insignifiant. Il n’est qu’une personne parmi tant d’autres. Son existence est rythmée par un programme bien précis et répétitif. Edouard ne fait pas de vague. Il ne s’intéresse pas aux autres et ils le lui rendent bien. Rien ne laissait présager que sa vie allait basculer du tout au tout en une fraction de seconde. Un jour, en sortant de son restaurant habituel, un homme qu’il pensait d’abord ivre s’écroule sur lui. Ses derniers mots ? « C’est dans la poche. » Puis il est transporté à l’hôpital. Qu’est-ce qui est dans la poche ? Pourquoi s’est-il adressé à Edouard, qui n’était qu’un inconnu pour lui ? Si Pojulebe essaie tout d’abord d’oublier cet incident de parcours, il se rend vite compte que cet événement inattendu hante toutes ses pensées, nuit et jour. Edouard commence alors à remettre en question toute son existence, son mode de vie et sa façon d’agir avec les autres. Voulant en finir avec ses remords, il décide d’aller voir cet homme qui a chamboulé sa vie. Cependant, cette visite à l’hôpital va avoir des conséquences aussi inattendues que désastreuses. Et voilà que Edouard Pojulebe, ce solitaire habitué à une vie calculée au millimètre près, devient un fugitif recherché par toutes les polices de France…

La seule particularité que pouvait revendiquer dans le cours de son existence Edouard Pojulebe, c’était le nom dont il était affublé. Hormis ce détail, dont on mesurera par la suite l’importance, rien ne le prédisposait à sortir de la banalité. Un physique passe-partout, un comportement modeste joints à un désir de passer inaperçu semblaient avoir tracé par avance son destin.

Mon avis sur ce livre est plutôt mitigé. En fait, je vais avoir un peu de mal à écrire cette chronique car cette lecture m’a laissé totalement indifférente. Je n’ai pas ressenti d’émotions. Cela ne veut pas dire que c’était mauvais, non, je n’ai pas détesté! Mais c’est une lecture qui ne restera pas gravée dans ma mémoire. Je l’ai lu, voilà, c’est fait. Le fait de ne pas ressentir d’émotions lors d’une lecture est assez rare pour moi. La dernière fois que cela m’est arrivé, c’était avec Suite Scarlett de Maureen Johnson… soit en janvier 2016. Les raisons sont simples : un style d’écriture auquel je n’ai pas adhéré, une histoire que je ne trouve pas passionnante, des personnages qui ne m’inspire pas terriblement…

Commençons d’ailleurs par les personnages. Déjà, il n’y en a pas beaucoup. Je ne dis pas que pour un bon livre, il faut avoir 43000 protagonistes, mais un peu de diversité, ça ne fait pas de mal. Surtout quand on n’accroche pas au personnage principal! En effet, j’ai eu un peu de mal avec Edouard Pojulebe. Au début il m’agaçait. Il passait son temps à se plaindre. Or, si sa vie était devenue aussi inintéressante, c’était uniquement de sa faute! Il remettait la société en question sans jamais s’interroger sur ses choix personnels. C’est tellement plus simple de rejeter la faute sur les autres… Mon avis sur lui a quelque peu changé au cours du livre. Le fait qu’il se déride un peu, qu’il « devienne quelqu’un d’autre » me l’a rendu plus sympathique, assurément! Je peux même dire qu’à la fin du livre, je l’appréciais. Mais malheureusement, cela est arrivé trop tard et je n’ai pas eu le temps de m’attacher à lui.
Quant aux autres personnages qui, comme je le disais, sont plutôt rares, je ne les ai pas apprécié plus que cela puisqu’on ne les connaît que vaguement. Ils ne sont que des intervenants dans la vie d’Edouard donc on ne sait absolument rien d’eux à part leur nom et leur profession… J’ai trouvé cela vraiment dommage. Parfois même, j’avais l’impression qu’un personnage allait devenir important puis, au final, il ne servait à rien. On l’oubliait au bout de quelques lignes. Pourquoi s’embêter à trouver un prénom, une description physique etc, si c’est pour ne pas l’exploiter ensuite ?

Passons maintenant à l’histoire en elle-même. Le résumé semblait prometteur. Un homme à l’existence on ne peut plus banal se retrouve du jour au lendemain impliqué dans une aventure palpitante. Cela peut être très intéressant… si c’est bien amené. Malheureusement j’ai trouvé que l’introduction était trop longue. On s’attardait trop sur la banalité de sa vie qui comme le nom l’indique est BANAL. Pourquoi s’épancher sur un sujet quand il n’y a rien à dire ? Je me demandais sincèrement où cette lecture allait me mener et j’étais vraiment frustrée. L’action commence véritablement à partir de la page 100. Et quand je dis action, c’est un bien grand mot. Malgré les différents événements qui viennent bouleverser la vie d’Edouard, j’ai trouvé le tout un peu mou. Je ne m’ennuyais pas, mais je ne me divertissais pas non plus. Je n’étais pas plongée dans l’histoire! Quant à l’enquête policière qui se déroule en parallèle, elle n’était pas très palpitante et le suspens est franchement absent. Je pense que tout le monde est capable de débusquer rapidement le coupable. Et puis, un autre détail m’a un peu chiffonné. Toute cette médiatisation autour de l’affaire Pojulebe n’est pas crédible. J’ai du mal à imaginer qu’on puisse un jour entendre une histoire telle que celle-ci à la radio. Dans ce livre, on apprend que France Info relate tous les rebondissements de cette affaire alors qu’au final il n’y a rien de très croustillant… D’ailleurs, l’auteure a du sentir cela puisqu’à un moment Edouard consulte une page internet qui explique pourquoi l’affaire Pojulebe fait tant de bruit. Mais même après cette justification je ne suis pas convaincue.

Sa vie était réglée comme un électrophone dont la tête de lecture inlassable ré-entonnait chaque matin les mêmes morceaux. Aujourd’hui, le disque est fichu, fendu, bon pour la casse. Son chemin apparaît embrouillé au fil de ses pas incertains. Errant, dénué d’objectif et de programme, il vadrouille, va n’importe où et fait n’importe quoi.

Enfin en ce qui concerne le style de l’auteur, je n’ai pas vraiment adhéré. Je ne saurais pas précisément dire pourquoi. Tous les goûts sont dans la nature et visiblement la plume de Manou Fuentes n’est pas ma tasse de thé. Pourtant, l’écriture est fluide et légère. Elle est agréable à lire. Mais elle ne m’a pas transportée. Parfois même, je me perdais un peu car l’auteure partait dans des réflexions philosophiques et ça, ça a le dont de m’endormir. Chacun aime la littérature à sa façon et en ce qui me concerne, dès lors qu’on commence à débattre de problèmes métaphysiques… je m’ennuie profondément. Et à moins d’être un pur génie de l’écriture (selon mes critères) on n’arrivera pas à me faire changer d’avis à ce sujet-là.

En bref, je ressors frustrée de cette lecture. Je n’ai pas réussi à être transporté. Je n’ai pas ressenti d’émotions, je n’ai pas vibrer avec ce livre. Je n’ai même pas ressenti de colère ni rien! Ce livre était plutôt bien dans son ensemble mais malheureusement il m’a complètement laissée indifférente. J’imagine que L’Homme qui voulait rester dans son coin n’était simplement pas une lecture pour moi. Mais je suis certaine que d’autres personnes pourront l’apprécier à sa juste valeur.

Note : 14/20

Hélas, Antoine, malgré l’admiration qu’il portait à ce héros et son désir de l’imiter, ne renouvela pas l’exploit de ce licenciement millénaire. Sans écouter sa supplique ni solliciter son accord, l’insidieuse silhouette lui fit rendre raison et l’emporta, comme tous les autres, un beau matin, sans mot dire.

Je suis ton soleil – Marie Pavlenko

Résumé :

« Déborah démarre son année de terminale sans une paire de chaussures, rapport à Isidore le chien-clochard qui s’acharne à les dévorer. Mais ce n’est pas le pire, non.
Le pire est-ce sa mère qui se met à découper frénétiquement des magazines ou son père au bras d’une inconnue aux longs cheveux bouclés?
Le bac est en ligne de mire, et il va falloir de l’aide, des amis, du courage et beaucoup d’humour à Déborah pour percer les nuages, comme un soleil. »

Mon avis :

Je remercie Babelio et les éditions Flammarion pour l’envoi de ce livre!

J’avais découvert Marie Pavlenko en 2015 avec son livre La Mort est une femme comme les autres, et le moins qu’on puisse dire c’est que j’avais eu un gros coup de coeur pour son style d’écriture, ses personnages, son sarcasme et son cynisme mordant. J’étais donc très heureuse de pouvoir livre une autre de ses œuvres grâce à une masse critique Babelio. Une fois encore, j’ai été conquise!

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Déborah, dix-sept ans, s’apprête à faire sa dernière rentrée au lycée. Elle espère que son année de terminale se déroulera sans encombre, qu’elle aura de bonnes notes, qu’elle rencontrera l’homme de sa vie, qu’elle continuera à partager des moments avec Éloïse, sa meilleure amie etc. Bref, rien de plus normal. Le hic, c’est que le théorème de la scoumoune semble s’acharner sur elle dernièrement. Cela se confirme d’ailleurs dès le premier jour de cours. Elle n’est pas dans la classe d’Éloïse, mais dans celle de Tania (la garce typique) et de mygale-man. Pour ne rien arranger, Déborah aperçoit un jour son père aux bras d’une sublime créature qui n’est pas sa mère. Que doit-elle faire ? Dire la vérité à sa mère, cette femme à laquelle elle n’a pas l’habitude de se confier ? Non, bien sûr que non. Ce n’est pas à elle de le faire. D’autant plus que ces derniers temps, le cerveau de sa mère semble avoir quelques petits court-circuits. Elle colle des dizaines de post-it sur le miroir de l’entrée sur lesquels elle écrit toujours le même numéro. Elle reste assise dans le salon à massacrer des magazines en découpant méticuleusement des paires de jambes, des bouches… Bref, Déborah se demande si sa mère ne déraille pas un peu du ciboulot. Mais que peut-elle bien faire ? Dénoncer son père, s’occuper de la santé mentale de sa mère, s’occuper d’Isidore le chien de la honte, supporter les roucoulades d’Éloïse et de son jules à l’intelligence limitée, rêver de Victor-le-beau-gosse, tout en continuant d’assurer en cours car le bac se trouve au bout du chemin ? Cette année de terminale promet d’être mouvementée pour l’adolescente. Une seule certitude : elle quittera le lycée grandit de toutes ses folles expériences.

Il a bien fallu y aller et traîner mes bottes-grenouilles jusqu’à la salle 234. J’ai beau lorgner les environs, rien de transcendant à l’horizon. Un ramassis de tresses, deux appareils dentaires, des touffes hirsutes, une casquette rouge. No sex-appeal. No petit nouveau tombé du ciel, genre v’là l’homme de ma vie. Du moyen, du con-con, du fadasse à foison.

Pour faire court : un sacré coup de coeur! J’ai adoré suivre les aventures de Déborah au cours de cette année si primordiale dans la vie d’une adolescente. Je me suis tout de suite attachée à ce personnage que j’ai trouvé un peu déjanté! Mais je l’ai particulièrement aimé grâce à son sarcasme, son cynisme, son impertinence etc. Bref, toutes ces petites choses qui font d’un personnage quelqu’un qui me ressemble ! J’use et j’abuse de toutes façons de parler, alors quand un protagoniste présente lui aussi ces caractéristiques, il devient vite mon meilleur ami! C’était un vrai bonheur de partager ces 460 pages avec Déborah. Enfin, quand je dis un bonheur, c’était plutôt un ascenseur émotionnel! Grâce à l’écriture très fluide et très personnelle de l’auteure, il est facile de partager les émotions de l’héroïne et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle traverse des périodes aussi bien joyeuses que dramatiques. On rit avec elle, on rit parfois d’elle d’ailleurs, on partage ses déceptions, ses peines, ses inquiétudes. On vit l’aventure à fond avec elle!

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Les autres personnages m’ont également bien plu! J’ai adoré en apprendre plus sur Jamal qui, une fois dépassé les préjugés, se révèle très sympathique. C’est un ami formidable. Et j’avoue que je n’avais pas deviné son secret! Quant à Victor, je l’ai trouvé charmant. Je n’avais qu’une hâte : qu’il quitte sa copine-trop-parfaite et qu’il se jette dans les bras de Déborah! Mais bon dieu, il est aussi compliqué qu’une fille, voire même plus! J’avais envie de le secouer, de lui mettre deux paires de claques et de lui dire REGARDE. MAIS REGARDE DEBORAH. Enfin voilà, j’étais totalement plongée dans l’histoire!
Vous l’aurez compris, ce roman ne se limite pas à une histoire d’amour adolescente. Les parents, et la relation que Déborah a avec eux, occupe une très grande partie de ce livre. C’était assez éprouvant de voir cette famille au bord de l’implosion. Je me demandais sans cesse comme la situation allait bien pouvoir s’arranger. Je me demandais aussi si la mère n’était pas une psychopathe en puissance, c’est vrai! Mais la vérité était en fait encore plus cruelle et difficile à accepter…

Éloïse sourit comme dans une publicité de dentifrice et court rejoindre l’homme au cerveau-chouquette : mou et plein d’air.

Ce livre est vraiment génial car il aborde énormément de sujets. La vie d’adolescents n’est pas simple. Nous sommes tous passés par là! Et, je le pense honnêtement, que ce livre pourrait aider beaucoup de jeunes. Etant donné qu’il traite de sujets aussi variés que les cours, les camarades de classe plus ou moins sympathiques, les problèmes familiaux, les chagrins d’amour, j’en passe et des meilleurs, j’imagine que certains adolescents pourraient se reconnaître en Déborah et s’inspirer d’elle pour régler leurs problèmes. Cela peut aussi les aider dans le sens où ils se diront « je ne suis pas la seule personne à vivre ce genre de choses, je ne suis pas un cas isolé ». Mais ce livre est également parfait pour les adultes ! Ou pour les gens qui ont passé la vingtaine et qui ne veulent pas accepter leurs nouvelle condition de jeune adulte (noooon, je ne parle pas du tout de moi là). Il permet de se replonger dans l’ambiance du lycée et dans nos petits tracas qui nous semblaient insurmontables à l’époque! D’ailleurs, lorsque Déborah est sortie de sa dernière épreuve de bac, je me suis revue, devant le lycée, discutant avec des amis juste après notre ultime épreuve de SVT. J’ai ressenti la chaleur de ce jour d’été et ce petit pincement au coeur qui marque la fin d’une période. Cela prouve bien que l’auteure a un vrai talent et que sa plume s’adresse aussi bien aux adolescents qu’aux adultes.

J’ai aussi beaucoup aimé l’attention portée aux détails. Les noms des chapitres sont tous tirés de romans, de citations, de titres de chansons. Cela donne un petit côté original ! D’ailleurs, des références littéraires ou musicales sont glissées un peu partout dans le livre et on prend plaisir à les dénicher.
Quant à la fin de ce livre, je l’ai trouvé vraiment parfaite. A l’image du reste du roman, cette fin nous surprend et nous confronte à des rebondissements de dernière minute.

En résumé, j’ai eu un véritable coup de coeur. Je me suis attachée aux personnages et j’ai adoré partager leurs joies et leurs peines. Cette lecture était très agréable et elle reste légère malgré les thèmes délicats qu’elle aborde parfois. Le petit plus qui m’a définitivement convaincue, c’est bien sûr le sarcasme qui pour moi est l’ingrédient indispensable qui peaufine un bon roman! Enfin, le tout est enveloppé dans une jolie couverture dorée qui fait son petit effet dans une bibliothèque!

Note : 20/20
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Tania soupire ostensiblement.
– Madame Chemin…
– Oh, pour l’amour de Dieu, Louvian, il a raison : taisez-vous !
Petrificus Totalus.
Tania est couleur pot d’échappement. Je la prendrais presque dans mes bras pour la consoler, dis donc. Non, je rigole.