All Time Readings

"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux." – Jules Renard

Catégorie: Cinéma / Télévision

Hollywood Connection – Michael Munn

Couverture Hollywood Connection

Résumé :

« Dans la première moitié du XXe siècle, l’industrie cinématographique américaine brasse les dollars. Pas étonnant qu’Hollywood ait très tôt attiré la convoitise de quelques-uns des plus grands noms du crime organisé. Lucky Luciano et Al Capone, pour ne citer qu’eux, s’affrontent par gangs interposés pour en prendre le contrôle. En s’infiltrant dans les syndicats de techniciens, de projectionnistes ou de figurants, ils mettent rapidement en place un système de racket diablement efficace.
Ils tiennent à la gorge les grands studios, obligés de payer, et se mêlent au gratin du Tout-Hollywood, George Raft en tête, mais aussi Gary Cooper, Cary Grant et Howard Hughes. Thelma Todd, une plantureuse blonde platine, paiera de sa vie de s’être compromise avec « le parrain de tous les parrains ». La belle Lana Turner ou Jean Harlow feront, elles aussi, les frais de ces liaisons dangereuses… A partir de témoignages de première main, comme ceux des acteurs Tony Curtis ou James Cagney, Munn construit un récit unique et haletant.
Voici l’histoire vraie du crime organisé à Hollywood, comme on ne vous l’a jamais racontée. »

Mon avis :

Comme vous le savez, je suis une grande passionnée de l’histoire des Etats-Unis des années 50-60. Et bien évidemment, on ne peut pas parler de cette période sans évoquer « the mob », la mafia, qui était encore bien implantée dans le pays grâce à ses leaders mondialement connus tels que Sam Giancana ou Al Capone et ses liens étroits avec certaines stars du grand et du petit écran. Vous imaginez donc que lorsque j’ai trouvé par le plus grand des hasards le livre Hollywood Connection de Michael Munn, je n’ai pas hésité une seule seconde! Et j’ai bien fait de l’acheter car je n’ai pas été déçue (peut-être un petit peu à la fin, mais vous comprendrez pourquoi en fin de chronique!).

Il [Lucky Luciano] rejoignit le gang des « Five Panters » où il rencontra Al Capone. Ils se détestèrent d’emblée. La haine séculaire que se portaient les Siciliens et les Napolitains y était pour beaucoup.

Ce livre débute le 20 juin 1947, jour de l’assassinat de Benny « Bugsy » Siegel. Ce meurtre va être le prétexte choisi par l’auteur pour nous raconter l’histoire de la pègre du début des années 1920 jusqu’aux années 60-70. Tout y est assez détaillé. On en apprend plus sur des grands mafieux tels que Salvatore Luciana ou Al Capone bien évidemment. Mais, comme son nom l’indique, ce livre ne se contente pas de nous relater l’histoire de ces hommes qui ont fait la loi aux Etats-Unis pendant des années : tout, ou presque, est mis en relation avec de grandes stars hollywoodiennes. En fait, l’auteur se base surtout sur l’acteur George Raft qui était un ami de Benny Siegel et autres mafieux, et qui a lui-même parfois trempé dans des activités illégales. Dans ce livre, Raft est une sorte de point de repère qui permet de nous y retrouver, et c’est avec plaisir que je me suis plongé dans l’Amérique des années 20 aux côtés de cet acteur pour en découvrir un peu plus sur ces mafieux qui ont marqué l’Histoire…

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Tout d’abord, je dois dire que j’ai beaucoup aimé le style d’écriture de Michael Munn. Bien que ce livre ne soit qu’une succession de faits historiques, ce n’est pas lourd, pas ennuyant. L’auteur sait s’y prendre pour nous garder en haleine jusqu’à la fin du livre. Généralement, les chapitres se terminent par une petite phrase qui donne envie d’attaquer immédiatement le prochain chapitre, comme « Mais elle allait bientôt connaître une proximité encore plus étroite avec la mafia ». Et même si l’on sait ce qu’il advient malheureusement de Bugsy Siegel ou de Thelma Todd par exemple, on se retrouve embarqué dans un récit qui accélère votre rythme cardiaque aux moments cruciaux! Et c’est surtout cela que j’ai apprécié, car on passe par toute une palette d’émotions en lisant ce livre. Parfois on rigole des punch-lines que se lancent successivement les mafieux, d’autres fois on est horrifié de voir la violence avec laquelle certains individus sont réduits au silence mais il arrive aussi qu’on retienne notre souffle en attendant l’issue finale.

La plupart des gangsters qui avaient grandi dans la misère aimaient bien montrer qu’ils avaient réussi. Leur argent passait en vêtements coûteux, voitures luxueuses et jolies femmes. Ils voulaient que ça se sache. […] Cela avait le pouvoir d’attirer comme des mouches les hommes d’affaire, les jolies filles et les artistes. Peut-être était-ce le frisson de côtoyer des gangsters ?

Autre point que je tiens à souligner pour ce livre, c’est que l’auteur reste objectif. Il ne se permet pas de faire de commentaires personnels. Il relate seulement des faits avérés et rajoute parfois quelques hypothèses formulés par le grand public, mais il ne fait jamais part de son opinion. Et lorsqu’on lit un récit concernant des mafieux, des acteurs et des personnalités politiques, c’est toujours agréable de pouvoir se faire sa propre opinion sans être influencé. Vous allez me dire que tout le monde devrait avoir la même opinion sur les mafieux et que ce sont des criminels etc etc. Evidemment, je ne vais pas vous dire que ce sont des personnes irréprochables ! Mais il faut bien avouer que certains sont pires que d’autres. Et puis, personnellement, je trouve certains d’entre eux fascinants. Non pas pour les exécutions qu’ils ont ordonnées, mais pour la façon dont ils ont réussi à affirmer leur pouvoir sur un pays aussi grand que les Etats-Unis. Par exemple, je parle de Salvatore Luciana, beaucoup plus connu sous le nom de Charlie « Lucky » Luciano. Il est parti de rien et a fini « Parrain des parrains » (avant de finir en prison et d’être banni des USA, mais bon, quand même!). Et bien, dans ce livre, la vie de Charlie « Lucky » Luciano est très bien détaillée et j’ai appris beaucoup de choses.

Nitti prit la parole. « Comme vous le voyez, il y a plein d’argent à se faire à condition qu’on travaille tous ensemble, avec moi à la tête. » Ce qui amena une première réponse de Luciano : « Tu n’es pas le boss, Nitti, le boss, c’est moi. »

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Si je devais résumer grossièrement, je dirais que ce livre se concentre surtout sur George Raft, comme je l’ai dit précédemment, Charlie « Lucky » Luciano, Benny « Bugsy » Siegel et Jean Harlow. Ce sont les quatre personnes qui reviennent le plus souvent. D’ailleurs, ne vous fiez pas à la première de couverture. En effet, en haut de celle-ci on peut voir cinq petites photos, celles de Benny Siegel, Jean Harlow, Charlie Luciano, Marilyn Monroe et Al Capone. Bien que mentionné à plusieurs reprises, Al Capone ne fait pas partit des protagonistes de ce livre. Et pour cause, il a été emprisonné assez vite, et il ne deviendra jamais aussi puissant que ses deux principaux rivaux Luciano et Costello. Quant à Marilyn, elle n’est mentionnée que très tardivement, et n’apparaît que dans une dizaine de pages, et encore. Je trouve donc dommage de l’avoir mise en couverture. J’aurai préféré voir George Raft ou même Thelma Todd qui, elle aussi, avait des liens très étroits avec la mafia et qui va le payer de sa vie. Evidemment, j’ai conscience que ceci est sûrement une stratégie commerciale. Qui ne connaît pas Marilyn Monroe, cette figure emblématique des années 50-60 qui connaîtra un destin tragique ?

Mais voyez-vous, j’ai un petit problème avec Marilyn… On va dire que je ne la porte pas dans mon coeur. Et c’est justement « à cause » d’elle que j’ai eu une petite déception en fait de livre. Je ne parle pas du style du l’auteur, mais du contenu de son récit. En effet, Marilyn ayant eu un petit coup de pouce de la part du mafieux Sam Giancana pour débuter sa carrière d’actrice hollywoodienne, l’auteur ne pouvait pas faire l’impasse! Seulement, comme vous le savez sûrement, Marilyn est morte prématurément en 1962, officiellement par suicide. Mais les suicides chez les proches des mafieux ne sont généralement pas la véritable cause du décès. Et c’est là que l’auteur m’a légèrement irritée. Il parle de la théorie selon laquelle Bobby Kennedy aurait quelque chose à voir avec son décès. D’ailleurs, il parle même d’une relation entre eux… Que l’on implique Marilyn dans une relation avec le Président Kennedy, bon. On connaît tous sa « réputation ». Mais avec Bobby ?? Hm. L’auteur insiste assez lourdement sur ce point et ça m’a fait rire jaune, très jaune. Mais après, ceci n’est, encore une fois, qu’un avis personnel. Vous savez bien que je défendrais corps et âmes la famille Kennedy 😉

En bref, cette lecture a été une très bonne découverte pour moi. J’ai aimé me plonger des cet univers aussi fascinant qu’effrayant et surtout j’ai appris énormément de choses. Au cours des ces 316 pages, nous (ré)apprenons à connaître ces personnages célèbres au travers du regard objectif de Michael Munn, et c’est un vrai plaisir!

Note : 17/20

(Je comptais mettre 19 avant l’incident « Bobby Kennedy » aaaaaaaaaaaaaaaaa)Afficher l'image d'origine

Quand Luciano tuait, il ne le faisait pas complètement senza pietà – sans pitié. Il le faisait pour survivre et ne tuait que ceux qui le menaçaient. Ceux qui l’auraient tué ou qui auraient trop parlé. Tel était son mode de vie.

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Si je reste – Gayle Forman

Couverture Si je reste

Résumé :

« Mia a 17 ans, un petit ami que toutes ses copines lui envient, des parents un peu excentriques mais sympas, un petit frère craquant, et la musique occupe le reste de sa vie. Et puis… Et puis vient l’accident de voiture. Désormais seule au monde, Mia a sombré dans un profond coma. Où elle découvre deux choses stupéfiantes : d’abord, elle entend tout ce qu’on dit autour de son lit d’hôpital. Ensuite, elle a une journée seulement pour choisir entre vivre et mourir. C’est à elle de décider. Un choix terrible quand on a 17 ans. »

Mon avis :

Gayle Forman est une auteure dont j’ai adoré la plume dans son livre Les Coeurs fêlés. L’histoire, la façon de la raconter ainsi que les différents personnages ont fait de ce livre un vrai chef d’oeuvre. C’est pourquoi en lisant Si je reste je m’attendais à un très bon livre et je n’ai pas été déçue.

Lors des premières pages, nous découvrons rapidement Mia et sa famille. La jeune fille a 17 ans, son petit frère Teddy en a 8, ses parents qui sont dans la trentaine avancée sont d’anciens rockeurs. Au cours d’une journée enneigée, toute la famille décide d’aller rendre visite à des amis. C’est là que l’accident de voiture se produit. Mia observe alors la scène du drame et elle se voit allongée sur la route et toute ensanglantée. C’est un peu comme si son âme était sortie de son enveloppe charnelle et pouvait voir et entendre tout ce qui se passait aux alentours.

Dans ce livre, nous découvrons donc les différentes personnes qui se rendent au chevet de Mia au cours de son coma : ses grands-parents, Kim (sa meilleure amie) et Adam (son petit ami). Chacun lui dit de faire le bon choix, de rester en vie, de ne pas les abandonner. Mais son grand-père « l’autorise » à partir, si c’est son souhait. C’est d’ailleurs le passage le plus émouvant du livre.

Je tiens à te dire que si tu nous quittes, je le comprendrai. Si tu dois t’en aller, si tu préfères arrêter de te battre, tu peux, Mia. 

J’ai trouvé ce livre vraiment très émouvant. Voir défiler les uns après les autres les personnages suppliant Mia de continuer à se battre est très prenant. On ressent toute leur peine. Cependant, je n’ai versé aucunes larmes lors de ma lecture, tout simplement parce que les scènes se déroulant à l’hôpital sont entrecoupées par des souvenirs de Mia. Sur ce point je rejoins maddie’s bookcase. C’est un peu maladroit de la part de l’auteur d’avoir exposé les souvenirs de cette façon. Surtout qu’à certains moments, deux flash-back se succèdent et par conséquent on perd un le fil de ce qu’il se passait à l’hôpital.

Ce livre mêle drame et histoire d’amour. Car oui, la relation entre Mia et Adam est très présente et est illustrée dans plus de la moitié des flash-backs. Parfois j’ai même eu l’impression que cela prenait le pas sur le coma de Mia. Certes, si ce dernier n’avait pas eu lieu, on n’en saurait pas tant sur leur couple. Mais cela m’a quand même un peu dérangé.

J’ai beaucoup aimé les différents personnages. Ils sont tous très attachants. J’ai également apprécié toutes les références à la musique, que ce soit classique ou rock.

Je vous conseille ce livre, il se lit rapidement et est vraiment très beau.

En ce qui concerne l’adaptation cinématographique, j’aimerais bien la voir! Cependant, dans le le livre, Mia est brune très foncée et a les yeux marrons, ce qui n’est pas vraiment le cas de l’actrice Chloë Moretz. Mais je suis curieuse de savoir comment les réalisateurs se sont débrouillés pour « dédoubler » Mia.

Note : 16/20

Vous croyez que tout dépend des médecins, ou des infirmières, ou de cet équipement ? poursuit-elle en tendant la main vers le mur d’appareils médicaux. Eh bien, non. C’est elle qui mène le jeu. Alors, parlez-lui. Dites-lui qu’elle peut prendre tout le temps qu’elle veut, mais qu’elle revienne. Vous l’attendez.


De la même auteure :

Couverture Là où j'irai

La face cachée de Margo – John Green

Couverture La Face cachée de Margo

Résumé :

« Quentin Jacobsen a passé toute sa vie à aimer la magnifique et aventureuse Margo Roth Spiegelman à distance. Le jour où elle ouvre sa fenêtre et grimpe dans sa vie, habillée comme un ninja et l’invitant dans une ingénieuse quête de revanche, il suit. Après cette nuit blanche, un nouveau jour commence et Quentin découvre en arrivant à l’école que Margo qui avait toujours été une énigme est maintenant devenu un mystère. Mais il apprend bientôt qu’elle a laissé des indices, et qu’ils sont pour lui. Le chemin pour la retrouver est loin d’être tout tracé, et plus il avance, moins il reconnait la fille qu’il croyait connaître. »

Mon avis : 

La Face cachée de Margo (Paper Towns en VO) vient de sortir au cinéma et je voulais lire le livre avant d’aller voir le film. Eh bien après une lecture assez décevante, je n’ai aucune envie d’aller voir l’adaptation cinématographique.

L’an dernier, j’avais beaucoup aimé Nos Etoiles Contraires et la plume de John Green, donc j’ai commencé ce livre sans aucune appréhension. De plus, j’en avais entendu beaucoup de bien.
Cependant, dès les premières pages j’ai été très déçue et je dois dire que le personnage de Margo Roth Spiegelman m’a vraiment agacée. Elle est absolument insupportable, hautaine et prétentieuse. Du moins, c’est la vision que j’ai eu d’elle. L’avantage est qu’elle est peu présente puisque, comme il est dit dans le résumé, elle disparaît.
Quentin Jacobsen va donc partir à sa recherche avec l’aide de ses amis Ben, Marcus dit Radar et Lacey. J’ai bien aimé ces quatre personnages et je trouve que Quentin est très attendrissant.

L’essentiel du livre se concentre donc sur la recherche de Margo. Mais j’ai trouvé l’ensemble très mou! On s’ennuie presque pendant la lecture. Surtout à certains passages lors desquels l’auteur fait une analyse d’un poème de Whalt Whitman pour y trouver des indices que Margo aurait laissé. J’ai vraiment eu l’impression de lire une dissertation sur le poème, c’était assez déroutant et ennuyeux.

Regarde toutes ces impasses, ces rues qui tournent sur elles-mêmes, toutes ces maisons construites pour ne pas durer. Tous ces gens de papier vivant dans leur maison de papier, brûlant l’avenir pour avoir chaud.

En fait, je trouve l’histoire générale sans grand intérêt. C’est paradoxal puisqu’il s’agit tout de même de rechercher une personne disparue. Mais étant donnée que Margo est décrit comme une fugueuse et qu’elle a l’habitude de disparaître pendant des jours entiers sans donner de nouvelles, on se dit qu’il s’agit d’une autre de ses fugues et que si elle avait voulu être retrouvée, elle l’aurait fait savoir.
Contrairement à Nos Etoiles Contraires, où il y avait tout de même une histoire d’amour, des rebondissements et une fin tragique, La Face cachée de Margo est totalement plat. L’histoire d’amour est quasi inexistante, il n’y aucun rebondissements et la fin est trop prévisible. Dès le moment où Margo disparaît, l’auteur ne s’éloigne pas une seule seconde de son intrigue principal et du coup il ne se passe rien d’extraordinaire ou de marquant. Tous les indices sont vite trouvés, ensuite il ne s’agit que d’un monologue intérieur de Quentin qui essaie de déchiffrer cette Margo qu’il connaît si peu et si bien à la fois.

Les gens sont si nombreux. Il est facile d’oublier que le monde est si plein de gens, plein à craquer. Chacun lisible et régulièrement mal lu. 

D’ailleurs, je trouve que le titre français est mal choisi. Car en fait, on se rend compte que le thème de livre est « les villes de papier » et non la « face cachée de Margo ». Le titre original est bien mieux et moins trompeur.
L’affiche du film est tout aussi erronée puisqu’on met Cara Delevingne au premier plan alors que le vrai héros de ce livre est Quentin. Même Ben et Radar ont plus d’importance qu’elle.

C’est vraiment dommage car le style d’écriture de John Green est vraiment agréable, il est fluide et il emploie un vocabulaire très « jeune » (sauf quand il se perd en divagation sur le poème de Whitman). L’histoire n’est pas d’une aussi bonne qualité que la plume de l’auteur est c’est frustrant. C’est pourquoi j’ai envie de lire d’autres de ses œuvres comme Qui es-tu Alaska ? pour me rassurer sur le fait que Nos Etoiles Contraires n’était pas une exception parmi les livres de J. Green.

Je ne vous conseille pas vraiment ce livre.
En ce qui concerne le film je ne pense pas le voir non plus. Car le livre étant mou, et les passages les plus intéressants étant les monologues intérieurs de Quentin, je ne pense pas que l’adaptation pourra être miraculeusement réussie. Par ailleurs, le choix d’un mannequin pour jouer le rôle de Margo alors que celle-ci est censée avoir des formes est assez déroutant.

Note : 12/20

Tout le monde commence comme un vaisseau étanche. Et puis des évènements se produisent, on est quitté, on n’est pas aimé,on n’est pas compris, on ne comprend pas les autres, et on se perd, on se déçoit et on se fait du mal. Le vaisseau commence alors à se fissurer par endroits. Et effectivement, une fois que le bateau prend l’eau, la fin est inéluctable. 

 

Petit éloge des séries télé – Martin Winckler

Couverture Petit éloge des séries télé

Résumé :

« Quelques-uns des droits du sériephile (en hommage à Daniel Pennac dans Comme un roman ) :
Le droit de regarder sans être jugé ou méprisé.
Le droit d’aimer (ou de détester) sans devoir se justifier.
Le droit de revoir indéfiniment ses épisodes préférés.
Le droit de considérer certains personnages comme des amis intimes.
Le droit de rire, de pleurer, de souffrir, d’espérer en regardant un épisode et, une fois qu’il est terminé, de se sentir compris et valorisé, compris et informé. »

Mon avis :

Petit éloge des séries télé est un essai d’à peine 120 pages qui décortique la façon dont les séries télé américaines principalement, mais aussi françaises, sont créées et accueillies par le public. L’auteur cite un grand nombre de séries et dresse donc certains comparatifs entre elles ou leurs points communs. Je dois avouer que je suis impressionnée par le nombre de série qu’il connaît et qu’il regarde!
Certaines d’entre elles sont citées comme des genres de « référence » ; parmi elles on trouve Urgences. J’ai été particulièrement heureuse de retrouver cette série tout au long du livre car elle fait partie de celles qui ont bercé mon enfance et c’est une des rares que j’ai vu en intégralité!

Le livre est très bien structuré dans son ensemble et très agréable à lire. Ce que j’ai aimé, c’est que l’auteur ne se pose pas vraiment en juge. C’est-à-dire qu’il respecte chacune des séries et leurs téléspectateurs. Il ne dit à aucun moment que si on regarde telle ou telle série, on est totalement à côté de la plaque. Au contraire, il incite même les lecteurs à regarder des séries novatrices ou peu connues.

Ce n’est pas le jugement qui fait la qualité d’une oeuvre, c’est le plaisir qu’elle apporte.

Autre point que j’ai apprécié, c’est le parallèle fait entre les séries américaines en VO et en VF. Je suis bien d’accord avec l’auteur sur le fait que le doublage, dans la plupart des cas, dénature la série. Les dialogues ne sont parfois pas les mêmes, l’humour utilisé non plus. De plus j’ai été assez « choquée » d’apprendre que certains doublages modifient complètement le sens de la phrase et peut donner l’impression à ceux qui regardent en VF que le scénariste n’était pas au mieux de sa forme en écrivant cette scène…
L’auteur dénonce aussi la censure qu’exerce les grandes chaînes françaises sur les séries américaines. Certes, il existe des sujets tabous, mais si on ne les évoque pas dans les séries télé, on les abordera jamais! M. Winckler évoque cette censure à travers un exemple bien particulier, celui d’un film sur Hitler : The Rise Of Evil.

Même si les contrats d’exploitation autorisent les diffuseurs à couper ce qu’ils veulent, la singularité de TF1 à l’égard de ce film montre le mépris conjugué de la plus puissant des chaînes françaises pour les oeuvres, le public et la réalité historique.

Enfin, ce petit livre m’a donné envie de découvrir (ou redécouvrir) certaines séries! Par exemple Cold Case, série à laquelle il dédie quelques pages, et dont il fait l’éloge. J’ai déjà regardé quelques épisodes mais j’étais assez jeune et je pense que je n’avais pas saisi toutes les subtilités.

Il n’y a pas vraiment de points négatifs dans cet essai, mais si devais absolument en citer, je dirais que ce livre est très appréciable, mais pour quelqu’un de mon âge, c’est un peu difficile de s’y retrouver dans les « vieilles séries » car on les connaît juste de nom.
Une chose m’a également un peu surprise, c’est que l’auteur ne fait qu’évoquer The Office et ne parle même pas de Parks and Recreation, or ces deux séries ont été très populaire (et le sont toujours) aux Etats-Unis!

Bref, un petit livre très sympathique qui se lit vite et qui est très divertissant!

Note : 16/20

Mais comment reprocher à certains spectateurs de préférer des séries télé dans leur intégralité et en version originale plutôt que dans une mauvaise version française coupée ?