Les sans-oubli – Sophie Baruchel

Couverture Les sans-oubli

Quatrième de couverture

« 15C et les autres passagers du vol Air Millenial NY-Paris sont assaillis par l’impression que leur avion est au bord du crash. Leur vie défile devant eux. Les sans-oubli est une allégorie sur le sentiment d’imminence d’un grand danger qu’ont les millenials, écartelés entre une quête d’éternité virtuelle et l’angoisse qu’une immense catastrophe leur pend au nez, entre l’urgence d’exister et une étouffante sensation d’impuissance, entre une mélancolie quasi victorienne et une culpabilité dévorante. Par leur faute, les ressources s’épuisent, la planète se réchauffe, la démocratie périclite, la machine s’effondre, à leur contact tout meurt et se fane. Et, seule face au crash, chaque passager tente de comprendre comment il a pu en arriver là. »

Mon avis

Je tiens tout d’abord à remercier Babelio et les éditions Moires pour l’envoi de ce livre dans le cadre de la masse critique.

Un titre évocateur

Le titre m’a tout de suite attirée, le résumé m’a convaincue. Aborder le thème des Millenials, cette génération sur laquelle on balance tous les maux du monde, n’est pas facile. On a tendance à se rebeller dès qu’on parle de nous, à dire que tout ça est faux et que nous sommes une génération comme les autres. Mais c’est faux et nous le savons. L’auteure le sait aussi et elle a réussi à faire une description sublimement tragique de nous autres, les Millenials.

Comme l’indique le titre, les personnages – dont je parle un peu plus loin – se remémorent les moments marquants de leur vie, à l’aube de leur mort. Ils se rendent compte que l’oubli n’existe plus, que tout ce que l’on fait, tout ce que l’on dit, tout ce qui se rapporte à nous se retrouvera finalement sur Internet et sera stocké à jamais sans possibilités d’être oublié. On le sait tous et pourtant, de le voir écrit noir sur blanc, c’est étrange. En lisant ce livre, on en vient à se poser de multiples questions sur notre société et sur nous-mêmes. On en vient même à se voir comme des narcissiques, qui ont peur qu’on les oublie, qui ont peur que leur existence n’aura rien apporté au monde. Attention, je ne dis pas là que c’est un écrit philosophique. Et c’est bien ça qui est remarquable ! C’est en découvrant les histoires des autres qu’on en vient à se poser des questions sur nous-mêmes, c’est comme si l’auteure voulait nous faire passer des messages au travers de ses protagonistes. J’ai beaucoup aimé ! En tout cas, je peux affirmer que je ressors différente de cette lecture. J’ai l’impression d’être plus consciente de qui je suis et du monde dans lequel je vis. Merci à l’auteure !

Des personnages intrigants

La grande particularité de ces personnages est qu’ils n’ont pas de nom. Ils ne sont désignés que par un nombre et une lettre : leur place dans l’avion. J’ai eu un peu de mal au début. Du moins, pour les deux premiers chapitres. J’essayais de m’imaginer quel pouvait être leur prénom, de m’imaginer leur visage. J’essayais de rendre ces personnages uniques. Mais j’ai fini par comprendre que ces personnages étaient tout le monde et personne à la fois. À partir du troisième protagoniste, j’ai commencé lentement à m’identifier aux personnages. La quête du succès, le besoin de réussir, la compétition perpétuelle avec les autres – sur tous les plans, que ce soit personnel, physique ou professionnelle… On découvre un peu de soi dans chacun des personnages et c’est à la fois touchant et tragique. Parfois on se surprend à dire « c’est vrai, moi aussi je fais ça » et en y réfléchissant, on se rend compte à quel point ce qu’on fait peut être dénué de sens ou autodestructeur.

J’ai aimé tous ces personnages. Enfin, pas dans le sens où je pourrais devenir amie avec tous ces gens-là car certains sont plus ou moins détestables, mais j’ai aimé les messages qu’ils faisaient passer et surtout leur quête d’identité propre.

Un style d’écriture

Je ne sais pas vraiment comment juger le style d’écriture. J’ai mis quelques pages à m’y faire, mais je l’ai finalement trouvé addictif. Il est unique. Je n’ai jamais rien lu de tel. J’ai aimé le franc-parler des personnages et leur façon de parler si naturelle. L’auteure n’en fait pas des tonnes. Les phrases ne font pas dix lignes, elles vont droit au but et c’est quelque chose que j’apprécie. J’ai aussi aimé le « franglais » qu’on retrouve à plusieurs reprises. C’est de plus en plus naturel de parler en mélangeant les deux langues et le fait qu’une auteure le laisse transparaître dans ses écrits me plaît beaucoup.

Citations

Ici et maintenant, il entreprend de créer une arche de noé dans sa propre mémoire. Il observe tous ses voisins en slow motion afin de déchiffrer leurs moindres gestes et leurs moindres regards. Il va les empêcher de tomber dans l’oubli en les invitant tous dans sa terre de mémoire. Cette terre il la baptise, Myosotis.

À l’ère du digital qui nous réduit à l’état de reflets dans des miroirs de plus en plus nombreux, la seule chose qui nous rappelle aux volumes physiques de l’humanité et à la réalité viscérale du présent, c’est le sang. Nous sommes réels parce que nous souffrons, et les autres nous sont réels parce qu’ils souffrent.

Le sans-oubli serait un homme à la poursuite de lui-même. […] Ses témoignages seraient répertoriés, rangés, taggés, domptés, affligés de maladies paralyptiques et de nostalgis stériles. La mémoire totale amputerait le souffle créateur de toute une génération et la priverait certainement de son génie d’interprétation. L’histoire de l’homme resterait prisonnière de fictions aux formats imposés, et même, l’homme n’aurait plus d’autre ambition que de conformer son histoire à ces formats taillés pour l’hyper-individualisme de masse.

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L’empreinte du passé – Ninon Amey

Quatrième de couverture

« La vie nous réserve parfois bien des surprises !
Camille est une jeune infirmière qui partage son temps entre son travail à l’hôpital et ses visites à ses grands-parents : Émile, qui vit seul dans son petit appartement, et Suzanne, atteinte de la maladie d’Alzheimer et placée dans un centre adapté.
En quelques mois, son existence va être totalement bouleversée : belle rencontre, chagrins, révélation de secrets de famille…
Cette histoire est une fiction librement inspirée de la découverte, en septembre 2016, d’une lettre d’amour datant de 1922 dans un bâtiment en chantier à Nice. L’auteur de cette lettre, Antoinette, écrivait à son amour, Ernest. »

Mon avis

En résumé

Les points positifs : une histoire très émouvante, des personnages touchants, une cascade d’émotions.

Le point négatif : aucun, à mes yeux.

Remerciements

Je tiens tout d’abord à remercier Librinova pour l’envoi de ce livre. Ce roman a déjà conquis plus de mille lecteurs et pourtant, je n’en avais jamais entendu parler. Heureusement que ce partenariat a eu lieu, car il m’a fait découvrir une histoire vraiment riche en émotions. Je serais passée à côté de quelque chose si je n’avais jamais lu L’empreinte du passé !

S’inspirer de la réalité…

Je suis sûre que vous avez tous entendu parler de cette lettre d’amour, qui a été retrouvée dans un plafond lors de travaux. Eh bien, l’auteure s’est inspirée de cette lettre pour imaginer la vie de celle qui l’avait écrit. Mais elle ne s’est pas contentée de ça. Elle ne nous raconte pas simplement l’histoire de Jeanne (les prénoms ont été changés), mais elle part de la vie de Camille, son arrière-petite-fille, pour nous conter l’histoire de cette infirmière des années 20 tombées follement amoureuse de Louis, l’un de ses patients. Dans l’Empreinte du passé, nous découvrons plusieurs générations d’une même famille et même si l’on pourrait croire que tous ces prénoms et ces époques vont nous embrouiller, ce n’est pas du tout le cas. En effet, l’histoire est cohérente d’un bout à l’autre et malgré les similitudes entre les générations, on comprend rapidement qui est qui, et quel est le rôle de chaque protagoniste dans le roman. J’ai d’ailleurs vraiment apprécié que tous les personnages soient liés par plus que leurs liens du sang. Surtout que tout reste cohérent, il n’y a aucune contradiction. C’était risqué, mais l’auteure s’en est formidablement bien sortie.

Des personnages passionnants

J’ai adoré Camille. Dès les premières pages, je me suis attachée à son personnage car j’ai aimé son côté ambitieux et sa passion pour son travail. J’ai aussi apprécié sa vision des relations amoureuses (oui, oui, marre de ces héroïnes qui pensent devoir trouver le prince charmant pour être heureuse). Peut-être qu’au niveau caractère, Camille me ressemble un peu et que c’est pour cette raison que je me suis tant passionnée pour son histoire. Bien sûr, si j’ai aimé Camille, j’ai aussi aimé Jeanne qui a exactement le même caractère ou presque. Son ambition est encore plus appréciable puisqu’elle ne veut pas se conformer aux mœurs de son époque et rester sagement à la maison tandis que son potentiel mari irait travailler dur pour l’entretenir. En fait, j’ai admiré ce personnage et son courage.
Quant à Paul et Louis, je les ai tous les deux trouvés (entreprenants haha) sympathiques et touchants.
Suzanne et Émile sont deux personnages que j’ai adorés, mais comment pourrait-il en être autrement ? Ils sont terriblement attachants et émouvants. Même si l’on arrive à deviner ce qui va leur arriver dans ce roman, on ne peut s’empêcher de s’accrocher à eux et de s’imaginer que tout ira bien.

Petit conseil d’ami

Si je peux vous donner un conseil, je vous dirais de ne pas lire ce roman dans le train si vous descendez avant le terminus. J’ai failli louper mon arrêt tant j’étais passionnée par ma lecture. Et même si vous descendez au terminus, en fait. Car vous allez vous mettre à sourire ou à pleurer en un claquement de doigts et les gens vont vous regarder très bizarrement. Car oui, ce livre nous fait passer par tout un tas d’émotions et on peut difficilement s’empêcher de sourire, de glousser ou, malheureusement, de pleurer. La plume de l’auteure étant tellement fluide, tellement naturelle – je dirais même réelle – que l’on se plonge totalement dans ce roman en oubliant le monde extérieur et en se concentrant sur l’histoire et les personnages. C’est vraiment remarquable !

Le début de la musique – M.P. Vallas

Couverture Le début de la musique

Quatrième de couverture

« Depuis maintenant un an, Éléa vit dans l’obscurité. La lumière a disparu sous les bombardements et les tirs incessants. Sans nouvelles de son mari parti combattre sur le front indien, elle ne sort de son appartement que pour travailler… et se rendre au Grand America Shopping Mall, l’école gouvernementale où ses enfants sont placés. Dans son immeuble, les voisins craignent constamment l’irruption de la milice, car tous ne respectent pas les règles : du concierge qui dissimule son chien à Madame Prillgood qui cache son mari, tout le monde risque gros. Sans oublier que chaque jour, les forces américaines perdent du terrain, laissant l’ennemi se rapprocher peu à peu de l’immeuble d’Éléa… Quand le danger sonnera à sa porte, pourra-t-elle s’en sortir ? »

Mon avis

Je tiens tout d’abord à remercier Librinova pour l’envoi de ce livre en format numérique.

En résumé

Les points positifs : des personnages attachants, un univers bien décrit.

Le point négatif : un style d’écriture auquel je n’adhère pas.

La fin de la civilisation moderne

Cela faisait un bon moment que je n’avais pas lu de romans post-apocalyptiques, alors quand j’ai découvert le résumé du Début de la musique, je n’ai pas hésité une seconde et je me suis plongée dedans. Le contexte est intéressant. On se retrouve tout de suite dans un univers macabre où la civilisation moderne a dû abandonner tout ce qui la définissait : l’électricité, l’eau courante, la liberté… Dès les premières pages, on est au cœur de l’action, puisqu’on fait la connaissance d’Eléa, une maman dont le mari, soldat, n’a pas donné de nouvelles depuis des mois, et dont les enfants lui ont été arrachés par l’armée. Elle fait partie de ces gens qui ont tout perdu avec l’arrivée de la guerre. Enfin, il est difficile de dire quand la guerre a débuté. Il n’y a pas d’ennemis précis, tout le monde se bat contre tout le monde. Les États-Unis contre le monde, et au sein même du pays, l’armée contre les Meutes. C’est une situation très complexe, tout le monde se méfie de tout le monde, chacun a ses propres secrets, certains sont même officiellement morts mais continuent de vivre cachés. Bref, c’est l’enfer sur terre. Et c’est dans ce contexte tendu qu’Eléa et les gens du 46 vont tenter de survivre, jusqu’à ce que cette dernière prenne une décision radicale qui lui fera tout risquer pour sauver ses enfants.

J’ai bien aimé l’univers post-apocalyptique de ce livre. Enfin, j’ai aimé le découvrir (bien au chaud, sur mon canapé). L’auteur a très bien su le détailler, j’imaginais sans peine la rue dans laquelle vivait Eléa, à quoi ressemblait son trajet jusqu’à son travail, ou l’ancien centre commercial reconverti en école/internat. L’auteur a bien réussi à me transporter dans son univers et c’est un point très important pour ce genre de livres ! Dans les romans de fiction où le monde est différent de celui qu’on connait, j’aime bien me sentir totalement plongée dans le même environnement que les personnages et c’était le cas ici. Pour un premier roman, c’est vraiment remarquable !

Des personnages touchants

Quant aux personnages, je les ai aussi beaucoup aimés. Eléa est vraiment touchante, on imagine à quel point la vie doit être dure pour elle. Tout perdre et pourtant continuer à vivre, à travailler alors qu’on ne sait même pas si cela en vaut la peine… Elle a beau avoir ses faiblesses, elle reste une femme forte que l’on aime suivre dans ses aventures. J’ai aussi aimé Billy qui, malgré ses défauts, reste le genre d’anti-héros que l’on aime dans ce type d’œuvres de fiction. Quant aux autres habitants  du 46, ils apportent tous quelque chose à l’histoire. Mme Pernod est très attachante, tout comme Marron ! Monsieur Prillgood est l’un des personnages qui m’a le plus plu. J’ai aimé découvrir son histoire et j’ai surtout adoré assister à sa renaissance. J’ai aussi apprécié Diana, que j’ai trouvé très touchante, et j’aurais peut-être aimé en découvrir plus sur elle. J’aurais peut-être aussi aimé que l’on en apprenne plus sur les jeunes des Meutes, afin de comprendre vraiment leurs motivations, leur but, leur rôle dans la guerre (quand ont-ils commencé à se révolter ? qui est leur leader ?)

Une plume bien poétique

Le style d’écriture est assez particulier, il faut le dire. L’auteur a une plume très spéciale, que je n’ai jamais vu nulle part ailleurs. Malheureusement, je ne peux pas dire que j’en sois fan. Mais cela vient de mon problème avec la poésie. Car oui, le style de l’auteur est très poétique. D’ailleurs, vous pouvez le constater rien qu’avec le titre : Le Début de la musique. La musique pour parler de la guerre ? Eh bien oui, il y a constamment des références à la musique, des passages où les combats sont vus comme des symphonies, des danses en tout genre. J’admire le travail qui a été fait, car garder une métaphore filée sur trois cent pages, ce n’est clairement pas évident. À mon avis, c’est ce qui peut faire le succès de ce livre ! Malheureusement, j’ai toujours préféré voire la vérité brute, cruelle et sordide, plutôt que déguisée sous de la poésie. Je n’adhère pas à ce genre d’écriture (c’est à cause de mon côté insensible à la beauté et à la poésie). M.P. Vallas n’a donc pas à s’en faire, car généralement, quand je n’aime pas la plume trop poétique d’un auteur, tout le monde l’adore ! En tout cas, je me rends compte du travail que cela a dû représenter pour lui et je lui tire mon chapeau. S’il écrit une suite au Début de la musique, je la lirai sûrement pour en apprendre un peu plus sur les enfants d’Eléa.

Comment maman a tué le chef des pamplemousses – Pascale Bougeault

Quatrième de couverture :

« Les mamans aussi tombent malades. Parfois très gravement. Même quand elles ont des petits garçons. C’est difficile et compliqué. Mais avec une maman prête à tous les combats, le terrible chef des pamplemousses n’a qu’à bien se tenir. »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier Babelio et les éditions Rue de l’échiquier pour l’envoi de ce livre dans le cadre de la masse critique de novembre.

J’avais entendu parler de Comment maman a tué le chef des pamplemousses à la télévision. L’histoire de cette maman atteinte d’un cancer m’avait beaucoup touchée. Expliquer cette maladie à son petit garçon n’était pas chose aisée, mais l’imagination de ce dernier a été un grand avantage. C’est ainsi que cette maman s’est retrouvée en chef indienne combattant les pamplemousses. Donc oui, c’est un livre pour les petits, mais j’ai tenu à le lire pour voir jusqu’où l’imagination de ce duo de choc avait bien pu aller, et surtout, comment cette maman courageuse avait pu expliquer une chose si terrible à son enfant.

En résumé

Les points positifs : une histoire touchante, de jolis dessins, un narrateur honnête et plein d’imagination.

Les points négatifs : aucun, à mes yeux.

Une couverture qui donne envie

Quand j’ai enfin pu tenir ce livre entre mes mains et le découvrir page par page, je n’ai vraiment pas été déçue. Sur la couverture, on voit beaucoup de soignants en blouse blanche. On sait que ce livre va parler de maladie mais… ils ont tous le sourire aux lèvres ! La maman et son enfant rayonnent dans leur costume d’indien. Ça donne vraiment envie de découvrir l’histoire de cette survivante.

L’histoire commence le jour où la maman de cet enfant a été emmenée à l’hôpital, avant même que le cancer ne soit diagnostiqué. Il y a très peu d’écriture – enfin, ce n’est pas surprenant du tout dans ce genre de livre pour enfants – et on a vraiment l’impression que c’est le petit garçon qui nous raconte l’histoire. Le vocabulaire utilisé est très simple et la tournure des phrases est enfantine, ce qui est donc bien adapté aux petits qui pourront s’identifier narrateur.

Le bon côté des choses

L’enfant nous dit ensuite à quoi ressemble un hôpital. C’est assez fascinant et à la fois déroutant de voir qu’avec des yeux d’enfants, c’est vrai que c’est un endroit assez chouette ! (Qui n’aimerait pas avoir un lit qui monte et qui descend quand on appuie sur un bouton ?). J’ai aussi adoré le fait que le petit s’intéresse aux « bons côtés » de la situation. Quand les médecins prennent bien soin de sa maman à l’hôpital, lui, il rentre à la maison avec son papa et peut manger tout un tas de trucs comme des pizzas ou des chips. Il ne manque plus que le coca et les bonbons, et la panoplie est complète !

Le chef des pamplemousses et la maman guerrière

Puis, vient le moment où le médecin annonce au papa et au petit garçon qu’une microbe de la taille d’un pamplemousse s’est installé (tranquille, dans son petit canapé), juste à côté du cœur de la maman. « Voici notre ennemi. Nous allons lui faire la guerre. », dit-elle, et j’imagine que c’est ça qui va donner un déclic au petit garçon : faisons la guerre aux pamplemousses !

Le petit explique comment les médecins tentent de guérir sa maman. Lui, de son côté, il a lui a prêté Gilles, sa peluche préférée, pour qu’il lui tienne compagnie quand elle est à l’hôpital.

J’ai adoré la page où la maman présente ses différents foulards. On la voit souriante, on la voit s’amuser avec son fils. C’est important de montrer que malgré la maladie, elle reste pleine de tendresse et continue de jouer avec son enfant. D’ailleurs, elle s’est même transformé en chef des indiens qui tuent les pamplemousses. Si ça ce n’est pas chouette !!

Le petit dit aussi à quel point sa mère était affaiblie physiquement. Mais sur ces deux pages, où la maman apparaît effectivement très fragile, on voit l’arc et les plumes d’indiens non loin d’elle. Les mamans sont des guerrières qui finissent toujours par s’en sortir, n’est-ce pas ?! En tout cas, le petit en est convaincu et quand sa maman commence à reprendre des forces, il n’a plus peur. Elle a planté une flèche dans le cœur du pamplemousse, et voilà, le problème est réglé !

Un narrateur franc

L’histoire m’a vraiment plu. Elle est très courte, mais très enrichissante. C’est assez étrange au début, de voir la maladie du point de vue du petit. Mais je me suis rendu compte en lisant ce livre qu’il pouvait vraiment aider les enfants qui se retrouvent dans la même situation. L’enfant ne cache rien, il dit que sa maman est affaiblie, qu’elle ne mange pas, qu’elle reste à l’hôpital, mais il montre aussi qu’elle est toujours là pour lui et que c’est une guerrière. Ce livre peut être très rassurant pour les enfants confrontés à la maladie d’un de leurs parents.

De beaux dessins

Quant aux dessins, je les ai trouvés parfaitement adaptés. Il y a de la couleur, oui, mais ce n’est pas non plus un arc-en-ciel. Les éléments les plus détaillés sont ceux relatifs au monde médical (comme par exemple la radiographie, qui est très bien représentée) et cela peut aider les enfants à comprendre toutes ces choses. Autre point positif que j’aimerai souligner : la diversité des personnages. Je ne sais pas si la maman a réellement été confrontée à des soignants hommes/femmes, blanc/noir, grand/petit, jeune/vieux, mais c’est ce qui est représenté dans le livre. Et il ne faut pas oublier que c’est un livre pour enfants, donc il est important de montrer que tout le monde peut devenir un tueur de pamplemousses quand il sera grand !

Je n’ai pas envie de mettre de « note » à ce livre, car il n’est aucunement comparable à ce que j’ai déjà chroniqué sur mon blog et je n’ai donc pas de barème pour un tel livre.

Petits morceaux de vie Rock’ambolesques – Fanny Simon Caullery

LPetits morceaux de vie rock'ambolesques

Quatrième de couverture

« Quand Lucie reprend son poste de conseillère entreprise après son congé maternité, elle est loin de se douter que cette année va être mouvementée. Elle réalise que la quarantaine se rapproche vite, trop vite. Elle fait le bilan de la dernière décennie et se pose beaucoup de questions sur sa vie, sur la vie en général.  Entre nostalgie et angoisse du futur, elle chemine dans son quotidien : mésaventures professionnelles, gestion de sa tribu, son mari qui s’éloigne, son collègue qui se rapproche, sa famille et ses secrets et son amie d’enfance fidèle et délurée.
Un jour, elle commence à recevoir des messages mystérieux qui vont la chambouler et la mener bien plus loin qu’elle ne peut s’imaginer. Entre curiosité, peur, émotions, rires, colère, surprise, sa quête prend des allures comiques sur fond de palpitations.
La vie de Lucie va changer radicalement. »

Mon avis

Pour faire court

Les points positifs : des personnages attachants, un style d’écriture addictif, des péripéties à l’enchaînement logique et naturel.

Le point négatif : Pourquoi il n’y a pas plus de pages ? Résultat de recherche d'images pour "emoji pleure"

Un début prometteur

Dès les premières lignes, j’ai su que j’allais adorer ce roman. Je n’avais peut-être pas imaginé que j’aurais un tel coup de coeur, mais j’ai immédiatement aimé le personnage de Lucie ainsi que le style d’écriture de l’auteur. J’ai retrouvé comme un petit goût d’Agnès Abécassis (et c’est un très bon compliment venant de moi!) En fait, quand j’ai lu les premières pages, je me suis dit « oh non, je ne peux pas arrêter maintenant, je dois lire la suite ». Les événements s’enchaînent assez vite, mais d’une manière logique et naturelle. On suit la vie « normale » d’une personne « normale ». Généralement, quand les auteurs utilisent des personnages banals, je trouve qu’il y a des petits malaises, des éléments de langage pas très naturels qui m’empêchent de me plonger totalement dans le roman. Or Fanny Simon Caullery a un style d’écriture tellement naturel, tellement fluide que je n’ai eu aucun mal à ancrer cette histoire dans le réel. C’était un très bon début et je n’ai pas été déçue par la suite.

Des péripéties touchantes

Même si le personnage de Lucie est assez banal en soit, cela ne veut pas dire que la vie de cette femme est toute calme. Bien au contraire, avec trois garçons et un mari à la maison, ce n’est pas de tout repos. Alors quand elle commence à recevoir des lettres d’un anonyme qui lui veut du bien, on sent que cela la touche, la bouleverse, et signe le premier jour du reste du reste de sa vie. Encore une fois, j’ai aimé le fait que la protagoniste soit si normale. Oui, les super-héroïnes on adore ça, oui les femmes parfaites physiquement, jeunes et intelligentes, on aime les retrouver dans les romans… mais on a du mal à se dire « ce qui lui arrive, pourrait m’arriver à moi aussi ». Tandis que dans ces aventures rock’ambolesques, on peut se dire « et si ça m’arrivait, comment je réagirais ? Est-ce que cela changerait ma vie ? ». En fait, on se prend à rêver, à imaginer que pour nous non plus, l’amour n’est pas mort et qu’il y a toujours une chance que nous aussi, nous recevions une lettre de cet ami qui nous veut du bien. D’ailleurs, j’ai été ravie de voir qui écrivait ces fameuses lettres… un autre dénouement m’aurait déçu. En tout cas, chaque nouvelle aventure vécue par Lucie m’a vraiment plu et j’ai été très touchée par sa quête du bonheur perdu.

Un roman feel-good

Ce roman est une bouffée d’oxygène, il m’a fait passer un très bon moment. Quand je commençais à lire, je savais que je n’allais pas être déçue, que j’allais avoir un sourire figé sur mon visage pendant les minutes à venir. À cause de cette période stressante de partiels, c’était exactement ce dont j’avais besoin et je remercie sincèrement Librinova de m’avoir fait découvrir cette pépite. Mon seul regret est qu’il soit trop court (enfin, il aurait pu faire 1700 pages, je vous aurai dit qu’il était trop court aussi…), je n’étais pas prête à quitter Lucie et sa petite tribu.

En lisant les derniers mots de ce roman, j’ai cru comprendre que Lucie et l’auteure, Fanny Simon Caullery, présentaient des similitudes. En tout cas, que soit Lucie ou Fanny, il s’agissait là du premier roman de cette auteure… CONTINUEZ À ÉCRIRE. Sincèrement, cela faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi bien en lisant un roman, que je n’avais pas autant eu le sourire en découvrant un nouveau livre. Le style d’écriture de l’auteure est addictif. Il est tellement fluide et naturel que c’en est impressionnant. Il y a même des pointes d’humour qui ajoutent un vrai plus, ainsi que des références populaires qui ancrent ce livre dans le réel. Cette auteure a vraiment du talent et j’espère qu’elle continuera à écrire. En tout cas, il me tarde de découvrir ses prochaines aventures rocambolesques !

Citation

Est-ce que c’est cette vie-là que je voulais ? Plus loin, plus profond que cette histoire de travail, je me pose plein de questions. Je n’avais pas écrit ma vie à l’avance, mais là, quand je fais le bilan, je me dis que peut-être, cela ne colle pas. Je suis déçue de tout. On ne veut pas de moi. Je ne crois plus trop en la nature humaine.

La modernité rencontre un classique

Bonjour!

Voilà déjà un petit bout de temps que je n’avais pas posté de chroniques. Pourtant j’ai fini deux livres, mais je n’avais pas assez d’inspiration pour écrire deux longues chroniques dessus. J’ai donc décidé de présenter ces deux avis sur un même article. Ce qui est assez curieux, c’est que l’un des livres est un petit recueil de nouvelles de Maupassant, donc un vrai classique que tout le monde a déjà dû rencontrer à l’école, tandis que l’autre livre m’a été proposé par Librinova et est vraiment très moderne, très contemporain. Lire ces deux livres à la suite a été comme un « choc des cultures/des générations » et c’était assez intéressant!

La part des anges – Gabriel Fabiani

LLa part des anges

Quatrième de couverture

« La vie de Marion est rythmée par son travail et les virées entre amis au cœur de Marseille. Dans le monde de la nuit, son terrain de jeu, plus rien ne l’étonne.
Mais son quotidien mouvementé prend une toute autre tournure lorsqu’au détour d’une soirée, son regard rencontre celui de Gabriel.
Dès lors, finies les sorties nocturnes et les coins VIP, Marion se lance corps et âme dans une histoire d’amour passionnelle. Pourtant la jeune femme s’interroge sur son nouvel amant. Des questions qui mèneront jusqu’à un secret entourant son homme. Cette révélation qui chamboule tout l’entraînera malgré elle au cœur d’un complot de Marseille à Milan, en passant par Genève.
Une histoire d’amour hors du commun entre deux êtres en quête de réponses. »

Mon avis

Je tiens tout d’abord à remercier Librinova pour ce partenariat. J’ai été ravie de découvrir l’histoire de Marion et Gabriel. En revanche, la partie « écriture de la chronique » m’a semblé si difficile que j’ai pensé pendant un moment à ne pas en écrire du tout. Pourquoi? Tout simplement parce que ce livre est juste… unique ? Oui, je pense que c’est le mot. Je n’avais jamais rien lu de tel. Ce n’est pas un simple roman car l’auteur développe également certains sujets scientifiques, que ce soit par rapport à la physique quantique ou l’alchimie. C’est une chance car, même si maintenant je fais des études plus littéraires, j’aime toujours la science. Je suis quelqu’un d’assez curieux et j’ai adoré les explications de Gabriel sur tel ou tel sujet.

Mais ce livre nous présente avant tout une histoire d’amour. Cependant, ce n’est pas un roman à l’eau de rose tout simple. Il y a pas mal d’ellipses narratives et peu de dialogues, surtout au début quand Gabriel et Marion débutent leur relation. J’étais un peu déroutée au début car je m’attendais vraiment à une histoire d’amour banale où on découvre petit à petit comment les protagonistes deviennent fou amoureux l’un de l’autre. Ici on ne s’attarde pas vraiment sur les détails amoureux, on se concentre plutôt sur les questions que se pose Marion. Pourquoi Gabriel est-il si étrange ? Pourquoi agit-il de cette façon ? C’est cette quête de vérité qui est si intéressante. Et c’est surtout cette quête qui est unique. Je n’avais, honnêtement, jamais rien lu de comparable. C’est d’ailleurs pour cela que je ne mettrais pas de note finale à ce livre. Comment le pourrais-je alors que je ne sais pas à quoi le comparer ? Tout ce que je sais, c’est que j’ai apprécié lire ce livre et que je suis heureuse d’avoir découvert quelque chose de nouveau.

Je vous encourage à lire ce roman si vous aimez les mystères et la science (si ce n’est pas le cas, vous risquez peut-être de trouver cette lecture assez longue).

La Parure et autres nouvelles – Maupassant

Couverture La parure et autres nouvelles

Quatrième de couverture

« Une jeune femme, qui rêve d’une existence au-dessus de sa condition, emprunte une parure à une riche amie. Dans ce texte emblématique, comme dans « La Légende du Mont-Saint-Michel » et « Sur l’eau » qui le suivent, Maupassant met au jour les ressorts inattendus de l’esprit humain. Il y dépeint tour à tour, avec une ironie tantôt enjouée, tantôt cruelle, le petit monde des fonctionnaires, la roublardise paysanne et la nuit effrayante d’un canotier des bords de Seine. Trois nouvelles exemplaires par le souci du détail vrai, la rigueur de la construction, la maîtrise du récit et l’art de la chute. »

Mon avis

Quand j’étais au collège, j’avais lu « La Parure » et j’avais vraiment aimé cette nouvelle, certes tragique, mais réellement bien écrite. Lorsque je l’ai retrouvé sous la forme de ce petit livre, je n’ai pas pu résister et je l’ai achetée. C’était assez curieux de se replonger dans une même histoire presque dix ans plus tard, mais j’étais ravie de la relire et je l’ai aimé autant que la première fois. On nous dit souvent que l’argent ne fait pas le bonheur, mais cette nouvelle nous montre que la vérité est beaucoup plus compliquée. C’est une belle leçon de morale. Surtout à la fin, quand on apprend que les apparences peuvent être parfois trompeuses. C’est réellement une nouvelle que j’aime beaucoup et elle est tellement courte que je pourrais la relire très souvent sans m’en lasser.

J’avais également lu « Sur l’eau » quand j’étais à l’école, mais je ne m’en souvenais plus du tout donc la fin m’a tout autant surprise que la première fois. J’ai aimé l’ambiance macabre de cette nouvelle, Maupassant écrit si bien qu’on a l’impression d’être nous aussi sur l’eau, enveloppés par la brume et sentant notre dernière heure arriver. L’histoire est courte, mais très intense et on est captivé du premier jusqu’au dernier mot!

Quant à « La Légende du Mont-Saint-Michel », elle était inédite pour moi. Je ne connaissais pas du tout cette histoire sur Satan et Saint-Michel et j’ai été ravie de la découvrir grâce à la plume de Maupassant. En revanche, si je devais émettre une petite critique, c’est que la préface de cette nouvelle m’a un peu ennuyé. Si j’avais dû la lire pour l’école, oui, les éléments et les analyses de la préface auraient pu m’aider, mais étant donné que je le lisais juste pour mon plaisir, j’ai été un peu spoilé et cela m’a dérangé. C’est dommage!

Il n’empêche que ce recueil de nouvelles est très sympathiques et se lit très vite. J’aime vraiment l’écriture de Maupassant car je la trouve fluide. Écrire une nouvelle n’est pas facile, mais lui, maîtrisait cet art à la perfection!

Damoclès – Fatou Ndong

Couverture Damoclès

Je tiens tout d’abord à remercier l’auteure pour l’envoi de ce livre ! Quand j’ai lu le résumé, je me suis dit qu’il fallait absolument que je découvre ce roman. Étant une grande passionnée de l’Histoire des États-Unis et m’intéressant tout particulièrement au combat pour les droits civiques, j’ai su que ce livre était fait pour moi. Et je n’ai vraiment pas été déçue.

Quatrième de couverture

« Madelyn Johnson est une jeune afro américaine de dix-sept ans. Elle grandit à Jackson, dans le Mississippi, l’un des Etats le plus ségrégationniste d’Amérique. Tout va basculer lorsqu’elle se verra confier par sa mère, employée en tant que bonne au sein de la famille la plus riche de Jackson, la lourde tâche de donner des cours particuliers à leur fils. Une mission à garder secrète quoi qu’il en coute. Les Johnson devront non seulement faire face à la vie quotidienne dans le ghetto noir, mais aussi à l’absence d’un père qui a dû fuir le Ku Klux Klan il y a plusieurs années. Car dans le Mississippi, la peine de mort est la seule sentence pour les noirs coupables de quelque préjudice qu’il soit… »

Mon avis

Au début du livre, nous faisons la connaissance de Paul Harper, un jeune entrepreneur sur le point de devenir papa. Alors que sa femme est en salle d’accouchement, son ami et collègue Gibson reste pour le soutenir. Ce même Gibson l’encourage à se changer les idées en parlant d’autre chose, il ne s’attendait certainement pas à ce que Paul le renvoie de son entreprise, n’ayant plus besoin de lui… Qui aurait cru que dix-huit ans plus tard, les deux anciens amis se retrouveraient en tant qu’adversaires dans la course à la mairie ? Qui aurait cru que leurs enfants respectifs deviendraient amis et s’allieraient dans une bataille sans merci pour « nettoyer la ville » ? Madelyn, fille de la servante des Harper, se retrouve au milieu de toute cette folie raciste, politique et sociale. Elle aimerait bien que son amitié avec Sebastian, le fils de Paul et donc un blanc, soit acceptée d’un côté comme de l’autre. Mais elle se rend compte que le chemin vers l’égalité des noirs et des blancs est semé d’embûches et qu’il faudra encore du temps, beaucoup du temps pour que les choses changent.

Pour faire simple, j’ai adoré ce livre. Contrairement à d’autres romans trop « structurés », je n’ai pas eu l’impression d’avoir un début, un milieu avec son paroxysme et une fin. Pour moi, quand on apprend à connaître les Johnson et les Harper, c’est comme si on rencontrait quelqu’un et qu’on faisait sa connaissance. Les personnages prennent vie très rapidement. On sait qu’il y a un avant, qu’ils ont vécu des choses avant le début de ce livre et qu’ils en vivront après la fin. Je ne sais pas comment l’auteure s’y est pris mais c’est un coup de génie car j’avais vraiment l’impression de découvrir des personnes réelles plutôt que des personnages sortis de son imagination. Par conséquent, il était plus facile de les imaginer physiquement et de me représenter toutes les scènes dans la tête. J’ai donc trouvé cette lecture très vivante et c’est pourquoi je ne me suis pas ennuyée une seule fois.

Au début, j’avais un peu peur de me perdre avec tous ses personnages. Il y a les principaux comme Paul, Teresa, Madelyn, Sebastian, Sean et James mais il y a aussi les personnages mineurs comme Bettie Sue, Trent, Jane, Kirt… Mais l’histoire est tellement prenante qu’on arrive très vite à comprendre qui est qui et quel est le rôle de chacun. En revanche, je ne saurais dire qui est mon personnage préféré. Évidemment il y a les mauvais, les racistes, ceux qui se croient supérieurs aux noirs. Ceux-là, je ne les ai pas aimé. Mais j’ai aimé découvrir leurs histoires. Parfois, les auteurs bâclent la description des « méchants de l’histoire » et préfèrent se concentrer sur celle des héros. Mais ici, Fatou Ndong fait réellement exister les gens comme James et leur donne une véritable profondeur psychologique. J’ai vraiment apprécié le fait qu’elles développent tous ses personnages de la même façon.

J’ai également adoré la narration par de multiples personnages. Parfois, on relit la même scène vue par deux personnages différents. La première fois que c’est arrivé, je me suis dit que si cela arrivait trop souvent j’allais vite m’ennuyer. Mais pas du tout ! Au contraire, toutes les fois où c’est arrivé, j’ai aimé découvrir ce que pensaient les personnages de leur interlocuteur. Grâce à ces parallèles on apprend vite à cerner les personnages. On voit s’ils sont naïfs ou au contraire parfaitement lucides et cela nous aide à comprendre si l’on doit se fier à leur capacité de jugement…

Le fait que des réalités historiques aient été intégrées dans le livre nous aide à nous plonger complètement dans l’histoire. On n’a aucun mal à s’imaginer que Madelyn et Sebastian ont réellement existé. Ils sont un peu les Roméo et Juliette des temps modernes. Même sans parler d’amour, ces deux jeunes gens tiennent l’un à l’autre comme de véritables meilleurs amis. Ils ne font rien de mal et pourtant les conventions sociales leurs interdisent de se voir. J’imagine sans peine que des amitiés telles que celle-ci existaient dans l’Amérique des années 60 et c’est pourquoi ce livre m’a autant bouleversé.

Quant à la fin, je ne m’attendais pas du tout à ça. Ai-je été déçue pour autant ? Oh que non. Ce retournement de situation inattendu avec James, le comportement de Sean, la décision de Madelyn et les espoirs de Sebastian concluent magnifiquement ce roman.

Citations

Les gens parlent, ils disent des choses à propos de Madelyn…
— Madelyn ?
— On l’aurait vu à plusieurs reprises en compagnie d’un blanc… Moi je ne dis rien, tu sais ! Mais tu connais les rumeurs… Je préfère t’avertir avant que tu ne l’entendes de la bouche de quelqu’un d’autre. Si c’était vrai… et je ne dis pas que ça l’est… ça pourrait être très dangereux pour elle.

Si tu veux un conseil, si j’étais toi, je lui poserais un ultimatum. Il renonce à voir sa négresse et il se projette dans l’avenir avec toi. Autrement, il devient la risée de tout Jackson et bien entendu, tu le deviendras aussi par la même occasion.

N’avais-je pas cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête ? Tout ce temps, j’avais voulu croire que j’étais de ceux qui ne seraient jamais en danger, parce que j’avais Sebastian, je me mentais à moi-même. Je fermais les yeux sur tout, je n’écoutais pas les avertissements que l’on me faisait, je détournais les yeux devant les panneaux d’alerte que l’on mettait sur mon chemin.

City on Fire – Garth Risk Hallberg

Résumé :

« 31 décembre 1976. New York se prépare pour le réveillon. Chez les Hamilton-Sweeney, Felicia accueille financiers et mondains tandis qu’à l’autre bout de la ville, dans le Lower East Side, Charlie, venu de Long Island, attend Sam pour assister à un concert punk. Mais Sam a un autre rendez-vous auquel elle tient plus que tout. Elle retrouvera Charlie dans quelques heures à la station de métro de la 72e Rue. À quelques encablures de là, dans Hell’s Kitchen, Mercer Goodman tourne et retourne un délicat carton d’invitation. Et s’il se rendait à la réception des Hamilton-Sweeney pour retrouver Regan, cette sœur que William, en rupture avec sa famille, lui a toujours cachée ? Pourquoi ne pas saisir l’occasion d’en apprendre plus sur William, son amant, l’ancien leader du groupe punk Ex Post Facto ?
Bientôt, des coups de feu retentissent dans Central Park. Une ombre s’écroule dans la neige…
Qu’est-ce qui peut bien unir ces êtres – qui n’auraient jamais dû être amenés à se rencontrer – à un meurtre commis au cœur de Central Park ? Au sein de ce roman choral, leurs histoires s’entremêlent et nous entraînent dans les recoins les plus infimes de la ville. »

Mon avis :

Je remercie Le Livre de poche pour l’envoi de ce livre. Lorsque j’ai vu City on Fire dans la sélection de l’été, je n’ai pas pu résister. Ce roman a fait un tel buzz lors de sa sortie française que je ne pouvais pas résister à l’envie de le découvrir. Ce pavé de 1200 pages est, certes, salué par de nombreux critiques mais fait également l’objet de chroniques plus modérées de la part de plusieurs blogueurs littéraires. Par conséquent, je ne savais plus trop si j’allais faire face à un chef d’oeuvre ou si j’allais moi aussi être déçue par le roman… Il ne me restait plus qu’une chose à faire : le lire !

Ah, le réveillon du nouvel an, ce jour où l’on se dit qu’on peut tout recommencer à zéro. On prend un tas de bonnes résolutions et on imagine que notre vie va changer du tout au tout. Mais en ce 31 décembre 1976, si l’existence de plusieurs personnes va être bouleversée, ce ne sera pas à causes de promesses en l’air qu’ils se font à eux-mêmes. Non, ce sera à cause d’un crime commis au coeur de Central Park. Sam, Mercer, Charlie, William, Regan et Keith seront à jamais liés, plus ou moins directement, par ces coups de feu. Pourtant à première vue, une gamine rebelle n’a rien à voir avec la fille d’une des familles les plus riches de New York. Un professeur n’a rien à voir avec l’ancien leader d’un groupe punk. Dans ce New York des années 70, le temps tisse une toile qui finit par unir les gens à travers tout un tas de rebondissements et de mises à l’épreuve. Une chose est sûre, personne ne sortira de cette décennie indemne.

Quand on est jeune et que le destin en explosant, creuse des cratères dans votre vie, on a les ressources nécessaires pour la reconstruire. Au-delà d’un certain âge, on dissimule simplement les dégâts en les oubliant derrière un mur.

Écrire la chronique de City On Fire se révèle plus compliquée que ce que j’avais imaginé. Ce roman est unique. Il ne rentre dans aucune case, dans aucune catégorie. La plume de l’auteur est vraiment particulière, je dirais même, incomparable. Quant à l’histoire, elle est forgée à base de flashbacks, de bonds dans le temps et d’interludes. Honnêtement, ce livre est sans égal et il est difficile de critiquer ou de noter sans pouvoir prendre un autre roman pour référence. D’ailleurs, il n’y aura pas de note à la fin de cette chronique car pour moi, ce livre est une véritable expérience personnelle en soi. C’est difficile à expliquer mais je pense que chacun vivra cette lecture différemment tant elle est unique.

Le fait qu’elle soit unique ne veut pas dire qu’elle plaira à tout le monde. D’ailleurs, moi, je n’ai pas accroché. Je n’ai pas non plus été totalement déçue mais je m’attendais à autre chose. C’est le style de l’auteur qui m’a principalement dérangé. Ce n’est pas le genre d’écriture que j’apprécie. Par exemple, Garth Risk Hallberg peut faire tout un paragraphe sur la neige qui tombe sur New York. Beaucoup de gens trouvent ça beau et poétique, mais personnellement je trouve que c’est une perte de temps. Évidemment, dans un roman de plus de 1000 pages, il est inévitable d’avoir quelques longueurs. Le problème c’est que pour moi, tout ce qui n’était pas du dialogue était barbant. En fait, j’avais l’impression que l’auteur cherchait à mettre des métaphores partout. Même la chose la plus infime était comparée à un élément poétique ou à n’importe quel autre objet. C’est sympa à petite dose et quand les métaphores me font rire ou me font imaginer des choses loufoques. Mais quand il s’agit simplement de faire des comparaisons pour faire des comparaisons… là, je n’adhère pas. À mon goût, il y’avait trop de narration et pas assez d’action. Parfois les personnages divaguaient et nous parlaient de choses qui n’apportaient franchement pas grand-chose à l’intrigue.

Parlons-en d’ailleurs, de ces personnages. À première vue, ils sont tous très intéressants et ont tous connu des difficultés qui leur donnent un petit côté attachants. Malheureusement, j’ai trouvé une certaine monotonie dans leurs histoires, dans leurs façons de se comporter et de parler. En effet, si chaque chapitre se concentre sur un personnage, il est difficile de savoir de qui on parle avant que le prénom ne soit évoqué. Ils sont tous un peu rebelles et désespérés et c’est dommage car la différence entre eux n’est pas très marquée. Bien sûr, cela peut faire partie de « l’effet de style ». Tout le monde se noie de la même façon dans ce New York des années 70. Il n’empêche que pour m’attacher à des personnages, j’aime bien qu’ils soient uniques en leur genre et non pas qu’ils soient des pions coulés dans le même moule.

On peut construire une vie sur ça : deux personnes qui connaissent les failles l’une de l’autre et choisissent néanmoins de rester assis ensemble, en chaussettes, sous la lampe, à lire des magazines en essayant de ne pas penser trop loin au-delà de la journée qui s’achève ou de celle qui vient.

Dans l’ensemble, mon avis sur le livre est donc assez négatif puisque ma lecture a été fastidieuse. Je mettais plus d’une heure à lire quarante pages et honnêtement je pensais que je n’arriverais jamais à avancer. Mais comme je l’ai dit plus haut, ce roman est unique. Et si on se plonge complètement dans le roman et dans son ambiance on se retrouve hors du temps. Un matin où je lisais, au calme, sans aucune distraction, j’ai sincèrement été absorbée dans ce livre. Nous étions en plein mois d’août, il faisait chaud mais j’avais l’impression d’être au Nouvel An. Je lisais à ce moment-là le passage sur le premier janvier et bizarrement (non, vraiment, c’était bizarre !) je ressentais toute cette euphorie, cette sensation particulière que l’on ressent un premier janvier quand on se dit qu’une nouvelle année vient de commencer. En refermant le livre ce jour-là, j’ai mis quelques minutes à réintégrer la vraie vie et sur le coup… j’étais complètement sidérée. Être plongée dans un livre, oui, ça m’est déjà arrivé, mais confondre la fiction et la réalité, c’était une première. Donc même si ce roman m’a déçue dans son ensemble, quelques points positifs qui ont égayé ma lecture.

En résumé, Garth Risk Hallberg nous montre dans ce premier roman tout l’étendu de ses talents. Grâce à son intrigue, ses personnages ou ses interludes, l’auteur nous prouve qu’il a énormément d’imagination, qu’il sait écrire les passages narratifs et les dialogues et que les longueurs ne lui font pas peur. Malheureusement, son style d’écriture très poétique et purement littéraire n’est pas le genre auquel j’accroche. Comme d’habitude avec ce genre de plumes, je sais que d’autres personnes sauront apprécier ce livre à sa juste valeur. Je retiendrais tout de même le fait que ce livre est unique. Cette lecture n’a ressemblé à aucune autre et rien que pour ça, je me dis que ça valait le coup de découvrir ce roman !

L’échec est tellement plus intéressant. Tout porte à croire que Dieu considère l’humanité comme un échec. Les choses deviennent intéressantes juste au moment où elles s’effondrent.

Un été invincible – Alice Adams

Couverture Un été invincible

Résumé :

« Benedict, Eva, Sylvie et Lucien sont inséparables depuis leurs années de fac à Bristol. Leur diplôme en poche, ils vont, pour la première fois, se disperser. Eva part à Londres où l’attend un poste dans la finance ; Benedict reste à Bristol pour suivre son doctorat. Quant à Sylvie et Lucien, fidèles à leurs rêves, ils entament une vie plus bohème, faite d’art et d’aventure. À l’approche de la trentaine, leurs liens autrefois si forts se distendent. Le temps qui passe les éloigne les uns des autres, leurs routes divergent. Pourtant, leurs chemins vont à nouveau se croiser et faire revivre le souvenir de l’« été invincible » qui les a liés à jamais. »

Mon avis :

Je remercie Babelio et les éditions Albin Michel pour l’envoi de ce livre !

La première année de fac vient de s’achever pour quatre jeunes anglais. Avant de rentrer chez eux pour les vacances d’été, ils passent une dernière après-midi ensemble, se disent au revoir et se promettent de se retrouver à la rentrée. Eva, Sylvie, Benedict et Lucien s’imaginent qu’ils viennent de sceller leur amitié une bonne fois pour toute et que rien ne pourra les séparer. Mais une fois leurs études terminées, chacun prend des directions différentes. Tandis qu’Eva devient une business woman à la City, Benedict ne peut se résoudre à commencer  à travailler et commence alors un doctorat. Les deux frangins, Sylvie et Lucien, mènent quant à eux une existence plutôt bohème. La vie éloigne peu à peu ces quatre amis. Les soirées arrosées cèdent la place à un e-mail de temps en temps pour demander des nouvelles. Les disputes remplacent la complicité d’autrefois. Chacun a des centres d’intérêts différent. Certains se concentrent sur leur carrière professionnelle, d’autres sur leurs obligations familiales. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la vie n’épargne aucun de ces inséparables d’autrefois. Eva, Sylvie, Benedict et Lucien vont devoir surmonter de terribles obstacles qui mettront leurs liens d’amitié à l’épreuve mais qui pourraient bien finir par les rapprocher pour de bon…

Ce livre débute par une question posée par Eva. Dès la lecture de cette phrase, je savais que j’allais aimer ce livre et je n’ai clairement pas été déçue. J’ai adoré découvrir les aventures de ces quatre amis. Lorsqu’on lit les premiers chapitres, on n’imagine pas un seul instant tous les obstacles qui vont se dresser sur le chemin de Sylvie, Eva, Lucien et Benedict. On se dit que leur amitié connaîtra, certes, des hauts et des bas mais qu’en règle générale, ils sont tellement proches que rien ne pourra les séparer. Dès les premières lignes, on ressent ce lien très fort entre les quatre personnages et on se sentirait presque jaloux de ne pas faire partie de la bande. Mais au final, le lecteur est vraiment plongé au cœur de l’intimité de ces jeunes anglais et on se dit qu’on fait partie de leur cercle, nous sommes le cinquième membre, celui qui observe et qui n’agit pas. L’auteure arrive à nous plonger totalement dans l’ambiance de son livre. Lors des vacances à Corfou, on sentirait presque le soleil sur notre visage. Lorsque Eva marche dans les rues de Londres, on visualise clairement la grisaille et on est à la limite de sentir les gaz d’échappements. C’est prodigieux ! Encore mieux, on arrive à ressentir les mêmes émotions que les personnages. Lorsqu’ils jubilent, nous jubilons. Lorsqu’ils pleurent, notre gorge se serre. C’est exactement comme si ces personnages étaient nos amis intimes et que nous partagions tout avec eux. Bref, la plume d’Alice Adams s’est révélée aussi habile qu’addictive. J’ai hâte de lire d’autres de ses œuvres !

Le mail qu’il avait reçu d’Eva ce matin-là – événement de plus en plus rare – n’avait fait que souligner ce décalage. Le tableau qu’elle brossait de sa vie était, comme toujours, trépidant : gros contrats, grosses fiestas. Elle parlait de Sylvie mais pas de Lucien, poussant Benedict à se demander si elle le voyait encore. Le mail lui avait semblé envoyé par une étrangère. Il ne contenait aucun des clins d’œil qu’ils avaient coutume d’insérer dans leurs messages pour montrer que rien n’avait changé.

En ce qui concerne les quatre personnages principaux, je me suis attachée à chacun d’eux. Eva est une jeune femme ambitieuse et déterminée. Elle sait ce qu’elle veut et elle va faire tout ce qui est en pouvoir pour arriver à ses fins, quitte à mettre un peu de côté sa vie personnelle. Eva est sûrement la protagoniste que j’ai le plus appréciée car je me suis sentie proche d’elle. C’est toujours mieux quand on arrive à s’identifier au personnage d’un roman car on s’attache immédiatement à lui/elle. Bien sûr, si j’ai adoré Eva, j’ai également apprécié Sylvie qui n’a pas choisi le mode de vie le plus simple mais qui se nourrit principalement de ses rêves et de ses passions. Bien qu’elle ait des difficultés financières, elle ne baisse pas les bras et espère qu’un jour elle vivra de son art. Tout le monde n’a pas le cran de faire ça ! D’ailleurs, Sylvie démontrera par la suite toute l’étendue de son courage. Dans les derniers chapitres, on ne peut être qu’admiratifs face à cette femme. En revanche, on n’a plus de mal à glorifier les prouesses de Lucien ! Certes, ce personnage est attachant car il fait partie de la bande. Mais il est plutôt désespérant ! On aimerait qu’il s’en sorte et qu’il fasse quelque chose de bien dans sa vie. Il joue les gros durs, mais on se rend finalement compte que sous sa carapace, il peut se montrer désorienté voire complètement paniqué quand la vie lui met des bâtons dans les roues. C’est ce qui fait son petit charme. Enfin, Benedict est sûrement la personne la plus raisonnable de la bande. Il veut avancer dans la vie. Il ne se laisse pas abattre par les événements et finit toujours par retomber sur ses pattes. J’ai beaucoup aimé ce personnage.

L’histoire en elle-même est simple. Oui, voilà. Il n’y a pas d’autres mots. Elle est simple. C’est l’histoire d’une vie, il n’y a rien d’extraordinaire. Pas de magie, pas de surnaturel, pas de péripéties tirées par les cheveux, pas de retournements de situation qui n’arrivent que dans livres. Tout semble tellement vrai qu’on ne peut lire ce livre qu’avec grand intérêt. On se dit : et si c’était moi ? Tous les rebondissements sont extrêmement crédibles et pourraient arriver à n’importe qui. C’est sûrement pour cela que le livre est si passionnant ! De plus, le fait que l’on suive les protagonistes de la fac jusqu’à leur quarante ans rend cette lecture plus pertinente, plus concrète. Le temps passe et on ne peut pas y échapper. Je dirais même que c’est la morale de ce livre. Faites les bons choix, suivez votre cœur car la vie ne vous offrira pas de seconde chance. En fait, Un été invincible nous apprend à ne pas avoir de regrets. Vivons donc notre vie à fond !

C’est définitivement la fin d’une époque, pas vrai ? A moins que cette époque ait déjà prit fin sans qu’on s’en soit rendu compte. Tu vas me manquer, Benedict. D’une façon bizarre, je crois que tu me manques déjà même si tu es juste là à côté de moi. 

Si je devais formuler un petit point négatif, je dirais que quelques passages m’ont déroutée. Eva étant dans le monde de la finance, certains paragraphes se concentrent sur l’univers de la Bourse et des traders. Par conséquent, on peut se trouver face à des phrases un peu compliquées qui peuvent casser le rythme de notre lecture et qui ne nous apportent pas grand chose pour l’histoire en elle-même. Si l’on s’y connaît, il n’y a aucun problème. Mais si pour nous la Bourse est un univers totalement abstrait, ces petits passages se révèlent frustrants. On ne comprend pas ce qu’on lit. Même remarque pour les travaux de Benedict ! L’accélérateur de particules, j’en ai entendu parler dans la série Flash, mais je ne suis pas sûre que ce soit la meilleure des références scientifiques hahaha ! Je ne peux pas dire que ces points négatifs m’aient gâché la lecture. Je voulais juste les mentionner pour justifier le fait que je n’ai pas mis 20/20.

Enfin, pour finir sur une bonne note, j’ai trouvé la couverture très jolie. Elle est comme l’histoire : simple. Elle est simple et sobre et pourtant elle est irrésistiblement attractive ! Si j’avais vu ce livre dans une librairie, je me serais sans aucun doute approcher pour lire le résumé.

En bref, j’avais compris dès les premières lignes que j’allais aimer ce livre mais je ne pensais pas l’adorer autant ! Je me suis attachée aux quatre protagonistes et j’ai apprécié suivre leurs aventures au fil de la vie. J’ai aussi aimé le fait que ce livre est très concret. Tous les événements sont crédibles et ils sont en plus ancrés dans notre réalité historique (l’attentat du 11 septembre est mentionné, tout comme la crise économique de 2007). Je suis ravie d’avoir découvert la plume d’Alice Adams et j’ai hâte de lire d’autres de ses œuvres.

A la fac, la situation était différente ; ils se voyaient tous presque quotidiennement, si bien qu’il y avait toujours quelqu’un pour remarquer si vous aviez des ennuis, et comme ils menaient le même genre de vie leurs désaccords ne semblaient pas tirer à conséquence. Cette période avait été la plus heureuse de son existence, elle s’en rendait compte à présent : un foyer stable, un réseau d’amis, un avenir plein d’espérances et de promesses.

Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils – Jacques Expert

Ce soir je vais tuer l'assassin de mon fils

Résumé : 

« Quand son fils meurt, renversé par un chauffard qui a pris la fuite, Antonio Rodriguez jure à sa femme qu’il le vengera. Tandis que l’enquête piétine, il finit par découvrir le meurtrier, un cadre supérieur de sa propre entreprise dont l’attitude lui paraît très suspecte. Pourtant, un jour, les gendarmes l’informent qu’ils viennent d’arrêter le coupable. Les preuves sont formelles, l’homme est passé aux aveux. Mais ce n’est pas le même individu. Dans ce roman à quatre voix – Antonio et sa femme, Sylvia, l’assassin et son épouse –, se noue un ballet macabre, autour du thème de l’autodéfense : qui Antonio Rodriguez va-t-il tuer ce soir ?
Jacques Expert a longtemps hésité entre deux fins pour clôturer ce roman. Il a dû trancher pour l’édition imprimé. Aujourd’hui nous vous proposons ces deux alternatives, à vous de choisir… »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier le Livre de Poche pour l’envoi de ce livre. L’avantage de cette édition numérique, par rapport à la version papier, est que l’on pouvait choisir sa fin. A un certain moment, on vous demande de faire un choix entre la fin n°1 et la fin n°2. Vous pouvez bien sûr lire les deux ! Cette fin alternative est un vrai atout pour ce livre qui est déjà, à la base, un chef d’oeuvre.

Il est tard. Jean-Pierre Boulard se décide enfin à rentrer chez lui après un début de soirée arrosé. Il sait que sa femme va lui en vouloir et va lui reprocher son retard. Mais il s’en fiche, cela fait bien longtemps qu’il ne l’aime plus, cette peau de vache. L’esprit embrumé par l’alcool et les tracas familiaux, cet homme ne va pas remarquer la présence du jeune Victor qui est à vélo sur cette même route. Il va le heurter de plein fouet. L’enfant sera retrouvé le lendemain, dans le fossé. Mort. Si la personne qui l’avait percuté s’était arrêté et avait pris la peine d’appeler les pompiers, il serait en vie. C’est ce qu’un des gendarmes déclare à Antonio, le papa de Victor. A partir de ce jour-là, la vie de la famille Rodriguez bascule. Sylvia, la mère, ne demande qu’une chose : que son fils soit vengé. Elle demande à son mari de tuer l’assassin de leur fils. Ce sale type doit mourir. Il n’a pas le droit de vivre alors que leur petit Victor lui, est mort dans d’atroces souffrances. Antonio se met à enquêter, en parallèle de la police qui ne donne pas beaucoup de résultat. Pour lui, l’attitude de son supérieur, un certain monsieur Boulard, est suspecte. Il n’est pas aussi compatissant avec lui que les autres gars de la boîte. Et il a remplacé un feu avant qui était brisé. Et il a des traces de peinture rouge – la couleur du vélo de Victor – sur sa carrosserie. Tout concorde. Mais… alors qu’Antonio s’apprête à passer à l’action, les gendarmes appellent les Rodriguez et les informent que l’assassin de leur fils, Mr. Demay, vient d’être arrêter. Où se cache la vérité ?

Il aimait ce bonheur simple : sa femme occupée à la cuisine et les rires complices de ses enfants qu’il devinait, depuis leur chambre toute proche, malgré la porte tirée. A présent, Sylvia se force toujours à ranger la cuisine mais lui ne supporte plus l’activité obstinée de sa femme ni le silence pesant qui s’échappe de la chambre muette de son fils.

J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce livre. Dès les premières pages, je me suis attachée à Antonio et Sylvia Rodriguez, ces deux parents qui viennent tout juste de vivre un drame. Leur famille a été brisée et ils veulent se venger. C’est le seul moyen pour eux de retrouver un semblant de normalité. Ils ne peuvent pas vivre dans un monde où l’assassin de leur fils respire et profite des joies de la vie ! On ne peut être que compatissants face à ses deux personnages. On essaie de se mettre à leur place et on imagine à quel point ils doivent être meurtris par les récents événements. On comprend leur tristesse, à la différence de ce cher Monsieur Boulard qui en a assez que ses employés se montrent trop démonstratifs avec Antonio. Je crois que je n’ai jamais autant haï un personnage dans une de mes lectures. Je n’ai même pas de mot pour décrire cet homme. C’est un assassin. Ce sale type a tué un enfant. Et pourtant, il arrive bien vite à oublier ce qu’il a fait. Il dit même à un moment que s’il ne repassait devant la « scène du crime » tous les jours pour aller travailler, il aurait déjà oublié tout ça depuis un bout de temps. Le pire, (car oui, il y a pire) c’est que cette ordure dit qu’il n’y ait pour rien. Comme si cela ne suffisait pas, ce personnage se comporte d’un façon terriblement odieuse avec sa femme. D’ailleurs, il ne se prive pas de l’appeler « la salope ». C’est charmant. Je n’ai rien aimé chez ce personnage. Rien. Rien du tout. J’espérais que Antonio allait découvrir la vérité et qu’il n’allait pas tuer Demay, mais bien Boulard, cet homme sans cœur qui a tué un enfant et qui n’exprime même pas une once de regret.

J’ai donc aimé les personnages, mais j’ai bien évidemment aimé l’histoire. Elle est intense. On tourne chaque page avec appréhension en se demandant si la vérité va enfin éclater ou si un nouveau mensonge va venir s’ajouter à la pile. On a envie de connaître le dénouement sans attendre ! En fait, on aimerait lire le livre d’une seule traite. Mais bon, il faut bien garder un peu de suspens, non ? Ce suspens est d’ailleurs doublé lorsqu’on se retrouve face une page où il est écrit que nous devons faire un choix. On doit alors sélectionner quelle fin nous souhaitons lire. J’ai décidé de lire les deux pour connaître les deux issues que l’auteur avait imaginé. J’ai commencé avec la fin n°2 (ne me demandez pas pourquoi) et j’ai été tellement déçue ! L’histoire est toujours aussi palpitante et le style de l’auteur était toujours aussi entraînant, ça il n’y a pas de doute là-dessus. Mais je me suis retrouvé face au dénouement que je craignais. J’ai donc lu la fin n°1 en toute hâte et là, j’ai eu ce que je voulais ! Le fait d’avoir le choix entre deux fins pour une histoire est vraiment très ingénieux. Je pense que tous les lecteurs y trouveront leur compte. Et puis, on a l’impression de participer à l’élaboration de l’histoire avec l’auteur. C’est excitant, il faut bien le dire !

Les gars se sont soudain déchaînés. Ils m’ont pris à témoin et j’ai été bien obligé d’acquiescer avec eux, et d’espérer que les flics chopent « ce fumier ». Qu’est-ce que j’aurais pu faire d’autre, sinon participer à cette explosion de colère ? Franchement, ce déferlement écœurant de haine ne fait pas honneur à l’espèce humaine et je ne peux m’empêcher de me demander comment ils auraient réagi à ma place, ces gueulards.

Enfin, en ce qui concerne le style de l’auteur, j’ai été très agréablement surprise. Les romans policiers ou les thrillers français me font rarement vibrer. De plus, j’étais tombée une fois sur l’adaptation cinématographique de ce livre et je n’avais pas vraiment accroché. Or en lisant cette oeuvre, je me suis prise une grand claque ! La plume de Jacques Expert est très agréable à lire. Elle est fluide et les dialogues ne sonnent pas faux. L’auteur nous entraîne dans son histoire macabre sans aucun problème et on se retrouve plongé au cœur de l’intrigue. J’ai hâte de lire d’autres de ses livres !

En résumé, Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils est une lecture dont on ne peut pas ressortir indemne. Tantôt choqué, tantôt bouleversé, on se surprend à encourager Antonio dans sa quête de vengeance. Dans cette version avec fin alternative, le lecteur peut choisir le dénouement de cet histoire et c’est une très très bonne idée. Je vous conseille ce livre si vous ne l’avez pas encore lu !

Ne pensez surtout pas que je sois un être insensible, mais mettez-vous à ma place, je ne suis pas un monstre quand même !