Verdun, tome 1 : Avant l’orage – Jean-Yves Le Naour, Marko, Iñaki Holgado, Sébastien Bouet

Couverture Verdun, tome 1 : Avant l'orage

Quatrième de couverture

« Décembre 1915 : les Allemands semblent préparer une attaque d’envergure sur l’un des points stratégiques de la ligne de défense française. Si Verdun tombe, la guerre pourrait définitivement basculer en faveur de l’Allemagne. Malgré les nombreuses mises en garde, le général Joffre, commandant en chef des forces françaises, se refuse à renforcer la zone, persuadé que la vraie bataille se jouera en Champagne. Quand en janvier 1916 l’attaque ne fait plus le moindre doute, il semble bien tard pour réagir. Seul un miracle pourrait sauver Verdun. »

Mon avis

J’ai profité d’une semaine de vacances du côté de Verdun pour faire le plein de livres traitant de la première guerre mondiale. J’ai pris les deux premiers tomes de la bande-dessinée Verdun sans même réfléchir. Les couvertures ont tout de suite attiré mon regard. Après la lecture du premier volet, Avant l’orage, je ne suis vraiment pas déçue d’avoir découvert cette série.

J’ai particulièrement aimé le fait que cette bande-dessinée ne prend parti ni pour les allemands, ni pour les français. Évidemment, quand on est d’une nationalité ou de l’autre, notre coeur balance souvent vers notre patrie. Mais si l’auteur du scénario est français, il ne fait pas l’éloge de nos dirigeants et ne dit pas que le gouvernement a fait tout ce qui était en son pouvoir pour défendre Verdun. Au contraire, il montre à quel point le général Joseph Joffre est resté inflexible jusqu’au jour où l’attaque a commencé et qu’il n’a plus eu d’autres choix que d’envoyer du renfort (et même à ce moment-là, il resté persuadé que l’attaque principale aurait lieu ailleurs). C’est donc une bande-dessinée très informative et non pas ultra-nationaliste qui nous laisserait croire que les vilains allemands ont réussi à nous battre alors que nous étions vraiment bien préparés.

D’ailleurs, à la fin de ce premier tome, huit pages explicatives (qui ne sont plus sous la forme d’une bande-dessinée) nous décrivent pas à pas l’attaque de Verdun en 1916. J’ai beaucoup aimé ces quelques pages et je les ai lu avec grand intérêt. Les illustrations (photographies) et informations données sont très utiles et peuvent très bien servir de base pour un cours. Comme j’aimerais, à la fin de mes études, devenir professeure de français/culture française pour les élèves étrangers, j’essaie de repérer dans chaque livre quels passages/dialogues je pourrais utiliser, quelles illustrations je pourrais analyser avec eux, etc. Dans cette bande-dessinée, j’ai trouver plusieurs passages très intéressants qui pourraient me servir de base pour un cours sur Verdun, sur les conditions de vie des soldats, sur le contraste avec les officiers gradés qui, eux, peuvent se manger des entrecôtes pendant que leurs gars sont coincés dans les tranchées. Le général Driant écrit également une lettre à sa femme. Je pourrais donc utiliser cette BD en lien avec le livre Paroles de Poilus par exemple. Bref, c’est un livre très enrichissant au niveau culturel et que j’ai hâte d’utiliser dans un de mes cours. En revanche le niveau de langage est assez élaboré. Donc il est parfaitement compréhensible pour quelqu’un dont le français est la langue maternelle, mais pour un étudiant étranger, je dirais qu’il faut tout de même des bases solides dans la langue.

Sinon, j’ai beaucoup aimé les dessins et particulièrement les couleurs. Je ne suis pas tellement bande-dessinée, mais le sujet abordé ici y est tellement intéressant que je n’ai pas réussi à refermer le livre avant de l’avoir terminé. Les dessins réalisés par Iñaki Holgado correspondent parfaitement à l’ambiance qui règnent dans ce livre. On voit les regards déterminés des soldats, allemands comme français, on lit l’agacement sur les traits du général Joffre qui ne comprend pas pourquoi on lui parle sans cesse de Verdun, on voit l’horreur sur les visages des poilus lorsque les bombes explosent et que les morts s’entassent. Bref, les dessins nous transmettent parfaitement les émotions de chaque personnage, c’est très prenant. Mais les couleurs utilisées par Sébastien Bouet jouent également un énorme rôle. Le contraste est saisissant entre les couleurs chaudes utilisées à la chambre des députés, à l’Élysée, au Sénat et l’ambiance bleue glaçante que l’on retrouve dans les tranchées. Je ne m’y connais pas tellement en art, ni en analyse picturale, mais pour le coup j’ai bien vu la différence entre les deux atmosphères et cela ne fait que contribuer à l’excellence de ce livre.

Je ne suis pas non plus une spécialiste de Verdun ou de la première guerre mondiale, mais je pense que cette bande-dessinée reflète avec exactitude ce qui s’est passé pendant le combat. D’ailleurs, l’auteur du scénario, Jean-Yves Le Naour, n’en est pas à son coup d’essai et a déjà sorti plusieurs livres et bande-dessinées sur la première ainsi que la seconde guerre mondiale et sur le Général de Gaulle, par exemple. D’ailleurs, j’avais lu 177 : Ces français du jour J (avant d’ouvrir mon blog) de ce même auteur et j’avais eu un énorme coup de coeur. Je crois même avoir versé quelques larmes pendant cette lecture. Bref, tout cela pour dire que j’ai envie de découvrir les autres romans et/ou bande-dessinées de cet auteur, car il est capable de faire ressentir un tas d’émotions tout en expliquant des faits historiques précis.

Pour faire court, c’est un carton plein pour cette bande-dessinée. Je l’ai aimé du début à la fin et j’ai appris beaucoup de choses. Les dessins m’ont énormément plu et j’ai trouvé le choix des couleurs très judicieux. J’ai hâte de me plonger dans les tomes suivants!

Si cette bande-dessinée vous intéresse, vous pouvez en lire les premières pages ici.

Citations

L’assaut aura lieu demain, au petit jour. Notre bois aura ses tranchées prises dès les premières minutes. Comme on se sent peu de choses à ces heures-là ! Ma chère épouse, j’aurais tant voulu te serrer dans mes bras une dernière fois.
Driant

Ce sera la plus grande bataille de tous les temps. Grâce à vous, commandant suprême, nous avons pu regrouper mille deux cents canons de tous les calibres, du jamais vu! Avec plus de mille obus par pièce, nous allons littéralement écraser l’ennemi sous un déluge d’acier.

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Le Chien de Claude – Roald Dahl

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Résumé :

« Connaissez-vous les différentes manières de capturer les rats ? De faire fortune avec un tonneau de mazout vide et quelques morceaux de viande ? Avez-vous une idée des secrets que peut dissimuler une meule de foin ? Et que savez-vous sur les courses de lévriers ? Entrez dans l’univers de Roald Dahl où chaque éclat de rire est suivi d’un grincement de dents ! »

Mon avis :

Les éditions Folio nous présentent ici un recueil de quatre nouvelles de Roald Dahl, l’auteur de Charlie et la Chocolaterie et de Matilda (entre autres). Quand j’étais plus jeune, j’avais adoré ces deux romans et j’étais heureuse à l’idée de retrouver son écriture un peu loufoque. Malheureusement, je n’ai pas été convaincu par ces quatre histoires brèves.

Si les personnages sont similaires dans toutes les nouvelles, j’ai eu du mal à voir un lien précis entre chaque récit. Oui, il y a Claude, il y a Gordon, il y a le chien. En fait, je m’attendais tellement à ce que toutes les histoire soient liées que j’ai été déçue. Pourtant, ces quatre petits récits ne sont pas mauvais en soi, c’est juste que je m’attendais à autre chose. J’espérais voir une continuité plus évidente.

La première nouvelle nous parle d’un homme dont le métier est de capturer les rats. Il connaît ces petits rongeurs sur le bout des doigts car pour les attraper, il faut se montrer aussi malin qu’eux, voire même plus. Cependant, les rats cachés dans les meules de foin semblent faire preuve d’une intelligence incomparable et l’homme va rapidement déchanter, tout en essayant de garder la face devant ses clients.
J’ai bien aimé cette histoire. Le personnage principal a un bagout assez impressionnant, il pourrait vendre de la glace aux esquimaux. Même quand sa technique ne fonctionne pas, il essaie de convaincre ses clients qu’il est le meilleur. Il m’a bien fait rire!

— Faut être malin pour faire ce métier-là. Plus malin qu’un rat et c’est pas peu dire.
— Faut être vous-même rat, quoi!
La phrase m’échappa, sans le faire exprès, justement parce que j’avais les yeux posés sur lui. Il n’en fut pas vexé, au contraire.

La deuxième nouvelle nous raconte la journée au cours de laquelle Rummins décide de démolir les meules de foin. Le travail se révèle plus compliqué que prévu étant donné que quelque chose gêne la découpe. Après avoir lu la première nouvelle, on pourrait penser qu’il s’agit d’une dizaine de rats qui se seraient nichés là. Mais le narrateur se souvient du jour où le foin a été mis en meule et il en vient à une tout autre conclusion…
J’ai bien aimé cette histoire. En revanche j’ai été très déçue par la fin. La question du lecteur reste sans réponse. Oui, on peut deviner ce que Claude et les autres trouvent dans la meule, mais nous n’avons aucune certitude. On peut s’imaginer tout un tas de choses. Je reste donc un peu sur ma faim.

Dans la troisième nouvelle, Claude prend une place beaucoup plus importante. Il se rend chez le père de sa fiancée et ce dernier finit par lui demander comment il compte gagner de l’argent. C’est alors que Claude va inventer toute une histoire à base de mouches, de vers et de viandes pourries, tout cela pour cacher la vérité. Mais le beau-père ne se laisse pas avoir et pose tout un tas de questions.
J’avoue ne pas avoir été une grande fan de cette histoire. D’accord, Claude voulait démontrer à son beau-père qu’il était capable de prendre soin de Clarisse, mais de là à inventer une histoire aussi farfelue (et répugnante) sur des verres et de la viande qu’on laisse pourrir… hm, je ne sais pas trop. Je n’ai pas vraiment apprécié le côte « vas-y que je t’embrouille » de Claude, ni le ton moralisateur du beau-père.

Enfin, la dernière nouvelle, qui est aussi la plus longue et qui est donc plus développée, raconte toute la combine orchestrée par Claude pour la course de lévriers. Si tout se passe comme prévu, son chien devrait gagner la course pour la première fois, défiant ainsi tous les paris, et son maître empocherait presque deux mille livres. Seulement, dans ce genre d’entourloupe les choses se passent rarement comme prévues…
J’ai bien aimé le début de cette histoire. Claude expliquait minutieusement son plan et prenait le temps d’en parler à Gordon. En revanche, je n’ai pas du tout aimé les descriptions assez précises de ce qu’on faisait endurer au chien pour les rendre plus ou moins performants selon le résultat qu’on désirait. Je n’ai pas non plus aimé la fin, qui m’a encore une fois laissé sur ma faim. Je m’attendais à une conclusion complètement différente et j’ai été déçue.

Pour résumé, c’est une petit recueil de nouvelles qui m’a déçu dans son ensemble. Les histoires démarraient bien, mais soit elles étaient trop courtes, soit la fin ne me plaisait pas. Si le côté humour cynique de l’auteur m’a plus à certains moments, il n’a pas réussi à me convaincre totalement. Je ressors de cette lecture un peu frustrée, mais Roald Dahl ne descend clairement pas dans mon estime tant ses romans m’avaient plu quand j’étais enfant. Disons que je m’abstiendrais peut-être de lire d’autres de ses nouvelles!

Bonjour ! Après une longue absence, je reviens sur le blog. Pendant toute cette année incroyable, pendant laquelle j’ai eu la chance de suivre des cours de littérature à St. Norbert College, Wisconsin, j’ai lu énormément de choses. Mais il s’agissait la plupart du temps d’extraits plus ou moins longs de romans, de lettres ou […]