All Time Readings

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux." – Jules Renard

Catégorie: Drame

Encore – Hakan Günday

Couverture Encore

Résumé :

« Gazâ a neuf ans et vit sur les bords de la mer Égée. Il travaille avec son père Ahad, passeur de clandestins. Ils entreposent dans un dépôt les individus qui viennent de parcourir plusieurs milliers de kilomètres. Un jour, Gazâ cause la mort d’un jeune Afghan. Dès lors, le garçon ne cesse de penser à lui et conserve précieusement la grenouille en papier qu’il lui avait donnée – ce qui ne l’empêche pas de devenir le tortionnaire des clandestins qui ont le malheur de tomber entre ses mains. Un soir, tout bascule, et c’est désormais à Gazâ de trouver comment survivre… »

Mon avis :

Je remercie tout d’abord les éditions Livre de Poche pour l’envoi de ce livre.

Lorsque je parcourais la sélection du mois, aucun titre ne m’a sauté aux yeux. J’ai du lire chaque résumé afin de faire mon choix et Encore s’est démarqué. C’est la première fois que j’avais l’occasion de lire une oeuvre qui traitait de la crise des migrants. C’est pourtant un sujet inévitable dans notre société actuelle… Je me suis alors dit que c’était important, qu’il fallait absolument que je découvre ce livre. D’autant plus qu’il est écrit du point de vue d’un jeune garçon turc, c’est-à-dire un enfant vivant entre l’enfer que les migrants cherchent à fuir et le paradis qu’ils espèrent trouver.

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Gazâ est un jeune turc qui vit seul avec son père, Ahad. A première vue, c’est un garçon ordinaire. Il va à l’école et a de bonnes notes. Cependant, lorsqu’il n’est pas à l’école, il doit travailler aux côtés de son père. Cela ne pourrait être qu’un détail, qu’un élément qui montre que Gazâ et Ahad ne croulent pas sur l’or. Mais c’est plus que ça, bien plus que ça. Ahad est passeur de clandestin. Il prend en charge des êtres humains qui ont tout quitté dans leur pays par désespoir et qui espèrent trouver une vie meilleure en Europe. Entre deux transports, les migrants sont parqués dans un entrepôt, près de la maison de Gazâ. Très vite, le garçon se voit confier des responsabilités. C’est lui qui doit surveiller la marchandise et s’assurer qu’elle reparte en bonne état. Il doit distribuer – ou plutôt, vendre – l’eau et la nourriture. A seulement neuf ans, il sait qu’il peut exercer un certain pouvoir sur ces gens qui sont, malgré leur âge, plus faibles que lui. Il sait également, par expérience, qu’il a le pouvoir de vie ou de mort… Bien qu’il soit habitué à cette situation, il voit arriver la fin du collège comme un soulagement. Faisant partie des cents meilleurs étudiants de Turquie, il peut prétendre à un bon lycée. Il va enfin pouvoir échapper à cet enfer. Enfin, c’est ce qu’il croyait…

C’est ainsi que cette année-là, à peine sorti de l’école, je devins passeur de clandestins. A 9 ans… ça ne changeait pas grand-chose. J’étais déjà le fils d’un passeur.

Mon avis sur ce livre est, dans l’ensemble, très positif. Du début à la fin, j’ai été complètement happée par l’histoire de Gazâ, même si au final, je me rends compte que j’ai détesté ce personnage. Il est vrai que si le jeune garçon est aussi odieux, c’est à cause du métier de son père. Cependant, cela ne l’excuse pas pour toutes les horreurs qu’il a commises de son propre chef. A vrai dire, Gazâ m’a vraiment mis mal à l’aise. Son état psychologique est assez désastreux et, puisque c’est lui qui raconte son histoire, nous avons accès aux recoins les plus sombres de sa conscience. Parfois, c’est très dur. Certains passages sont clairement écœurants. Je n’ai pas non plus aimé la façon dont ce personnage évoluait. Attention, je dis que Gazâ est un personnage que j’ai détesté, mais cela ne veut pas dire que j’ai détesté découvrir son histoire. C’est juste que ce personnage me perturbe vraiment et je n’ai pas ressenti la moindre sympathie ni pitié à son égard. En fait, je me rends compte que je ne me suis attachée à aucun personnage, je les ai tous trouvé odieux. A la limite, je pourrais dire que j’ai apprécié Felat et Cuma, deux personnages importants qui brillent par leur absence…

Je pense qu’il était dingue. En fait, je crois qu’ils étaient tous dingues. Tous ces Ouzbeks, Afghans, Turkmènes, Maliens, Kirghizes, Indonésiens, Birmans, Pakistanais, Iraniens, Malais, Syriens, Arméniens, Azéris, Kurdes, Kazakhs, Turcs, tous… Il faut être fou pour pouvoir supporter tout ça.

D’ailleurs sur ce point, j’étais un peu déçue. Cuma, ce jeune afghan dont on parle dans le résumé, semble occuper une place prépondérante dans l’histoire. La petite grenouille en papier qu’il donne à Gazâ se retrouve même sur la couverture. Pourtant, en lisant ce livre, je n’ai pas compris pourquoi Cuma était mis autant en avant. D’accord, Gazâ pense à lui, ponctuellement, tout au long du livre, mais de là à en faire un élément central du résumé… Je ne sais pas, je reste perplexe sur ce personnage. A la limite, Rastin m’aurait semblé plus important. Il est plus présent et fait partie d’un grand projet mené par Gazâ. Ce serait plus légitime de le mettre en avant.

Je hais l’espoir, cette calamité qui fait rêver les enfants les plus désemparés !

En ce qui concerne l’histoire en elle-même, elle m’a captivée. Dès les premières lignes, j’étais très intéressée par le récit de Gazâ. En tant qu’Européens, on ne connait que peu de choses des migrants. On voit au journal leur arrivée en bateau en Grèce, ou leur vie dans les bidonvilles de Calais. C’était donc assez intriguant, et même effrayant de découvrir « l’envers du décor » et toutes les épreuves que ces gens doivent traverser avant d’atteindre leur objectif final. On en apprend plus sur cette micro-économie qu’est le trafic d’êtres humains. C’est vraiment affolant de voir que les personnages en apparence respectables sont souvent les plus abjectes. Puis, à partir de la deuxième partie, nous suivons Gazâ dans sa quête de rédemption et dans sa découverte approfondie de l’espèce humaine (mais je ne vous en dévoilerais pas plus pour ne pas vous spoiler). J’avoue qu’à un moment, je me suis demandé pourquoi il me restait encore 200 pages à lire puisque le « principal problème » était réglé. Au final, cette partie ne m’a pas déçue par son contenu, mais le rythme étant moins soutenu, je l’ai trouvé un peu plus ennuyante. Quant à la toute fin du livre… Je suis extrêmement frustrée! Je ne m’attendais pas du tout à ça et pour être honnête, j’aurais préféré que l’histoire s’arrête quelque pages avant.

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Le style de l’auteur m’a bien plu en général. Je n’ai pas eu un coup de coeur pour la plume de Hakan Günday, mais elle n’en est pas moins agréable à lire. Malgré les sujets abordés, qui sont souvent lourds ou dérangeant, le style reste fluide et plutôt simple à lire. En revanche, à certains moments j’ai trouvé quelques longueurs. Tout un paragraphe de périphrases pour décrire une sensation par exemple. C’est le genre de choses que je n’apprécie pas puisque je suis (malgré moi) dépourvue de toute fibre poétique. Quand je vois ce genre de répétitions, ça me fait un peu penser à Kuzco voyez-vous (Oh, right. The poison. The poison for Kuzco, the poison chosen especially to kill Kuzco, Kuzco’s poison. That poison? – Pardonnez mes références). Donc bon, à certains moment, j’avais tendance à vouloir lire en diagonale pour en revenir à l’essentiel.

En bref, lire un roman de ce genre était une expérience inédite pour moi. Je ne le regrette absolument pas, le style de l’auteur étant agréable à lire et l’histoire étant captivante. Les personnages ne m’ont inspirée aucune sympathie mais j’ai trouvé leurs aventures intéressantes. Ce livre est très instructif et nous fait ouvrir les yeux sur cet immondice qu’est le trafic d’êtres humains. En revanche, quelques petits détails comme des descriptions à rallonge m’ont fait passée à côté d’un coup de coeur. Il n’empêche que ce livre est très émouvant et très bien écrit. Je vous encourage à le lire.

Note : 16/20
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C’est pour cela que nous mangions et avions besoin de manger. De nous dévorer mutuellement, de croquer toutes sortes de choses. Nous en avions besoin. Pour grandir le plus vite possible, crever et laisser la place à d’autres. Pour que commence une nouvelle époque. Ressemblant le moins possible à celle-ci… Parce que nous avions compris qu’il ne sortirait de nous rien de bon.

Papillon de nuit – R.J. Ellory

Résumé :

« Assassinat de Kennedy, guerre du Vietnam, luttes pour les droits civiques, Ku Klux Klan : c’est dans cette Amérique en crise des sixties que Daniel Ford a grandi. Et c’est là, en Caroline du Sud, qu’il a été accusé d’avoir tué Nathan Verney, son meilleur ami.
1982. Daniel est dans le couloir de la mort. Peu de temps avant son exécution, un prêtre vient recueillir ses dernières confessions. Bien vite, il apparaît que les choses sont loin d’être aussi simples qu’elles en ont l’air. Papillon ne nuit, premier roman publié de R. J. Ellory, nous emporte là où rodent la folie et le complot. »

Mon avis :

Je remercie chaleureusement le Livre de Poche pour l’envoi de ce livre!

Papillon de nuit m’avait tapé dans l’œil il y a déjà un petit bout de temps. Evidemment, un livre dont le résumé débute par « Assassinat de Kennedy » ne peut que m’intéresser et m’intriguer. De plus, je ne voyais que des chroniques positives! Alors quand je l’ai vu dans la sélection de février pour les partenariats du Livre de Poche, je n’ai pas hésité une seule seconde. C’était sûrement l’une des plus belles décisions de ma vie.

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A quinze kilomètres au sud du trente-troisième parallèle nord, entre la rivière Trinity et le triple passage souterrain de Dallas… et c’était Dealey Plaza, le site du premier temple maçonnique de Dallas. Avant, cet endroit s’appelait Bloody Elm Street, et c’est là qu’ils ont amené le roi de Camelot, John Fitzgerald Kennedy, et qu’ils l’ont sacrifié.

Daniel Ford va mourir. Dans quelques semaines, il sera exécuté dans une prison miteuse de Caroline du Sud pour un crime qu’il n’a pas commis. On l’accuse d’avoir tué un jeune noir, Nathan Verney. C’est totalement absurde. Même avec toute la volonté du monde, Danny n’aurait jamais tué personne et encore moins Nathan, son meilleur ami depuis ses six ans. Dans l’Amérique des années 60, leur amitié dérangeait. Rendez vous compte, un petit blanc qui ne quittait pas d’une semelle un nègre. Mais les deux enfants n’avaient que faire des préjugés raciaux de leur époque et un simple sandwich au jambon cuit va les lier d’une amitié indescriptible. Ensemble, ils vont traverser des moments de joie, d’effroi, de peine et les grands événements de leur siècle : l’assassinat de Kennedy – John puis Bobby -, celui de Martin Luther King et surtout le conflit au Vietnam. Cette guerre qui, à peu de choses près, aurait pu mettre un terme à leur amitié. Mais plus les épreuves s’avéraient difficiles, plus leur amitié se renforçait. Jusqu’au jour au Nathan Verney est retrouvé mort. Après une dizaine d’années en prison, on communique à Daniel sa date d’exécution. C’est le début d’un long travail de deuil. Le deuil de Nathan, d’une génération perdue, de lui-même et de ses souvenirs.

De six à vingt-quatre ans, nous avons vécu des vies parallèles, et si l’un ou l’autre partait de temps en temps à droite ou à gauche, ou alors marquait une pause, ralentissait, ou manquait un pas, nous finissions toujours par nous retrouver un peu plus loin. A vrai dire, j’aurais eu du mal à me créer une vie après la mort de Nathan.

Je vais avoir du mal à faire cette chronique car ce livre m’a littéralement laissé sans voix. J’ai été bluffée, scotchée, époustouflée… Tout est parfait, du début à la fin, je n’ai pas trouvé un seul point négatif. Même en cherchant la petite bête je ne trouve rien. Que ce soit les personnages, l’histoire ou le style d’écriture, il n’y a rien à changer, tout est littéralement parfait. Et pour être honnête, je ressors de cette lecture quelque peu changée.

Commençons donc par les personnages. Daniel Ford est aussi attachant qu’émouvant. On sait qu’il se retrouve en prison pour un crime qu’il n’a pas commis et surtout, qu’il va mourir sur la chaise électrique à cause de cela. C’est révoltant. A chaque page tournée, on espère un rebondissement, on espère un appel du gouverneur qui annulera ou au pire retardera l’exécution. On est obligé de ressentir de la compassion pour ce personnage. Comme s’il était réel, comme si toute l’affection qu’on lui porte pouvait traverser le papier et le toucher en plein coeur. C’est assez impressionnant de la part de R.J. Ellory car en lisant Papillon de nuit, j’avais le sentiment que tout ceci était réel, que cette affaire sordide s’était vraiment déroulée et que Danny allait véritablement mourir. Mais je reviendrais sur cet aspect plus tard. Revenons donc à Daniel Ford. C’est lui le narrateur, c’est lui qui nous rend compte des tenants et des aboutissants de cette injustice. Mais le plus important est qu’il nous raconte toute son histoire avec Nathan, de leur six ans jusqu’à la mort de ce dernier. Rien n’est omis. On sait comment ils se sont rencontrés, comment ils sont devenus amis, toutes les épreuves auxquelles ils ont du faire face ensemble. Et il faut bien le dire, leur amitié est extraordinaire, vraiment touchante. A leur époque, une amitié inter-raciale n’était pas chose aisée, et pourtant rien ne semblait plus naturel. Ils étaient fait pour être amis. Le lecteur peut même avoir l’impression de faire partie de cette amitié, on partage tout avec eux. Alors quand Nathan se fait tuer, je crois qu’on ressent presque autant de colère que Danny. Car Nathan est un personnage fort sympathique mais aussi émouvant. Que ce soit au restaurant, dans la rue, au bar, il est la cible d’un racisme abjecte. Pourtant il ne demande rien à personne. Je me suis beaucoup attaché à ce personnage et je dois bien avouer que j’ai versé ma petite larme quand il est mort.
Ce livre nous présente beaucoup de personnages et il serait trop long de tous les détailler. Pour parler des principaux, je dirais que Caroline et Linny m’ont un peu dérouté, Eve Chantry m’a attendri, tout comme Mr Timmons. Quant à Mr West, il n’y a pas grand chose à dire sur lui mise à part que c’est un connard fini. Désolé pour l’expression, mais vous verrez, si vous lisez ce livre, que ce personnage n’est qu’un prétexte pour déverser toute la haine que l’on a accumulé au cours de notre lecture.

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Passons maintenant à l’histoire. J’ai tout simplement adoré découvrir l’amitié entre un jeune blanc et un jeune noir dans les années 60. On parle souvent de la ségrégation et du mouvement pour les droits civiques dans les livres. En revanche, c’est la première fois que je découvre une histoire telle que celle-ci. Certes, le racisme est présent. Mais lorsque les deux enfants deviennent amis, il n’est aucunement question de race. Ils s’apprécient et c’est tout. Ici c’est leur amitié qui est accentuée avant tout le reste. J’ai vraiment adoré les suivre dans leurs aventures. Puis vient le jour où tout bascule. En parallèle de cette histoire d’amitié, Danny nous parle de sa vie en prison. Des gardiens, des autres détenus, de son transfert dans le couloir de la mort, et de sa préparation. Sa préparation à mourir. Rencontrer un prêtre, subir des examens médicaux pour s’assurer qu’il est assez en forme pour mourir, se faire raser la tête pour que le courant passe mieux lorsqu’il sera sur la chaise. Bref, nous vivons les dernières heures d’un homme. Et bon dieu ça prend aux tripes. Je n’ai jamais ressenti ça au cours d’une lecture. Je me sentais oppressée, j’avais le souffle court, j’avais l’impression d’être avec Danny et que j’allais m’asseoir à ses côtés sur la chaise électrique. C’est vraiment morbide ce que je dis, mais je vous assure que c’était une lecture très intense. J’ai refermé ce livre profondément bouleversée. J’imagine que c’est ce qu’on doit ressentir après avoir lu un chef d’oeuvre.

Je sais que tu n’as pas tué Nathan, disaient ses yeux. Je sais que tu n’as pas tué Nathan, que tu ne devrais pas être ici, et que ce qu’ils te font est mal… mais je ne peux rien pour toi. Personne ne peut plus t’aider hormis le gouverneur ou le Seigneur Jésus.

Car oui, c’est un chef d’oeuvre. R.J. Ellory a un talent immense. Comme je le disais un peu plus haut, il rend son livre terriblement réel. On n’arrive plus à détacher la fiction de la réalité. Et ce pour une raison toute simple : le contexte. Les aventures de Daniel et Nathan se déroulent dans les années 60 et rien n’est omis. Kennedy élu Président, la Baie des Cochons, la Crise des missiles de Cuba, Kennedy assassiné, les thèses complotistes, les assassinats de Bobby Kennedy, de Martin Luther King, de Malcolm X, la guerre du Vietnam et tous ces jeunes hommes sacrifiés pour une cause perdue. Bref, l’intrigue est ancrée dans un contexte si réel qu’il est difficile de se dire que tout ceci n’est pas réellement arrivé. C’est juste bluffant. Tout comme l’habilité de l’auteur à nous transmettre des émotions au travers de son récit. Je ne compte même pas le nombre de fois où j’ai pleuré pendant cette lecture! Les moments qui m’ont le plus touché ont été la mort de JFK et bien évidemment la fin du roman. Les 100 dernières pages sont très éprouvantes émotionnellement. Gardez un paquet de mouchoirs à côté de vous, on ne sait jamais. D’ailleurs, mettez vous à l’aise, quand vous atteignez ces 100 dernières pages car vous ne pourrez pas refermer ce livre avant la toute fin, je vous l’assure.

Je crois que je me suis accroché à cet enfant, à l’innocence émerveillée, à la foi en l’humanité, à la certitude que les gens étaient fondamentalement bien intentionnés, et qu’au bout du compte ils opteraient toujours pour le bien, la justice et l’équité. En février, j’ai appris que ce n’était pas le cas.

En résumé, je suis époustouflée par cette lecture. La plume de l’auteur est tout simplement extraordinaire, même addictive. L’intrigue, s’inscrivant dans un contexte historique parfaitement décrit, nous fait passer du rire aux larmes grâce à des personnages aussi sympathiques que touchants. Les 500 pages de ce livre passe à une vitesse folle dans la mesure où on peine à refermer ce livre une fois la lecture débutée. On veut toujours en savoir plus sur les deux amis et sur les événements tragiques qui ont mené Danny dans le couloir de la mort. C’est vraiment un carton plein pour moi. Je n’ai aucun point négatif à formuler. Même la première de couverture est attirante! Non vraiment, c’est un chef d’oeuvre que je conseille à tous.

Note : 20/20
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Les gens erraient dans les rues, brisés comme des poupées de paille. Je crois que je ne m’étais jamais vraiment rendu compte à quel point Greenleaf était divisée. Le chemin que j’avais si souvent emprunté avec Nathan Verney pour aller au lac était en fait la ligne de démarcation entre Blancs et gens de couleur. […] Mais ce jour-là, c’était différent.
Kennedy avait un jour dit : Il n’y a pas de stèles blanches ou de couleur dans les cimetières militaires.
Et c’était l’impression qu’on avait ce 22 novembre. Aucune division entre Blancs et Noirs dans notre chagrin.

Churchill m’a menti – Caroline Grimm

Couverture Churchill m'a menti

Résumé :

« C’est une histoire vraie et oubliée. Celle de l’île de Jersey, abandonnée par Churchill en juin 1940, envahie par les Allemands deux mois plus tard. Comment vont survivre les habitants de l’île livrés à l’ennemi ? Pour qui les nazis font-ils construire les seuls camps de concentration de l’Europe de l’Ouest ? Des centaines de Français y seront déportés. Pourquoi Churchill n’en a-t-il jamais parlé ? Ces années de lutte, l’auteur les raconte en suivant le quotidien palpitant de personnages qui n’ont eu d’autres choix que de collaborer avec l’occupant ou de résister. Un roman poignant sur un chapitre ignoré de la Seconde Guerre mondiale. »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier Le Livre de poche pour l’envoi de ce livre! Je les remercie également pour avoir glissé un second livre dans l’enveloppe (chronique à venir…), c’était une très bonne surprise!

Il y a encore quelques années, je ne savais pas que les îles anglo-normandes avaient été occupées par les allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale. Pourtant, ce n’est pas faute de regarder des reportages et de lire un tas de livres sur cette période qui m’intéresse tout particulièrement. C’est grâce au livre Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates que j’en avais appris plus. Si ce livre traitait de Guernesey, Churchill m’a menti de Caroline Grimm se passe à Jersey et Aurigny. Dans ce roman, plusieurs personnages nous livrent leur vision de la guerre, de la jeune adolescente qui va subir les conséquences de l’occupation dès les premières secondes au vieux pêcheur qui préfère fuir plutôt que d’affronter cette dure réalité. Je dois dire que j’ai été vraiment bouleversée pendant cette lecture…

De tous côtés des cris de douleur, des cris de peur, des yeux agrandis par la terreur et la souffrance. C’est donc ça, la guerre. C’est donc ça, l’enfer.

En juin 1940, lors de la Battle of Flowers, un carnaval organisé sur l’île de Jersey, les éclats d’obus viennent se mêler aux pétales de fleurs en début d’après-midi. Les allemands arrivent. Ils ne sont même pas ralentis par une quelconque résistance. En effet, Churchill avait décidé de démilitariser les îles anglo-normandes puisqu’elles ne présentaient aucune intérêt stratégique, elles n’étaient donc pas en danger. Mais le Vieux Lion avait tort. Et voilà que les habitants de Jersey doivent du jour au lendemain cohabiter avec un ennemi qui met en place sa dictature nazie. Les juifs se cachent ou fuient pendant que certains collaborent, d’autres jouent un double-jeu. Bref, on retrouve sur Jersey tout ce qu’on pouvait voir dans la France occupée par exemple mais… en pire. Jersey étant une île, une petite île, se cacher était très difficile. Fuir était presque impossible avec tous les soldats allemands qui surveillaient la côte. Les habitants n’avaient d’autre choix que de subir. Churchill m’a menti est ponctué par l’horreur, la mort, l’enfer et le résultat est aussi poignant qu’époustouflant.

J’ai particulièrement aimé ce livre car il nous fait découvrir l’occupation allemande du point de vue de plusieurs personnages. Si on s’attache immédiatement à certains comme Victoire Le Gallais ou le Capitaine Richardson, on est assez choqué par d’autres comme Emma Landry ou Pepe Jim. Mais en quatre ans d’occupation, tous ces personnages vont évoluer et on se surprend à ressentir de la sympathie pour le personnage qui semblait le plus détestable au début du roman…

Victoire Le Gallais est sûrement LE personnage principal du livre. Du moins, c’est son histoire qui m’a le plus marqué lors de ma lecture. Elle n’a que 14 ans en 1940. Ce n’est encore qu’une adolescente innocente qui vit avec sa mère et son frère. Dans les premières pages, Victoire nous apparaît comme une jeune fille plutôt joyeuse et un peu candide. Pourtant, dès les premiers jours de l’occupation, on se rend compte qu’elle est bien plus forte que ce que l’on pensait. Si sa mère craque, elle, elle tient bon. Elle a les nerfs solides. Elle ne compte pas se laisser faire, elle est prête à tout pour sauver ses amis juifs par exemple. Mais comme on peut s’en douter, résister à l’occupant n’est pas chose aisée et Victoire va subir d’innombrables épreuves pendant ces années infernales. Ce personnage m’a vraiment touchée pour la simple et bonne raison que c’est d’elle dont je me sens le plus proche. C’est le fait qu’elle soit jeune, qu’elle soit encore une « enfant » qui m’a permis de m’identifier plus facilement à elle. Et en lisant son histoire je m’imaginais à sa place, je me disais que si tout ça m’était arrivé je n’aurais pas eu le quart de sa force ni de son courage.

J’ai compris, mon monde se divise en deux dorénavant, ceux qui baisse la tête, prêts à tout pour « s’arranger », ceux aux yeux de qui la mort de mon frère ne compte pas, et les autres.

Je ne pourrais pas vous parler de tous les protagonistes en détail, ce serait beaucoup trop long. Pour faire court, j’ai eu eu de bonnes et de mauvaises surprises quant à l’évolution de certains personnages. Je ne vous dévoilerai bien sûr pas la fin, mais je peux vous assurer que vous allez être surpris par Emma Landry, cette femme très snob qui me fait penser à Jeannine Schwartz de la série Un Village Français, pour ceux qui connaissent! Je l’imaginais vraiment hautaine, méprisante et mes poils se dressaient quand elle disait des choses du genre « La vie est plus amusante [depuis que les allemands sont là] ». Diane et James Fitzgerald m’ont eux aussi fait penser à des personnages de cette série : Alban et Geneviève. Ils n’aiment pas les allemands mais ils sont bien obligés de les supporter car un membre de leur famille est un éminent collaborateur. Diane m’a particulièrement émue. Enfin, en ce qui concerne Pepe Jim j’ai été vraiment déçue, vraiment écœurée par son comportement… Il a clairement choisi la solution de facilité.

On ne peut pas ressortir indemne de cette lecture. Toutes ces horreurs ont vraiment existé et elles sont très bien décrites dans le livre. L’auteur ne cherche pas à rendre la lecture moins dure. Alors certes, il y a certaines scènes assez crues, mais c’était ça la guerre. Je pense que c’est le gros point fort de ce livre, Caroline Grimm n’atténue pas la dure réalité, elle nous l’expose franchement. Après la lecture de Churchill m’a menti, on est clairement révolté quand on se dit que les livres d’histoire oublient de mentionner l’occupation des îles anglo-normandes. Que dire alors du camp de juif sur l’île d’Aurigny ? J’ai été vraiment choquée quand j’ai appris via ce livre qu’un camp avait existé en Europe de l’Ouest, à seulement quelques kilomètres des côtes françaises. Je ne l’aurais sûrement jamais su si Caroline Grimm n’avait pas écrit ce livre. Elle l’a d’ailleurs pas écrit par hasard : son grand-oncle a été déporté là-bas. On ne peut qu’imaginer à quel point elle a du être bouleversée quand elle a appris ce qui lui était arrivé… c’est encore plus poignant. J’ai aussi beaucoup apprécié toutes les petites notes historiques glissées dans le roman, ça nous aide à bien comprendre tous les faits.

En ce qui concerne le style d’écriture de l’auteur, je l’ai trouvé très fluide, très agréable à lire. J’ai apprécié également l’effort qu’elle a fait pour Victoire. En effet la jeune fille a une façon de parler assez bourrue, ça fait un peu cliché « campagnard pauvre », certes, mais beaucoup parlaient comme ça à l’époque. Ça aurait été dommage de la faire parler comme une fille du XXIe siècle! Je trouve que ça nous aide à nous plonger dans le contexte.
En revanche il y a un tout petit quelque chose qui m’a dérangé. Ce n’est pas grand chose et c’est… « dans l’air du temps ». Je parle bien sûr des scènes un peu olé olé! Honnêtement, je trouve que ça n’apporte absolument rien et j’en ai assez de lire ce genre de scènes dans un grand nombre de livres. Mais bon, ce n’est qu’un petit détail.

Je n’ai pas peur pour moi. Je n’ai pas peur de mourir, au pire il n’y a rien, au mieux j’irai rejoindre mon frère et peut-être mon père. 

L’autre petit point négatif que j’ai trouvé dans ce livre, c’est la présence de Nathalie Goldman. Ce personnage symbolise, à mon avis, Caroline Grimm. C’est-à-dire que c’est une auteure qui écrit un livre sur l’occupation de Jersey. Elle se rend là-bas afin de rencontrer certaines personnes qui en ont été les victimes directes. Honnêtement, j’ai trouvé sa présence un peu inutile. Elle n’est la narratrice que dans peu de chapitres et si elle n’avait pas été là, je n’aurais pas vu la différence! Cela ne m’a pas gâché ma lecture mais j’ai eu l’impression que ça cassait un peu le rythme du roman.

En résumé, voici un livre que je vous conseille fortement, surtout si vous vous intéressez à l’histoire. Vous apprendrez beaucoup de choses. Mais vous allez aussi être bouleversés par toutes les histoires poignantes que vous lirez. Les petits points négatifs que j’ai trouvé ne m’ont pas empêchés d’avoir un petit coup de coeur pour ce livre. Merci encore au Livre de Poche de m’avoir permis de découvrir cette petite pépite.

Note : 18/20

Je n’ai pas le droit d’avoir peur, mon devoir est de protéger une famille. En une année j’ai pris cent ans d’âge. C’est la réalité de ma vie sur terre maintenant. 

Là où j’irai – Gayle Forman

Couverture Là où j'irai

Résumé :

« Adam se glisse dans la salle. Il a 21 ans, c’est une rock star adulée et l’ancien amoureux de Mia…
Trois ans plus tôt, Mia était partie sans un au revoir, sans une explication. Leurs retrouvailles est un choc : les souvenirs, bons et mauvais, resurgissent, les sentiments encore à vif les submergent, leur amour qu’il pensait indestructible quelques années plus tôt se heurte à la réalité de leur vie présente. De nouveau, Mia est confrontée à un choix : doit-elle revenir en arrière pour donner une chance à son premier amour ? Peut-on revivre la même passion si longtemps après, malgré les souffrances endurées ? Ils ont une soirée pour décider. Plus forte que les mots, la musique les emporte dans un tourbillon d’émotions. Mais est-ce suffisant pour les réunir de nouveau ? »

Mon avis :

Après ma lecture de Si je reste, dont je garde un bon souvenir, il était logique que je me lance cette suite. Il s’agit déjà de ma troisième lecture pour cette auteure et je dois dire que son style me plaît toujours autant. Elle a le don pour mettre une bonne dose d’émotion dans ses romans, pour mon plus grand bonheur!

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Souvenez vous, dans Si je reste, Mia Hall avait un gravissime accident de voiture avec sa famille. Ses parents et son petit frère de huit ans avaient succombés à leurs blessures. Elle était la seule survivante certes, mais elle était plongée dans le coma. Ses amis et ses grands-parents se relayaient à son chevet pour lui demander de rester, de faire le bon choix et de revenir parmi les vivants. Mia s’était finalement réveillée.
Là où j’irai se déroule trois ans après cet accident. Mais, contrairement au livre précédent, le narrateur est Adam. Ce jeune rockeur était à l’époque le petit ami de Mia. Seulement, on apprend au début du livre que peu de temps après son entrée à Julliard, à New York, Mia avait définitivement coupé les ponts, sans plus d’explications. Il n’y a pas que leur relation qui ait changé. En effet, Adam Wilde est maintenant une star internationale. Son groupe Shooting Star a connu un succès fulgurant et rempli maintenant les stades du monde entier. Mais il le vit mal. Oui, il est connu. Oui, il a fait de la musique son métier. Oui, il a une petite amie (une starlette d’Hollywood). Seulement, il n’en voit pas l’intérêt si Mia n’est pas à ses côtés. Depuis que nous l’avons quitté à la fin de Si je reste, Adam a bien changé. Il boit, prend des médicaments, ne considère plus les membres de son groupe comme ses amis et surtout, il est accablé de chagrin. Cependant, un soir à New-York, juste avant de partir pour sa tournée européenne, il se retrouve face à une affiche : Mia est en concert (on apprenait dans Si je reste qu’elle était une virtuose du violoncelle). Sans vraiment savoir pourquoi, Adam achète une place. Ce geste va définitivement bouleversé son avenir…

Chaque matin, en m’éveillant, je me dis : Ce n’est qu’une journée, vingt-quatre heures à passer. Je ne sais plus ni quand ni pourquoi j’ai pris l’habitude de cet encouragement quotidien. On dirait l’une des douze étape de ces groupes d’Anonymes, dont je ne fais pourtant pas partie. Encore qu’à lire les âneries qu’on écrit sur moi, on pourrait penser que je devrais. Je mène le genre de vie devant lequel beaucoup bavent d’envie. Et malgré tout, j’éprouve le besoin de me rappeler la durée d’une journée, pour me persuader que si j’ai réussi à passer celle de la veille, j’irai au bout de la prochaine.

Il est clair que j’ai préféré ce tome au précédent. Même si j’avais trouvé Si je reste très touchant, les flash-back insérés maladroitement dans l’histoire m’avaient dérangés. Ici, les retours en arrière sont beaucoup mieux intégrés dans l’histoire et j’ai trouvé qu’ils avaient un réel intérêt. Contrairement au livre précédent, ils ne coupaient pas brutalement les moments émouvants. Ici, l’émotion est présente du début à la fin et j’étais à deux doigts de lâcher une petite larme.

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Dans ce livre, l’histoire est raconté du point de vue d’Adam. Il est détruit. Psychologiquement, il complètement abattu par la perte de celle qu’il a toujours aimé. Il ne comprend même plus pourquoi il fait de la musique, il a perdu toute joie de vivre. Pour lui, chaque journée est une épreuve de 24h qu’il devient de plus en plus difficile de surmonter. D’ailleurs, il est souvent sujet aux crises d’angoisse. J’avoue que ce personnage m’a vraiment ému. On imagine à quel point il souffre et, tout comme lui, on s’interroge sur les motivations qui ont poussé Mia à le quitter d’une façon si brutale, si cruelle. D’ailleurs, si Adam m’a bouleversé, Mia m’a agacée d’une façon prodigieuse. Je suis tout à fait d’accord qu’elle a perdu sa famille, que le drame qu’elle a vécu est absolument traumatisant. Elle ne pouvait pas sortir indemne de cette expérience. Seulement, elle a été vraiment odieuse avec Adam. Elle essaie de justifier son comportement, elle essaie de trouver les mots. Mais, j’avoue que je suis loin d’être convaincue. Et d’ailleurs, elle change vraiment d’humeur en un claquement de doigt, c’est déroutant et je trouve que ça la décrédibilise. D’un côté, cela rend Adam encore plus touchant, car il se rend compte qu’il ne retrouvera jamais sa Mia d’avant. La personne qu’il a aimé, et qu’il aime toujours, est définitivement partie.

Quand je cesse de regarder le ciel, je les vois. Ses yeux à elle. Je les ai toujours vus partout – à chaque coin de rue, sous mes paupières closes tous les jours avant de me lever. […] Mais cette fois, ce sont vraiment les siens. Elle est en photo sur une affiche, vêtue de noir, un violoncelle posée contre ses épaules comme un enfant fatigué. […] Je regarde l’affiche de plus près. « Les Young Concert Series présentent Mia Hall ».

Concernant l’histoire en elle-même, je l’ai beaucoup aimée. Plus que des retrouvailles entre les deux ex-amoureux, il s’agit d’une véritable redécouverte de soi-même. Adam prend conscience de beaucoup de choses, il réfléchit à ce qu’il s’est passé pendant ces trois ans. Mia aussi, en avouant ses torts, en libérant sa parole, repense à toutes les erreurs qu’elle a commise dans le passé.
A l’image du reste du livre, la fin est très touchante, elle m’a beaucoup plu. En fait, je n’en attendais pas moins de la part d’Adam et surtout de la part de Gayle Forman. Encore une fois j’ai adoré son style d’écriture. Elle a réellement un don pour nous faire ressentir des émotions telle que la tristesse, la compassion ou même la colère. Malgré tout, ce livre reste léger dans le sens où il est adapté à tous les amateurs de lecture, qu’ils soient jeunes adolescents ou adultes. Je lirai sans hésiter un autre livre de cette auteure.

Je n’ai même pas le temps d’éprouver la moindre gêne. Mia est de nouveau ici, face à moi, comme lorsque nous partagions encore le même temps et le même espace, et que le fait de se rencontrer par hasard n’avait rien d’extraordinaire. Un instant, je songe à cette phrase d’Humphrey Bogart dans Casablanca : « Entre tous les bars de toutes les villes du monde, il a fallu qu’elle choisisse le mien. » Sauf que c’est moi qui suis entré dans son bar.

En bref, ce livre a été pour moi un petit coup de cœur. J’ai été très touchée par le personnage principal et par sa quête d’un amour perdu. J’ai aimé l’ambiance qui régnait dans ce livre. New-York plongé dans la nuit est peut-être un environnement familier et légèrement cliché des histoires d’amour, mais Gayle Forman arrive à nous le décrire sans tomber dans les stéréotypes. Si vous avez aimé Si je reste, je vous conseille vraiment de lire Là où j’irai, que j’ai trouvé encore meilleur!

Note : 18/20
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« Je n’en peux plus ! »
Je m’adresse non seulement aux vagues, mais aussi à Liz, à Fitzy, à Mike et à Aldous, aux gens du label, à Bryn, à Vanessa LeGrande, aux filles en sweat-shirt de l’université du Michigan, aux bobos du métro et à tous ceux qui veulent un morceau de moi alors que je suis déjà en pièces. Et surtout, je m’adresse à moi-même.
« Je n’en peux plus ! »
Je hurle plus fort que je ne l’ai jamais fait, si fort que je suis persuadé que mon souffle abat des arbres dans Manhattan. Et tandis que je bataille contre des vagues invisibles, des tourbillons imaginaires et des démons intérieurs, je sens ma poitrine s’ouvrir. C’est si intense que mon coeur semble prêt à exploser. Et je laisse faire. Je laisse sortir ce qui veut sortir.


De la même auteure :

Couverture Si je reste

Si je reste – Gayle Forman

Couverture Si je reste

Résumé :

« Mia a 17 ans, un petit ami que toutes ses copines lui envient, des parents un peu excentriques mais sympas, un petit frère craquant, et la musique occupe le reste de sa vie. Et puis… Et puis vient l’accident de voiture. Désormais seule au monde, Mia a sombré dans un profond coma. Où elle découvre deux choses stupéfiantes : d’abord, elle entend tout ce qu’on dit autour de son lit d’hôpital. Ensuite, elle a une journée seulement pour choisir entre vivre et mourir. C’est à elle de décider. Un choix terrible quand on a 17 ans. »

Mon avis :

Gayle Forman est une auteure dont j’ai adoré la plume dans son livre Les Coeurs fêlés. L’histoire, la façon de la raconter ainsi que les différents personnages ont fait de ce livre un vrai chef d’oeuvre. C’est pourquoi en lisant Si je reste je m’attendais à un très bon livre et je n’ai pas été déçue.

Lors des premières pages, nous découvrons rapidement Mia et sa famille. La jeune fille a 17 ans, son petit frère Teddy en a 8, ses parents qui sont dans la trentaine avancée sont d’anciens rockeurs. Au cours d’une journée enneigée, toute la famille décide d’aller rendre visite à des amis. C’est là que l’accident de voiture se produit. Mia observe alors la scène du drame et elle se voit allongée sur la route et toute ensanglantée. C’est un peu comme si son âme était sortie de son enveloppe charnelle et pouvait voir et entendre tout ce qui se passait aux alentours.

Dans ce livre, nous découvrons donc les différentes personnes qui se rendent au chevet de Mia au cours de son coma : ses grands-parents, Kim (sa meilleure amie) et Adam (son petit ami). Chacun lui dit de faire le bon choix, de rester en vie, de ne pas les abandonner. Mais son grand-père « l’autorise » à partir, si c’est son souhait. C’est d’ailleurs le passage le plus émouvant du livre.

Je tiens à te dire que si tu nous quittes, je le comprendrai. Si tu dois t’en aller, si tu préfères arrêter de te battre, tu peux, Mia. 

J’ai trouvé ce livre vraiment très émouvant. Voir défiler les uns après les autres les personnages suppliant Mia de continuer à se battre est très prenant. On ressent toute leur peine. Cependant, je n’ai versé aucunes larmes lors de ma lecture, tout simplement parce que les scènes se déroulant à l’hôpital sont entrecoupées par des souvenirs de Mia. Sur ce point je rejoins maddie’s bookcase. C’est un peu maladroit de la part de l’auteur d’avoir exposé les souvenirs de cette façon. Surtout qu’à certains moments, deux flash-back se succèdent et par conséquent on perd un le fil de ce qu’il se passait à l’hôpital.

Ce livre mêle drame et histoire d’amour. Car oui, la relation entre Mia et Adam est très présente et est illustrée dans plus de la moitié des flash-backs. Parfois j’ai même eu l’impression que cela prenait le pas sur le coma de Mia. Certes, si ce dernier n’avait pas eu lieu, on n’en saurait pas tant sur leur couple. Mais cela m’a quand même un peu dérangé.

J’ai beaucoup aimé les différents personnages. Ils sont tous très attachants. J’ai également apprécié toutes les références à la musique, que ce soit classique ou rock.

Je vous conseille ce livre, il se lit rapidement et est vraiment très beau.

En ce qui concerne l’adaptation cinématographique, j’aimerais bien la voir! Cependant, dans le le livre, Mia est brune très foncée et a les yeux marrons, ce qui n’est pas vraiment le cas de l’actrice Chloë Moretz. Mais je suis curieuse de savoir comment les réalisateurs se sont débrouillés pour « dédoubler » Mia.

Note : 16/20

Vous croyez que tout dépend des médecins, ou des infirmières, ou de cet équipement ? poursuit-elle en tendant la main vers le mur d’appareils médicaux. Eh bien, non. C’est elle qui mène le jeu. Alors, parlez-lui. Dites-lui qu’elle peut prendre tout le temps qu’elle veut, mais qu’elle revienne. Vous l’attendez.


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Couverture Là où j'irai