All Time Readings

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux." – Jules Renard

Catégorie: Contemporaine

City on Fire – Garth Risk Hallberg

Résumé :

« 31 décembre 1976. New York se prépare pour le réveillon. Chez les Hamilton-Sweeney, Felicia accueille financiers et mondains tandis qu’à l’autre bout de la ville, dans le Lower East Side, Charlie, venu de Long Island, attend Sam pour assister à un concert punk. Mais Sam a un autre rendez-vous auquel elle tient plus que tout. Elle retrouvera Charlie dans quelques heures à la station de métro de la 72e Rue. À quelques encablures de là, dans Hell’s Kitchen, Mercer Goodman tourne et retourne un délicat carton d’invitation. Et s’il se rendait à la réception des Hamilton-Sweeney pour retrouver Regan, cette sœur que William, en rupture avec sa famille, lui a toujours cachée ? Pourquoi ne pas saisir l’occasion d’en apprendre plus sur William, son amant, l’ancien leader du groupe punk Ex Post Facto ?
Bientôt, des coups de feu retentissent dans Central Park. Une ombre s’écroule dans la neige…
Qu’est-ce qui peut bien unir ces êtres – qui n’auraient jamais dû être amenés à se rencontrer – à un meurtre commis au cœur de Central Park ? Au sein de ce roman choral, leurs histoires s’entremêlent et nous entraînent dans les recoins les plus infimes de la ville. »

Mon avis :

Je remercie Le Livre de poche pour l’envoi de ce livre. Lorsque j’ai vu City on Fire dans la sélection de l’été, je n’ai pas pu résister. Ce roman a fait un tel buzz lors de sa sortie française que je ne pouvais pas résister à l’envie de le découvrir. Ce pavé de 1200 pages est, certes, salué par de nombreux critiques mais fait également l’objet de chroniques plus modérées de la part de plusieurs blogueurs littéraires. Par conséquent, je ne savais plus trop si j’allais faire face à un chef d’oeuvre ou si j’allais moi aussi être déçue par le roman… Il ne me restait plus qu’une chose à faire : le lire !

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Ah, le réveillon du nouvel an, ce jour où l’on se dit qu’on peut tout recommencer à zéro. On prend un tas de bonnes résolutions et on imagine que notre vie va changer du tout au tout. Mais en ce 31 décembre 1976, si l’existence de plusieurs personnes va être bouleversée, ce ne sera pas à causes de promesses en l’air qu’ils se font à eux-mêmes. Non, ce sera à cause d’un crime commis au coeur de Central Park. Sam, Mercer, Charlie, William, Regan et Keith seront à jamais liés, plus ou moins directement, par ces coups de feu. Pourtant à première vue, une gamine rebelle n’a rien à voir avec la fille d’une des familles les plus riches de New York. Un professeur n’a rien à voir avec l’ancien leader d’un groupe punk. Dans ce New York des années 70, le temps tisse une toile qui finit par unir les gens à travers tout un tas de rebondissements et de mises à l’épreuve. Une chose est sûre, personne ne sortira de cette décennie indemne.

Quand on est jeune et que le destin en explosant, creuse des cratères dans votre vie, on a les ressources nécessaires pour la reconstruire. Au-delà d’un certain âge, on dissimule simplement les dégâts en les oubliant derrière un mur.

Écrire la chronique de City On Fire se révèle plus compliquée que ce que j’avais imaginé. Ce roman est unique. Il ne rentre dans aucune case, dans aucune catégorie. La plume de l’auteur est vraiment particulière, je dirais même, incomparable. Quant à l’histoire, elle est forgée à base de flashbacks, de bonds dans le temps et d’interludes. Honnêtement, ce livre est sans égal et il est difficile de critiquer ou de noter sans pouvoir prendre un autre roman pour référence. D’ailleurs, il n’y aura pas de note à la fin de cette chronique car pour moi, ce livre est une véritable expérience personnelle en soi. C’est difficile à expliquer mais je pense que chacun vivra cette lecture différemment tant elle est unique.

Le fait qu’elle soit unique ne veut pas dire qu’elle plaira à tout le monde. D’ailleurs, moi, je n’ai pas accroché. Je n’ai pas non plus été totalement déçue mais je m’attendais à autre chose. C’est le style de l’auteur qui m’a principalement dérangé. Ce n’est pas le genre d’écriture que j’apprécie. Par exemple, Garth Risk Hallberg peut faire tout un paragraphe sur la neige qui tombe sur New York. Beaucoup de gens trouvent ça beau et poétique, mais personnellement je trouve que c’est une perte de temps. Évidemment, dans un roman de plus de 1000 pages, il est inévitable d’avoir quelques longueurs. Le problème c’est que pour moi, tout ce qui n’était pas du dialogue était barbant. En fait, j’avais l’impression que l’auteur cherchait à mettre des métaphores partout. Même la chose la plus infime était comparée à un élément poétique ou à n’importe quel autre objet. C’est sympa à petite dose et quand les métaphores me font rire ou me font imaginer des choses loufoques. Mais quand il s’agit simplement de faire des comparaisons pour faire des comparaisons… là, je n’adhère pas. À mon goût, il y’avait trop de narration et pas assez d’action. Parfois les personnages divaguaient et nous parlaient de choses qui n’apportaient franchement pas grand-chose à l’intrigue.

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Parlons-en d’ailleurs, de ces personnages. À première vue, ils sont tous très intéressants et ont tous connu des difficultés qui leur donnent un petit côté attachants. Malheureusement, j’ai trouvé une certaine monotonie dans leurs histoires, dans leurs façons de se comporter et de parler. En effet, si chaque chapitre se concentre sur un personnage, il est difficile de savoir de qui on parle avant que le prénom ne soit évoqué. Ils sont tous un peu rebelles et désespérés et c’est dommage car la différence entre eux n’est pas très marquée. Bien sûr, cela peut faire partie de « l’effet de style ». Tout le monde se noie de la même façon dans ce New York des années 70. Il n’empêche que pour m’attacher à des personnages, j’aime bien qu’ils soient uniques en leur genre et non pas qu’ils soient des pions coulés dans le même moule.

On peut construire une vie sur ça : deux personnes qui connaissent les failles l’une de l’autre et choisissent néanmoins de rester assis ensemble, en chaussettes, sous la lampe, à lire des magazines en essayant de ne pas penser trop loin au-delà de la journée qui s’achève ou de celle qui vient.

Dans l’ensemble, mon avis sur le livre est donc assez négatif puisque ma lecture a été fastidieuse. Je mettais plus d’une heure à lire quarante pages et honnêtement je pensais que je n’arriverais jamais à avancer. Mais comme je l’ai dit plus haut, ce roman est unique. Et si on se plonge complètement dans le roman et dans son ambiance on se retrouve hors du temps. Un matin où je lisais, au calme, sans aucune distraction, j’ai sincèrement été absorbée dans ce livre. Nous étions en plein mois d’août, il faisait chaud mais j’avais l’impression d’être au Nouvel An. Je lisais à ce moment-là le passage sur le premier janvier et bizarrement (non, vraiment, c’était bizarre !) je ressentais toute cette euphorie, cette sensation particulière que l’on ressent un premier janvier quand on se dit qu’une nouvelle année vient de commencer. En refermant le livre ce jour-là, j’ai mis quelques minutes à réintégrer la vraie vie et sur le coup… j’étais complètement sidérée. Être plongée dans un livre, oui, ça m’est déjà arrivé, mais confondre la fiction et la réalité, c’était une première. Donc même si ce roman m’a déçue dans son ensemble, quelques points positifs qui ont égayé ma lecture.

En résumé, Garth Risk Hallberg nous montre dans ce premier roman tout l’étendu de ses talents. Grâce à son intrigue, ses personnages ou ses interludes, l’auteur nous prouve qu’il a énormément d’imagination, qu’il sait écrire les passages narratifs et les dialogues et que les longueurs ne lui font pas peur. Malheureusement, son style d’écriture très poétique et purement littéraire n’est pas le genre auquel j’accroche. Comme d’habitude avec ce genre de plumes, je sais que d’autres personnes sauront apprécier ce livre à sa juste valeur. Je retiendrais tout de même le fait que ce livre est unique. Cette lecture n’a ressemblé à aucune autre et rien que pour ça, je me dis que ça valait le coup de découvrir ce roman !

L’échec est tellement plus intéressant. Tout porte à croire que Dieu considère l’humanité comme un échec. Les choses deviennent intéressantes juste au moment où elles s’effondrent.

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Idaho – Andria Williams

Couverture Idaho

Résumé :

« Etats-Unis, 1959. Lorsque Paul est muté à Idaho Falls, sa femme, Natalie, et leurs deux petites filles s’installent avec lui dans une base militaire au milieu du désert. Au cœur de cette communauté isolée, il est difficile de se lier d’amitié et dangereux de se faire des ennemis. Dans un climat étouffant de secrets et de trahison, leur mariage résistera-t-il aux tensions qui montent inexorablement ?
Des personnages inoubliables, un cadre hors du commun, une langue précise et lyrique… Le portrait, subtil et poignant, d’un mariage comparé à juste titre à La Fenêtre panoramique de Richard Yates, adapté à l’écran sous le titre Les noces rebelles. »

Mon avis :

Je remercie Le Livre de Poche pour l’envoi de ce livre ! Lorsque j’ai vu ce roman dans la sélection du mois, j’ai tout de suite craqué sur le résumé et la couverture. En effet, ce livre réunit deux des choses qui me passionnent tout particulièrement : les États-Unis des années 50-60 et l’armée américaine.

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En juin 1959, Paul Collier est contraint de déménager à Idaho Falls avec sa femme et ses deux filles. La ville n’est pas à proprement parler une base militaire mais la majorité de ses habitants à un rapport avec l’armée, et pour cause ! Des réacteurs nucléaires ont été implantés à quatre-vingt kilomètres de là et sont contrôlés par des ingénieurs et des soldats pour la maintenance. Paul et sa femme Nat vont donc devoir trouver leur place dans ce monde barbare où les hommes sont prêts à tout pour obtenir une promotion et où les femmes n’ont d’autres occupations que de raconter des ragots sur leur voisins. Si Paul arrive plus ou moins à s’intégrer grâce à deux collègues sympathiques, Nat a du mal à se comporter en épouse et en mère modèle. Faire une promenade avec ses filles habillées à la va vite et mal peignées ne la dérange pas le moins du monde. Les Collier arrivent à trouver un certain équilibre pendant ces premiers mois à Idaho Falls. Mais voilà que Paul va faire une grave erreur et va devoir s’éloigner de sa femme et de ses filles pendant quelques temps. Cette harmonie familiale fragile pourrait bien voler en éclat et entraîner un tas de conséquences inattendues…

Je me sens comme un bibelot dans une vitrine, vous comprenez ? Comme si je restais là, sans bouger, en attendant que quelque chose m’arrive. Comme si je n’avais pas pris l’air depuis des années.

Ce livre n’a pas été un coup de coeur mais je l’ai tout de même apprécié. L’histoire est intéressante dans son ensemble puisqu’elle réunit pas mal de thèmes. Il y a tout d’abord la vie d’une famille des années 50 que l’on découvre avec Nat et Paul mais également avec Jeannie Richards et son mari. À cette époque, l’homme partait travailler tandis que la femme restait à la maison pour s’occuper du ménage et des enfants. Il était donc assez intéressant de voir comment les femmes s’adaptaient à ce mode de vie qui leur était plus ou moins imposé et de comprendre leur besoin d’émancipation grandissant. Ce livre se déroule dans une petite ville et on sait tous ce que cela veut dire. Cela ajoute un petit plus à l’histoire puisque tous les personnages se connaissent et sont, en quelque sorte, obligés de se fréquenter. Bon, ça n’a rien de très original mais personnellement, j’aime bien ce genre d’histoires où l’action est bien délimitée dans l’espace. Je trouve que cela nous aide à nous représenter la ville, les rues commerçantes, la façon dont les maisons sont disposées et on se retrouve plongé dans l’univers des protagonistes. Le nucléaire, sujet très épineux à l’époque, prend également une place très importante dans ce livre. C’était très intéressant mais surtout très angoissant car on se demandait à chaque instant si Idaho Falls n’allait pas être soufflée par une catastrophe nucléaire. En revanche, le côté militaire a brillé par son absence. A part le fait qu’il y ait une hiérarchie entre les soldats et que certains hommes soient envoyés en mission loin de leur famille, on ne retrouvait pas forcément le thème de l’armée. Dommage !

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En ce qui concerne les personnages, ils ont tous été intéressants à mes yeux. Certains se sont montrés réellement détestables, comme le couple Richards par exemple. Mais leur histoire est intéressante et on a toujours envie d’en savoir plus sur eux. D’ailleurs, j’étais ravie de voir que quelques chapitres se concentraient sur Jeannie et son mari plutôt que sur Nat et Paul. J’avais peur de rentrer dans une certaine monotonie si on alternait indéfiniment les chapitres se concentrant sur elle et ceux se focalisant sur lui. Les petites parenthèses amenées par les Richards étaient donc très appréciables. En revanche, on ne peut pas dire que je me sois attachée aux protagonistes. Certes, leurs vies et leurs parcours m’ont intéressée, mais je ne les ai pas appréciés plus que cela. Il faut avouer que Nat est assez particulière dans sa façon de se comporter. Elle est également un peu lunatique et j’ai souvent eu du mal à la cerner. Quant à Paul, il a beau aimer sa famille, il a du mal à comprendre les besoins de sa femme et de ses filles. Il m’a été difficile de le comprendre, lui aussi ! Quant au couple Richards, ils apportent un peu de piquant dans cette ville qui en manque tant !

Que Jeannie plaisante au sujet de son âge, c’était une chose, mais c’en était une autre de voir qu’Estelle semblait croire sérieusement que Jeannie avait un million d’années.

En général, la plume de l’auteur m’a bien plue. Les dialogues sonnaient bien, les passages descriptifs étaient agréables à lire et nous permettaient facilement de nous représenter visuellement la scène et les émotions des protagonistes sont bien mises en avant. En revanche, le rythme de ce livre m’a déçu. A certains moments, il se passe tout un tas d’évènements en à peine quelques pages et à d’autres moments, rien de particulier ne se produit pendant tout un chapitre. Parfois, j’étais à fond dans l’histoire, j’attendais la suite avec impatience et bim, je me retrouvais face à un long passage narratif qui n’avait pas grand intérêt pour l’histoire en elle-même. Cela cassait un petit peu mon rythme de lecture et explique pourquoi j’ai mis un peu de temps à lire ce roman.

En résumé, j’ai apprécié ce livre qui a su attiser ma curiosité sur certains évènements comme l’explosion du réacteur CR-1 qui a vraiment eu lieu en 1961. En revanche, les personnages difficiles à cerner et les passages narratifs légèrement trop longs m’ont fait passer à côté du coup de coeur.

Note : 16/20
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Chaque fois qu’ils quittaient un endroit, il regardait droit devant lui, mais Nat serait toujours celle qui regarderait en arrière.

Un été invincible – Alice Adams

Couverture Un été invincible

Résumé :

« Benedict, Eva, Sylvie et Lucien sont inséparables depuis leurs années de fac à Bristol. Leur diplôme en poche, ils vont, pour la première fois, se disperser. Eva part à Londres où l’attend un poste dans la finance ; Benedict reste à Bristol pour suivre son doctorat. Quant à Sylvie et Lucien, fidèles à leurs rêves, ils entament une vie plus bohème, faite d’art et d’aventure. À l’approche de la trentaine, leurs liens autrefois si forts se distendent. Le temps qui passe les éloigne les uns des autres, leurs routes divergent. Pourtant, leurs chemins vont à nouveau se croiser et faire revivre le souvenir de l’« été invincible » qui les a liés à jamais. »

Mon avis :

Je remercie Babelio et les éditions Albin Michel pour l’envoi de ce livre !

La première année de fac vient de s’achever pour quatre jeunes anglais. Avant de rentrer chez eux pour les vacances d’été, ils passent une dernière après-midi ensemble, se disent au revoir et se promettent de se retrouver à la rentrée. Eva, Sylvie, Benedict et Lucien s’imaginent qu’ils viennent de sceller leur amitié une bonne fois pour toute et que rien ne pourra les séparer. Mais une fois leurs études terminées, chacun prend des directions différentes. Tandis qu’Eva devient une business woman à la City, Benedict ne peut se résoudre à commencer  à travailler et commence alors un doctorat. Les deux frangins, Sylvie et Lucien, mènent quant à eux une existence plutôt bohème. La vie éloigne peu à peu ces quatre amis. Les soirées arrosées cèdent la place à un e-mail de temps en temps pour demander des nouvelles. Les disputes remplacent la complicité d’autrefois. Chacun a des centres d’intérêts différent. Certains se concentrent sur leur carrière professionnelle, d’autres sur leurs obligations familiales. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la vie n’épargne aucun de ces inséparables d’autrefois. Eva, Sylvie, Benedict et Lucien vont devoir surmonter de terribles obstacles qui mettront leurs liens d’amitié à l’épreuve mais qui pourraient bien finir par les rapprocher pour de bon…

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Ce livre débute par une question posée par Eva. Dès la lecture de cette phrase, je savais que j’allais aimer ce livre et je n’ai clairement pas été déçue. J’ai adoré découvrir les aventures de ces quatre amis. Lorsqu’on lit les premiers chapitres, on n’imagine pas un seul instant tous les obstacles qui vont se dresser sur le chemin de Sylvie, Eva, Lucien et Benedict. On se dit que leur amitié connaîtra, certes, des hauts et des bas mais qu’en règle générale, ils sont tellement proches que rien ne pourra les séparer. Dès les premières lignes, on ressent ce lien très fort entre les quatre personnages et on se sentirait presque jaloux de ne pas faire partie de la bande. Mais au final, le lecteur est vraiment plongé au cœur de l’intimité de ces jeunes anglais et on se dit qu’on fait partie de leur cercle, nous sommes le cinquième membre, celui qui observe et qui n’agit pas. L’auteure arrive à nous plonger totalement dans l’ambiance de son livre. Lors des vacances à Corfou, on sentirait presque le soleil sur notre visage. Lorsque Eva marche dans les rues de Londres, on visualise clairement la grisaille et on est à la limite de sentir les gaz d’échappements. C’est prodigieux ! Encore mieux, on arrive à ressentir les mêmes émotions que les personnages. Lorsqu’ils jubilent, nous jubilons. Lorsqu’ils pleurent, notre gorge se serre. C’est exactement comme si ces personnages étaient nos amis intimes et que nous partagions tout avec eux. Bref, la plume d’Alice Adams s’est révélée aussi habile qu’addictive. J’ai hâte de lire d’autres de ses œuvres !

Le mail qu’il avait reçu d’Eva ce matin-là – événement de plus en plus rare – n’avait fait que souligner ce décalage. Le tableau qu’elle brossait de sa vie était, comme toujours, trépidant : gros contrats, grosses fiestas. Elle parlait de Sylvie mais pas de Lucien, poussant Benedict à se demander si elle le voyait encore. Le mail lui avait semblé envoyé par une étrangère. Il ne contenait aucun des clins d’œil qu’ils avaient coutume d’insérer dans leurs messages pour montrer que rien n’avait changé.

En ce qui concerne les quatre personnages principaux, je me suis attachée à chacun d’eux. Eva est une jeune femme ambitieuse et déterminée. Elle sait ce qu’elle veut et elle va faire tout ce qui est en pouvoir pour arriver à ses fins, quitte à mettre un peu de côté sa vie personnelle. Eva est sûrement la protagoniste que j’ai le plus appréciée car je me suis sentie proche d’elle. C’est toujours mieux quand on arrive à s’identifier au personnage d’un roman car on s’attache immédiatement à lui/elle. Bien sûr, si j’ai adoré Eva, j’ai également apprécié Sylvie qui n’a pas choisi le mode de vie le plus simple mais qui se nourrit principalement de ses rêves et de ses passions. Bien qu’elle ait des difficultés financières, elle ne baisse pas les bras et espère qu’un jour elle vivra de son art. Tout le monde n’a pas le cran de faire ça ! D’ailleurs, Sylvie démontrera par la suite toute l’étendue de son courage. Dans les derniers chapitres, on ne peut être qu’admiratifs face à cette femme. En revanche, on n’a plus de mal à glorifier les prouesses de Lucien ! Certes, ce personnage est attachant car il fait partie de la bande. Mais il est plutôt désespérant ! On aimerait qu’il s’en sorte et qu’il fasse quelque chose de bien dans sa vie. Il joue les gros durs, mais on se rend finalement compte que sous sa carapace, il peut se montrer désorienté voire complètement paniqué quand la vie lui met des bâtons dans les roues. C’est ce qui fait son petit charme. Enfin, Benedict est sûrement la personne la plus raisonnable de la bande. Il veut avancer dans la vie. Il ne se laisse pas abattre par les événements et finit toujours par retomber sur ses pattes. J’ai beaucoup aimé ce personnage.

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L’histoire en elle-même est simple. Oui, voilà. Il n’y a pas d’autres mots. Elle est simple. C’est l’histoire d’une vie, il n’y a rien d’extraordinaire. Pas de magie, pas de surnaturel, pas de péripéties tirées par les cheveux, pas de retournements de situation qui n’arrivent que dans livres. Tout semble tellement vrai qu’on ne peut lire ce livre qu’avec grand intérêt. On se dit : et si c’était moi ? Tous les rebondissements sont extrêmement crédibles et pourraient arriver à n’importe qui. C’est sûrement pour cela que le livre est si passionnant ! De plus, le fait que l’on suive les protagonistes de la fac jusqu’à leur quarante ans rend cette lecture plus pertinente, plus concrète. Le temps passe et on ne peut pas y échapper. Je dirais même que c’est la morale de ce livre. Faites les bons choix, suivez votre cœur car la vie ne vous offrira pas de seconde chance. En fait, Un été invincible nous apprend à ne pas avoir de regrets. Vivons donc notre vie à fond !

C’est définitivement la fin d’une époque, pas vrai ? A moins que cette époque ait déjà prit fin sans qu’on s’en soit rendu compte. Tu vas me manquer, Benedict. D’une façon bizarre, je crois que tu me manques déjà même si tu es juste là à côté de moi. 

Si je devais formuler un petit point négatif, je dirais que quelques passages m’ont déroutée. Eva étant dans le monde de la finance, certains paragraphes se concentrent sur l’univers de la Bourse et des traders. Par conséquent, on peut se trouver face à des phrases un peu compliquées qui peuvent casser le rythme de notre lecture et qui ne nous apportent pas grand chose pour l’histoire en elle-même. Si l’on s’y connaît, il n’y a aucun problème. Mais si pour nous la Bourse est un univers totalement abstrait, ces petits passages se révèlent frustrants. On ne comprend pas ce qu’on lit. Même remarque pour les travaux de Benedict ! L’accélérateur de particules, j’en ai entendu parler dans la série Flash, mais je ne suis pas sûre que ce soit la meilleure des références scientifiques hahaha ! Je ne peux pas dire que ces points négatifs m’aient gâché la lecture. Je voulais juste les mentionner pour justifier le fait que je n’ai pas mis 20/20.

Enfin, pour finir sur une bonne note, j’ai trouvé la couverture très jolie. Elle est comme l’histoire : simple. Elle est simple et sobre et pourtant elle est irrésistiblement attractive ! Si j’avais vu ce livre dans une librairie, je me serais sans aucun doute approcher pour lire le résumé.

En bref, j’avais compris dès les premières lignes que j’allais aimer ce livre mais je ne pensais pas l’adorer autant ! Je me suis attachée aux quatre protagonistes et j’ai apprécié suivre leurs aventures au fil de la vie. J’ai aussi aimé le fait que ce livre est très concret. Tous les événements sont crédibles et ils sont en plus ancrés dans notre réalité historique (l’attentat du 11 septembre est mentionné, tout comme la crise économique de 2007). Je suis ravie d’avoir découvert la plume d’Alice Adams et j’ai hâte de lire d’autres de ses œuvres.

Note : 18/20
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A la fac, la situation était différente ; ils se voyaient tous presque quotidiennement, si bien qu’il y avait toujours quelqu’un pour remarquer si vous aviez des ennuis, et comme ils menaient le même genre de vie leurs désaccords ne semblaient pas tirer à conséquence. Cette période avait été la plus heureuse de son existence, elle s’en rendait compte à présent : un foyer stable, un réseau d’amis, un avenir plein d’espérances et de promesses.

American Requiem – Jean-Christophe Buchot

Couverture American Requiem

Résumé :

« Depuis l’autre côté, la voix de JFK nous parvient par éclats, esquilles, fragments de souvenirs se réunissant telles les pièces d’un puzzle onirique et pourtant parfaitement documenté. Il a fallu sept ans à Jean-Christope Buchot pour écrire ce roman noir qui tient tout autant de la poésie que de l’essai. « Coincé à l’arrière de ma Lincoln Continental, je rêve d’un avion qui m’emporterait au-delà de la vérité », nous confie le président assassiné…
Et si les faits, seuls, ne suffisaient pas à faire émerger la vérité, s’il fallait les soumettre à l’épreuve de la littérature pour qu’éclate enfin toute la lumière ? »

Mon avis :

Je remercie Babelio et les éditions La Renverse pour l’envoi de ce livre. Cette année, nous fêtons le centenaire de la naissance du président Kennedy. Quelle bonne surprise de trouver un livre le concernant lors de la masse critique ! Je trouvais le résumé assez curieux. Se mettre dans la peau de JFK qui nous parlerait depuis l’au-delà… c’est vraiment original ! Seulement, je me suis vite rendu compte que ce livre allait mettre mes nerfs à rude épreuve.

Chronique supprimée.

Je ne pensais pas en arriver là. Depuis deux jours je me demande ce que je vais faire de cet article qui m’attire plus d’emmerdes qu’autre chose. Pour mettre les choses au clair : cette chronique était lourde de critiques pour la simple et bonne raison que je n’ai pas aimé le livre. Ce n’est pas la première fois, ni la dernière, que je lis un livre qui ne me plait pas. Sur ce point, nous sommes tous d’accord. Il est possible que ma chronique ait été la première critique négative que ce livre ait jamais reçu. Certaines personnes pensent que je m’en réjouis, certaines personnes pensent que j’ai crée ce blog uniquement pour cracher sur les auteurs et leurs bouquins. Certains disent également que je n’avais pas le droit d’écrire une chronique comme celle-ci. De par mon expérience, mon parcours et mes diplômes, je ne suis pas légitime d’écrire ce genre de choses. Puisque je ne suis pas assez qualifiée, je préfère supprimer tout ce que j’ai dit. Croyez-moi, je ne voulais pas le faire. J’assume entièrement mes propos. Je n’ai pas aimé ce livre, auquel j’avais attribué la note de 06/20. Mais on me reproche maintenant d’avoir des propos diffamatoires, chose que j’ai du mal à comprendre. On a le droit de m’insulter, mais je n’ai pas le droit de me défendre. Toute liberté a donc disparu de la surface de cette Terre à ce que je constate. On m’accuse aussi de publier des chroniques sans en prévenir les auteurs. Je ne savais pas que ça faisait partie de la règle du jeu des blogs littéraires. Cela fait plus deux ans que j’ai ce blog et jusqu’à maintenant, on ne me l’avait jamais reproché. Enfin bref, je crois que chaque « camp » reste campé sur ses positions et que ce débat sera sans fin. De mon côté, j’ai décidé de ne plus répondre aux mails, commentaires et autres critiques que je pouvais recevoir sur ce livre car la discussion semble être à sens unique. Je suis la fautive, je suis méchante. J’ai compris le message.

Vous pouvez lire ma réponse à un autre commentaire, dans lequel je dis à peu près tout ce que je pense. Et pour finir je rappelle également que personne n’est cité dans mon paragraphe précédent. Donc si vous avez l’impression que les propos sont diffamatoires envers vous… voilà. 🙂

Oh et pour ceux qui tiennent absolument à lire ma critique de ce livre, allez faire un tour sur Babelio ou Focus Littérature.

Rock – Anyta Sunday

Résumé :

« Igneous. When Cooper’s parents divorce, he finds himself landed in Week About—one week with his mum and one week with his dad.
Only, it’s not just his dad he has to live with. There’s Lila, too: The other woman, the one who stole the rock-solid foundation of his life.
And then… There’s Jace. Lila’s son. Lila’s smug, regurgitated-fish-scale-blue eyed son. All Cooper wants is to have his family back the way it once was, but there’s something about this boy that promises things will never be the same again.
Sedimentary. Resisting the realities of his new life, Cooper and Jace get off to a rocky start. But rocky start or not, after hundreds of shared memories together, they forge something new. A close… friendship. Because friendship is all they can have. Although it’s not like they are real brothers. Technically, they’re not even stepbrothers…
Metamorphic. But how does that friendship evolve under the pressures of life? Under pressures of the heart? »

Mon avis :

Ma chronique de Rock est un peu spéciale pour moi. En effet, j’ai eu la chance grâce aux éditions MxM Bookmark de traduire ce livre. C’était ma première expérience en tant que traductrice et c’est vraiment un rêve qui se réalise ! Je n’aurais pas pu imaginer meilleur livre pour ma grande première. J’ai eu un coup de cœur pour l’histoire et les personnages auxquels je me suis beaucoup attachés. Je remercie donc très chaleureusement cette maison d’éditions et, bien sûr, je vous tiendrais au courant pour la publication du livre !

La vie de Cooper bascule le jour où ses parents divorcent. Lui et sa sœur, Annie, vont devoir aller vivre une semaine sur deux chez leur père et sa nouvelle compagne, Lila. Il se trouve que cette dernière a un fils de leur âge, Jace. Les choses ne se passent pas très bien entre les trois enfants. Cooper et Annie ont du mal à comprendre ce que leur père trouve chez cette femme et ils n’arrivent pas à digérer le fait que Jace l’appelle Papa. Si la jeune fille va s’enfermer dans sa chambre, Cooper, lui, se réfugie dans sa passion pour les pierres. A chaque nouvelle journée, une nouvelle pierre. Il serre les minéraux dans sa main et y déverse toutes ses émotions de la journée, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. La famille recomposée peine à trouver ses marques. Pourtant, les deux garçons, les deux « demi-frères » semblent développer un lien spécial. Ils passent rapidement de l’indifférence à l’amitié. Il deviendront des amis très proches. Trop proches peut-être et leurs sentiments vont se révéler beaucoup plus puissants qu’ils ne le pensaient.

He balls up his fist and presses it into my open palm. « I’ll be your rock ».

J’ai littéralement adoré ce livre. Dès les premières pages, même les premières lignes, je me suis attachée à Cooper. Le divorce de ses parents le dépasse. Il ne sait pas comment réagir. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il déteste Lila et son idiot de fils. Il se renferme sur lui-même et souffre beaucoup de la situation. Le lecteur est vraiment amené à ressentir de la compassion pour ce pré-ado. Puis, on apprend à le découvrir au fil des années. Et la vie ne l’épargnera pas. J’avais beau adoré ce livre, j’avais peur de tourner les pages car je redoutais ce qui allait encore lui tomber sur le coin du nez ! Même quand on pense que tout est réglé… Cooper en prend encore plein la tête. On s’attache à ce personnage car on veut qu’il s’en sorte. On veut qu’il soit heureux. Quant à Jace, il a beau m’avoir exaspéré pendant une grande partie du livre, je l’ai beaucoup aimé également. La vie ne sera pas tendre avec lui non plus et il va vivre une épreuve dont personne ne peut sortir indemne. On comprend pourquoi il ne pouvait pas se consacrer entièrement à sa relation avec Cooper et, tout comme pour son demi-frère, on espère qu’il arrivera un jour à être heureux. Les autres personnages comme Annie, Lila, les parents de Cooper, Ernie et Bert sont tous sympathiques. On prend plaisir à découvrir chacun d’eux et surtout, il y a une véritable ambiance conviviale quand les protagonistes partagent des moments entre amis ou en famille. On a l’impression de faire partie de ce cercle restreint, on se sent comme un spectateur aux premières loges ce qui nous implique davantage dans l’histoire.

I know we were forced into each other’s lives, but, I mean, I would have chosen you if I’d had the chance.

Ce livre est une romance, il n’y a aucun doute là-dessus. Cependant, j’ai apprécié le fait que tout ne tournait pas autour d’une histoire d’amour. Il y a la vie à côté. On suit Cooper lorsqu’il se rend au lycée, on apprend comment se reconstruit sa mère après le divorce, on suit les aventures d’Annie et Jace à l’université, on partage des moments familiaux douloureux… Bref, il y a vraiment toute une palette d’événements qui nous permet de sortir un peu de cette relation ambiguë entre les deux frères. L’avantage, c’est qu’on ne s’ennuie jamais. Il y a toujours un retournement de situation et celui-ci peut concerner n’importe qui. On ne peut pas prévoir à l’avance comment cela va se terminer. On a beau essayer de se convaincre que Cooper et Jace vont finir ensemble, on perd parfois tout espoir. C’est vraiment agréable quand une fin n’est pas prévisible car jusqu’à la dernière ligne, on est captivé par l’histoire.

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Cela est également dû à la plume de l’auteure. J’ai beaucoup aimé ce style d’écriture très moderne et adapté à tous les lecteurs (enfin, sauf pour quelques petites scènes…). Le style est fluide, le vocabulaire est simple. Mais une des choses qui m’a fait avoir un coup de coeur, c’est le fait que ce livre soit vraiment construit autour des pierres. Etant donné que Cooper en est passionné et qu’il est le narrateur de cet histoire, on en apprend énormément sur les minéraux. Chaque titre de chapitre est d’ailleurs le nom d’une roche. Cela m’a permis de découvrir beaucoup de choses et je crois bien que Cooper m’a transmis sa passion ! J’ai découvert par exemple les rhodochrosites, les malachite ou les larmes d’Apache qui sont toutes des pierres magnifiques. Lorsqu’on lit ce livre, on découvre également la Nouvelle-Zélande. C’est là-bas que se déroule l’histoire et Cooper part souvent en vadrouille. Maintenant, j’ai bien envie de découvrir les Moreaki Boulders et les Pancakes Rocks ! Sans parler des grottes qui abritent les vers luisants… Enfin, une des autres choses que j’ai apprécié, ce sont les quelques jeux de mots glissés dans le livre. Quelques petites blagues Toc Toc Toc qui m’ont fait rire puis qui m’ont bien exaspérée quand je me suis rendu compte que j’allais devoir les traduire tout en conservant leur petit côté humoristique.

En résumé, ce livre a été un coup de cœur grâce à ses personnages attachants et à son intrigue pleine de rebondissements. Les sentiments exprimés dans ce roman sont purs et sincères. Si vous êtes sensibles comme moi ou comme Manon, une amie qui est également la relectrice de ma traduction, vous allez rire, pleurer, être choqué, détester Jace puis finalement l’aimer, adore Cooper, … Bref, vous allez passer par des états complètement différents qui vont rythmer votre lecture ! Je vous conseille ce livre. Cette romance vous fera passer un très bon moment !

Note : 19/20
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He touches the opal, rubing his thumb over it.
« My favorite rock, » I say.
« I know. »
[…] « Not the opal. You. »