Un aperçu rapide des événements qui se sont produits du 15 au 20 juin 1940

Résumé :

« Extraits des reportages publiés dans les numéros du Gâtinais des 6, 13, 20 juillet et 10 août. Zones traitées : principalement Gien, Sully-sur-Loire, Gondreville, Pithiviers, puis Puiseaux, Montargis, Orléans. Il ne s’agit pas de généralités sur la guerre et l’époque mais de reportages de terrain sur les combats et les destructions, de nombreux de civils de la région sont nommément cités. »

Mon avis :

Ce petit livre traînait sur mon étagère depuis un sacré bout de temps. Je n’osais pas l’ouvrir, je n’osais pas le parcourir. Et pour cause : j’avais peur d’être bouleversée. Ce livret regroupe des extraits de journaux locaux qui nous racontent ce qui s’est passé dans les principales villes du Loiret au début de l’Occupation allemande. Étant originaire de ce département, j’y suis particulièrement attachée et connaître toutes les horreurs qui s’ étaient déroulées ne me tentait pas plus que ça… Mais j’ai enfin franchi le pas.

Le premier extrait du livret nous explique que l’un des journal local n’avait pas pu être publié pendant quelques jours à cause de l’arrivée des allemands et de la situation compliquée à laquelle devait faire face les habitants du Loiret. Une fois le calme (relativement) revenu, les journalistes avaient du récolter des informations pour faire un bref compte-rendu à la population. La première ville dont on parle est Gien. C’est exactement ce que je redoutais… Gien est la ville dans laquelle je suis née et je la connais plus ou moins sur le bout des doigts. Alors quand je lisais et que je voyais des noms de rue ou d’avenue ayant été détruites par des bombes, des incendies ou quand je lisais que des personnes avaient été retrouvées mortes à tel ou tel endroit, j’étais bouleversée. C’est difficile de se dire qu’à un endroit où l’on est passé des centaines de fois, des choses aussi horribles se sont produites. Je ne vois plus la ville de la même façon et je pense qu’à partir de maintenant, dès que je passerais dans ces rues je penserais aux événements qui s’y sont déroulés.

C’est des fenêtres du château que l’on se rend le mieux compte du cataclysme qui a frappé la ville. La Loire coule en bas, majestueuse; sous son flot, en séjour rapide, se devine déjà le banc de sable. Mais les yeux rechercheraient en vain une maison intacte et les quelques murs qui subsistent ont l’air de sentinelles fatiguées, prêtes à s’écrouler. Pauvre Gien, pauvre victime de la guerre !

En ce qui concerne les autres villes, comme Sully-sur-Loire ou Orléans par exemple, je les connais, mais pas autant que Gien. Par conséquent, quand il y avait des noms de rues ou de places, j’avais du mal à me repérer. Évidemment, les extraits sont tirés de journaux locaux, lus par des habitants de ces villes et c’est pourquoi il y a un tel niveau de détail. Mais il faut bien avouer que c’est un peu dur à suivre quand on ne connaît pas très bien la ville. En plus de ça, le journaliste situe parfois les événements au niveau de la maison de monsieur un tel ou madame un tel. Certes, les gens de l’époque comprenaient, mais un lecteur actuel se retrouve vite perdu. Je pense que ce serait vraiment bien si un spécialiste de l’histoire du département se penchait sur ce livre et y ajoutait ses connaissances pour que les lecteurs d’aujourd’hui puissent comprendre et situer tout ce qu’il lit. Le livre n’en gagnerait que plus d’intérêt !

J’ai également eu un peu de mal avec le style d’écriture. Je suis parfaitement consciente qu’il s’agissait du style journalistique de l’époque et que dans les années 40, tout le monde y était habitué. Mais personnellement, j’ai trouvé la plume très lourde et j’avais parfois besoin de relire des phrases pour les comprendre. Il fallait que je sois bien concentrée pendant cette lecture. Malheureusement avec le nombre de lectures requises pour mes cours de littérature ou de linguistique, j’avais envie de me détendre et je ne le pouvais pas vraiment avec ce livre.

Le malheur fortifie les âmes. Orléans restera fidèle à son passé et préparera l’avenir.

Difficile de faire des critiques sur un tel livret puisqu’il nous donne un témoignage unique sur le drame de l’Occupation dans le Loiret. Mais bon, j’ai toujours partagé un avis honnête sur le blog et puis mes critiques n’en sont pas vraiment, ce sont plutôt des petits détails qui m’ont empêché d’avoir un coup de coeur. Le livre en lui-même reste très instructif et je ne regrette vraiment pas de l’avoir lu. Je le conseille à tous ceux qui s’intéressent à l’Occupation et au département du Loiret. C’est captivant de voir comment l’arrivée des allemands a été perçue dans les petits villages. Les documentaires se concentrent d’habitude sur Paris ou autres grandes villes mais ils parlent rarement des zones rurales dans lesquelles l’Occupation a été tout aussi horrible qu’ailleurs.

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Le dernier paradis – Antonio Garrido

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Résumé :

« New York, années 1930. Renvoyé parce que juif de l’usine Ford où il travaillait, Jack Beilis retourne habiter chez son père, Solomon, alcoolique et endetté. Sans travail et sans argent, ils ne parviennent pas à payer le loyer au propriétaire, Lukas Kowalski. Un soir, alors que celui-ci débarque avec deux hommes de main, un coup de feu part et Kowalski s’effondre. Persuadé qu’il va être accusé de meurtre, Jack veut fuir le pays. Il s’embarque avec son ami Andrew, militant communiste de la première heure, pour le « paradis des travailleurs ».
Des États-Unis de la Grande Dépression aux steppes enneigées de l’Union soviétique, Antonio Garrido aborde un pan méconnu et captivant de l’histoire de ces deux pays que tout opposait : l’émigration de travailleurs américains plongés dans la misère vers cette terre de la grande promesse qui leur faisait miroiter le dernier paradis. »

Mon avis :

Je remercie Le Livre de Poche pour l’envoi de ce roman ! Lorsqu’on m’a présenté la sélection et que j’ai cliqué sur Le Dernier Paradis, je n’ai pas hésité une seule seconde. Avant même d’avoir lu le résumé, j’étais tombée amoureuse de la couverture et je savais que ce livre était fait pour moi. Je ne me suis pas trompée et j’ai passé un formidable moment de lecture. Voyons cela plus en détail.

La crise financière qui a débuté en 1929 aux Etats-Unis n’est toujours pas réglée et elle n’épargne personne. Certains ouvriers qualifiés perdent tout après ce krach boursier : leur emploi, leur maison, leurs économies et leur train de vie luxueux. Jack Beilis est l’un d’entre eux. Il est obligé de quitter Détroit pour retourner vivre chez son père à New York. Mais sans argent et sans économie, les deux hommes se retrouvent incapables de payer leur loyer et leur propriétaire, Monsieur Kowalski, n’hésite pas à les menacer de mort. Un soir, alors que cet homme vient réclamer une énième fois son argent, une bagarre éclate entre sbires et Jack qui ne compte pas se laisser faire. Un coup de feu retentit. Kowalski est-il mort ? Pas le temps de vérifier, il faut fuir. Avec l’aide de son ami Andrew, Jack va prendre le bateau et se rendre en union soviétique. Il n’en a pas envie. Pour lui, ce pays n’est pas le dernier paradis des travailleurs et il ne se fait aucune illusion. Il se résigne et suit son ami, un syndicaliste convaincu, dans cette nouvelle vie. Evidemment, la maison avec jardin et le travail bien payé qu’on leur avait promis ne les attendent pas à l’arrivée. Mais Wilbur Hewitt, l’Américain chargé du développement de l’usine automobile à Gorki, va faire une proposition que Jack ne pourra pas refuser. Il ne s’en rend alors pas compte qu’il vient de s’engager dans une histoire qui le dépasse complètement et qu’il pourrait bien le payer de sa vie.

Il ne pouvait pas croire que ce qui leur arrivait soit vrai : seuls au bout du monde, recroquevillés dans une glacière, les poches à moitié vides et le chômage pour tout horizon, même si Andrew s’obstinait à le nier.

Dès les premières lignes, j’ai su que j’allais adorer ce livre. Je m’intéresse beaucoup à l’Histoire en général et pour moi, la vie des américains après le krach boursier de 1929 est importante à découvrir. Ici, le contexte est très habilement mis en place. On sait comment la vie de Jack a basculé le jour où il a perdu son emploi et on comprend que ses conditions de vie sont devenues insupportables. Le contexte historique est très présent et ancre ce roman dans notre réalité. En cela, nous ressentons plus de peine, plus de pitié pour Jack et ses compatriotes car on se dit pas « ce n’est qu’un livre ». Ensuite, l’auteur nous emmène au coeur de cette union nouvellement créée qu’est l’URSS. Une fois encore, la vérité historique reste omniprésente. D’ailleurs, à la fin de ce livre on trouve un petit glossaire dans lequel Antonio Garrido nous explique que le village américain de Gorki a réellement existé, tout comme l’histoire des sabotages. Les protagonistes ont été inventés par l’auteur, mais ils sont tous inspirés de personnages ayant réellement vécus. Plus qu’un superbe thriller, ce roman est donc un livre très instructif qui m’a permis d’apprendre des choses sur l’URSS des années 30. Que demander de plus ? Ah oui, l’impartialité. Eh bien, pas de problèmes de ce côté-là puisque l’auteur ne prend aucun parti. Il ne dit pas que les américains sont meilleurs que les soviétiques ou inversement. Bien sûr, étant donné que la majorité de l’intrigue se déroule en URSS, les communistes en prennent plus pour le grade que les capitalistes. Mais il faut bien avouer que des petites piques sont lancés aux américains tout au long du roman. D’ailleurs, si la vie aux Etats-Unis était si parfaite, personne n’aurait émigré en union soviétique. L’auteur laisse donc au lecteur la possibilité de se faire sa propre opinion sur les deux pays, c’est très ingénieux et habile de sa part.

Parlons maintenant de l’intrigue. Elle est complexe. Il faut bien avouer que si l’on se déconcentre un peu pendant notre lecture on peut vite se perdre. Mais la plume de l’auteur est si addictive et si agréable à lire qu’on a aucun mal à se plonger complètement dans cette oeuvre. Au final, l’intrigue reste compliquée jusqu’à la dernière seconde. On ne sait pas qui sont les gentils, qui sont les méchants. A chaque fois qu’on se dit « alors c’était lui, le coupable ? », un élément nouveau vient nous éclairer et on comprend que jusqu’à la dernière ligne de la dernière page, Antonio Garrido va nous tenir en haleine. Si je devais résumé ma chronique de ce livre en trois mots, je dirais : extrêmement bien ficelé. Tous les événements s’imbriquent parfaitement les uns dans les autres, tous les renversements de situation sont parfaitement crédibles, bref, cette histoire est incroyablement réaliste. A aucun moment je n’ai trouvé de fausses notes qui pourraient discréditer l’intrigue. Je ne sais pas combien de fois l’auteur a dû se relire pour que tout colle parfaitement, mais bon sang, il a dû s’épuiser à la tâche. J’admire vraiment son travail sur ce livre et j’adorerai découvrir d’autres de ses oeuvres.

Pour eux, les travailleurs américains sont devenus des invités gênants. Les Américains se plaignent, ils demandent qu’on leur paie ce qui était convenu au lieu de la misère qu’on leur verse après impôt, ils réclament des vêtements décents… Et certains osent même exiger qu’on leur rende leurs passeports pour retourner aux Etats-Unis. Crois-tu qu’ils vont autoriser ça ? Crois-tu qu’ils vont laisser des étrangers semer la graine du mécontentement ?

En ce qui concerne les personnages, je me suis attachée à chacun d’eux d’une manière différente. J’ai eu de la peine pour le héros, Jack, qui s’est retrouvé embarqué malgré lui dans une affaire qui le dépasse complètement. D’ailleurs, il ne voulait même pas partir en URSS et voilà qu’il se retrouve impliqué dans un complot de grande envergure… Quant à Andrew, c’est un idéaliste. A l’époque de cette crise financière internationale, on ne peut pas vraiment lui en vouloir. Wilbur Hewitt peut paraître sans pitié au début de ce roman. On peut se dire qu’il n’est qu’un capitaliste qui ne s’occupe pas du sort des autres. Mais au final, il n’est qu’un pantin dont les ficelles sont tirées par Henry Ford d’un côté et Staline de l’autre… Détailler tous les personnages ici seraient trop longs. Mais je les ai tous trouvé intéressant à leur façon. Ils apportaient tous un petit quelque chose non négligeable à l’histoire.

J’ai l’impression que ma chronique s’étire un peu trop en longueur alors je vais m’arrêter là ! C’est toujours tellement sympa d’écrire une chronique enthousiaste que je pourrais rédiger des pages et des pages. Mais pour résumer, je dirais que ce livre nous transporte totalement dans le monde fragile des années 1930. La guerre froide entre l’URSS et les Etats-Unis n’est pas encore déclarée et pourtant on sent déjà que les divergences d’opinions n’amèneront rien de bon. Nos protagonistes se retrouvent piégés dans cet univers instable et on se demande à chaque seconde lesquels s’en sortiront. Si je ne mets pas la note maximale, c’est simplement car j’ai adoré ce livre grâce au suspens et à la réalité historique, mais je n’ai pas ressenti d’émotions intenses comme avec un véritable coup de coeur.

Central Park, l’orgueil vert de New York, changé en une porcherie infestée de mendiants. Il y a vingt ans, le dimanche, on pouvait se promener tranquillement avec ses enfants. Maintenant, ces crève-la-faim qui l’envahissent ne laisseraient même pas tes ossements.

Regeneration – Pat Barker

Couverture Regeneration, book 1

RÉSUMÉ :

« Craiglockhart War Hospital, Scotland, 1917, where army psychiatrist William Rivers is treating shell-shocked soldiers. Under his care are the poets Siegfried Sassoon and Wilfred Owen, as well as mute Billy Prior, who is only able to communicate by means of pencil and paper. Rivers’s job is to make the men in his charge healthy enough to fight. Yet the closer he gets to mending his patients’ minds the harder becomes every decision to send them back to the horrors of the front… »

MON AVIS :

Pour mon cours de littérature britannique, j’ai du lire Regeneration de Pat Barker et voir son adaptation cinématographique. J’ai vu le film avant de lire le roman. Je m’attendais à être bouleversée puisque cela parle de stress post-traumatique à l’époque de la première guerre mondiale. Malheureusement le film m’a déçu et je repoussais donc indéfiniment le jour où j’allais commencer le livre… Puis j’ai vu le film une seconde fois et cette fois-ci, je l’ai plus apprécié et l’envie de lire est revenue. C’est tout de même prudemment que j’ai commencé Regeneration et j’ai été agréablement surprise.

En pleine guerre mondiale, un officier anglais du nom de Siegfried Sassoon publie dans un journal national un réquisitoire contre le conflit en Europe. Il n’est pas pacifiste, mais il considère que la guerre a assez duré et qu’elle n’est motivée que par des politiciens sans raison particulière. Il aurait du passer en court martiale, il aurait pu être executé. Fort heureusement, enfin si on peut dire cela comme ça, son ami Robert Graves intervient. Devant le conseil médical, il leur avoue que Sassoon a des problèmes de bégaiement, qu’il fait des cauchemars et a des hallucinations depuis son retour du front. Le conseil décide donc de l’envoyer à Craiglockhart, un hôpital psychiatrique dédié aux officiers en stress post-traumatique. C’est là qu’exerce le capitaine Rivers, un médecin très réputé qui obtient de bons résultats. Une fois à Craiglockhart, Sassoon se retrouve au coeur de l’enfer. Pour lui, c’est pire que la guerre en France. Cependant, il pourra tout de même compter sur l’appui de Rivers, qui a bien compris qu’il n’était pas fou. Il va également faire des rencontres surprenantes, dont celle de Wilfred Owen. En parallèle, nous suivons également la guérison de Billy Prior, un officier modeste qui souffre de mutisme. Au fil des cauchemars, des séances d’hypnose et des parties de golf, les protagonistes vont se redécouvrir et vont comprendre que le chemin de la guérison sera semé d’embûche.

« They won’t court-martial you. »
In spite of himself, Sassoon began to feel afraid.
« What then ? »
« Shut you up in a lunatic asylum for the rest of the war. »

Que ce soit dans le film ou dans le livre, une chose m’a étonnée. L’histoire se déroule en 1917, durant la première guerre mondiale. Les protagonistes sont des soldats. Pourtant, nous ne sommes pas sur un champ de bataille, nous en sommes même très éloignés. J’étais un peu déroutée au début mais en fait, la guerre est évoquée constamment. C’est même le coeur du livre. Si les soldats sont là, c’est bien parce qu’ils ont vécu une expérience traumatisante sur le front. Le sujet restait donc très intéressant, mais le rythme n’était pas là. En effet, si cela s’était déroulé sur un champ de bataille, l’histoire aurait été palpitante. Or dans ce livre, c’était beaucoup plus calme. Cela ne m’a pas dérangé sauf à certains moments où j’ai trouvé quelques longueurs inutiles. Cependant, dans l’ensemble, j’ai passé un moment de lecture agréable.

Cette histoire est inspirée de faits réels, c’est ce qui la rend particulièrement intéressante. Si les personnages de Billy Prior et David Burns sont sortis tout droit de l’imaginaire de Pat Barker, Siegfried Sassoon, Robert Graves, Wilfred Owen, Dr Rivers, Dr Brock ou encore Dr Yealland ont réellement existés. Cela rend l’histoire plus vivante, plus concrète mais aussi plus émouvante. Par exemple, dans le livre ou dans le film, je ne me suis pas vraiment attachée au personnage de Wilfred Owen. Pourtant, il n’y a rien de désagréable dans son attitude. Seulement, je savais que le vrai Wilfred Owen était mort juste avant la fin de la guerre. Donc le fait de savoir que ces événements se déroulaient quelques mois seulement avant son décès … c’est très touchant, voire même éprouvant émotionnellement parlant. Je pense donc que c’est pour cela que je ne me suis pas attachée à lui, c’était un genre de mécanisme de protection j’imagine.

Le gros point fort de ce roman c’est évidemment les personnages. En regardant le film, j’avais beaucoup aimé Billy Prior. Mon opinion sur lui s’est confirmée lors de ma lecture. J’ai apprécié le fait qu’il n’était pas un officier comme les autres, il ne vient pas d’une riche famille, il n’a pas été dans une école prestigieuse. Je l’ai trouvé attachant dans le sens où il n’est pas traité comme les autres. Certes, le docteur Rivers est un homme d’honneur mais il fait tout de même des distinctions entre ses patients. Billy Prior souffre de mutisme après avoir vécu une expérience plus que traumatisante, or Rivers lui dit « Officers don’t suffer from mutism ». Pourtant, Prior ne simule pas et souffre vraiment de cette situation (surtout qu’il communique par bouts de papier et qu’il fait des fautes d’orthographe… pas très glorifiant). Prior a donc été mon personnage préféré, c’est celui pour lequel j’ai eu le plus d’affection. Bon et le fait que dans le film il soit interprété par Johnny Lee Miller (quand il était jeune) à peut-être aidé je l’avoue!

You seem to have a very powerful anti-war neurosis.

J’ai également adoré le personnage de Siegfried Sassoon. C’est avec sa déclaration que débute l’histoire et pour être honnête, je suis tout à fait d’accord avec ses idées! Il n’est pas pacifiste, mais pour lui, cette guerre dure pour de mauvaises raisons. Surtout, il hait les civils qui encouragent leur soldats à combattre et à revenir victorieux sans imaginer un seul instant l’horreur qu’ils vivent au front. Le fait que Sassoon trouve qu’il n’y a rien de glorieux à tuer un homme le rend tout aussi humain qu’attachant. Je dois également vous avouer que j’ai aimé Siegfried Sassoon avant même de commencer le livre. En parallèle de cette lecture, nous devions choisir un poème dans un petit recueil pour l’analyser: Poems of the Great War. C’est en cherchant le poème que j’allais étudier que j’ai découvert la plume de Sassoon. Et quelle découverte! Je ne suis pourtant pas une grande fan de poésie, mais j’ai pris une grande claque en lisant celle de cet officier! Donc j’avais un a priori très positif sur ce personnage. J’ai aussi beaucoup aimé sa nonchalance face à Rivers.

The haunted faces, the stammers, the stumbling walks, that undefinable look of being « mental ». Craiglockhat frightened him more than the front had ever done. 

Enfin, en ce qui concerne le style de l’auteure, je l’ai trouvé fluide dans l’ensemble. J’ai particulièrement aimé les nombreux dialogues. Quand on lit en VO, les longues descriptions de paysage ou les interminables passages de narration peuvent être un peu ennuyants et même gênants dans le sens où on a plus de chance de rencontrer du vocabulaire précis que l’on ne connait pas forcément. Les dialogues remettaient donc un peu de rythme dans ce livre et permettaient de mettre mon cerveau en pause pendant quelques instants! Mais en général, le vocabulaire était tout de même largement compréhensible, tout comme le style d’écriture. De plus comme le livre a été écrit das les années 90, cela reste très moderne et donc plus simple qu’un livre de Dickens par exemple!

En résumé, je suis ravie que mon professeur de littérature britannique nous ait demandé de lire cette oeuvre. Etant passionnée d’Histoire, j’étais certaine d’adhérer à ce roman et ce fut le cas. J’ai aimé la plume fluide de l’auteure ainsi que les personnages que j’ai trouvé particulièrement attachants, surtout lorsqu’ils évoquaient leurs traumatismes de guerre. J’ai préféré le livre au film. Il y a quelques différences notables qui changent, selon moi, une grande partie de l’histoire. Par exemple, dans le livre, on s’attarde plus sur l’homosexualité de Sassoon et sur sa relation ambiguë avec Wilfred Owen. Cela apporte un petit plus au roman. Bref, j’ai l’impression que cette chronique est déjà bien assez longue, je ne vais pas m’étaler sur ce sujet! Pour faire court : je vous conseille ce livre, bien différents des autres romans traitants de la première guerre mondiale!

For a while I used to go out on patrol every night, looking for Germans to kill. Or rather I told myself that’s what I was doing. In the end I didn’t know whether I was trying to kill them, or just giving them plenty of opportunities to kill me. 

Churchill m’a menti – Caroline Grimm

Couverture Churchill m'a menti

Résumé :

« C’est une histoire vraie et oubliée. Celle de l’île de Jersey, abandonnée par Churchill en juin 1940, envahie par les Allemands deux mois plus tard. Comment vont survivre les habitants de l’île livrés à l’ennemi ? Pour qui les nazis font-ils construire les seuls camps de concentration de l’Europe de l’Ouest ? Des centaines de Français y seront déportés. Pourquoi Churchill n’en a-t-il jamais parlé ? Ces années de lutte, l’auteur les raconte en suivant le quotidien palpitant de personnages qui n’ont eu d’autres choix que de collaborer avec l’occupant ou de résister. Un roman poignant sur un chapitre ignoré de la Seconde Guerre mondiale. »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier Le Livre de poche pour l’envoi de ce livre! Je les remercie également pour avoir glissé un second livre dans l’enveloppe (chronique à venir…), c’était une très bonne surprise!

Il y a encore quelques années, je ne savais pas que les îles anglo-normandes avaient été occupées par les allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale. Pourtant, ce n’est pas faute de regarder des reportages et de lire un tas de livres sur cette période qui m’intéresse tout particulièrement. C’est grâce au livre Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates que j’en avais appris plus. Si ce livre traitait de Guernesey, Churchill m’a menti de Caroline Grimm se passe à Jersey et Aurigny. Dans ce roman, plusieurs personnages nous livrent leur vision de la guerre, de la jeune adolescente qui va subir les conséquences de l’occupation dès les premières secondes au vieux pêcheur qui préfère fuir plutôt que d’affronter cette dure réalité. Je dois dire que j’ai été vraiment bouleversée pendant cette lecture…

De tous côtés des cris de douleur, des cris de peur, des yeux agrandis par la terreur et la souffrance. C’est donc ça, la guerre. C’est donc ça, l’enfer.

En juin 1940, lors de la Battle of Flowers, un carnaval organisé sur l’île de Jersey, les éclats d’obus viennent se mêler aux pétales de fleurs en début d’après-midi. Les allemands arrivent. Ils ne sont même pas ralentis par une quelconque résistance. En effet, Churchill avait décidé de démilitariser les îles anglo-normandes puisqu’elles ne présentaient aucune intérêt stratégique, elles n’étaient donc pas en danger. Mais le Vieux Lion avait tort. Et voilà que les habitants de Jersey doivent du jour au lendemain cohabiter avec un ennemi qui met en place sa dictature nazie. Les juifs se cachent ou fuient pendant que certains collaborent, d’autres jouent un double-jeu. Bref, on retrouve sur Jersey tout ce qu’on pouvait voir dans la France occupée par exemple mais… en pire. Jersey étant une île, une petite île, se cacher était très difficile. Fuir était presque impossible avec tous les soldats allemands qui surveillaient la côte. Les habitants n’avaient d’autre choix que de subir. Churchill m’a menti est ponctué par l’horreur, la mort, l’enfer et le résultat est aussi poignant qu’époustouflant.

J’ai particulièrement aimé ce livre car il nous fait découvrir l’occupation allemande du point de vue de plusieurs personnages. Si on s’attache immédiatement à certains comme Victoire Le Gallais ou le Capitaine Richardson, on est assez choqué par d’autres comme Emma Landry ou Pepe Jim. Mais en quatre ans d’occupation, tous ces personnages vont évoluer et on se surprend à ressentir de la sympathie pour le personnage qui semblait le plus détestable au début du roman…

Victoire Le Gallais est sûrement LE personnage principal du livre. Du moins, c’est son histoire qui m’a le plus marqué lors de ma lecture. Elle n’a que 14 ans en 1940. Ce n’est encore qu’une adolescente innocente qui vit avec sa mère et son frère. Dans les premières pages, Victoire nous apparaît comme une jeune fille plutôt joyeuse et un peu candide. Pourtant, dès les premiers jours de l’occupation, on se rend compte qu’elle est bien plus forte que ce que l’on pensait. Si sa mère craque, elle, elle tient bon. Elle a les nerfs solides. Elle ne compte pas se laisser faire, elle est prête à tout pour sauver ses amis juifs par exemple. Mais comme on peut s’en douter, résister à l’occupant n’est pas chose aisée et Victoire va subir d’innombrables épreuves pendant ces années infernales. Ce personnage m’a vraiment touchée pour la simple et bonne raison que c’est d’elle dont je me sens le plus proche. C’est le fait qu’elle soit jeune, qu’elle soit encore une « enfant » qui m’a permis de m’identifier plus facilement à elle. Et en lisant son histoire je m’imaginais à sa place, je me disais que si tout ça m’était arrivé je n’aurais pas eu le quart de sa force ni de son courage.

J’ai compris, mon monde se divise en deux dorénavant, ceux qui baisse la tête, prêts à tout pour « s’arranger », ceux aux yeux de qui la mort de mon frère ne compte pas, et les autres.

Je ne pourrais pas vous parler de tous les protagonistes en détail, ce serait beaucoup trop long. Pour faire court, j’ai eu eu de bonnes et de mauvaises surprises quant à l’évolution de certains personnages. Je ne vous dévoilerai bien sûr pas la fin, mais je peux vous assurer que vous allez être surpris par Emma Landry, cette femme très snob qui me fait penser à Jeannine Schwartz de la série Un Village Français, pour ceux qui connaissent! Je l’imaginais vraiment hautaine, méprisante et mes poils se dressaient quand elle disait des choses du genre « La vie est plus amusante [depuis que les allemands sont là] ». Diane et James Fitzgerald m’ont eux aussi fait penser à des personnages de cette série : Alban et Geneviève. Ils n’aiment pas les allemands mais ils sont bien obligés de les supporter car un membre de leur famille est un éminent collaborateur. Diane m’a particulièrement émue. Enfin, en ce qui concerne Pepe Jim j’ai été vraiment déçue, vraiment écœurée par son comportement… Il a clairement choisi la solution de facilité.

On ne peut pas ressortir indemne de cette lecture. Toutes ces horreurs ont vraiment existé et elles sont très bien décrites dans le livre. L’auteur ne cherche pas à rendre la lecture moins dure. Alors certes, il y a certaines scènes assez crues, mais c’était ça la guerre. Je pense que c’est le gros point fort de ce livre, Caroline Grimm n’atténue pas la dure réalité, elle nous l’expose franchement. Après la lecture de Churchill m’a menti, on est clairement révolté quand on se dit que les livres d’histoire oublient de mentionner l’occupation des îles anglo-normandes. Que dire alors du camp de juif sur l’île d’Aurigny ? J’ai été vraiment choquée quand j’ai appris via ce livre qu’un camp avait existé en Europe de l’Ouest, à seulement quelques kilomètres des côtes françaises. Je ne l’aurais sûrement jamais su si Caroline Grimm n’avait pas écrit ce livre. Elle l’a d’ailleurs pas écrit par hasard : son grand-oncle a été déporté là-bas. On ne peut qu’imaginer à quel point elle a du être bouleversée quand elle a appris ce qui lui était arrivé… c’est encore plus poignant. J’ai aussi beaucoup apprécié toutes les petites notes historiques glissées dans le roman, ça nous aide à bien comprendre tous les faits.

En ce qui concerne le style d’écriture de l’auteur, je l’ai trouvé très fluide, très agréable à lire. J’ai apprécié également l’effort qu’elle a fait pour Victoire. En effet la jeune fille a une façon de parler assez bourrue, ça fait un peu cliché « campagnard pauvre », certes, mais beaucoup parlaient comme ça à l’époque. Ça aurait été dommage de la faire parler comme une fille du XXIe siècle! Je trouve que ça nous aide à nous plonger dans le contexte.
En revanche il y a un tout petit quelque chose qui m’a dérangé. Ce n’est pas grand chose et c’est… « dans l’air du temps ». Je parle bien sûr des scènes un peu olé olé! Honnêtement, je trouve que ça n’apporte absolument rien et j’en ai assez de lire ce genre de scènes dans un grand nombre de livres. Mais bon, ce n’est qu’un petit détail.

Je n’ai pas peur pour moi. Je n’ai pas peur de mourir, au pire il n’y a rien, au mieux j’irai rejoindre mon frère et peut-être mon père. 

L’autre petit point négatif que j’ai trouvé dans ce livre, c’est la présence de Nathalie Goldman. Ce personnage symbolise, à mon avis, Caroline Grimm. C’est-à-dire que c’est une auteure qui écrit un livre sur l’occupation de Jersey. Elle se rend là-bas afin de rencontrer certaines personnes qui en ont été les victimes directes. Honnêtement, j’ai trouvé sa présence un peu inutile. Elle n’est la narratrice que dans peu de chapitres et si elle n’avait pas été là, je n’aurais pas vu la différence! Cela ne m’a pas gâché ma lecture mais j’ai eu l’impression que ça cassait un peu le rythme du roman.

En résumé, voici un livre que je vous conseille fortement, surtout si vous vous intéressez à l’histoire. Vous apprendrez beaucoup de choses. Mais vous allez aussi être bouleversés par toutes les histoires poignantes que vous lirez. Les petits points négatifs que j’ai trouvé ne m’ont pas empêchés d’avoir un petit coup de coeur pour ce livre. Merci encore au Livre de Poche de m’avoir permis de découvrir cette petite pépite.

Je n’ai pas le droit d’avoir peur, mon devoir est de protéger une famille. En une année j’ai pris cent ans d’âge. C’est la réalité de ma vie sur terre maintenant. 

L’ennemi, un portrait intellectuel de Carl Schmitt – Gopal Balakrishnan

Couverture L'ennemi : un portrait intellectuel de Carl Schmitt

Résumé :

« Quelle est la part qui demeure vivante dans ce que nous a légué la figure controversée de Carl Schmitt? Pour tenter d’évaluer son actualité, il convient d’évoquer ce que notre situation historique a de commun avec la sienne: l’incertitude de plus en plus forte qui pèse sur la viabilité de certains aspects fondamentaux du statu quo mondial. Au sortir de la guerre froide, l’affirmation de l’imminence d’une fin libérale-démocrate de l’Histoire et l’extension irrésistible du marché mondial aux dépens des Etats-nations préfiguraient, pensait-on, les tendances lourdes du quart de siècle à venir. Or, voici tout à coup que certaines de ces caractéristiques majeures de l’époque semblent en voie de dissolution. Nous assistons aujourd’hui au remplacement controversé des « droits de l’homme » par « l’antiterrorisme » et « le choc des civilisations », à la désignation de l’Islam comme figure de l’ennemi dudit Occident, à la montée inattendue des tensions entre les Etats-Unis et l’Europe continentale, à la remise en cause, pour la première fois en trente ans, de la crédibilité militaire de l’Etat américain à mesure qu’une guerre partisane se déchaîne sur les rives du Tigre, à la fragilisation des accords de non-prolifération, ainsi que – et c’est là peut-être l’élément le plus significatif de ce tableau – à la menace de turbulences économiques dues à la dette d’un Etat américain non solvable et à ses déficits, lesquels pourtant constituent le moteur de l’économie mondiale. En portant le regard plus loin encore, il est aussi possible de discerner, et peut-être de penser, à nouveau, une politique de négations et d’affirmations radicales. Pour le meilleur ou pour le pire, l’actualité de Carl Schmitt va bientôt devenir plus évidente. »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier Babelio et les éditions Amsterdam pour l’envoi de ce livre dans le cadre de la masse critique de septembre.

Lors de la masse critique, L’Ennemi n’était pas l’un de mes premiers choix. En lisant le résumé, je n’ai pas été immédiatement convaincue. Puis en le relisant et en faisant quelques recherches j’ai vu que Carl Schmitt avait tenu un rôle plutôt important dans l’Allemagne nazie. Etant, comme vous le savez, passionnée d’histoire, j’ai eu soudainement envie de découvrir ce livre car je n’avais tout simplement jamais entendu parler de ce Carl Schmitt ! J’étais donc très contente de le recevoir trois semaines plus tard. Mais la déception a été très grande… Jamais je n’oserais dire que ce livre est mauvais. Loin de là. Cependant, malgré toute bonne volonté du monde, je n’ai pas pu dépasser la quarante-septième page.

C’est la première fois que ça m’arrive. C’est la première fois que j’abandonne un livre en étant sûre de ne pas le reprendre plus tard. Mais honnêtement, j’avais beau essayer, je n’y arrivais pas! Ce n’est pas la qualité du livre que je remets en cause. L’auteur étant professeur à UCLA, je me doute bien que son oeuvre est d’une grande qualité. Non, à mes yeux, le problème est que ce livre n’est absolument pas accessible aux gens « ordinaires ». A mon avis, il est réservé aux étudiants de Gopal Balakrishnan ou à des personnes ayant des connaissances très pointues en politique ou théologie politique. Vous allez me dire « oui mais le résumé donne déjà un aperçu du livre, on se doute bien qu’il va être un peu compliqué ». Ce n’est pas totalement faux! Mais après tout, j’ai réussi à comprendre le résumé sans trop de difficulté, à 7h du matin (oui oui, je mets toujours mon réveil tôt pour les masses critiques). Donc il était tout de même abordable! La préface du livre, elle, démarre vraiment sur les chapeaux de roue et j’étais très vite perdue. J’ai voulu persévérer. C’est le fait que ce livre m’ait été envoyé par Babelio et les éditions Amsterdam qui m’a poussé à continuer car si c’était un livre de ma PAL, honnêtement j’aurais arrêté au bout d’une dizaine de pages. Mais je trouvais ça irrespectueux dans le sens où la maison d’édition m’envoie un livre gratuitement et je ne me force même pas à lire… D’ailleurs je culpabilise encore, mais je perdais vraiment mon temps. Je mettais plus de 10 minutes à lire deux pages et encore, je ne comprenais pas totalement ce que je lisais. La phrase (oui oui, c’est une seule phrase) qui m’a convaincue que ce livre n’était vraiment pas fait pour moi a été :

L’un des principaux thèmes qui traversent toutes les études que Georg Lukács consacrera plus tard à cette période de l’Allemagne est la distinction entre le développement d’un idéalisme critique de plus en plus objectif, culminant dans la personne de Hegel et lié aux aspirations progressistes embryonnaires des classes moyennes, et un subjectivisme esthétique réactionnaire qui commence avec les romantiques présageant et illustrant leur impuissance et leur « inféodation » politiques à venir.

Je tenais donc à m’excuser auprès de Babelio et des éditions Amsterdam, mais je n’avais vraiment pas le niveau pour lire ce livre et écrire une critique en n’ayant compris qu’un quart du livre aurait été idiot. Mon jugement n’aurait pas été très fiable!

De plus, ce qui m’a dérangé dans ce livre, c’est que le titre mentionne un « portrait » de Carl Schmitt. Je m’attendais donc à une biographie, ponctuée certes d’éléments un peu plus développés, un peu plus « intellectuels ». Cependant, je n’ai pas du tout retrouvé ce côté biographique et j’ai trouvé ça dommage car je ressors de ces 47 pages sans n’avoir rien appris ou presque de Carl Schmitt.
En fait, j’ai trouvé que le contexte était beaucoup trop présent. On parle plus de l’histoire de l’Allemagne d’entre-deux-guerres que de la vie de Carl Schmitt. C’est dommage car si j’avais voulu un livre sur l’Allemagne, j’en aurai acheté un. Or ici je voulais en apprendre plus sur une personne en particulier.

Enfin, mais cela rejoint un peu ce que j’ai dit au début de cette chronique, j’ai trouvé l’écriture trop lourde et le vocabulaire trop spécifique. Les phrases trop longues associées à des mots complexes m’ont vite perdues et je devais relire chaque phrase à plusieurs reprises pour comprendre ne serait-ce qu’à moitié ce que je lisais. Le style d’écriture du résumé n’est pas le même que celui du livre en lui-même et c’est vraiment dommage.

En résumé, je ne vous conseille pas ce livre si vous n’êtes pas férus de théologie politique. L’Ennemi s’adresse à un public très restreint car le vocabulaire est spécifique et le bagage culturel qu’il faut avoir avant de commencer ce livre doit être conséquent. En revanche, ce livre a eu un côté positif puisqu’il m’a donné envie d’en savoir plus sur Carl Schmitt! J’espérais tellement en apprendre sur cet homme que je suis un peu frustrée! J’essaierai donc de trouver une biographie plus adaptée.


Deux dans Berlin – Richard Birkefeld & Göran Hachmeister

Couverture Deux dans Berlin

Résumé :

« Hiver 1944. Dans un hôpital militaire, Hans-Wilhelm Kalterer, un ancien des services de renseignements de la SS, se remet d’une blessure par balle. Il sait que la guerre est perdue et qu’il doit se racheter une conscience. Il rejoint la police criminelle de Berlin où il est chargé d’enquêter sur le meurtre d’un haut dignitaire nazi. Dans le même temps, Ruprecht Haas s’évade de Buchenwald à la faveur d’un raid aérien et regagne la capitale pour retrouver les siens, bien décidé à se venger de ceux qui l’ont dénoncé. Tandis que Berlin agonise au rythme des bombardements alliés et de l’avancée inéluctable des troupes soviétiques, une chasse à l’homme sans merci s’engage. Car, de ces deux hommes au milieu du chaos, un seul doit survivre. »

Mon avis :

Malgré ma passion pour l’Histoire, il me semble que je n’ai jamais chroniqué de livres traitant de la seconde guerre mondiale ou se déroulant pendant celle-ci. Pourtant je trouve que cette période est l’une des plus intéressantes de l’Histoire moderne car elle nous montre ce dont sont capables les Hommes dans les heures les plus sombres. Le livre Deux dans Berlin de Richard Birkefeld et Göran Hachmeister aborde justement cette problématique et c’est ce qui m’a donné envie de le lire.

Ruprecht Haas et Hans-Wilhelm Kalterer sont deux êtres que tout oppose. Le premier est un ancien commerçant détenu à Buchenwald pour avoir été trop bavard lors d’une soirée entre amis, le second est un ancien policier ayant intégré l’armée d’Hitler pour monter en grade. Les événements de l’hiver 1944 vont cependant rapprocher ces deux hommes en les menant tout droit vers Berlin. Tandis que l’un profite d’un raid aérien allié sur le camp pour s’échapper, l’autre est blessé au combat et est donc rapatrié dans un hôpital militaire de la capitale. L’histoire entière est basée sur un parallèle entre la vie de ces deux protagonistes au cœur de Berlin à la fin de cette guerre mondiale. Pendant que Ruprecht Haas arpente la ville dans le but de venger son internement à Buchenwald, le Sturmbannführer Kalterer se voit confier une mission de police qui consiste à résoudre un meurtre. Sous le feu des bombes alliées, Haas et Kalterer vont continuer coûte que coûte leur quête de vérité qui les mènera rapidement à se rencontrer. Les rancœurs personnelles, l’ambiance délétère de cette fin de guerre et les raids aériens permanents vont pousser ces deux hommes dans leurs derniers retranchements. A l’heure où le Reich allemand vit ses derniers instants, il n’est plus question de vivre mais de survivre à cette fin de guerre dont on ne sait pas si l’on sortira indemne…

Au camp, il avait misé sur la haine, une rage qui devenait de plus en plus indéfectible et sauvage à chaque nouveau coup du sort.  […] Il était certes seul et à bout – mais pas face au néant. Il la sentait, au fond de la gorge, cette fureur indescriptible, il la sentait monter, elle cherchait une issue.

Ma maman a lu ce livre. Elle en parlait comme d’un chef d’oeuvre. Mon papa n’a donc pas résisté et l’a lu à son tour. Lui aussi et l’a beaucoup aimé et ils en parlaient souvent. J’ai donc moi aussi craqué et je me suis lancée dans cette histoire en espérant lire l’un des plus beaux livres de ma vie. Et là, boum, je n’accroche pas. J’avoue que j’ai eu du mal avec les deux ou trois premiers chapitres. On ne connait pas encore les personnages ni leurs histoires, on est projeté en Allemagne en 1944 en connaissant certes le contexte historique mais sans savoir les particularités liés à ces deux personnages. Evidemment, vu qu’on a deux histoires parallèles, les chapitres concernent alternativement Haas et Kalterer. Seulement ce n’est pas toujours clair dans les tous premiers chapitres et je me suis un peu embrouillée… Mais cette petite déception a très vite été effacée par la suite du livre.

Vous ne pouvez tout de même pas faire la guerre à tout un pays et prétendre en même temps que ceux qui se défendent ont tort.

En effet, une fois qu’on a fait connaissance avec les personnages, on s’attache très vite à eux et à leurs histoires. Comment ne pas ressentir de la compassion pour Ruprecht Haas, cet homme qui, parce qu’il a dit à voix haute ce que tout le monde pense tout bas, s’est fait emprisonné puis déporté dans un des camps de la mort d’Hitler ? Lorsqu’il réussit miraculeusement à s’échapper du camp, on pourrait croire que le pire est derrière lui, mais c’est loin d’être le cas. Il va devoir surmonter d’autres épreuves qui vont réellement affecter sa santé mentale. Qui ne deviendrait pas fou dans ces circonstances, après tout ? Quant à Kalterer, il a beau être un soldat allemand qui a traversé l’Europe entière pour imposer la puissance allemande, on arrive à l’apprécier… Enfin, on a plutôt de la pitié pour lui. Il sait que la guerre est sur le point de se terminer et que le Reich n’en sortira pas vainqueur. Il sait que les Alliés ne feront pas de cadeaux à tous ces soldats qui ont tués tant d’innocents. Mais il sait également qu’il ne peut pas déserter, il ne peut pas quitter sont poste. Bref, de tous les côtés sa vie est menacée et cela va le pousser à se remettre fortement en question. Il va repenser à toutes les choses qu’il a pu faire pendant la guerre, quand il « obéissait aux ordres ». Il se dit également qu’enquêter et traquer un assassin le fait revenir à sa vie d’avant-guerre, quand il était un policier qui cherchait uniquement à maintenir l’ordre et la sécurité dans la ville. Donc Kalterer reste tout de même un personnage attachant.

En fait, dans ce livre, on découvre un peu l’envers du décor. En tant que français, on voit les allemands de cette époque comme « les méchants », mais il ne faut pas oublier qu’ils n’étaient pas tous des soldats et que la population civile a autant voire plus souffert que les habitants des pays occupés. C’était donc très intéressant de vivre la fin de la seconde guerre mondiale d’un point de vue allemand. De plus, l’histoire des deux protagonistes est très poussée, mais les auteurs n’en ont pas pour autant oublié le contexte : les raids aériens, les tickets de rationnement, les travaux forcés… Ce sont tous ces détails qui rendent le livre vraiment vivant. Lire ce roman c’est littéralement plonger dans l’Allemagne de 1944, c’est vivre les bombardements au côté des habitants, retenir son souffle à chaque signal d’alarme, avoir la peur au ventre dès qu’un soldat du Reich procède à un contrôle d’identité, pleurer la mort de victimes innocentes… Quand j’ouvrais ce livre, j’avais réellement l’impression de m’imprégner de cette ambiance, j’étais dans un autre monde. D’ailleurs, quand je commençais à lire j’avais du mal à m’arrêter. L’histoire est tellement passionnante, il y a tellement de rebondissements que je voulais absolument connaître la suite. Les deux auteurs sont vraiment talentueux. Ils arrivent à nous immerger totalement dans le livre, dans cette ambiance tendue de fin de guerre tout en gardant un style d’écriture fluide. Je n’ai trouvé aucune longueur dans ce roman, je ne me suis jamais ennuyée. Je lirais sans aucuns doutes d’autres de leurs œuvres.

Tu crois vraiment qu’après tout ce qui s’est passé, il suffit de travailler dans une fabrique de savon pour avoir les mains propres ? Tu crois ça, vraiment ? Qu’il suffit de dire : tout ce que j’ai fait, c’était de la merde, mais c’est terminé, je vais refaire un travail correct, et tout sera pardonné, et oublié ? Tu crois vraiment que ça marche comme ça ?

Quant à la fin du roman, elle m’a bouleversé. Je ne spoilerais rien bien sûr. Tout ce que je peux vous dire c’est qu’on a la réponse à toute nos questions, il ne subsiste aucun doute. Je ne pourrais pas dire que la fin m’a « satisfaite » étant donné ce qu’il se passe, mais je peux dire que c’est une vraie fin. La boucle est bouclée, on ne se demande pas ce que devient tel ou tel personnage puisqu’on a la réponse dans l’épilogue.

On ne naît pas victime, on le devient, selon les circonstances, suivant l’époque.

En résumé, si j’ai émis quelques réserves au début elles se sont vite estompées et je me suis laissé emporter dans cette histoire qui a sur me garder en haleine jusqu’à la fin. La plume des auteurs est parfaitement fluide et nous entraîne dans les heures les plus sombres qu’a connu l’Europe du vingtième siècle, en compagnie de deux protagonistes attachants.

Le vent avait tourné. C’en était fini de la douceur aryenne pour les camarades du peuple. On leur présentait l’addition pour toutes les horreurs commises en leur nom. Ils ressentaient à présent dans leur propre chair ce qu’était un pays en proie à la guerre totale. Il n’avait plus rien de commun avec l’Allemagne, avec un commerçant du nom de Ruprecht Haas. Il avait déjà payé, et il avait tout perdu.

De foi et de sang – Pierre Gief

Couverture De foi et de sang

Résumé :

« Aux marches de Bretagne, peu avant l’an 800, trois jeune bénédictins cheminent vers un destin incertain et fragile. Leur évêque Théodulphe, zélé propagateur de la politique du roi Charles le Grand, leur a confié mission. Il leur faut bâtir une de ces abbayes nouvelles qui fleurissent sur toute la Francie. Sous le poids d’un enjeu qui souvent les dépasse, ils affrontent avec candeur et humour l’indépendance farouche des hobereaux locaux, leurs luttes d’influence, la méfiance des habitants et le jeu ambigu des moines celtes implantés là depuis plusieurs siècles. Au pays d’Armorique, fascinant et magique, qui des dieux ou des hommes obtiendra préséance ? »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier Annabelle qui a organisé le concours grâce auquel j’ai remporté ce livre. Je remercie également l’auteur, Pierre Gief, pour la jolie dédicace.

Si j’ai participé au concours pour remporter De foi et de sang, c’est principalement parce que j’aime les livres historiques. Je crois que c’est vraiment mon genre littéraire de prédilection. Seulement, je suis plus habituée aux livres se déroulant pendant une guerre mondiale, pendant la guerre froide ou même pendant le règne du Roi Soleil. Je crois bien que je n’avais jamais lu une histoire se déroulant à l’époque de Charles Ier. C’était donc une première pour moi et j’ai été conquise…

Dans ce livre, nous faisons la connaissance de Marcus Tête Grise, un jeune moine bénédictin. Il a été missionnée par l’évêque Théodulphe pour la création d’une abbaye en Bretagne. Or, à cette époque, les Francs et les Bretons étaient loin de s’entendre et ces derniers étaient, certes, catholiques mais ils obéissaient aux règles de croyance celtes. La tâche confiée à Marcus va donc être très compliquée à accomplir, c’est pourquoi il est accompagné de deux autres jeunes moines, Arnulf et Yvo. Une fois arrivé en Armorique, les trois bénédictins rejoignent Armérius, un comte franc qui doit veiller à la coopération des Bretons et principalement à celle de leur seigneur, Garlond Le Fort, aussi rebelle qu’imbu de sa personne. L’installation d’une abbaye n’est pas chose aisée en ces terres hostiles, mais Marcus et ses amis vont rivaliser d’ingéniosité et de bonne volonté afin de mener leur mission à bien. En compagnie de la mystérieuse Annez La Torte, du soldat Pépin, de la jolie Maëlwen, des Bretons cherchant refuge ou encore du barde Llewellyn, les jeunes moines vont vivre des aventures palpitantes et parfois effrayantes sans jamais perdre leur foi ni leur enthousiasme.

Les soirées murmurées, disputées, approuvées, contredites avec respect, animées avec humour et bienveillance lièrent ces trois hommes à jamais d’une amitié indéfectible.

En lisant pour la première fois le résumé de ce livre, je vous avoue que j’étais sceptique. J’avais peur que ce livre soit beaucoup trop porté sur la religion et très peu sur le contexte historique. C’est la chronique d’Annabelle qui m’a fait changé d’avis et j’ai eu raison de l’écouter ! Bien qu’omniprésente, la religion n’est pas oppressante dans le sens où les prières des moines ne sont pas retranscrites par exemple. Cette croyance en Dieu se lit entre chaque ligne, on est conscient de la foi qui anime les moines. Cependant, cette foi pousse les personnages à soulever des montagnes et c’est sur cela que l’on se concentre plutôt que sur leur religion en elle-même. Donc, si comme moi vous n’êtes pas particulièrement attiré par tout ce qui concerne les différentes religions, soyez rassurés, vous pouvez vous lancer dans ce livre sans crainte de vous ennuyer!

L’histoire de ce livre est, en elle-même, intéressante. Mais ce qui la rend vraiment concrète et passionnante, ce sont les personnages qui la portent. Je crois bien qu’ils m’ont tous plu. Enfin, quand je dis qu’ils m’ont plu, je ne dis pas que je les ai tous aimé! Non bien sûr, il y en a qui sont absolument détestables (comprenez le fier Garlond ou l’irascible Condat) mais ils n’en sont pas moins fascinants. Ce ne sont pas juste des « méchants », ils ont une personnalité bien plus complexe que j’ai pris plaisir à découvrir.
J’ai eu un gros coup de cœur pour Marcus. Il est jeune, un peu naïf et désireux d’accomplir sa mission. Il a été désigné par Théodulphe comme Père de la futur abbaye, c’est donc à lui qu’incombe la responsabilité de faire de ce rêve une réalité et surtout de transformer un simple lopin de terre en un village presque autonome avec son église, ses cultures, son four, sa forge etc. Une grande confiance a été placée en lui par son supérieur et pourtant, il reste humble. Même lorsqu’il s’agit de réprimander ses frères moines, il se montre conciliant et très clément. Ce jeune Marcus n’agit pas dans le but de se faire apprécier de tout le monde et c’est justement ce qui le rend si attachant… D’ailleurs, la vision que j’ai eu de Marcus ressemble grandement à la vision que celui-ci a de Maëlwen.
Maëlwen est une jeune fille très douce et candide qui après avoir servi Garlond se dévoue à l’abbaye et à ses occupants. Elle va peu à peu se rapprocher de Marcus et ne va pas cacher qu’il fait battre son coeur… Je l’ai également trouvé très attachante. Je ne vais pas détailler tous les personnages, cela prendrait trop de temps et serait un peu lassant pour vous! En bref, le personnage de Pépin m’a bien fait rire, celui d’Armérius m’a impressionné par sa force physique et morale, Llewellyn m’a conquise par sa jovialité et Arnulf m’a attendri par sa maladresse. Quant à Yvo, je ne suis pas sûre d’avoir réussi à le cerner, c’est un personnage assez complexe et c’est justement ce qui le rend intéressant.

« Pour être laide grand-mère, vous êtes laide ! »
La femme secoua la tête et rit sans se cacher cette fois, ce qui ne fit qu’accentuer ses traits simiesques.

« Je fais toujours cet effet là ! … Même ma mère a eu peur de moi à ma naissance ! »

La plume de l’auteur a mis quelques temps à me convaincre. En effet, les premiers chapitres introduisent le contexte plus que l’histoire en elle-même. C’est pourquoi ils sont assez lourds en description de personnages et de paysages. De plus, Pierre Gief écrit d’une façon assez bucolique et poétique. Ce n’est pas un frein à ma lecture mais j’avoue que je suis insensible à toutes ces représentations romantiques (une touffe d’herbe reste une touffe d’herbe, peu importe comme on la décrit !). Bien sûr, je comprends que cela embellisse l’histoire pour un grand nombre d’entre vous et c’est tant mieux d’ailleurs car je n’ai sûrement pas apprécié le talent de l’auteur à sa juste valeur. En revanche, le fait que l’auteur décrive avec beaucoup de précision est un véritable avantage lors des batailles ou des événements « exceptionnels » (dur de dire le mot juste sans spoilé!).  D’ailleurs, ces batailles et autres événements rythment parfaitement ce livre. Dès que l’histoire est lancé, à partir du troisième chapitre principalement, on ne s’ennuie pas à un seul instant. Il y a de nombreux rebondissements, plus inattendus les uns que les autres!

En résumé, je suis sorti de mes sentiers battus en me lançant dans ce livre et je ne l’ai pas regretté. J’ai appris beaucoup de choses sur cette époque de l’histoire de France que ce soit sur la guerre entre Francs et Bretons ou sur la prédominance de la religion dans la société. Mes premières appréhensions ont vite été dépassées par l’histoire captivante. Je vous conseille vivement ce roman d’aventures, vous ne serez pas déçus!

La Bretagne n’est pas divisible […]. Tu œuvres pour elle et nous te laissons unir les hommes comme tu le souhaites. Mais tu ne lieras pas leurs âmes sans notre aide, et sans âme, la Bretagne ne sera jamais qu’un ramassis de clans plus désunis que les Scotts et plus barbares que les Pictes ! 

John F. Kennedy (1917-1963) – Claude Moisy

Couverture John F. Kennedy (1917-1963)

Résumé :

« Issu d’une riche famille irlandaise, John Fitzgerald Kennedy accède à la présidence en 1961 : il devient le premier président catholique de l’histoire des Etats-Unis, et l’un des plus jeunes. Son ascension est savamment orchestrée par son entourage, d’une ambition sans mesure. Derrière son élection se dessine en filigrane la volonté d’établir une dynastie politique. Dynastie politique, mais aussi – surtout ? – médiatique, dont les drames et les victoires ont sans cesse nourri le prestige.
Le destin formidable et tragique de cet homme aussi controversé qu’adulé fit de lui un symbole paradoxal, celui d’une époque troublée et d’une Amérique triomphante. »

Mon avis :

Vous le savez maintenant, l’histoire de la famille Kennedy me passionne et c’est donc logiquement que j’achète tout un tas de livres portant sur le président John F. Kennedy ou un autre membre de sa famille. Cependant, je suis assez exigeante, je sais qu’il n’y a pas des millions de possibilités : soit ça passe, soit ça casse. Par exemple, si le livre de Ian Shircore et David Southwell m’avait bien plu car le contenu était non seulement intéressant mais en plus rédigé d’une manière objective, le livre de Philippe Labro (« On a tiré sur le Président« ) m’avait agacé au plus haut point. En effet, si j’aime lire des biographies, c’est principalement pour l’intérêt historique qu’elles présentent. J’aime apprendre des choses, j’aime connaître l’histoire de notre monde. Seulement, certains auteurs oublient parfois la dimension intellectuelle de la chose pour donner leur propre avis. C’est surtout vrai pour le président Kennedy qui relève plus que jamais du mythe que de la réalité. Certains « biographes » préfèrent s’attarder sur sa vie privée plutôt que sur sa vie politique. Pourtant, sa vie politique, et donc publique, est bien la seule à laquelle nous devrions nous intéresser car personne n’est assez parfait pour juger les mœurs des autres.

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Ce livre n’a vraiment pas su me convaincre, et ce pour diverses raisons. Comme je le disais dans le paragraphe précédent, certains auteurs ne savent pas rester à leur place et se permettent de critiquer des choses qui ne nous concernent absolument pas. Claude Moisy ne déroge pas à la règle. Il se permet des commentaires que j’ai trouvé plus horripilant les uns que les autres. Outre John F. Kennedy, cet auteur se permet de formuler des critiques sur d’autres membres de la famille. Qu’ils s’en prennent à Joe Sr (le père) en affirmant qu’il a trempé dans des affaires mafieuses et autres magouilles, d’accord, qu’il critique les prises de positions politiques de Bobby, pourquoi pas, mais qu’il ose faire le procès de Joe Jr, ça ne passe absolument pas. Pour vous faire un petit topo, Joe Jr, le grand frère de JFK, était pilote d’avion pendant la seconde guerre mondiale. Le 12 août 1944, il participait à une mission secrète au cours de laquelle il devait piloter un avion rempli d’explosifs. Une fois l’avion à la bonne hauteur et dans la bonne direction, lui et son coéquipier devaient s’expulser pour que l’avion s’écrase sur une base allemande située en France. Seulement, suite à une défaillance, son avion a explosé avant qu’il n’ait pu en sortir. Alors certes, j’apprécie Joe Jr car c’est un Kennedy, mais surtout car c’est un soldat qui a perdu la vie pour que nous gagnons notre liberté. Le jour où Claude Moisy accomplira un acte héroïque de la sorte, il pourra peut-être critiquer ce qu’ont fait nos libérateurs. De plus, il se permet également de critiquer la façon dont JFK s’est comporté, à bord du PT-109, au large du Pacifique pendant la seconde guerre mondiale. On croit rêver…

Avec cinquante ans de recul, on peut se demander si ce « mythe Kennedy » ne doit pas davantage à la projection médiatique de son charisme personnel qu’aux réels accomplissements de son administration.

Plus qu’une biographie sur John F. Kennedy, ce livre est une étude de l’influence de Joe Sr sur toute la famille. Je sais bien que ce père était très présent, qu’il était à l’origine de la carrière politique de ses fils, mais tout de même. D’ailleurs, à partir de 1961, année de l’investiture de Kennedy, il n’est plus du tout question du père. Mais l’auteur a tellement rabâché que JFK ne pouvait rien faire sans son petit papa, qu’un lecteur ne connaissant pas vraiment la famille Kennedy, peut s’imaginer que même si on n’en parle pas, le père tire toujours les ficelles en coulisse. Seulement, ce n’est pas le cas puisqu’il a fait un AVC en 1961 qui l’a privé de tous ses moyens. Ceci n’est précisé qu’à la toute fin, en une petite phrase… L’auteur induit en erreur.
En ce qui concerne la famille, une autre chose m’a dérangé. On parle de JFK bien sûr, du père et du frère Bobby. Quant aux autres, ils sont à peine mentionnés. Rose, la mère, qui a pourtant eu un grand rôle dans la vie de ses enfants n’a pas sa place dans ce livre, il en est de même pour le petit frère Ted ainsi que les sœurs Rosemary, Kathleen, Eunice, Patricia et Jean. Ce qui est étrange, c’est que l’auteur répète à de multiples reprises que John F. Kennedy n’aurait jamais été élu sans sa famille. Mais il en parle si peu. C’est contradictoire…

Enfin, dernière petite critique sur le fond même de cette biographie : certaines informations sont inexactes. Parfois elles sont justes approximatives mais d’autres fois elles sont fausses (comme une des infos concernant la mort de Kathleen). Pour une biographie rédigée par l’ancien directeur de l’Agence France Presse, je m’attendais au moins à une documentation correcte. Ce n’était malheureusement pas le cas.

Passons maintenant à la forme. Ce livre est divisé en chapitres : « La jeunesse dorée », « La conquête du pouvoir » et « La Maison Blanche ». Si les deux premiers chapitres sont bien construits, dans le sens chronologique, le dernier est plus que brouillon. Les dates sont mélangées, parfois dans un même paragraphe et on a du mal à s’y retrouver.
Au sein de ces chapitres, on retrouve des petites sous-parties qui, à mon avis, n’ont pas grand intérêt. Je trouve que ces parties ne sont pas clairement définies. Le texte lui-même est un peu flou à certains endroits. En clair, je n’ai pas accroché à la plume de l’auteur.

John aime surtout, dès le plus jeune âge, se tenir à l’écart du gros de la troupe et de ses activités commandées pour lire dans le secret de sa chambre ou d’un coin du jardin.

Ce livre est court. Ce n’était pas plus mal étant donné que j’avais l’impression de perdre mon temps en le lisant! C’était donc un point positif tout en étant un point négatif. En effet, j’ai trouvé cette biographie beaucoup trop succincte. John F. Kennedy est une personne complexe. Sa vie ne se résume pas à « sexe, drogue et politique », contrairement à l’impression qu’en donne Claude Moisy. Il n’a pas abordé toutes ces facettes et honnêtement, si on base uniquement sur cette biographie, JFK semblait être un homme détestable. Je ne comprends pas l’utilité d’écrire une biographie sur un personnage historique que l’on n’aime pas.

En bref, si vous ne deviez lire qu’une biographie du président Kennedy, ne lisez pas celle-ci. Elle est trop courte, trop simple pour aborder toute la complexité du personnage. De plus, la subjectivité de l’auteur ne permet pas au lecteur de se faire sa propre opinion.

Son élection a réellement fait naître dans le pays un espoir de changement, une fraîcheur nouvelle, qui ont touché toutes les couches de la population.

La Guerre d’Algérie – Patrice Gélinet

Couverture La Guerre d'Algérie

Quatrième de couverture

« La nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954 marque la naissance du Front de libération nationale et le début de la guerre d’Algérie. Une guerre qui durera huit ans, des attentas terroristes presque quotidiens, l’envoi en Algérie de plus d’un million de soldats du contingent, la chute de la IVe République, l’emploi de la torture, une tentative de putsch militaire, l’exode en 1962 de plus de huit cent mille pieds-noirs, le massacre des harkis et l’indépendance d’une colonie sur laquelle le drapeau français flottait depuis cent trente-deux ans. Comment en rendre compte ? A la fin des années 1980, Patrice Gélinet a donné la parole à quarante témoins, les principaux acteurs de la guerre d’Algérie, de part et d’autre de la Méditerranée : militaires français, combattants du FLN, activistes de l’OAS, pieds noirs, journalistes et hommes politiques… Aujourd’hui, plus d’un demi-siècle après la conclusion des accords d’Evian qui scellent l’indépendance de l’Algérie, ces témoignages permettent de saisir la passion qui animait les principaux protagonistes et aussi de tenter, le recul aidant, d’aborder une histoire douloureuse avec la sérénité nécessaire. »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier Babelio et les éditions Acropole pour l’envoi de ce livre!

Cette année nous célébrons les 100 ans de la bataille de Verdun. C’est une bataille dont tout le monde a entendu parler que ce soit en primaire, au collège ou au lycée. On l’étudie pour ne pas oublier l’horreur des tranchées et le sacrifice de nos ancêtres. Mais qu’en est-il de la guerre d’Algérie ? Personnellement, je me souviens avoir passé trente petites minutes dessus en classe de première. C’est tout. Je ne sais quasiment rien sur ce conflit et pourtant, l’un de mes grand-père a été envoyé en Algérie et y a combattu. C’est pourquoi lors de la masse critique organisée par Babelio j’ai choisi ce livre, pour en apprendre un peu plus sur cette page très sombre de notre Histoire qui est souvent passé sous silence par nos professeurs…

Loin d’être un simple livre explicatif de la guerre d’Algérie, ce livre est en fait un recueil de témoignages et de déclarations officielles. En 1987, le journaliste Patrice Gélinet décide de consacrer dix émissions radiophoniques à la guerre d’Algérie et interroge donc de multiples témoins directs : des généraux français, des combattants Algériens, des pieds-noirs… En 2016, il décide de rassembler ses témoignages dans un livre et des les mêler à des discours officiels notamment du général De Gaulle ou à des extraits de reportages diffusés à la radio française en plein milieu du conflit. En remettant tous ces éléments dans l’ordre, l’auteur nous offre un aperçu de la guerre d’Algérie du point de vue de ceux qui se sont battus, qui ont du prendre des décisions plus difficiles les unes que les autres, qui ont tué des innocents pour une cause qu’ils pensaient juste. En fait, l’auteur se met en retrait. Ses écrits sont très courts et ne servent qu’à faire la jonction entre deux témoignages ou à nous expliquer quelques petits détails (notamment tous les acronymes tels que FLN, ALN, OAS). L’essentiel de ce livre est donc constitué de témoignages souvent émouvant, parfois choquant ou agaçant. Il est donc assez difficile de faire une chronique sur ce livre car je ne peux pas dire Untel ment, Untel exagère… Ces hommes et femmes nous racontent leur expérience de ce conflit meurtrier afin que nous, les jeunes générations, n’oublions jamais ce qui s’est passé là-bas.

Je dois avouer que l’auteur a été très habile dans sa façon de compiler les différents témoignages. En effet, lorsqu’on lit les déclarations d’un ex-membre du FLN (Front de libération nationale), on lit ensuite celles d’un général ou d’un pied-noir en faveur d’une Algérie française. Tous les points de vue sont donc représentés, à proportion égale. Quoiqu’il arrive, le lecteur n’est nullement influencé : chacun est libre de se forger sa propre opinion.
J’ai aussi apprécié le fait que les personnes interrogées soient d’un milieu différent. Patrice Gélinet n’aurait pu interroger que des « soldats » français et algériens puisque, après tout, ce sont eux qui faisaient la guerre. Mais non. Il a aussi laisser la parole a des pieds-noirs, à un évêque, à un curé… Grâce à ces témoignages-là, on a aussi le point de vue des civils et c’est particulièrement touchant.

Ce livre présente plusieurs particularités. Tout d’abord, on retrouve fréquemment des flashcodes qui, grâce à notre téléphone, nous permettent d’accéder aux extraits radiophoniques des déclarations que nous sommes en train de lire. Je ne me suis pas servi de tous les flashcodes. J’avoue que, admirant ce très grand homme (au sens propre comme figuré), j’ai surtout écouté les discours du général de Gaulle. Ce principe est un atout pour ce livre car il permet de nous plonger directement à l’époque où ces déclarations ont été faites. En un clic, on se retrouve au coeur de cette époque troublée et cela donne une dimension très réelle au livre.

Autre particularité, l’auteur a réuni à la fin de ce livre les biographies de toutes les personnes que nous avons rencontré au cours de notre lecture. C’est particulièrement utile car, j’avoue, on se perd un petit peu entre les différents généraux français, les combattants Algériens, les pro-Algérie française, les pro-Algérie indépendante… On retrouve aussi bien la biographie de Marie Elbe, une pied-noir, que celle de Jacques Massu, qui fut préfet d’Alger, ou encore celle de Yacef Saadi, figure emblématique du FLN.
Enfin, après les biographies, on retrouve une chronologie complète et détaillée du déroulement de la guerre d’Algérie. Elle est intéressante, bien écrite et surtout très instructive. J’ai d’ailleurs appris tout un tas de chose lors de ma lecture, et rien que pour ça, ce livre mérite une très bonne note.

Si je devais cependant ajouté une petite note négative, je dirais que parfois deux témoignages successifs ne traitent pas d’un même sujet. Sans introduction préalable, on se retrouve un peu perdu et on se demande pourquoi il parle de ceci alors que juste avant, on parlait d’autre chose. Mais bon, je chipote peut-être un peu, ça n’arrive pas très souvent au cours du livre.

En bref, je remercie vraiment Babelio et les éditions Acropole de m’avoir permis de découvrir ce livre et de m’avoir aidé à en apprendre beaucoup plus sur un conflit dont on ne parle pas assez. Nous y avons été tour à tour bourreau puis victime, nous y avons laissé de nombreux soldats et civils mais nous avons aussi pris de nombreuses vies. Personne ne voulait de cette guerre et pourtant elle a eu lieu. En lisant, on perçoit dans les déclarations des témoins des sentiments aussi variés que contradictoires : la haine, la peur, la culpabilité, l’acceptation, le soulagement… Je pense que ce livre est adapté à une première lecture sur la guerre d’Algérie puisqu’il est loin d’être ennuyeux, l’auteur ne nous assomme pas avec des dates ou des faits historiques, il nous fait réellement vivre le conflit.

Citations

Ce qui était intolérable à cette époque, c’était cette espèce de monstrueuse hypocrisie des pouvoirs publics. C’était Guy Mollet disant « les cas [de torture] se comptent sur les doigts de la main » alors qu’il y en avait des milliers.

Je crois que le but de la guerre, c’est de s’arrêter un jour, non ?

De Gaulle était un homme d’une telle stature qu’on ne pouvait pas « s’amuser » avec lui. Ou bien on le renversait, ou bien on le brisait, mais en aucun cas on ne pouvait s’amuser à vouloir le chatouiller, l’égratigner, car nous savions bien que le personnage avait une telle dimension historique que c’est lui qui nous briserait, qui nous écraserait.

Les guerres, c’est comme ça, ça rend aveugle. La passion qui habite les gens leur fait commettre toutes sortes de choses qui seraient inconcevables en temps de paix.

Le cas de conscience, c’est une affaire intime. Vous savez très bien quand une bombe explose ; puis on vous montre dans le journal un gosse de cinq ou six ans qui a une jambe coupée. Vous ne pouvez pas rester insensible, mais vous fermez les yeux, vous vous dites que c’est la guerre.

John F. Kennedy – Ian Shircore & David Southwell

Couverture John F. Kennedy

Quatrième de couverture

« La présidence de John F. Kennedy fut l’une des plus courtes de l’histoire des Etats-Unis. Mais son charme, sa popularité et ses combats politiques l’ont inscrit au rang des plus grands présidents américains. Cet ouvrage aborde les grands moments de sa vie de façon chronologique : ses actes de bravoure pendant la Seconde Guerre Mondiale, ses débuts politiques au Congrès et au Sénat, ainsi que sa victoire controversée aux élections présidentielles de 1960. Il s’arrête aussi sur ses échecs et ses réussites politiques, tels que l’invasion de la baie des Cochons, la crise des missiles de Cuba, le combat pour les droits civiques et le début de la conquête de l’espace. Enfin, quelques éléments de sa vie privée (les relations tumultueuses au sein du clan Kennedy ou encore son mariage avec Jacqueline Bouvier) viennent compléter le portrait de cet homme à part. Pour la commémoration du 50e anniversaire de sa mort (le 22 novembre 1963), cet ouvrage dresse le bilan de la vie du 35e président des Etats-Unis à travers 170 illustrations et 15 fac-similés reproduisant des documents d’archives. »

Mon avis

Alors que nous sommes déjà bien avancés dans le mois de mars, je vous présente aujourd’hui une chronique sur un des livres que j’ai reçu à Noël. J’ai pris beaucoup de retard dans mes lectures à cause des cours et des révisions… Mais ce livre, posé bien en évidence sur mon étagère, commençait vraiment à me faire de l’œil alors je n’ai pas pu résister! Comme vous pouvez le voir sur la photo au début de l’article, la couverture de ce livre est très simple et très sobre. Une photo du président en noir et blanc avec pour seul titre John F. Kennedy. De plus, la couverture est un peu « rembourrée », si vous voyez ce que je veux dire. En fait, cet ouvrage est un très beau livre objet. C’est un de ces livres d’histoires agrémentés de dizaines de photos et qu’on prend toujours plaisir à lire. Bon, évidemment, qui dit « beau-livre » dit aussi beau prix! Il coûte 34 euros, ce qui est à mon avis un peu cher pour ce que l’on trouve à l’intérieur…

La particularité de ce livre est qu’on trouve à l’intérieur plusieurs fac-similés de documents déclassifiés plus ou moins récemment. On peut par exemple lire un rapport de la CIA sur les agissements de l’URSS, de Cuba et de la Chine communiste. On trouve aussi des tracts que distribuait Lee Harvey Oswald contre le blocus de Cuba ou des « avis de recherche pour haute trahison » au nom de JFK distribué à Dallas la veille de son assassinat. Je dois avouer que c’est assez déstabilisant de se retrouver face à ce genre de document. On se retrouve plonger dans le passé et on  a un arrière-goût de la guerre froide très amer.
Un des fac-similés qui m’a le plus fait perdre pied est le schéma réalisé rapidement lors de la première autopsie de JFK. On peut y voir plusieurs annotations du médecin, dont une qui rend particulièrement compte de la violence avec laquelle John a perdu la vie.
Un des autres documents qui m’a ému est une petite carte annotée de la main même du président. Et même si c’est une photocopie du document, on a comme l’impression d’avoir un bout d’histoire entre nos mains. C’est assez particulier comme sensation!
On peut aussi trouver certains fac-similés plus « léger », comme une lettre envoyée à JFK par Inga Binga, sa petite amie dans les années 30. En bref, je trouve que ces documents donnent une vraie valeur à ce livre, c’est un très bon point.

Autre point positif : les photos. Il y en a vraiment beaucoup, au moins une par page. Je trouve en plus qu’elles sont particulièrement bien choisies. Ce ne sont pas des images « inédites » ou « rares », ce sont des photos que tout le monde a déjà vu concernant le président Kennedy, mais bon, elles apportent quand même un petit plus à l’ouvrage. Certaines photos s’étendent même sur toute une page, notamment une de Jackie avec ses enfants, que je trouve particulièrement jolie. Et, vous n’allez pas me croire mais, il n’y a pas une seule photo de Marilyn Monroe. Si, si je vous assure! Les miracles existent! D’ailleurs les auteurs suggèrent même dans un petit encart que la relation entre Jack et Marilyn ne serait que le fruit de rumeurs. Quand des auteurs, au point de vue objectif, écrivent une biographie sur JFK, je ne peux être que comblée! … Enfin presque. Les deux auteurs évoquent tout de même ses relations extra-conjugales supposées avec Judith Campbell ou Fiddle & Faddle. Je n’en vois pas l’intérêt car oui, on peut faire une biographie d’un chef d’état sans parler de sa vie privée. Mais bon. Je crois qu’il faut que je me résigne à voir le nom de ces femmes dans chacun des ouvrages traitant de la vie de JFK! Les auteurs restent assez prudent en évoquant ces relations donc ça reste supportable, ils ne le décrivent pas comme un « menteur, toxicomane, infidèle, partouzeur » comme l’a fait un journaliste récemment. C’est déjà ça!

Dans ce livre, les auteurs s’attachent aussi à rétablir la vérité concernant certains grands épisodes de l’Histoire. Par exemple, pour l’invasion de la Baie de Cochons, JFK a longtemps été tenu pour responsable alors que c’est bien son prédécesseur, Dwight Eisenhower qui était à l’origine de ce projet. Autre exemple, le président Kennedy a souvent essuyé quelques critiques sur la politique qu’il menait au Vietnam. Certains de ses détracteurs, lui incombait une grande part de responsabilité dans cette guerre aussi meurtrière qu’inutile. Seulement, JFK voulait retirer au moins 1000 hommes du Sud-Vietnam. Son successeur, Lyndon Johnson, n’a pas du tout suivi cette ligne de conduite, et c’est bien lui qui a entraîné le pays vers cette défaite. Ian Shircore et David Southwell tiennent réellement à rétablir la vérité et c’est tout à leur honneur!

Si j’ai beaucoup aimé les photos et les fac-similés, en revanche le texte m’a un peu moins plu. Il est plutôt intéressant, mais très basique. Si on s’y connaît un peu en histoire des années 50/60, on n’apprend rien en lisant ce livre et c’est un peu dommage. Mais ce qui m’a principalement dérangé, ce sont les répétitions. Il y en a vraiment beaucoup. Parfois j’avais même l’impression d’avoir laissé mon marque-page au mauvais endroit et que je relisais plusieurs fois les mêmes passages. Parfois, sur une même page, le récit et les légendes des photos disaient exactement la même chose. C’est un peu lassant au bout d’un moment.
Il y a un autre problème qui m’a dérangé : les fautes de frappe. Je ne les ai pas compté mais il y en a tout de même un certains nombre. Pour un livre à 34 euros, on s’attend au moins à ce que les fautes aient été corrigées lors de la relecture… Quand une lettre malvenue se glisse dans un mot, on arrive à comprendre. En revanche quand ce sont les dates qui sont erronées, c’est un peu plus embêtant. Vers la fin du livre, on peut lire que JFK préparait sa campagne de réelection en 1984. Pas de chance, il était légèrement décédé depuis une vingtaine d’années… C’est dommage car cela altère la qualité du livre.

En bref, cette lecture n’a pas été totalement convaincante. Si les petits extras du livres, comme les photos et les document photocopiés, m’ont beaucoup plu, le texte présentait quelques défauts qui m’ont un peu dérangés. Mais il n’empêche que c’est un très beau livre-objet qui a tout a fait sa place dans ma bibliothèque.

Citations

« Au moins la moitié du temps qu’il vécut sur cette terre furent des jours d’intense douleur physique », écrivit Bobby en repensant à l’extraordinaire faculté de son frère à surmonter les obstacles de la vie en gardant le sourire.

On ne peut que constater malheureusement que la sotte critique s’acharne sans fondements sur les plus grands hommes de l’Histoire.

Certains êtres exceptionnels sont capables d’infléchir le cours de l’Hsitoire. En cela, ils dérangent et suscitent souvent haine et incompréhension.

Comprendre le passé aide à mieux construire le présent. John F. Kennedy a œuvré pour éradiquer la pauvreté, l’injustice et la guerre. La persistance de son souvenir suffit à montrer l’impact que cet homme a laissé dans l’Histoire.