All Time Readings

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux." – Jules Renard

Catégorie: Classique

My Ántonia – Willa Cather

Couverture Mon Antonia

Résumé :

« My Ántonia (1918) depicts the pioneering period of European settlement on the tall-grass prairie of the American midwest, with its beautiful yet terrifying landscape, rich etchnic mix of immigrants and native-born Americans, and communities who share life’s joys and sorrows. Jim Burden recounts his memories of Ántonia Shimerda, whose family settle in Nebraska from Bohemia. Together they share childhoods spent in a new world. Jim leaves the prairie fo college and a career in the east, while Ántonia devotes herself to her large family and productive farm. Her story is that of the land itself, a moving portrait of endurance and strength. »

Mon avis :

Comme certains d’entre vous le savent, je suis actuellement en LCE Anglais et j’ai donc des cours de littérature. Ce semestre-ci, mon cours sur les auteures américaines sera largement consacré à Willa Cather. En plus de ses short stories, nous avons du lire My Ántonia. A première vue, la couverture et le résumé ne m’attiraient pas vraiment. Mais si la lecture des trente premières pages s’est révélée fastidieuse, j’ai été prise d’un réel intérêt pour le reste du livre et j’ai même versé ma petite larme.

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Devenu orphelin à seulement dix ans, Jim Burden se voit dans l’obligation de partir habiter chez ses grands-parents. Dans le train, il apprend qu’une famille tchèque, les Shimerda, vient également s’installer dans la région. Jim est immédiatement intrigué par une de leur filles, Ántonia. Les deux enfants vont rapidement développer une forte relation de confiance et d’amitié. Cependant, alors que le jeune garçon vit dans un environnement plutôt confortable, sans trop s’inquiéter de quoi demain sera fait, la vie d’immigrés fraîchement arrivés se révèle bien plus compliquée. Cette situation devient pesante pour la famille d’Ántonia. Bien trop pesante. Et un événement tragique va venir bouleverser la paisible campagne du Nebraska, obligeant Ántonia à mettre de côté la naïveté de son enfance pour se consacrer au travail fermier et à la subsistance de sa famille. Jim, quant à lui, part vivre en ville. Mais si le dicton dit « Loin des yeux, loin du coeur », les deux enfants eux, ne s’oublient pas, et ne s’oublieront même jamais…

I don’t think I was homesick. If we never arrived anywhere, it did not matter. Between that earth and that sky I felt erased, blotted out. I did not say my prayers that night : here, I felt, what would be would be.

Voilà une lecture riche en surprises! En général, je l’ai trouvé vraiment très agréable. J’ai passé un bon moment de lecture. Pourtant ce n’était pas gagné. En effet, comme je devais lire cette oeuvre pour un de mes cours, je la détaillais très méticuleusement afin de ne manquer aucune information. A chaque page, je notais les éléments importants, je recopiais des citations etc. Bref, c’était long et fastidieux. J’ai tenu ce rythme jusqu’à la page 32. Puis j’ai arrêté ce livre pendant au moins deux semaines. Ce n’est pas qu’il ne me plaisait pas. Enfin, il ne m’intéressait pas énormément non plus. Et comme je lisais en anglais et que je faisais tout ce travail à côté, j’avançais vraiment très lentement dans ma lecture et j’avais l’impression que je n’allais jamais réussir à la finir. Donc j’étais un peu découragée. Puis la date du test de lecture a été fixée par le prof et là j’ai compris que je n’avais plus d’autre choix que de lire. Alors j’ai repris où je m’étais arrêté, mais sans prendre de notes, en me plongeant tout simplement dans l’histoire. Après tout, dès que je lis un livre, j’en imprègne chaque cellule de mon cerveau afin de vous en faire une chronique complète par la suite. J’ai donc décidé de faire comme d’habitude et de simplement prendre du plaisir en lisant. Je ne regrette pas cette décision car cela m’a fait prendre conscience que ce livre était magnifique.

They were going prettier every day, but as they passed, I used to think with pride that Ántonia, like Snow-white in the fairy-tale, was still « fairest of them all ».

Une fois n’est pas coutume, je vais commencer par le côté négatif. Ce sera rapide! En effet, les seuls éléments qui m’ont dérangé lors de ma lecture étaient les « passages à vides ». Je ne saurais pas comment qualifier autrement ces moments où le narrateur, Jim Burden, ne nous raconte pas une histoire, mais où il nous décrit simplement le paysage. Bien sûr, je ne parle pas là de toutes les descriptions, mais seulement de celles qui s’étalent sur une page et demie juste pour dire que le soleil se couche. Même si on s’en sort très bien en anglais, c’est toujours plus compliqué de lire dans une langue autre que le français. Cela demande plus d’attention. Et j’avoue que toute ma concentration avait tendance à s’évaporer quand Jim nous parlait de paysage, de couleurs, de la nature en général. Du coup je devais relire la page 5 ou 6 fois pour tout saisir. C’était une perte de temps et cela n’apportait rien à l’histoire, c’est dommage! Je suis sûre que mon prof de littérature va y trouver de nombreuses significations et nous expliquer par A+B pourquoi ces descriptions sont importantes. Mais pour ma part, je les ai juste trouvée ennuyantes!

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Passons maintenant à tous les points positifs, à commencer par les personnages. Je me suis très vite attachée à Jim Burden. C’est lui qui nous raconte l’histoire. C’est lui qui nous parle de son Ántonia. Et dès le début, il l’aime. Je ne dis pas qu’il a un coup de foudre pour elle. Mais dès les premières pages, il apprécie chaque moment passé à côté d’elle, s’inquiète de son bonheur et cherche à la protéger. C’est vraiment adorable! Leur amitié est très intéressante et surtout touchante. Même lorsqu’ils vieillissent. Le fait que toute le livre repose sur les épaules de ces deux personnages est un véritable atout. Tout comme Jim, Ántonia est un personnage qu’on ne peut qu’apprécier. On comprend que la vie n’est pas évidente pour elle qui ne parle que quelques mots d’anglais en arrivant aux Etats-Unis. D’autant plus que le destin ne va pas se montrer très tendre avec elle. Mais malgré tout, elle reste forte. Elle ne se décourage jamais et fait de son mieux pour vivre la vie dont elle a rêvé. C’est un personnage qui m’a impressionné de part sa force mentale. Elle sait aussi apprécier les plaisirs simples et n’ose pas se plaindre. Je pense qu’elle peut être une source d’inspiration pour toute les jeunes filles qui liront cette oeuvre.

Now, don’t you go and be a fool like some of these town boys. You’re not going to sit around here and whittle store-boxes and tell stories all your life. You are going away to school and make something of yourself. I’m just awful proud of you.

L’histoire en elle-même m’a également plu. On découvre Ántonia et Jim alors que ce ne sont que des enfants, puis lorsqu’ils sont adolescents, jeunes adultes et enfin quarantenaires. Les ellipses narratives sont les bienvenues car elle nous permettent de découvrir les étapes les plus importantes dans la vie de nos personnages, de leur 10 à leur 40 ans, sans lire un roman de 1000 pages. Comme je l’ai dit plus haut, j’ai adoré la relation entre Jim et Ántonia. Mais j’ai également aimé leurs histoires personnelles et celles des autres personnages. C’était intéressant de suivre Jim à l’université, de retrouver Lena qui avait tant changé en si peu de temps, de connaître les détails macabres de la fin des Cutter et de retrouver Ántonia si épanouie des années plus tard. En fait, en y repensant on peut se dire qu’il y a très peu d’histoires concrètes en 200 pages. Il est vrai que l’auteure se concentre pas mal sur la vie quotidienne et sur des détails parfois insignifiants. Mais j’ai trouvé que cela rendait ces petites tranches de vie bien plus réelles. On ne se concentre que sur quelques épisodes, certes, mais quand on le fait, on le fait à fond!

I don’t want a husband. Men are all right for friends, but as soon as you marry them they turn into cranky old fathers, even the wild ones. They begin to tell you what’s sensible and what’s foolish, and want you to stick at home all the ime. I prefer to be foolish when I feel like it, and be accountable to nobody.

J’avais découvert le style d’écriture de Willa Cather l’année dernière, puisque j’avais du lire une de ses short stories (The Enchanted Bluff) pour mon cours de Nature Writing. Je l’avais bien apprécié et j’étais contente de retrouver sa plume dans My Ántonia. Mises à part certaines descriptions qui se sont révélées un peu ennuyeuses, j’ai beaucoup aimé sa façon de présenter ses personnages ou d’écrire les dialogues. Parfois, elle écrit des phrases pleines de passion. C’est même à cause de cela que j’ai versé ma petite larme à la fin! Ce n’était pas triste. C’était juste… beau. Les trois dernières phrases m’ont vraiment touché. Ressentir autant d’émotions lorsque je lis un livre, c’est vraiment ce que je recherche!

Do you know, Ántonia, since I’ve been away, I think of you more often than of anyone else in this part of the world? I’d have liked to have you for a sweetheart, or a wife, or my mother or my sister – anything that a woman can be to a man. The idea of you is a part of my mind, you influence my likes and dislikes, all my tastes, hundreds of times when I don’t realize it. You really are a part of me.

En résumé, je n’ai pas eu de coup de coeur, mais j’ai vraiment aimé découvrir la relation émouvante entre Jim et Ántonia. La plume de Willa Cather est en général plutôt fluide et légère. En revanche, il est vrai que cette lecture peut se révéler un peu déconcertante au début étant donné qu’il ne se passe pas énormément d’action. Mais une fois plongé dans l’histoire, on se laisse facilement prendre au jeu. C’est la première fois que je lis un tel livre et j’en ressors agréablement surprise!

Note : 16/20
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For Ántonia and for me, this had been the road of Destiny ; had taken us to those early accidents of fortune which predetermined for us all that we can ever be. Now I understood that the same road was to bring us together. Whatever we had missed, we possessed together the precious, the incommunicable past.

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The Yellow Wallpaper – Charlotte Perkins Gilman

Couverture La séquestrée

La couverture du livre n’est qu’une illustration, je n’ai pas lu le livre dans cette édition.

Résumé :

« Il y a un détail frappant concernant ce papier peint que je suis seule, semble-t-il, à discerner : il change avec la lumière. Quand le soleil se lève et transperce les vitres (je guette toujours le premier rayon qui pénètre, long et droit) le papier change avec une telle rapidité que j’en suis ahurie. C’est pourquoi je ne cesse de le guetter. Dans l’état lunaire – quand elle est haute, la lune éclaire la pièce entière toute la nuit -, le papier devient méconnaissable. La nuit, peu importe l’éclairage, à la lumière du crépuscule, des bougies, de la lampe, et surtout de la lune, on croit voir surgir des barreaux. »

Mon avis :

Au début du semestre, mon professeur de littérature nous a remis un dossier contenant plusieurs short stories. Chaque semaine, nous devons en lire une et l’analyser. Comme ce sont des histoires courtes, nous les lisons en intégralité et parfois je me demande si je ne devrais pas les compter dans mon bilan lecture ! Si je ne les chronique jamais, c’est qu’en général elles ont été publiées dans des revues ou dans des corpus de plusieurs histoires. Je ne saurais pas trop comment les présenter sur mon blog. Cependant, j’ai décidé de changer mes habitudes pour The Yellow Wallpaper de Charlotte Perkins Gilman, l’histoire que nous devions lire cette semaine. Bien sûr, comme je suis en LCE Anglais, je l’ai lu en version originale. Si j’ai décidé de faire une exception cette semaine, c’est tout simplement parce que j’ai eu un gros coup de coeur pour cette histoire! Je l’ai trouvé fascinante du début à la fin.

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L’histoire débute par la description d’une maison, celle dans laquelle la narratrice (dont on ignore le nom) va passer trois mois avec son mari, John. Ce dernier étant médecin, il s’est occupé de sa femme lorsqu’elle est tombée malade et lui a finalement diagnostiqué une dépression. Après l’avoir mis sous traitement médicamenteux, il l’oblige à se reposer. Mais il ne se cantonne pas au repos physique. Il la force également à reposer son esprit. Elle n’a pas le droit d’écrire ou de faire quoique ce soit qui pourrait stimuler son cerveau. La narratrice n’a donc rien d’autre à faire qu’à observer l’environnement dans lequel elle est. Le problème est qu’elle déteste clairement la chambre dans laquelle elle est condamnée à l’isolement et pour cause! Le papier peint est d’une couleur assez particulière, d’un jaune indéfinissable. Si ce papier peint la rebute voire même l’effraie au début, elle va commencer à y prêter une attention grandissante au fil des jours… Alors que la dépression l’affectait physiquement, son obsession pour les murs de sa chambre pourrait bien cette fois-ci lui coûter sa santé mentale.

I am afraid, but I don’t care – there is something strange about the house – I can feel it. 

Woah. Je n’ai vraiment pas d’autre mot. J’ai adoré cette histoire du début à la fin. Je ne sais pas si je vais réussir à décrire convenablement ce que j’ai ressentie en la lisant. En fait, on se retrouve emporter dans le tourbillon qui va piéger la narratrice dans une folie destructrice et c’est tout simplement prodigieux. D’un côté, on a envie de la croire lorsqu’elle décrit ce qu’elle voit sur et à travers ce papier peint, mais d’un autre on se dit qu’elle devient tout simplement malade. L’isolement aussi bien social que culturel aura eu raison d’elle et elle devient folle. En fait, ce qu’il y a de si particulier, c’est qu’à un certain moment on a l’impression d’être devenue aussi folle qu’elle. Ceci pour la simple et bonne raison que l’auteure décrit l’escalade vers la psychose d’une façon très détaillée.

There comes John and I must put this away – he hates to have me write a word.

Charlotte Perkins Gilman a elle-même été sujette à la dépression. A l’époque, le docteur Silas Weir Mitchell était connu pour avoir un remède miracle, surtout pour les femmes. Il les isolaient de la vie culturelle, leur empêchait de lire ou de s’approcher d’un stylo. Il leur conseillait également de bien, très bien, se nourrir. Ainsi elles retrouveraient leur physique de femme enceinte et elles se sentiraient mieux car, c’est bien connu, les femmes ne sont heureuses que lorsqu’elles font le ménage et s’occupe des gosses! Le problème est que Charlotte Gilman a très mal vécu ce « traitement » et c’est pour cela qu’elle a écrit The Yellow Wallpaper. Le résultat est brillant, absolument brillant! Surtout qu’à un moment dans cette histoire, elle cite le nom de Weir Mitchell. Elle l’attaque personnellement et lui montre que sa solution miracle n’en est pas une. Plus que de guérir les femmes déjà mal en point, son remède ne fait qu’empirer leur état. On arrive très bien à comprendre le message que l’auteure a voulu faire passer dans cette histoire, c’est limpide. A son époque, défendre les droits femmes n’était pas très courant et c’était loin d’être facile. Pourtant, en publiant cette histoire, elle a cassé les codes et n’a pas hésité à citer le nom du médecin qui a voulu l’empêcher d’écrire. Si ça ce n’est pas du courage, alors je ne sais pas ce que c’est!

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Si l’histoire en elle-même est génial et le contexte qui se cache derrière sa rédaction est passionnant, c’est bel et bien le style d’écriture qui m’a provoqué le coup de coeur. Charlotte Perkins Gilman nous fait réellement entrer dans la tête de la narratrice. On connaît ses appréhensions, ses doutes, ses réflexions et, même si l’histoire est courte, cela établit un lien intime entre le lecteur et la narratrice. On partage un petit bout de sa vie et c’est fascinant. Lorsqu’elle sombre dans la folie, on le ressent immédiatement. Ces phrases sont de plus en plus exclamatives, elle devient euphorique dès qu’elle regarde son papier peint jaune. Bref, on a une description psychologique très poussée et c’est même assez effrayant de se dire qu’un petit détail comme celui de la couleur des murs a perturbé la narratrice au point de lui faire perdre la tête!

I cry at nothing, and cry most of the time. Of course I don’t when John is here, or anybody else, but when I am alone. 

Avec mon groupe cette semaine, nous devions analyser le rôle des « private and public spheres » dans cette histoire. C’était fascinant de voir comment cette femme a réussi à cacher sa folie à son mari ou à son frère. Elle n’avait plus toute sa tête, mais elle réfléchissait encore assez pour savoir que parler de ça la desservirait. Le plus intéressant, c’est quand la folie l’emporte et que la narratrice ne peut plus se retenir et se comporte de la même façon sur la scène privée ou la scène publique.

There are things in that paper that nobody knows but me, or ever will.

En bref, voilà pourquoi j’aime faire des études de langues! Grâce à mes cours de littérature, je découvre parfois des auteurs qui m’embarquent complètement dans leurs histoires. L’année dernière par exemple, j’avais eu un gros coup de coeur pour Wildlife de Richard Ford. Eh bien, cette année c’est au tour de Charlotte Perkins Gilman avec son Yellow Wallpaper. J’aimerai vraiment découvrir d’autres de ses œuvres!

Note : 20/20
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It was not intended to drive people crazy, but to save people form being driven crazy, and it worked. – Charlotte Perkins Gilman.

Thumbelina – Ciou

Couverture Thumbelina

Résumé :

« Quand l’artiste-peintre et illustratrice française Ciou s’immerge dans l’univers du conte féerique du XIXe siècle « Poucette », de Hans Christian Andersen, cela donne un livre bilingue illustré inattendu!
L’interprétation que Ciou livre dans ce surprenant Thumbelina, ressuscite l’onirisme et la cruauté du monde d’Andersen dans un feu d’artifice de couleurs hypnotiques : entrer dans l’univers de Ciou, c’est accepter le bouleversement émotionnel, les non-dits qui dérangent, l’ordre qui émerge du chaos, et un esthétisme hors norme. »

Mon avis :

Quand j’étais petite, je gardais toujours un gros livre de contes d’Andersen à côté de mon lit. J’adorais regarder les illustrations dont il était orné et, quand j’en ai eu l’âge, j’aimais lire un de ses contes avant de m’endormir (mon préféré restant La princesse au petit pois). Alors quand ma sœur m’a prêté le livre Thumbelina, j’étais ravi de redécouvrir un conte d’Andersen illustré d’une manière si moderne. Je n’ai vraiment pas été déçue de ma lecture.

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En ce qui concerne le conte en lui-même, il n’y a pas grand chose à dire, c’est du Andersen comme je l’aime. Il s’agit en fait de l’histoire de Poucette (Thumbelina en anglais) qui est une petite fille, pas plus grande qu’un pouce, née dans une fleur. Un jour, un crapaud vint l’enlever à sa mère adoptive car il voulait la marier à son fils. S’en suit alors une succession d’aventures pour la petite Poucette qui va rencontrer tour à tour une hirondelle, une souris, une taupe, mais également des gens comme elle… On ne peut que s’attacher à cette minuscule héroïne qui est arrachée à sa mère par un crapaud laid, ennuyeux et sans scrupules. Elle traverse de dures épreuves, doit parfois supporter la faim, la soif et doit en plus se soustraire à plusieurs mariages forcés. Le fait qu’elle ne soit pas plus haute qu’un pouce, que les animaux parlent et habitent dans de petites maisons aménagées amène un petit côté féerique et magique qui ne peut que nous ramener en enfance, quand on croyait que tout cela existait vraiment. Bref, c’est un très beau conte qui, je le pense, peut ravir les petits comme les grands.

« Quelle jolie fleur ! » dit la femme en déposant un baiser sur ces feuilles rouges et jaunes ; et au même instant la fleur s’ouvrit avec un grand bruit. On voyait maintenant que c’était une vraie tulipe ; mais dans l’intérieur, sur le fond vert, était assise une toute petite fille, fine et charmante, haute d’un pouce tout au plus. Aussi on l’appela la petite Poucette.

Tout l’intérêt de ce livre réside dans l’opposition entre le conte classique et les illustrations modernes de Ciou. L’auteur réinterprète totalement l’histoire d’Andersen au travers de ses illustrations. Car si le texte reste inchangé, les œuvres de Ciou redonne un souffle nouveau à ce classique. En effet, on a pour habitude de se représenter les héroïnes de conte comme de jolies petites princesses, de petites poupées aux cheveux soyeux, aux vêtements impeccables et au teint éclatant (vous en avez d’ailleurs un aperçu avec les images, tirées du dessin animé Thumbelina, qui accompagnent cet article). Ciou, elle, nous offre sa vision de Poucette, dont vous pouvez avoir un aperçu sur la couverture. Je ne saurais pas décrire exactement le style de cette illustratrice, je ne m’y connais pas du tout en art. Mais je dois dire que ses dessins m’ont vraiment beaucoup plu. Je les trouve très minutieux, tous les petits détails sont soignés. Je ne peux qu’imaginer la quantité de travail que cela représente… c’est vraiment très impressionnant! Les grands yeux des personnages pourraient faire penser un petit côté « manga japonais », le mélange de couleurs et l’utilisation de nombreuses formes géométriques rappellent le style contemporain mais… j’avoue que je ne suis pas trop sensible à cela. En revanche, je suis très sensible à l’ambiance qui se dégage de ces illustrations. C’est tout un monde qui se crée sous nos yeux et, je me trompe peut-être (quoique chacun a sa définition de l’art, pas vrai ?) mais j’ai retrouvé un petit côté « Tim Burton » et un petit esprit à la Mathias Malzieu qui m’ont totalement fait craquer. C’est le genre d’univers dans lequel j’aime me plonger. C’est joyeux et festif tout en gardant une petite part d’ombre, un petit côté lugubre, et c’est surtout très particulier et farfelu. Quand je dis farfelu, ça ne signifie absolument pas que les destins sont brouillons, au contraire, ils sont impressionnant par leur précision et leur netteté. Si je devais choisir mon dessin préféré dans ce livre, je dirais que c’est le coeur humain, à la page 46. Mais en même temps, j’ai aussi beaucoup aimé les nombreux oiseaux qui décorent les pages. Les flocons de neige de la page 29 sont également sublimes. En fait, tous les dessins sont d’une qualité exceptionnelle et sont vraiment très jolis. Ils apportent un vrai plus au livre. Tout comme il nous arrive de tomber amoureux du style d’un auteur, je crois bien que je suis tombée amoureuse du pinceau de cette artiste! (Et c’est maintenant que j’envie ma sœur d’avoir eu une si jolie dédicace lors du dernier salon du livre.)
Les illustrations ne sont pas les seuls éléments que font de ce livre une vrai merveille artistique. En effet, j’ai adoré la police de caractères utilisée ainsi que la mise en page. Tout fonctionne en harmonie, que ce soit les couleurs, les formes ou l’insertion du texte. Cette oeuvre est un formidable livre-objet et un vrai régal pour les yeux.

Si la chronique s’arrêtait ici, vous imaginez bien que la note serait 20/20. Seulement, il a fallu qu’un élément vienne gâcher mon impression de perfection lors de cette lecture : le texte anglais. Faire un livre bilingue c’est bien, faire un livre bilingue où les traductions anglaise et française correspondent, c’est encore mieux. Malheureusement ici, j’ai eu l’impression que dans la version française pas mal d’éléments passaient à la trappe. Rien que sur la première page, on apprend dans le texte anglais qu’une femme s’était arrêté sur son chemin pour demander à manger à une vieille paysanne et cette dernière lui avait donné une graine (cette graine devenant la fleur qui va donner naissance à Poucette). Dans le texte français cette même femme ne demande pas à boire ou à manger mais déclare à la paysanne vouloir un enfant et c’est pourquoi l’autre lui donne cette graine magique. Hm ??? Je ne sais pas qui du traducteur français ou anglais a raison, mais je trouve ça dommage car l’avantage que devait représenter le bilinguisme de ce livre se transforme en un gros défaut… Malheureusement cela se répercutera forcément sur ma note finale. Les éditions Scutella ont peut-être été trop ambitieuses sur ce projet en voulant ajouter l’anglais ?

Lorsque les deux autres eurent tourné le dos à l’oiseau, elle se pencha vers lui, et, écartant les plumes qui couvraient sa tête, elle déposa un baiser sur ses yeux fermés.

Mais en résumé, on peut dire que ce livre est un gros coup de coeur. Non seulement j’ai aimé le conte d’Andersen, mais j’ai aussi adoré la réinterprétation qu’en a fait l’illustratrice Ciou. On se retrouve dans un univers bien loin du conte de fée classique et cela nous fait découvrir et apprécier cette histoire sous un autre angle. Je lirais sans hésitation un autre livre illustré par Ciou car j’ai réellement adoré le monde dans lequel elle m’a fait entrer. J’ai hâte de découvrir d’autres de ses dessins!

Note : 18/20Afficher l'image d'origine

Nous fuirons loin de ta vilaine taupe et de sa demeure obscure, bien loin au-delà des montagnes, où le soleil brille encore plus qu’ici, où l’été et les fleurs sont éternels.

Un cœur simple – Gustave Flaubert

Un coeur simple

Résumé :

« L’histoire d’ Un Cœur simple est tout bonnement le récit d’une vie obscure, celle d’une pauvre fille de campagne, dévote mais mystique, dévouée sans exaltation et tendre comme du pain frais. Elle aime successivement un homme, les enfants de sa maîtresse, un neveu, un vieillard qu’elle soigne, puis son perroquet ; quand le perroquet est mort, elle le fait empailler et, en mourant à son tour, elle confond le perroquet avec le Saint-Esprit. Cela n’est nullement ironique comme vous le supposez, mais au contraire très sérieux et très triste. » Gustave Flaubert.

Mon avis :

Cette année, en cours de littérature française, nous avons beaucoup parlé de la place des esclaves et des servants dans les pièces de théâtre ou les romans. Pour les partiels, notre professeur nous avait conseillé de lire Un cœur simple de Flaubert. C’est donc avec une grande curiosité que je me suis lancée dans ce tout petit livre, car il s’agissait de ma première lecture pour cet auteur.

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Dans l’édition du Livre de poche que j’ai acheté, il y a une petite présentation au début, écrite par Marie-France Azéma. Elle est intéressante car elle nous permet de nous placer dans le contexte et de faire la connaissance de Félicité, la protagoniste de ce conte. Cependant, après avoir lu ces quelques pages, on connaît l’histoire dans son intégralité. C’est dommage car on n’a pas vraiment envie de se lancer dans une histoire quand on vient d’en lire un résumé détaillé… Mais la présentation n’est pas le gros point négatif de ce livre (plutôt de cette édition en fait). En effet, bien que ce livre fasse 95 pages, je ne peux pas dire qu’officiellement j’ai lu 95 pages. On va dire que j’en ai lu la moitié. Pourquoi ? Car une page est, en gros divisé en deux : le conte rédigé par Flaubert / les notes de Marie-France Azéma. Il y en a trop! Beaucoup, beaucoup trop! Au début je les lisais, car je me disais, bon c’est pour la fac, on peut en avoir besoin pour les partiels, donc je me motive et je les lis. Mais j’ai très vite arrêté. Tout d’abord, j’ai trouvé ça ennuyant (certaines notes ne servent littéralement à rien) mais surtout je perdais le fil de ma lecture! Je devais à chaque fois relire la phrase qui contient la note, voire même recommencer le paragraphe. Bref, cette lecture pourtant si courte n’en finissait pas! Et puis, il faut bien le dire, elle a pris les lecteurs pour des idiots finis. Par exemple, à un moment Flaubert dit que « Tous les lundis » des vendeurs exposent leurs marchandises. La petite note spécifie : « C’est le marché hebdomadaire. » Hm. On l’aurait pas deviné tiens. C’est d’autant plus dommage que certaines notes sont utiles, principalement quand le mot employé ne fait plus partie du vocabulaire actuel. Mais on est franchement découragé en voyant la tonne de texte et on ne prend même plus la peine de chercher ce qui nous intéresse.

Mais parlons plutôt du conte en lui-même. Gustave Flaubert nous raconte ici l’histoire d’une servante, Félicité, qui passa la majeure partie de sa vie au service de Mme Aubain. Elle voua à sa maîtresse une fidélité sans faille depuis que Mme Aubin, jeune veuve avec deux enfants, a perdu son mari. Bien évidemment, Félicité n’est qu’une servante, par conséquent, sa vie n’est pas des plus heureuses. Elle n’a pas de famille, hormis un neveu qui vient rarement la voir, pas d’amant, le seul qu’elle ait jamais eu l’ayant abandonnée, et ses seuls loisirs consistent à aller à l’église ou à s’occuper des enfants. Pourtant, elle ne s’en plaint pas. Elle est très reconnaissante envers sa maîtresse et offre tout son amour à Paul et Virginie (les deux enfants de Mme Aubain) ainsi qu’à son neveu Victor qu’elle chérit plus que tout. Son quotidien semble donc banal et réglé comme du papier à musique… jusqu’à que plusieurs drames viennent bouleverser sa vie…

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Un des souhait de Flaubert était d’écrire « un livre qui n’aurait presque pas de sujet, ou du moins dont le sujet serait presque invisible ». Je crois qu’avec Un Cœur simple, il a visé juste. En effet, même s’il y a un personnage principal, Félicité, il n’y a pas de sujet. C’est juste une sorte de biographie de la servante. Mais l’auteur ne se focalise pas sur un épisode de sa vie, ce qui est assez déroutant en fait. Ce que je vais dire peut sembler irrespectueux envers cet auteur encensé par tous les professeurs et autre adorateurs des œuvres classiques, mais pourquoi écrire ce conte ? J’essaie de trouver le but, le message que Flaubert veut nous faire passer mais je ne trouve pas. Certes, l’auteur a sûrement écrit cette oeuvre, juste parce qu’il en avait envie, et c’est déjà une raison bien suffisante! Cependant je n’ai pas trouvé d’intérêt à cette lecture.

Son visage était maigre et sa voix aiguë. A vingt-cinq ans, on lui en donnait quarante. Dès la cinquantaine, elle ne marque plus aucun âge; et toujours silencieuse, la taille droite et les gestes mesurés, semblait une femme en bois, fonctionnant d’une manière automatique.

Attention, je ne dis pas que ce livre est d’un ennui mortel. Non, il est même plutôt agréable à lire puisque la plume de l’auteur reste assez fluide et ne s’attarde pas sur des descriptions inutiles. On tourne les pages machinalement, on suit le cours de la vie de Félicité puisque, après tout, on veut savoir ce qu’elle devient. En revanche, je ne dirais pas que je me suis attachée à elle. Tout va un peu trop vite, on n’a pas le temps d’en apprendre assez pour s’attacher à certains personnages ou pour en détester d’autres. En fait, même si Marie-France Azéma et d’autres, s’attardent sur le moindre petit détail ou analysent la moindre petite virgule, cette lecture est simple et plutôt légère. Comme je l’ai dit plus haut, on tourne mécaniquement les pages, on n’a pas besoin d’une réflexion très poussée pour comprendre ce livre. Bien sûr, j’imagine qu’on pourrait faire tout un tas de commentaires composés et autres dissertations pour comprendre tout ce que Flaubert a voulu nous transmettre au travers de ce conte. Cependant pour moi, toutes ces études de texte ne font que dénaturer le texte même. Chacun a une approche différente et aucune n’est meilleure que les autres, selon moi. Enfin bref! J’ai préféré lire Un coeur simple comme une courte histoire qui se lit facilement et sans prise de tête plutôt que de voir ce conte comme un grand classique écrit par un maître de la littérature française.

Les jours de soleil, elle se tourmentait de la soif ; quand il faisait de l’orage, craignait pour lui la foudre. En écoutant le vent qui grondait dans la cheminée et emportait les ardoises, elle le voyait battu par cette même tempête, au sommet d’un mât fracassé, tout le corps en arrière, sous une nappe d’écume ; ou bien, – souvenirs de la géographie en estampes, – il était mangé par des sauvages, pris dans un bois par des singes, se mourait le long d’une plage déserte. Et jamais elle ne parlait de ses inquiétudes.

En résumé, même si ce petit livre n’a pas été un coup de cœur, j’ai apprécié ma lecture. Je suis contente de l’avoir choisi pour commencer ma découverte des œuvres de Flaubert. J’ai souvent entendu que son écriture était trop lourde et désagréable à lire or ici, c’est plutôt léger. Bien sûr, le thème abordé reste tragique, mais c’est tellement court qu’on a à peine le temps de s’apitoyer sur le sort de la pauvre Félicité. Je pense lire les deux autres contes qui accompagnent Un Cœur simple dans le recueil Trois Contes pour voir si le style d’écriture reste tout aussi abordable. Ensuite, si je trouve le courage, je me lancerais dans Madame Bovary!

Note : 14/20
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Elle retenait sa douleur, jusqu’au soir fut très brave ; mais, dans sa chambre, elle s’y abandonna,  à plat ventre sur son matelas, le visage dans l’oreiller, et les deux poings contre les tempes.

Le Barbier de Séville – Beaumarchais

Couverture Le Barbier de Séville

Résumé :

« Un vieux barbon décide d’épouser au plus vite sa pupille qui ne l’aime pas. C’est sans compter sur l’ardeur du comte Almaviva qui, avec l’aide de son complice le barbier Figaro, tentera tout pour arracher la belle aux griffes du vieux jaloux. Stratagèmes esquivés et rebondissements insensés vont donner un rythme effréné à cette brillante intrigue jusqu’à la chute du rideau. »

Mon avis :

Une nouvelle fois, le professeur de français nous a demandé de livre deux livres. Cette fois-ci il s’agissait du Barbier de Séville de Beaumarchais et d’Un cœur simple de Flaubert. J’ai débuté par le premier, tout simplement car c’est celui que j’ai pu me procurer le plus rapidement. Comme vous le savez sûrement, il s’agit d’une pièce de théâtre dont Le Mariage de Figaro est considéré comme la suite puisque les mêmes personnages y sont présents. J’avais du lire cette pièce au collège et je me souviens l’avoir beaucoup apprécié. J’étais donc plutôt contente de retrouver la plume de Beaumarchais quelques années plus tard et de me replonger dans les aventures de Figaro et de son maître Le Comte Almaviva. Comme d’habitude avec le théâtre, je n’ai pas été déçue!

Looney Tunes - Rabbit of Seville (1950) Bugs Bunny tricks a rabbit-hunting Elmer Fudd into a stage opera performed to Rossini’s The Barber of Seville and gives him the grooming of his life.

Dans la scène initiale, nous faisons la connaissance du Comte qui attend impatiemment l’apparition de Rosine au balcon. Il l’a rencontré six mois auparavant à Madrid et n’a jamais pu l’oublier, c’est pourquoi il s’est lancé à sa recherche. Cependant, lorsqu’il la retrouve, les choses ne sont pas si simples. Il ne lui suffit pas de déclarer sa flamme à Rosine pour que celle-ci tombe dans ses bras. La première difficulté est que Rosine, orpheline, est sous le contrôle permanent de son tuteur Bartholo. On peut très clairement dire qu’il se comporte comme un tyran avec elle. Elle n’a le droit de rien faire, pas même se mettre à la fenêtre. En réalité, si cet homme se comporte de cette manière, c’est qu’il a peur. Il a réellement peur que sa pupille tombe sous le charme d’un homme quelconque et qu’elle quitte donc sa demeure, le laissant seul. La suite de l’histoire va prouver que Bartholo avait raison de se méfier. En effet, le Comte Almaviva va user et abuser de stratagèmes divers pour se faire connaître de Rosine puis pour la séduire. Avec son valet Figaro, le barbier de Séville, il va donc se lancer à la conquête du cœur de sa belle…

Chacun court après le bonheur. Il est pour moi dans le cœur de Rosine.

Je dois avouer que j’ai beaucoup aimé cette pièce de théâtre! Je l’ai trouvé très divertissante et même amusante. L’histoire est sympathique et surtout les personnages sont attachants, ou du moins Le Comte et Rosine le sont. On espère vraiment que les deux amants seront réunis au final et que Rosine échappera à l’autorité de son tuteur. En réalité, on passe par plusieurs phases pendant la lecture de cette pièce. Au début, on est plutôt impatient car on se demande quand et comment le Comte et Figaro vont mettre leur plan en place, ensuite on est intrigué car au final, même si on connaît les grandes lignes du plan, on n’en connaît pas les détails. Plus tard on est compatissant quand on voit à quel point Rosine souffre de sa situation actuelle. On est attendri quand les deux amants sont réunis, même brièvement et on est parfois agacé par le comportement de Bartholo. En bref, ce livre est une vraie palette d’émotions mais tout en restant léger. En effet, il y a toujours des petits aspects comiques qui rendent la pièce beaucoup plus agréable à lire et qui nous permettent de modérer notre énervement envers Bartholo ou notre tristesse face à la situation de Rosine.

Je crois bien que l’une de mes scène préférées dans cette pièce est la scène où Bartholo accuse Rosine d’avoir écrit une lettre à un quelconque amant car il manque une feuille de papier à lettres sur son bureau et que la plume neuve est tâchée d’encre. Rosine ne se démonte pas, elle tient tête à son tuteur. C’est une vraie femme de caractère! J’ai beaucoup aimé son personnage car j’ai trouvé qu’il contrastait avec les jeunes femmes des autres pièces de théâtre de l’époque. Je l’ai trouvé beaucoup plus forte, tout en restant fragile à l’intérieur bien sûr. Dans la scène 6 de l’acte IV, elle tient tête à une autre personne (que je ne nommerais pas pour éviter tout spoil!) et j’ai trouvé cela très courageux de sa part. Elle est en colère et n’a pas peur de le montrer.

Looney Tunes - Rabbit of Seville (1950) Bugs Bunny tricks a rabbit-hunting Elmer Fudd into a stage opera performed to Rossini’s The Barber of Seville and gives him the grooming of his life.

Le personnage du Comte Almaviva m’a bien plu aussi. Il est vraiment déterminé à conquérir le coeur de cette jeune femme dont il est tombé fou amoureux six mois auparavant. Quand on y pense, c’est vraiment très très romantique mais aussi émouvant dans un sens! Lui aussi va être courageux à plusieurs reprises et surtout, il va être très inventif. Dès que son stratagème est sur le point d’être révélé au grand jour, il trouve un moyen de retourner la conversation à son avantage.
Bien sûr, tout ceci ne pourrait pas se dérouler sans l’aide de Figaro, le personnage qui donne son nom à la pièce de théâtre. J’avoue que c’est plutôt malin de la part de l’auteur d’avoir nommé sa pièce Le Barbier de Séville. Qui pourrait s’attendre à lire l’histoire de deux amants prêt à tout pour être réuni sous un titre pareil ? De plus, Figaro est tout de même un des personnages central du livre. Sans lui, aucuns des stratagèmes ne serait possible, tout simplement car il connaît personnellement Bartholo et qu’il peut donc rentrer chez lui (contrairement à tous les autres hommes, amants potentiels de Rosine). De plus, c’est un valet. Il apporte cette petite touche de malice typique des œuvres classiques et qui rajoute toujours un petit effet comique bien appréciable.

Le Comte : Son caractère ?
Figaro : Brutal, avare, amoureux et jaloux à l’excès de sa pupille, qui le hait à mort.
Le Comte : Ainsi, ses moyens de plaire sont…
Figaro : Nuls.

J’ai beaucoup aimé la plume de Beaumarchais. C’est très fluide, les répliques ne sont pas très longues, on ne perd donc jamais le fil. Les scènes aussi sont courtes (certaines se limitent même à une réplique d’un personnage isolé), ce qui permet de fractionner sa lecture plus facilement. Le vocabulaire employé reste classique mais est tout à fait compréhensible, tout comme les tournures de phrase.

En bref, voici encore une fois une pièce de théâtre que j’ai adoré lire. L’histoire est intéressante, a même un petit côté palpitant et certains des personnages sont très attachant. On prend donc beaucoup de plaisir à les accompagner dans leurs petites aventures. Après cette lecture, j’ai hâte de relire Le Mariage de Figaro et de retrouver Almaviva, Rosine et Figaro. Si je me montre aussi enthousiaste, c’est parce que je trouve ça tellement excitant d’aimer un classique! L’école arrive parfois à nous dégoûter de certaines classiques qu’on aurait pu aimer dans le cadre d’une lecture privée. C’est aussi pour cela que j’aime l’université, on doit lire certains livres, mais en cours, on ne passe pas notre temps à les analyser dans les moindres détails, on n’étudie pas les figures de style une par une jusqu’à ne plus vouloir entendre parler de cet auteur et notre opinion sur cette lecture reste donc intacte.

Note : 18/20
Looney Tunes - Rabbit of Seville (1950) Bugs Bunny tricks a rabbit-hunting Elmer Fudd into a stage opera performed to Rossini’s The Barber of Seville and gives him the grooming of his life.

Si vous êtes exempt des gens de guerre, vous n’êtes pas exempt de politesse peut-être ?