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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux." – Jules Renard

Catégorie: Conte

Thumbelina – Ciou

Couverture Thumbelina

Résumé :

« Quand l’artiste-peintre et illustratrice française Ciou s’immerge dans l’univers du conte féerique du XIXe siècle « Poucette », de Hans Christian Andersen, cela donne un livre bilingue illustré inattendu!
L’interprétation que Ciou livre dans ce surprenant Thumbelina, ressuscite l’onirisme et la cruauté du monde d’Andersen dans un feu d’artifice de couleurs hypnotiques : entrer dans l’univers de Ciou, c’est accepter le bouleversement émotionnel, les non-dits qui dérangent, l’ordre qui émerge du chaos, et un esthétisme hors norme. »

Mon avis :

Quand j’étais petite, je gardais toujours un gros livre de contes d’Andersen à côté de mon lit. J’adorais regarder les illustrations dont il était orné et, quand j’en ai eu l’âge, j’aimais lire un de ses contes avant de m’endormir (mon préféré restant La princesse au petit pois). Alors quand ma sœur m’a prêté le livre Thumbelina, j’étais ravi de redécouvrir un conte d’Andersen illustré d’une manière si moderne. Je n’ai vraiment pas été déçue de ma lecture.

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En ce qui concerne le conte en lui-même, il n’y a pas grand chose à dire, c’est du Andersen comme je l’aime. Il s’agit en fait de l’histoire de Poucette (Thumbelina en anglais) qui est une petite fille, pas plus grande qu’un pouce, née dans une fleur. Un jour, un crapaud vint l’enlever à sa mère adoptive car il voulait la marier à son fils. S’en suit alors une succession d’aventures pour la petite Poucette qui va rencontrer tour à tour une hirondelle, une souris, une taupe, mais également des gens comme elle… On ne peut que s’attacher à cette minuscule héroïne qui est arrachée à sa mère par un crapaud laid, ennuyeux et sans scrupules. Elle traverse de dures épreuves, doit parfois supporter la faim, la soif et doit en plus se soustraire à plusieurs mariages forcés. Le fait qu’elle ne soit pas plus haute qu’un pouce, que les animaux parlent et habitent dans de petites maisons aménagées amène un petit côté féerique et magique qui ne peut que nous ramener en enfance, quand on croyait que tout cela existait vraiment. Bref, c’est un très beau conte qui, je le pense, peut ravir les petits comme les grands.

« Quelle jolie fleur ! » dit la femme en déposant un baiser sur ces feuilles rouges et jaunes ; et au même instant la fleur s’ouvrit avec un grand bruit. On voyait maintenant que c’était une vraie tulipe ; mais dans l’intérieur, sur le fond vert, était assise une toute petite fille, fine et charmante, haute d’un pouce tout au plus. Aussi on l’appela la petite Poucette.

Tout l’intérêt de ce livre réside dans l’opposition entre le conte classique et les illustrations modernes de Ciou. L’auteur réinterprète totalement l’histoire d’Andersen au travers de ses illustrations. Car si le texte reste inchangé, les œuvres de Ciou redonne un souffle nouveau à ce classique. En effet, on a pour habitude de se représenter les héroïnes de conte comme de jolies petites princesses, de petites poupées aux cheveux soyeux, aux vêtements impeccables et au teint éclatant (vous en avez d’ailleurs un aperçu avec les images, tirées du dessin animé Thumbelina, qui accompagnent cet article). Ciou, elle, nous offre sa vision de Poucette, dont vous pouvez avoir un aperçu sur la couverture. Je ne saurais pas décrire exactement le style de cette illustratrice, je ne m’y connais pas du tout en art. Mais je dois dire que ses dessins m’ont vraiment beaucoup plu. Je les trouve très minutieux, tous les petits détails sont soignés. Je ne peux qu’imaginer la quantité de travail que cela représente… c’est vraiment très impressionnant! Les grands yeux des personnages pourraient faire penser un petit côté « manga japonais », le mélange de couleurs et l’utilisation de nombreuses formes géométriques rappellent le style contemporain mais… j’avoue que je ne suis pas trop sensible à cela. En revanche, je suis très sensible à l’ambiance qui se dégage de ces illustrations. C’est tout un monde qui se crée sous nos yeux et, je me trompe peut-être (quoique chacun a sa définition de l’art, pas vrai ?) mais j’ai retrouvé un petit côté « Tim Burton » et un petit esprit à la Mathias Malzieu qui m’ont totalement fait craquer. C’est le genre d’univers dans lequel j’aime me plonger. C’est joyeux et festif tout en gardant une petite part d’ombre, un petit côté lugubre, et c’est surtout très particulier et farfelu. Quand je dis farfelu, ça ne signifie absolument pas que les destins sont brouillons, au contraire, ils sont impressionnant par leur précision et leur netteté. Si je devais choisir mon dessin préféré dans ce livre, je dirais que c’est le coeur humain, à la page 46. Mais en même temps, j’ai aussi beaucoup aimé les nombreux oiseaux qui décorent les pages. Les flocons de neige de la page 29 sont également sublimes. En fait, tous les dessins sont d’une qualité exceptionnelle et sont vraiment très jolis. Ils apportent un vrai plus au livre. Tout comme il nous arrive de tomber amoureux du style d’un auteur, je crois bien que je suis tombée amoureuse du pinceau de cette artiste! (Et c’est maintenant que j’envie ma sœur d’avoir eu une si jolie dédicace lors du dernier salon du livre.)
Les illustrations ne sont pas les seuls éléments que font de ce livre une vrai merveille artistique. En effet, j’ai adoré la police de caractères utilisée ainsi que la mise en page. Tout fonctionne en harmonie, que ce soit les couleurs, les formes ou l’insertion du texte. Cette oeuvre est un formidable livre-objet et un vrai régal pour les yeux.

Si la chronique s’arrêtait ici, vous imaginez bien que la note serait 20/20. Seulement, il a fallu qu’un élément vienne gâcher mon impression de perfection lors de cette lecture : le texte anglais. Faire un livre bilingue c’est bien, faire un livre bilingue où les traductions anglaise et française correspondent, c’est encore mieux. Malheureusement ici, j’ai eu l’impression que dans la version française pas mal d’éléments passaient à la trappe. Rien que sur la première page, on apprend dans le texte anglais qu’une femme s’était arrêté sur son chemin pour demander à manger à une vieille paysanne et cette dernière lui avait donné une graine (cette graine devenant la fleur qui va donner naissance à Poucette). Dans le texte français cette même femme ne demande pas à boire ou à manger mais déclare à la paysanne vouloir un enfant et c’est pourquoi l’autre lui donne cette graine magique. Hm ??? Je ne sais pas qui du traducteur français ou anglais a raison, mais je trouve ça dommage car l’avantage que devait représenter le bilinguisme de ce livre se transforme en un gros défaut… Malheureusement cela se répercutera forcément sur ma note finale. Les éditions Scutella ont peut-être été trop ambitieuses sur ce projet en voulant ajouter l’anglais ?

Lorsque les deux autres eurent tourné le dos à l’oiseau, elle se pencha vers lui, et, écartant les plumes qui couvraient sa tête, elle déposa un baiser sur ses yeux fermés.

Mais en résumé, on peut dire que ce livre est un gros coup de coeur. Non seulement j’ai aimé le conte d’Andersen, mais j’ai aussi adoré la réinterprétation qu’en a fait l’illustratrice Ciou. On se retrouve dans un univers bien loin du conte de fée classique et cela nous fait découvrir et apprécier cette histoire sous un autre angle. Je lirais sans hésitation un autre livre illustré par Ciou car j’ai réellement adoré le monde dans lequel elle m’a fait entrer. J’ai hâte de découvrir d’autres de ses dessins!

Note : 18/20Afficher l'image d'origine

Nous fuirons loin de ta vilaine taupe et de sa demeure obscure, bien loin au-delà des montagnes, où le soleil brille encore plus qu’ici, où l’été et les fleurs sont éternels.

Un cœur simple – Gustave Flaubert

Un coeur simple

Résumé :

« L’histoire d’ Un Cœur simple est tout bonnement le récit d’une vie obscure, celle d’une pauvre fille de campagne, dévote mais mystique, dévouée sans exaltation et tendre comme du pain frais. Elle aime successivement un homme, les enfants de sa maîtresse, un neveu, un vieillard qu’elle soigne, puis son perroquet ; quand le perroquet est mort, elle le fait empailler et, en mourant à son tour, elle confond le perroquet avec le Saint-Esprit. Cela n’est nullement ironique comme vous le supposez, mais au contraire très sérieux et très triste. » Gustave Flaubert.

Mon avis :

Cette année, en cours de littérature française, nous avons beaucoup parlé de la place des esclaves et des servants dans les pièces de théâtre ou les romans. Pour les partiels, notre professeur nous avait conseillé de lire Un cœur simple de Flaubert. C’est donc avec une grande curiosité que je me suis lancée dans ce tout petit livre, car il s’agissait de ma première lecture pour cet auteur.

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Dans l’édition du Livre de poche que j’ai acheté, il y a une petite présentation au début, écrite par Marie-France Azéma. Elle est intéressante car elle nous permet de nous placer dans le contexte et de faire la connaissance de Félicité, la protagoniste de ce conte. Cependant, après avoir lu ces quelques pages, on connaît l’histoire dans son intégralité. C’est dommage car on n’a pas vraiment envie de se lancer dans une histoire quand on vient d’en lire un résumé détaillé… Mais la présentation n’est pas le gros point négatif de ce livre (plutôt de cette édition en fait). En effet, bien que ce livre fasse 95 pages, je ne peux pas dire qu’officiellement j’ai lu 95 pages. On va dire que j’en ai lu la moitié. Pourquoi ? Car une page est, en gros divisé en deux : le conte rédigé par Flaubert / les notes de Marie-France Azéma. Il y en a trop! Beaucoup, beaucoup trop! Au début je les lisais, car je me disais, bon c’est pour la fac, on peut en avoir besoin pour les partiels, donc je me motive et je les lis. Mais j’ai très vite arrêté. Tout d’abord, j’ai trouvé ça ennuyant (certaines notes ne servent littéralement à rien) mais surtout je perdais le fil de ma lecture! Je devais à chaque fois relire la phrase qui contient la note, voire même recommencer le paragraphe. Bref, cette lecture pourtant si courte n’en finissait pas! Et puis, il faut bien le dire, elle a pris les lecteurs pour des idiots finis. Par exemple, à un moment Flaubert dit que « Tous les lundis » des vendeurs exposent leurs marchandises. La petite note spécifie : « C’est le marché hebdomadaire. » Hm. On l’aurait pas deviné tiens. C’est d’autant plus dommage que certaines notes sont utiles, principalement quand le mot employé ne fait plus partie du vocabulaire actuel. Mais on est franchement découragé en voyant la tonne de texte et on ne prend même plus la peine de chercher ce qui nous intéresse.

Mais parlons plutôt du conte en lui-même. Gustave Flaubert nous raconte ici l’histoire d’une servante, Félicité, qui passa la majeure partie de sa vie au service de Mme Aubain. Elle voua à sa maîtresse une fidélité sans faille depuis que Mme Aubin, jeune veuve avec deux enfants, a perdu son mari. Bien évidemment, Félicité n’est qu’une servante, par conséquent, sa vie n’est pas des plus heureuses. Elle n’a pas de famille, hormis un neveu qui vient rarement la voir, pas d’amant, le seul qu’elle ait jamais eu l’ayant abandonnée, et ses seuls loisirs consistent à aller à l’église ou à s’occuper des enfants. Pourtant, elle ne s’en plaint pas. Elle est très reconnaissante envers sa maîtresse et offre tout son amour à Paul et Virginie (les deux enfants de Mme Aubain) ainsi qu’à son neveu Victor qu’elle chérit plus que tout. Son quotidien semble donc banal et réglé comme du papier à musique… jusqu’à que plusieurs drames viennent bouleverser sa vie…

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Un des souhait de Flaubert était d’écrire « un livre qui n’aurait presque pas de sujet, ou du moins dont le sujet serait presque invisible ». Je crois qu’avec Un Cœur simple, il a visé juste. En effet, même s’il y a un personnage principal, Félicité, il n’y a pas de sujet. C’est juste une sorte de biographie de la servante. Mais l’auteur ne se focalise pas sur un épisode de sa vie, ce qui est assez déroutant en fait. Ce que je vais dire peut sembler irrespectueux envers cet auteur encensé par tous les professeurs et autre adorateurs des œuvres classiques, mais pourquoi écrire ce conte ? J’essaie de trouver le but, le message que Flaubert veut nous faire passer mais je ne trouve pas. Certes, l’auteur a sûrement écrit cette oeuvre, juste parce qu’il en avait envie, et c’est déjà une raison bien suffisante! Cependant je n’ai pas trouvé d’intérêt à cette lecture.

Son visage était maigre et sa voix aiguë. A vingt-cinq ans, on lui en donnait quarante. Dès la cinquantaine, elle ne marque plus aucun âge; et toujours silencieuse, la taille droite et les gestes mesurés, semblait une femme en bois, fonctionnant d’une manière automatique.

Attention, je ne dis pas que ce livre est d’un ennui mortel. Non, il est même plutôt agréable à lire puisque la plume de l’auteur reste assez fluide et ne s’attarde pas sur des descriptions inutiles. On tourne les pages machinalement, on suit le cours de la vie de Félicité puisque, après tout, on veut savoir ce qu’elle devient. En revanche, je ne dirais pas que je me suis attachée à elle. Tout va un peu trop vite, on n’a pas le temps d’en apprendre assez pour s’attacher à certains personnages ou pour en détester d’autres. En fait, même si Marie-France Azéma et d’autres, s’attardent sur le moindre petit détail ou analysent la moindre petite virgule, cette lecture est simple et plutôt légère. Comme je l’ai dit plus haut, on tourne mécaniquement les pages, on n’a pas besoin d’une réflexion très poussée pour comprendre ce livre. Bien sûr, j’imagine qu’on pourrait faire tout un tas de commentaires composés et autres dissertations pour comprendre tout ce que Flaubert a voulu nous transmettre au travers de ce conte. Cependant pour moi, toutes ces études de texte ne font que dénaturer le texte même. Chacun a une approche différente et aucune n’est meilleure que les autres, selon moi. Enfin bref! J’ai préféré lire Un coeur simple comme une courte histoire qui se lit facilement et sans prise de tête plutôt que de voir ce conte comme un grand classique écrit par un maître de la littérature française.

Les jours de soleil, elle se tourmentait de la soif ; quand il faisait de l’orage, craignait pour lui la foudre. En écoutant le vent qui grondait dans la cheminée et emportait les ardoises, elle le voyait battu par cette même tempête, au sommet d’un mât fracassé, tout le corps en arrière, sous une nappe d’écume ; ou bien, – souvenirs de la géographie en estampes, – il était mangé par des sauvages, pris dans un bois par des singes, se mourait le long d’une plage déserte. Et jamais elle ne parlait de ses inquiétudes.

En résumé, même si ce petit livre n’a pas été un coup de cœur, j’ai apprécié ma lecture. Je suis contente de l’avoir choisi pour commencer ma découverte des œuvres de Flaubert. J’ai souvent entendu que son écriture était trop lourde et désagréable à lire or ici, c’est plutôt léger. Bien sûr, le thème abordé reste tragique, mais c’est tellement court qu’on a à peine le temps de s’apitoyer sur le sort de la pauvre Félicité. Je pense lire les deux autres contes qui accompagnent Un Cœur simple dans le recueil Trois Contes pour voir si le style d’écriture reste tout aussi abordable. Ensuite, si je trouve le courage, je me lancerais dans Madame Bovary!

Note : 14/20
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Elle retenait sa douleur, jusqu’au soir fut très brave ; mais, dans sa chambre, elle s’y abandonna,  à plat ventre sur son matelas, le visage dans l’oreiller, et les deux poings contre les tempes.

La Belle et la Bête – Madame de Villeneuve

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Résumé :

« Le monstre se fit entendre. Un bruit effroyable, causé par le poids énorme de son corps, par le cliquetis terrible de ses écailles et par des hurlements affreux, annonça son arrivée. en voyant approcher la Bête, qu’elle ne put envisager sans frémir en elle-même, la Belle avança d’un pas ferme, et d’un air modeste salua fort respectueusement la Bête. Cette démarche plut au monstre et, se retournant vers la Belle, il lui dit : Bonsoir, la Belle. »

Mon avis :

Tout comme pour Peter Pan, j’étais heureuse et pressée de découvrir le conte de la Belle et la Bête que je connais si bien dans la version Disney. J’ai donc lu l’oeuvre de Madame de Villeneuve, qui est la première version moderne du conte. Malheureusement, je n’ai pas tout du tout accroché. J’ai eu beaucoup de mal à le finir (j’ai mis deux semaines à lire 130 pages…). L’histoire est intéressante, mais c’est l’écriture qui m’a dérangé.

Evidemment, je ne me permettrais pas de dire que ce livre est mauvais, car s’il est resté aussi connu de nos jours, c’est qu’il y a une raison. Mais je n’ai pas du tout accroché au style de l’auteur, qui est assez pompeux si je peux dire. Je comprends que cela date du 18e siècle et que les conventions d’écriture n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Mais tout de même… Cela m’a dérangé, car il y a certaines longueurs qui nous font perdre le fil de notre lecture et c’est dommage.

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Donc, au début, nous découvrons un homme, un marchand, père de onze enfants, qui perd la totalité de son argent par un malheureux concours de circonstances. Un jour, ce marchand, pensant qu’il va pouvoir récupérer une partie de son argent, part en voyage et laisse ses enfants. Il leur demande quel cadeau leur ferait plaisir après cette longue période de privation. Toutes ses filles lui demandent des tas de bijoux et de vêtements, sauf une, que tout le monde appelle la Belle. Cette dernière lui demande simplement une rose. Mais cet homme ne va finalement récupérer aucunes de ses richesses. Sur le chemin du retour, il tombe sur un palais qu’il n’avait jamais vu. Il décide de s’y aventurer pour se reposer. Quand il se réveille, il visite le jardin de château et y découvre des roses, il décide d’en cueillir quelques unes pour ses filles. Mais c’est là qu’apparaît la Bête, qui va lui poser un cruel dilemme…

Au milieu de sa plus haute splendeur, si son mérite la fit distinguer, sa beauté lui fit donner par excellence le nom de la Belle. Connue sous ce nom seul, en fallait-il davantage pour augmenter et la jalousie et la haine de ses soeurs ?

Le personnage du marchand est peut-être le seul auquel j’ai accroché, je l’ai trouvé très attendrissant. Il aime ses enfants, c’est une certitude. Il ferait tout pour eux, et dès que quelque chose leur arrive, il se sent coupable.
Quant à la Belle, je ne saurais pas trop dire pour quoi, mais je l’ai trouvé agaçante. Dans sa façon d’être, sa façon de penser, de parler. Au début du livre, on croirait voir la fille parfaite, jolie et vertueuse, mais finalement pas tant que ça. Elle préfère même tomber amoureuse d’un homme qu’elle voit dans ses songes, plutôt que laisser une chance à la Bête. Et à la fin elle en fait quand même des tonnes pour pas grand chose…
J’ai plutôt apprécié le personnage de la Bête. Enfin du moins, j’ai été très contente d’apprendre que dans le conte, elle ne ressemble pas du tout à la Bête du dessin animé. Je ne vous en dit pas plus, mais vous avez déjà un indice dans le résumé. Par contre, j’ai été déçu que le prince apparaisse si peu. Car, oui, on sait que finalement c’est un bel homme, mais cela ne veut pas dire qu’il est vertueux et gentil. C’est dommage.

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Ce que j’ai trouvé encore plus dommage, c’est que l’histoire de la Bête est totalement zappé. Mais vraiment, il y a juste un petit résumé. Alors que les trente dernières pages du livres sont consacrées à une histoire qui pour moi n’a pas vraiment d’intérêt. Cette partie m’a ennuyée et je me demandais si j’allais réellement finir le livre ou abandonner.
Et puis au final, l’introduction et la conclusion prennent beaucoup trop de place. Pour moi, la Belle et la Bête ne sont pas si présents que ça dans le livre. Enfin, bien sûr, l’histoire tourne autour d’eux. Mais il y a beaucoup d’élargissements qui nous éloigne du sujet principal c’est à dire la relation entre la Belle et la Bête.

Ce monstre, qui ne l’est que par la figure, a l’humeur si humaine qu’il ne doit pas être puni d’une difformité à laquelle il ne contribue point.

Pour le style de l’écriture, comme je vous l’ai dit en début de chronique, c’était un peu compliqué. Les tournures de phrase et vocabulaire soutenu m’ont gêné pendant ma lecture, je n’arrivais pas à me plonger dans le livre. Il fallait que je sois vraiment concentrée pour comprendre ce que je lisais…

Bref, c’est intéressant de découvrir la première version moderne de ce conte, je ne regrette pas de l’avoir fait. Mais cette lecture ne restera pas gravée dans ma mémoire…

Note : 11/20
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Une vie si délicieuse devait combler ses vœux. Mais on se lasse de tout, le plus grand bonheur devient fade quand il est continuel, qu’il roule toujours sur la même chose, et qu’on se trouve exempt de crainte et d’espérance.

Peter Pan – James M. Barrie

Couverture Peter Pan

Résumé :

« Peter Pan est un petit garçon bien étrange. Il est vêtu de feuilles, ne connaît pas son âge, et ignore ce qu’est un baiser. Wendy est intriguée par ce petit bonhomme qui lui rend visite la nuit, accompagné d’une lumière tintinnabulante nommée Clochette. D’où vient-il donc ? 
« Je me suis enfui le jour de ma naissance », répond Peter Pan. « Je ne veux pas devenir un adulte, alors depuis, je vis au pays des fées. Sais-tu d’où viennent les fées ? Lorsque le premier de tous les bébés se mit à rire pour la première fois, son rire se brisa en milliers de morceaux, et chaque morceau devint une fée. » 
Wendy et ses deux frères, John et Michael, n’hésiteront pas bien longtemps à suivre Peter Pan et Clochette sur l’Île merveilleuse, au pays de l’Imaginaire… »

Mon avis :

En commençant ce blog et en flânant sur Livraddict, je me suis rendue compte qu’en réalité, je ne connaissais que peu de conte originels. Pour les adaptations Disney, je suis à jour, mais pour la lecture des contes, là je suis à la ramasse! Et, étant donné que j’aime beaucoup le dessin animé (et aussi que j’ai un petit faible pour l’acteur qui joue Peter dans la série Once Upon A Time…) je me suis dit que ce serait une bonne idée de me lancer dans la lecture de Peter Pan. Et sincèrement, j’ai adoré!

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Le livre débute donc dans la maison des Darling. On fait la connaissance des parents et de leurs trois enfants : Wendy, John et le petit Michael. Toutes les nuits, comme beaucoup d’enfants, ils rêvent du pays de l’Imaginaire, chacun se l’imagine à sa manière. Certains y voient des pirates, d’autres des fées, d’autres des indiens… Mais tous connaissent Peter Pan. Leurs parents trouvent ça très amusant qu’ils parlent de Peter comme s’il était réel. Mais peu à peu, Mme Darling commence à s’inquiéter. Et si ce Peter et ce pays de l’Imaginaire était réel ? Ses enfants partiraient-ils un jour, sans prévenir ?

Aussi, à peine la porte du n°27 se fut-elle refermée sur M. et Mme Darling qu’un frémissement secoua tout le firmament, tandis que la plus petite étoile de la Voie lactée s’écriait :
– Tu peux y aller, Peter !

Un soir, alors que les parents s’apprêtent à sortir chez des amis, Nana la nourrice des enfants, qui n’est autre qu’un chien, ne cesse d’aboyer. Mr Darling, pensant qu’elle est juste capricieuse la chaîne à sa niche. Mais Nana était lucide du danger qu’encourait les enfants… Et en effet, une fois les parents sortis, un petit être du nom de Peter Pan rentre dans la chambre des enfants. Comme ceux-ci se réveillent, ils le voient et sont bien sûr émerveillés. Il leur apprend à voler, d’abord dans leur chambre, puis en dehors de la maison, pour les emmener au pays de l’Imaginaire. C’est là qu’ils vont vivre un tas d’aventures, rencontrer des pirates dont le fameux Capitaine Crochet, des Peaux-Rouges, le célèbre crocodile qui fait tic-tac, mais aussi les Enfants Perdus.

Comme je vous le disais dans mon introduction, j’ai adoré ce conte! J’ai vraiment aimé me retrouvé au Pays de l’Imaginaire avec Peter et tous les autres. Et d’ailleurs, j’ai été heureuse de voir que Peter Pan était un peu plus malicieux que dans le dessin animé de Disney. Il ressemble plus à celui de Once Upon A Time dans le sens où il fait tout pour arriver à ses fins. Certes, il est très orgueilleux, mais ce n’est pas dérangeant dans le livre, car l’auteur coupe justement les passages où il se vante de ses exploits.

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J’ai eu un peu plus de mal avec Wendy. Au début du conte, elle restait une petite fille gentille et appréciable, quoiqu’un peu niaise. Mais ensuite, malgré son jeune âge, elle se prenait un peu trop pour ce qu’elle n’était pas, c’est à dire une maman. Certes, c’est ce que les enfants perdus voulaient. Mais elle y croit trop. Elle est trop autoritaire et se croit un peu tout permis. Elle est légèrement agaçante… Et surtout, elle ne comprend pas que Peter recherchait une maman aussi et non pas une jeune fille de laquelle il tomberait amoureux.
Mais il y a quelque chose que j’ai adoré, c’est les conflits perpétuels entre Wendy et Clochette! Cette fée, bien que petite, sait se défendre, et n’abandonne jamais.

– Peter, demanda-t-elle en s’efforçant de parler avec assurance, quels sont exactement tes sentiments pour moi ?
– Ceux d’un fils dévoué Wendy.

– C’est bien ce que je pensais.
Et Wendy alla s’asseoir toute seule à l’autre extrémité de la chambre.

J’ai adoré le Capitaine Crochet. Il se dit si courageux et est pourtant si lâche! C’est un personnage assez épique et qui m’a bien fait rire, surtout dans les passages où l’on entend le tic-tac du crocodile arriver.
J’ai été étonné de voir aussi que le Mr Mouche que l’on connaît dans le dessin animé, garde son nom anglais dans le livre (il s’appelle Smee).

J’ai beaucoup aimé la plume de James M. Barrie. Sa façon de raconter une histoire est loin d’être monotone, elle est ponctuée de petites questions qu’il se pose ou qu’il pose au lecteur et cela rythme vraiment l’ensemble du livre. J’aime aussi sa façon de décrire les personnages, la plupart du temps avec une pointe d’ironie.

Bref, j’ai été très heureuse de faire ce petit voyage au Pays de l’Imaginaire avec les trois enfants Darling. Je ne me suis ennuyée à aucun moment du livre et j’ai surtout adoré la « bataille finale ». Si vous n’avez pas lu ce classique, je vous le conseille, il est rapide et facile à lire.

Note : 18/20
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Wendy se sentait débordante d’admiration pour Peter ; mais elle savait que lui-même devait crever d’orgueil ; il allait très probablement pousser son cocorico triomphal et se trahir lui-même. 

Métamorphose en bord de ciel – Mathias Malzieu

Couverture Métamorphose en bord de ciel

Résumé :

« Tom Cloudman a toujours rêvé de voler, il en est devenu le plus mauvais cascadeur du monde. Ses performances de voltige se terminent invariablement au sol. Au moment où on décèle chez lui une maladie incurable, Tom rencontre une étrange créature, mi-femme, mi-oiseau, qui lui propose ce pacte : Je peux vous transformer en oiseau, ce qui vous sauverait, mais cela ne sera pas sans conséquence… »

Mon avis :

Après avoir lu La Mecanique du cœur de Mathias Malzieu, qui avait été un gros coup de cœur pour moi, j’avais hâte de découvrir d’autres œuvres de cet auteur ! Eh bien c’est chose faite avec Métamorphose en bord de ciel et je n’ai pas été déçue le moins du monde. J’ai aimé retrouvé la plume de M. Malzieu qui est toujours aussi addictive.

Les oiseaux ça s’enterre en plein ciel. Même le plus élégant des nuages est truffé de leurs petits cadavres raidis.
On raconte que une goutte de pluie sur 1080 serait une larme d’oiseau mort et que un flocon de neige sur 16 474 serait un fantôme d’oiseau décroché du placenta céleste.

Ce livre nous raconte l’histoire de Tom Cloudman, le plus mauvais cascadeur du monde. Il est d’ailleurs conscient de son absence de talent et en fait malgré tout un business florissant, se produisant de village en village, se blessant un peu plus chaque jour mais cherchant toujours une nouvelle poussée d’adrénaline. Cependant, une « blessure » va mettre un terme à sa carrière, un nodule cancéreux sur la colonne vertébrale, qu’il surnomme la Betterave ou le Légumoïde. Il se retrouve donc à l’hôpital, cloîtré dans ce bâtiment si terne, si morne, bien loin du tempérament de Tom. Refusant de se laisser mourir, comme un apprenti fantôme, il décide de repartir en vadrouille, même si ce n’est qu’au sein de l’hôpital, cela lui permet de se sentir à nouveau vivant. Restant dans son obsession sur les oiseaux et dans son rêve, qui est de pouvoir voler, il décide de se fabriquer des ailes avec les plumes des coussins. Un jour, il reçoit un paquet contenant des plumes rouges, qui vont finir par le mener à une étrange rencontre, celle d’une « femmoiselle ».

Au menu, piqûres et petit déjeuner : émincé de pain sec à s’en péter les dents servi avec son coulis de pilules amères.

J’ai adoré le personnage de Tom. Il est attachant et nous donne envie de nous échapper de notre train-train quotidien. J’ai également bien aimé le personnage de la Doctoresse et de Pauline. Quant à Victor, il est vraiment très touchant et même si son rôle n’est pas primordial, je trouve ça bien qu’il apparaisse si souvent au cours du livre.

Comme pour la Mécanique du cœur, j’ai beaucoup aimé le style d’écriture de M. Malzieu. Le vocabulaire qu’il utilise est très bien choisi, sa façon de décrire les lieux où les sentiments des personnages est tout simplement magnifique. Je ne sais pas vraiment comment décrire cela, mais quand on lit un de ses livres on se sent tout bonnement aspiré par le livre et on n’a plus envie d’en décoller les yeux!

J’ai apprécié la fin, même si je ne m’attendais pas à ça! J’avoue que je n’avais pas compris toute les subtilités qu’impliquaient la transformation de Tom. Mais c’est une très belle fin, très émouvante.
Autre point que j’ai aimé, c’est le fait que vers la fin du livre, la narration alterne entre Tom et la Doctoresse. Le fait de connaître le point de vue, ou le ressenti, de celle-ci sur la métamorphose de Tom est très intéressant et c’est ce qui rend la fin si touchante.

Je trouve également la première de couverture très jolie! L’alliance du gris/noir/rouge reste sobre mais reflète bien l’univers du livre.

Si je devais faire une critique, je dirais que l’univers médical prend un peu trop le pas sur la transformation, ce qui fait qu’à certains moments on tombe plus dans le Pathos que dans l’univers fantastique du livre. Certes, sans sa maladie sa métamorphose n’aurait pas eu lieu, mais cette dernière est censée être le thème principal.

Bref, c’est un petit livre qui se lit rapidement, qui est une pure merveille et qui m’encourage à lire d’autres œuvres de cet auteur! Même si c’est un coup de cœur, je dois dire que la Mécanique du cœur reste mon préféré de M. Malzieu.

Note : 18/20

Il faut que je m’évade tant qu’il en est encore temps. L’immobilité m’a toujours fait paniquer. Je ne sais qu’avancer, tomber et me relever. Si on m’oblige à ralentir, je vais étouffer. J’ai besoin de ma dose de ciel, je ne peux pas respirer correctement si je n’inhale pas ne serait-ce qu’un peu de vent frais.


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Couverture La Mécanique du Coeur