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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux." – Jules Renard

Catégorie: Biographie

L’ennemi, un portrait intellectuel de Carl Schmitt – Gopal Balakrishnan

Couverture L'ennemi : un portrait intellectuel de Carl Schmitt

Résumé :

« Quelle est la part qui demeure vivante dans ce que nous a légué la figure controversée de Carl Schmitt? Pour tenter d’évaluer son actualité, il convient d’évoquer ce que notre situation historique a de commun avec la sienne: l’incertitude de plus en plus forte qui pèse sur la viabilité de certains aspects fondamentaux du statu quo mondial. Au sortir de la guerre froide, l’affirmation de l’imminence d’une fin libérale-démocrate de l’Histoire et l’extension irrésistible du marché mondial aux dépens des Etats-nations préfiguraient, pensait-on, les tendances lourdes du quart de siècle à venir. Or, voici tout à coup que certaines de ces caractéristiques majeures de l’époque semblent en voie de dissolution. Nous assistons aujourd’hui au remplacement controversé des « droits de l’homme » par « l’antiterrorisme » et « le choc des civilisations », à la désignation de l’Islam comme figure de l’ennemi dudit Occident, à la montée inattendue des tensions entre les Etats-Unis et l’Europe continentale, à la remise en cause, pour la première fois en trente ans, de la crédibilité militaire de l’Etat américain à mesure qu’une guerre partisane se déchaîne sur les rives du Tigre, à la fragilisation des accords de non-prolifération, ainsi que – et c’est là peut-être l’élément le plus significatif de ce tableau – à la menace de turbulences économiques dues à la dette d’un Etat américain non solvable et à ses déficits, lesquels pourtant constituent le moteur de l’économie mondiale. En portant le regard plus loin encore, il est aussi possible de discerner, et peut-être de penser, à nouveau, une politique de négations et d’affirmations radicales. Pour le meilleur ou pour le pire, l’actualité de Carl Schmitt va bientôt devenir plus évidente. »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier Babelio et les éditions Amsterdam pour l’envoi de ce livre dans le cadre de la masse critique de septembre.

Lors de la masse critique, L’Ennemi n’était pas l’un de mes premiers choix. En lisant le résumé, je n’ai pas été immédiatement convaincue. Puis en le relisant et en faisant quelques recherches j’ai vu que Carl Schmitt avait tenu un rôle plutôt important dans l’Allemagne nazie. Etant, comme vous le savez, passionnée d’histoire, j’ai eu soudainement envie de découvrir ce livre car je n’avais tout simplement jamais entendu parler de ce Carl Schmitt ! J’étais donc très contente de le recevoir trois semaines plus tard. Mais la déception a été très grande… Jamais je n’oserais dire que ce livre est mauvais. Loin de là. Cependant, malgré toute bonne volonté du monde, je n’ai pas pu dépasser la quarante-septième page.

C’est la première fois que ça m’arrive. C’est la première fois que j’abandonne un livre en étant sûre de ne pas le reprendre plus tard. Mais honnêtement, j’avais beau essayer, je n’y arrivais pas! Ce n’est pas la qualité du livre que je remets en cause. L’auteur étant professeur à UCLA, je me doute bien que son oeuvre est d’une grande qualité. Non, à mes yeux, le problème est que ce livre n’est absolument pas accessible aux gens « ordinaires ». A mon avis, il est réservé aux étudiants de Gopal Balakrishnan ou à des personnes ayant des connaissances très pointues en politique ou théologie politique. Vous allez me dire « oui mais le résumé donne déjà un aperçu du livre, on se doute bien qu’il va être un peu compliqué ». Ce n’est pas totalement faux! Mais après tout, j’ai réussi à comprendre le résumé sans trop de difficulté, à 7h du matin (oui oui, je mets toujours mon réveil tôt pour les masses critiques). Donc il était tout de même abordable! La préface du livre, elle, démarre vraiment sur les chapeaux de roue et j’étais très vite perdue. J’ai voulu persévérer. C’est le fait que ce livre m’ait été envoyé par Babelio et les éditions Amsterdam qui m’a poussé à continuer car si c’était un livre de ma PAL, honnêtement j’aurais arrêté au bout d’une dizaine de pages. Mais je trouvais ça irrespectueux dans le sens où la maison d’édition m’envoie un livre gratuitement et je ne me force même pas à lire… D’ailleurs je culpabilise encore, mais je perdais vraiment mon temps. Je mettais plus de 10 minutes à lire deux pages et encore, je ne comprenais pas totalement ce que je lisais. La phrase (oui oui, c’est une seule phrase) qui m’a convaincue que ce livre n’était vraiment pas fait pour moi a été :

L’un des principaux thèmes qui traversent toutes les études que Georg Lukács consacrera plus tard à cette période de l’Allemagne est la distinction entre le développement d’un idéalisme critique de plus en plus objectif, culminant dans la personne de Hegel et lié aux aspirations progressistes embryonnaires des classes moyennes, et un subjectivisme esthétique réactionnaire qui commence avec les romantiques présageant et illustrant leur impuissance et leur « inféodation » politiques à venir.

Je tenais donc à m’excuser auprès de Babelio et des éditions Amsterdam, mais je n’avais vraiment pas le niveau pour lire ce livre et écrire une critique en n’ayant compris qu’un quart du livre aurait été idiot. Mon jugement n’aurait pas été très fiable!

L’ennemi, un portrait intellectuel de Carl Schmitt – Gopal Balakrishnan

De plus, ce qui m’a dérangé dans ce livre, c’est que le titre mentionne un « portrait » de Carl Schmitt. Je m’attendais donc à une biographie, ponctuée certes d’éléments un peu plus développés, un peu plus « intellectuels ». Cependant, je n’ai pas du tout retrouvé ce côté biographique et j’ai trouvé ça dommage car je ressors de ces 47 pages sans n’avoir rien appris ou presque de Carl Schmitt.
En fait, j’ai trouvé que le contexte était beaucoup trop présent. On parle plus de l’histoire de l’Allemagne d’entre-deux-guerres que de la vie de Carl Schmitt. C’est dommage car si j’avais voulu un livre sur l’Allemagne, j’en aurai acheté un. Or ici je voulais en apprendre plus sur une personne en particulier.

Enfin, mais cela rejoint un peu ce que j’ai dit au début de cette chronique, j’ai trouvé l’écriture trop lourde et le vocabulaire trop spécifique. Les phrases trop longues associées à des mots complexes m’ont vite perdues et je devais relire chaque phrase à plusieurs reprises pour comprendre ne serait-ce qu’à moitié ce que je lisais. Le style d’écriture du résumé n’est pas le même que celui du livre en lui-même et c’est vraiment dommage.

En résumé, je ne vous conseille pas ce livre si vous n’êtes pas férus de théologie politique. L’Ennemi s’adresse à un public très restreint car le vocabulaire est spécifique et le bagage culturel qu’il faut avoir avant de commencer ce livre doit être conséquent. En revanche, ce livre a eu un côté positif puisqu’il m’a donné envie d’en savoir plus sur Carl Schmitt! J’espérais tellement en apprendre sur cet homme que je suis un peu frustrée! J’essaierai donc de trouver une biographie plus adaptée.

Note : 
Ce serait déplacé de mettre une note alors que je n’ai même pas lu un quart du livre.
L’ennemi, un portrait intellectuel de Carl Schmitt – Gopal Balakrishnan

Edith Wharton – Anne Ullmo-Michel

Edith Wharton par Ullmo

Résumé :

« Voyageuse exceptionnelle, Edith Wharton (1862-1937) se souvient des mœurs compassées du « vieux New York » de son enfance. Henry James la nommait « l’ange de la dévastation » ; il l’invita à concentrer son attention critique sur un milieu qu’elle connaissait de l’intérieur et qui nourrit une oeuvre riche et variée. Le temps de l’innocence est loin des romans de la « génération perdue ». Mais il lui valut le Prix Pullitzer (1921) et compte parmi les plus beaux texte américains. Entre nostalgie et iconoclasme, Edith Wharton explore les difficultés d’un moi qui s’insurge à demi-mot contre un univers méticuleusement répressif. »

Mon avis :

Cette année, en cours de littérature, nous allons parler des romancières américaines. C’est pourquoi nous avons eu une liste de livres au début de l’année sur laquelle se trouvait Edith Wharton, la conscience entravée de Anne Ullmo-Michel. J’ai commencé par ce livre-ci car je n’avais jamais entendue parler de cette auteure et j’aime beaucoup lire des biographies (quand elles sont bien écrites, cela va sans dire). C’est donc très curieuse et studieuse (haha) que me suis lancée dans ce livre…

Pour être honnête, je n’étais pas tout à fait à l’aise en écrivant cette chronique. L’auteure de ce livre, Anne Ullmo-Michel, est maître de conférence à l’université de Lille III. C’est donc une personne qui a déjà fait ses preuves et dont le savoir est incontestable. Au début je n’osais pas trop « critiquer » puisque, après tout, je ne suis qu’une élève en deuxième année, et je serais incapable d’écrire un tel livre. Puis j’ai réfléchi et je me suis dit que si ma chronique ne reflétait pas honnêtement mon ressenti sur ma lecture, elle n’avait pas lieu d’être. Voici donc tout ce que ce livre m’a inspiré.

Si l’introduction a répondu à mes attentes, dans le sens où on apprend des choses sur la vie d’Edith Wharton, la suite m’a un peu déconcertée. Le problème n’est pas que ça n’a m’a pas plu, au contraire j’ai trouvé cela très intéressant, mais je pensais vraiment que j’allais lire une biographie. L’histoire de sa vie, de son enfance à sa mort, en passant par son mariage avec Teddy ou son amitié avec Henry James… Mais ce n’était pas du tout le cas. En effet, Anne Ullmo-Michel nous présente ici une étude de l’oeuvre de cette auteure américaine. Certains aspects de sa vie sont évoqués lorsqu’ils sont nécessaires à la compréhension de son oeuvre, mais cela ne va pas plus loin. Il faut attendre la très courte chronologie en fin de livre pour apprendre qu’elle avait deux frères aînés par exemple. J’ai trouvé ça un peu dommage. Si les éléments apportés par l’auteure m’ont intéressés, j’aurais préféré que ce livre soit plus exhaustif. Quitte à faire connaissance avec cette romancière, autant le faire complètement. J’aurai aimé par exemple un livre qui nous parle des événements marquants de sa vie tout en étudiant leur retentissement sur ses écrits.

Elle y évoque sa « faim », ses « privations », son « appétit dévorant » pour tout ce qui se lit et la frénésie avec laquelle elle engloutit indifféremment sermons et poèmes, romans et ouvrages métaphysiques, en anglais, en français ou en allemand le tout exhumé de la bibliothèque d’un père qui se contentait de les accumuler par devoir de caste.

Sur le moment j’ai donc été déçue, mais ce livre ne m’a pas déplu pour autant! Il est vraiment très intéressant et j’ai appris tout un tas de choses sur les œuvres complexes d’Edith Wharton. Il y a beaucoup de subtilités dans ses écrits, beaucoup d’éléments que je n’aurais même pas remarqué si je ne les avais pas étudié dans ce livre. Ici, l’auteure Anne Ullmo-Michel divise son analyse en quatre parties. La première se concentre sur la critique des Nouveaux Riches dans les œuvres d’Edith Wharton, la seconde aborde le sujet du « ballet des apparences » en évoquant notamment les représentations théâtrales et l’art pictural. Le troisième chapitre est une étude approfondie du langage (et surtout des silences) utilisé dans les récits de la romancière américaine. Quant à la quatrième et dernière partie, elle nous fait découvrir les influences et inspirations d’Edith Wharton au travers du personnage de Vance Weston.

La guerre produit sur Edith Wharton un choc tout aussi dévastateur et d’autant plus irréversible que les amis de toujours meurent les uns après les autres, laissant plus évidente encore la béance d’un monde disparu. Si les ruines sont, dans le cas de la terre américaine, essentiellement métaphoriques, elles servent néanmoins de point de départ à Edith Wharton pour l’écriture de ses derniers romans.

Je ne sais pas si un des chapitres m’a intéressé plus qu’un autre. Ils apportent tous des éléments nouveaux qui permettent de rester concentré sur notre lecture. Cependant, le procédé utilisé par l’auteur qui a réussi à capter toute mon attention est l’utilisation des personnages crées par Edith Wharton. Les œuvres de cette dernière sont pleines de nuances imperceptibles, mais que dire alors de ses personnages !? Je n’ai encore jamais lu un seul de ses romans, mais au travers de ce livre, j’ai compris qu’il ne fallait pas se fier aux apparences et analyser les différents personnages qui peuplent ces récits. Ce que j’ai appris de ces protagonistes m’a réellement intéressée, ils sont captivants par leur complexité. De plus, le fait qu’ils connaissent tous, ou presque, un destin tragique ne peut les rendre qu’attachants. Cela m’a donné l’envie de découvrir Ethan Frome, Charity Royall et tous ces personnages emplis de souffrances qui ne peuvent rien contre la fatalité. D’après ce que j’ai compris, Edith Wharton n’a pas eu une vie des plus heureuses. Elle n’aimait pas sa mère, son mari avait des crises de folies, sa liaison avec son amant a pris fin brutalement, elle était sujette à la dépression… Bref, c’est le genre de personne qui externalise sa souffrance en la couchant sur papier, et, c’est triste à dire, mais ce sont souvent ces auteurs qui produisent les plus belles merveilles. J’ai vraiment hâte de lire une de ses œuvres.

Vous l’aurez compris, ce livre m’a globalement plus. En revanche, il y a quelques éléments qui m’ont parfois dérangés. Tout d’abord, si la plume de l’auteur a su rester fluide la plupart du temps, il est arrivé quelque fois que les phrases soient très longues et cela ne facilite pas la compréhension de notions qui peuvent être complexes. Etant donné que ce livre va m’être utile pour la fac, j’ai pris des notes et parfois le flot d’informations dans une seule phrase était tellement dense que je ne savais plus ce que je devais noter… Ensuite, j’ai trouvé regrettable le fait que les citations tirés des livres ne soient pas en langue anglaise. Après tout, j’imagine que ce livre se destine particulièrement aux étudiants en langues étrangères, puisqu’il s’agit d’une étude de l’oeuvre d’Edith Wharton plutôt que d’une vraie biographie. Logiquement, nous devrions donc être à même de comprendre et de pouvoir traduire ces citations nous-mêmes. Cela pourrait même contribuer à l’enrichissement de notre vocabulaire. Pourquoi, par exemple, ne pas avoir mis les citations en anglais avec la traduction dans une note en bas de page ? J’ai trouvé deux citations particulièrement intéressantes et j’ai donc du me débrouiller pour les trouver en version originale sans devoir acheter et lire le livre en intégralité. C’est dommage d’avoir perdu du temps comme ça. Enfin, je n’ai pas vraiment apprécié cette manie qu’a l’auteure de transformer des noms propres en adjectifs, comme dans « une héroïne balzacienne » et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, je ne trouve pas ça particulièrement esthétique ni très gratifiant. Bon, pour être plus franche je trouve ça très moche et je tiquais à chaque fois que mon regard croisait un de ces adjectifs! Non sérieusement, je n’avais jamais vu les mots « proustienne » ou « hawthornien » auparavant, et c’était mieux comme ça ! Mais bref, ce n’est pas très justifié comme remarque haha. Mon principal souci avec ces adjectifs, c’est que l’auteur s’en contentait. C’est-à-dire que le lecteur se trouve face aux expressions « héroïne balzacienne », « réminiscence proustienne », « narrateur hawthornien » sans plus d’explications. A la limite la réminiscence proustienne, tout le monde voit à peu près ce que c’est. Mais pour les autres références, je ne les maîtrise pas assez pour comprendre exactement ce qu’Anne Ullmo-Michel veut dire. Je devais donc rechercher des informations complémentaires, sans me perdre dans des divagations et en n’oubliant pas les rapports avec les personnages d’Edith Wharton. C’était une gymnastique cérébrale qui, par moment, était un peu trop compliquée pour mon petit cerveau.

Rares sont les créateurs épanouis dans les œuvres de Wharton, comme si l’artiste se devait d’être, sinon torturé, du moins caché et subir les brimades que lui impose bien volontiers un univers fondamentalement hostile à la différence.

En résumé, j’ai apprécié ce livre puisqu’il m’a emmené à la découverte d’une auteure dont je ne connaissais rien. J’ai également trouvé certaines phrases très percutantes, elles me seront utiles (je l’espère) lors de mes examens. En revanche, quelques détails m’ont un peu dérangés comme les citations traduites en français. Je regrette également de ne pas en avoir appris plus sur la vie d’Edith Wharton. Je vous conseille cette lecture si vous êtes étudiants en anglais ou si vous êtes vraiment passionnés de littérature. Cependant, si l’analyse du style d’un auteur ne vous intéresse pas, passez votre chemin!

Note : 15/20

La solitude et le silence font partie intégrante des fictions de Wharton comme ils ont peuplé une jeunesse seulement sauvée du néant affectif par une nourrice choyée et une passion dévorante pour les livres.

John F. Kennedy (1917-1963) – Claude Moisy

Couverture John F. Kennedy (1917-1963)

Résumé :

« Issu d’une riche famille irlandaise, John Fitzgerald Kennedy accède à la présidence en 1961 : il devient le premier président catholique de l’histoire des Etats-Unis, et l’un des plus jeunes. Son ascension est savamment orchestrée par son entourage, d’une ambition sans mesure. Derrière son élection se dessine en filigrane la volonté d’établir une dynastie politique. Dynastie politique, mais aussi – surtout ? – médiatique, dont les drames et les victoires ont sans cesse nourri le prestige.
Le destin formidable et tragique de cet homme aussi controversé qu’adulé fit de lui un symbole paradoxal, celui d’une époque troublée et d’une Amérique triomphante. »

Mon avis :

Vous le savez maintenant, l’histoire de la famille Kennedy me passionne et c’est donc logiquement que j’achète tout un tas de livres portant sur le président John F. Kennedy ou un autre membre de sa famille. Cependant, je suis assez exigeante, je sais qu’il n’y a pas des millions de possibilités : soit ça passe, soit ça casse. Par exemple, si le livre de Ian Shircore et David Southwell m’avait bien plu car le contenu était non seulement intéressant mais en plus rédigé d’une manière objective, le livre de Philippe Labro (« On a tiré sur le Président« ) m’avait agacé au plus haut point. En effet, si j’aime lire des biographies, c’est principalement pour l’intérêt historique qu’elles présentent. J’aime apprendre des choses, j’aime connaître l’histoire de notre monde. Seulement, certains auteurs oublient parfois la dimension intellectuelle de la chose pour donner leur propre avis. C’est surtout vrai pour le président Kennedy qui relève plus que jamais du mythe que de la réalité. Certains « biographes » préfèrent s’attarder sur sa vie privée plutôt que sur sa vie politique. Pourtant, sa vie politique, et donc publique, est bien la seule à laquelle nous devrions nous intéresser car personne n’est assez parfait pour juger les mœurs des autres.

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Ce livre n’a vraiment pas su me convaincre, et ce pour diverses raisons. Comme je le disais dans le paragraphe précédent, certains auteurs ne savent pas rester à leur place et se permettent de critiquer des choses qui ne nous concernent absolument pas. Claude Moisy ne déroge pas à la règle. Il se permet des commentaires que j’ai trouvé plus horripilant les uns que les autres. Outre John F. Kennedy, cet auteur se permet de formuler des critiques sur d’autres membres de la famille. Qu’ils s’en prennent à Joe Sr (le père) en affirmant qu’il a trempé dans des affaires mafieuses et autres magouilles, d’accord, qu’il critique les prises de positions politiques de Bobby, pourquoi pas, mais qu’il ose faire le procès de Joe Jr, ça ne passe absolument pas. Pour vous faire un petit topo, Joe Jr, le grand frère de JFK, était pilote d’avion pendant la seconde guerre mondiale. Le 12 août 1944, il participait à une mission secrète au cours de laquelle il devait piloter un avion rempli d’explosifs. Une fois l’avion à la bonne hauteur et dans la bonne direction, lui et son coéquipier devaient s’expulser pour que l’avion s’écrase sur une base allemande située en France. Seulement, suite à une défaillance, son avion a explosé avant qu’il n’ait pu en sortir. Alors certes, j’apprécie Joe Jr car c’est un Kennedy, mais surtout car c’est un soldat qui a perdu la vie pour que nous gagnons notre liberté. Le jour où Claude Moisy accomplira un acte héroïque de la sorte, il pourra peut-être critiquer ce qu’ont fait nos libérateurs. De plus, il se permet également de critiquer la façon dont JFK s’est comporté, à bord du PT-109, au large du Pacifique pendant la seconde guerre mondiale. On croit rêver…

Avec cinquante ans de recul, on peut se demander si ce « mythe Kennedy » ne doit pas davantage à la projection médiatique de son charisme personnel qu’aux réels accomplissements de son administration.

Plus qu’une biographie sur John F. Kennedy, ce livre est une étude de l’influence de Joe Sr sur toute la famille. Je sais bien que ce père était très présent, qu’il était à l’origine de la carrière politique de ses fils, mais tout de même. D’ailleurs, à partir de 1961, année de l’investiture de Kennedy, il n’est plus du tout question du père. Mais l’auteur a tellement rabâché que JFK ne pouvait rien faire sans son petit papa, qu’un lecteur ne connaissant pas vraiment la famille Kennedy, peut s’imaginer que même si on n’en parle pas, le père tire toujours les ficelles en coulisse. Seulement, ce n’est pas le cas puisqu’il a fait un AVC en 1961 qui l’a privé de tous ses moyens. Ceci n’est précisé qu’à la toute fin, en une petite phrase… L’auteur induit en erreur.
En ce qui concerne la famille, une autre chose m’a dérangé. On parle de JFK bien sûr, du père et du frère Bobby. Quant aux autres, ils sont à peine mentionnés. Rose, la mère, qui a pourtant eu un grand rôle dans la vie de ses enfants n’a pas sa place dans ce livre, il en est de même pour le petit frère Ted ainsi que les sœurs Rosemary, Kathleen, Eunice, Patricia et Jean. Ce qui est étrange, c’est que l’auteur répète à de multiples reprises que John F. Kennedy n’aurait jamais été élu sans sa famille. Mais il en parle si peu. C’est contradictoire…

Enfin, dernière petite critique sur le fond même de cette biographie : certaines informations sont inexactes. Parfois elles sont justes approximatives mais d’autres fois elles sont fausses (comme une des infos concernant la mort de Kathleen). Pour une biographie rédigée par l’ancien directeur de l’Agence France Presse, je m’attendais au moins à une documentation correcte. Ce n’était malheureusement pas le cas.

Passons maintenant à la forme. Ce livre est divisé en chapitres : « La jeunesse dorée », « La conquête du pouvoir » et « La Maison Blanche ». Si les deux premiers chapitres sont bien construits, dans le sens chronologique, le dernier est plus que brouillon. Les dates sont mélangées, parfois dans un même paragraphe et on a du mal à s’y retrouver.
Au sein de ces chapitres, on retrouve des petites sous-parties qui, à mon avis, n’ont pas grand intérêt. Je trouve que ces parties ne sont pas clairement définies. Le texte lui-même est un peu flou à certains endroits. En clair, je n’ai pas accroché à la plume de l’auteur.

John aime surtout, dès le plus jeune âge, se tenir à l’écart du gros de la troupe et de ses activités commandées pour lire dans le secret de sa chambre ou d’un coin du jardin.

Ce livre est court. Ce n’était pas plus mal étant donné que j’avais l’impression de perdre mon temps en le lisant! C’était donc un point positif tout en étant un point négatif. En effet, j’ai trouvé cette biographie beaucoup trop succincte. John F. Kennedy est une personne complexe. Sa vie ne se résume pas à « sexe, drogue et politique », contrairement à l’impression qu’en donne Claude Moisy. Il n’a pas abordé toutes ces facettes et honnêtement, si on base uniquement sur cette biographie, JFK semblait être un homme détestable. Je ne comprends pas l’utilité d’écrire une biographie sur un personnage historique que l’on n’aime pas.

En bref, si vous ne deviez lire qu’une biographie du président Kennedy, ne lisez pas celle-ci. Elle est trop courte, trop simple pour aborder toute la complexité du personnage. De plus, la subjectivité de l’auteur ne permet pas au lecteur de se faire sa propre opinion.

Note : 6/20
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Son élection a réellement fait naître dans le pays un espoir de changement, une fraîcheur nouvelle, qui ont touché toutes les couches de la population.

La Nostalgie heureuse – Amélie Nothomb

Couverture La nostalgie heureuse

Résumé :

« Cela faisait seize ans qu’Amélie Nothomb n’était pas retournée au Japon, ce pays qu’elle n’a cessé d’imaginer, de réinventer. Sous sa plume et dans son coeur, il était devenu fiction. Mais dans ce récit autobiographique, tout se veut réel. L’auteur de Stupeur et tremblements retrouve des lieux, des êtres qui ont compté (Nishio-san, sa nounou adorée et l’amoureux éconduit de ses 20 ans), nous raconte ses émotions, ses impressions. Elle évoque ses rapports avec la langue apprise dans son enfance, puis oubliée. Et laisse, sans crainte ni regrets, remonter les souvenirs. »

Mon avis :

Voici déjà ma cinquième lecture de la fabuleuse écrivaine qu’est Amélie Nothomb. Tout comme Stupeurs et tremblements, il s’agit d’un récit autobiographique. Même si j’avais beaucoup aimé ce dernier, je me suis rendue compte que je l’avais moins apprécié que les œuvres non-autobiographiques de cet auteur. Je n’avais pas eu le même enthousiasme et surtout je n’avais pas eu de coup de cœur. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’appréhendais ma lecture de La Nostalgie heureuse, mais j’avais peur que cette petite pointe de déception refasse surface. Eh bien… J’avais tort. J’ai trouvé ce livre très intéressant, addictif, émouvant, passionnant… Bref, un Amélie Nothomb comme on les aime!

– Non. Il n’y a pas de Mizuno à Tokyo.
Il ne s’en rendait pas compte, mais cela revenait à dire qu’il n’y avait pas de Durand à Paris. Rinri est un prénom aussi exceptionnel que, chez nous, Athanase, sans doute pour compenser la banalité de son nom.

Dans La Nostalgie heureuse, l’auteure nous raconte son voyage au Japon en 2012. Une équipe de télévision voulait réaliser un reportage sur les traces d’Amélie Nothomb au pays du Soleil Levant. Or, cela fait seize longues années qu’elle n’y a pas été et elle est nostalgique à la moindre évocation de ses souvenirs d’enfance. En effet, l’une des personnages ayant le plus marqué ses jeunes années n’est autre que sa nourrice, Nishio-san, qu’elle considérait comme sa deuxième maman, et qu’elle est sur le point de revoir après tout ce temps. C’est également au Japon qu’elle a rencontré Rinri, un jeune homme fou amoureux d’elle qui gardera toujours une place spéciale dans son coeur. En réalité, plus qu’un livre autobiographique, c’est un véritable journal intime dans lequel Amélie Nothomb nous dévoile ses sentiments les plus enfouis…

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Que dire à part « wouah » ? Honnêtement, j’ai un peu de mal à trouver les mots pour décrire ce que j’ai ressenti pendant cette lecture, c’était tellement… intense. Quand on lit une oeuvre de cette auteure, on se retrouve au milieu d’un univers qui parait parfois un peu étrange. En revanche, dans La Nostalgie heureuse, c’est bien la réalité et non la fiction qu’Amélie Nothomb décrit. Nous ne sommes pas au cœur d’un monde fictionnel dans lequel on aime se réfugier en tant que lecteurs, on se retrouve face à une réalité que l’on ne connait que trop. De plus, l’auteure se met véritablement à nu. Elle ne cherche pas à cacher les détails un peu trop personnels de son histoire, bien au contraire. Cela est loin d’être anodin car, les confessions de l’auteure associées à l’omniprésence de la réalité, poussent le lecteur à se poser des questions sur sa propre réalité et ses propres sentiments. Cette lecture a donc été, pour moi, très intense du début à la fin.

A la question de savoir si la madeleine de Proust est nostalgique ou natsukashii, elle penche pour la deuxième option. Proust est un auteur nippon.

Amélie Nothomb a indiscutablement un don pour l’écriture, mais bien sûr, je ne vous apprends rien. C’est justement ce talent qui fait qu’elle est capable de décrire ses sentiments avec une telle exactitude que c’en est presque effrayant. Parfois on a l’impression d’être la seule personne au monde à ressentir telle ou telle émotion, on pense que personne n’a jamais été aussi heureux ou malheureux que nous. Lisez ce livre et vous changerez d’avis. Vous vous rendrez compte que l’auteure arrive à mettre des mots sur des émotions très complexes que l’on a tous déjà ressenti au moins une fois dans notre vie.

Il ne reste rien du kenshō, sinon le genre de gueule de bois particulière qui succède aux extases prolongées : je suis à bout, sans énergie, un lambeau de néant fatigué.

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Vous l’aurez donc compris, le gros point fort de ce livre est son côté très personnel. Cela est d’autant plus émouvant que l’histoire dont nous fait part Amélie Nothomb est très touchante. Comme elle le dit au début de son livre, elle a vécu ses premières années au Japon. Elle allait à l’école japonaise, aimait aller au parc admirer les cerisiers en fleurs, était en adoration devant sa nourrice et tout à coup, son père ne travaillant plus à l’ambassade de Belgique dans ce pays, elle est arrachée au pays où elle a tous ses repères. Tout semblait si parfait qu’elle avait parfois l’impression d’avoir inventé tous ses souvenirs, que tous ceux-ci n’était que le fruit de son imagination et qu’elle n’avait jamais vécue toute ces choses si merveilleuses. Lorsqu’elle retourne dans ce pays, c’est toute son enfance et également sa jeune vie d’adulte (puisqu’elle y ait retourné vers l’âge de vingt ans) qui lui reviennent en mémoire. Lorsqu’elle revoit Nishio-san et Rinri, elle peine à croire qu’elle a réellement vécu à leur côté. Tout s’est passé il y a si longtemps qu’elle a encore du mal à y croire. J’ai trouvé ça très émouvant car, sauf si on l’a vécu, on ne peut qu’imaginer ce que ça fait d’être déracinée à l’âge de cinq ans, de devoir recommencer sa vie à zéro comme si la précédente n’avait jamais eue lieue.

Pourvu que ce soit un enlèvement. Ce chauffeur travaille pour la yakuza, qui demandera une rançon à mon éditeur. Et ce dernier ne la versera pas, trop content d’avoir trouvé une manière si romanesque de se débarrasser de moi.

En résumé, ce livre est littéralement une grosse claque. On est submergé par toutes les émotions qu’a ressenti Amélie Nothomb lors de son voyage au Japon. Bien évidemment, ce livre m’a donné envie de continuer ma découverte de l’oeuvre de cette auteure, en général. Mais, plus particulièrement, il me pousse à découvrir le livre Ni d’Eve ni d’Adam qui raconte son idylle avec Rinri. J’ai vraiment hâte de le lire et d’en apprendre plus sur leur relation et sur les raisons qui ont poussé Amélie Nothomb à ne pas s’unir à lui pour la vie…

Note : 20/20
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Les installations portuaires sont aussi anéanties que si elles avaient été bombardées. Il faut un effort constant de la mémoire pour se rappeler qu’une telle destruction est l’oeuvre de la nature : dans un saccage aussi laid, on croirait reconnaître la patte de l’homme.


De la même auteure :

Couverture Stupeur et tremblements

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Lettre à Hervé – Eric Sagan

Lettre à Hervé par Sagan

Résumé :

« Pour parler de ce livre, il faut raconter l’histoire du livre lui-même.
Il était une fois un garçon d’une vingtaine d’années. Qui tombe amoureux d’un mec. D’un mec hétéro. Rien de très original.
Mais ce garçon se met en tête d’écrire une lettre. Dans cette lettre, il va raconter sa vie, son enfance, ses peurs, ses péripéties d’enfant normal, ou presque, péripéties touchantes, souvent drôles, parfois choquantes, toujours humaines.
Cette lettre il la donne à Hervé. Et il la donnera également plus tard à ses parents, en se rendant compte qu’il n’avait jamais rien écrit de mieux pour expliquer qu’il était différent. Des années passent. Il reçoit alors l’appel d’un inconnu : le psychologue de son père. Il apprend que son père s’était lui aussi servi de cette fameuse lettre, pour parler de son fils sur le divan. Pourquoi ce psy avait-il appelé ? Pour demander l’autorisation de faire lire cette lettre à un autre patient, dont le fils était gay, lui aussi. Pour l’aider à accepter son fils.
Cette histoire, vraie, et d’autres événements de la vie, allaient finir par convaincre l’auteur de publier cette lettre, sous forme de fiction, en préservant l’authenticité de l’original. »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier le site Babelio et l’auteur Eric Sagan pour l’envoi de ce livre.

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Dans le petit mot qui accompagnait le livre, l’auteur a écrit « Ce n’est pas une histoire d’amour. C’est l’histoire d’une déclaration d’amour ». Ce sont ces mots qui m’ont vraiment donné envie de découvrir ce livre. Et je n’ai pas été déçue. J’ai même été très touchée, surtout à la fin.

Ce que je vais te raconter, j’aurais été incapable de le faire face à toi. C’est tellement plus simple de parler à du papier. C’est gentil le papier, ça absorbe l’encre bien noire, gentiment, sans rien dire. Ça ne dit rien, ça accepte tout.

Dans ce livre nous apprenons à connaître l’auteur. Au travers de la lettre, il nous décrit son enfance, son adolescence, toutes les expériences qui ont fait de lui ce qu’il est aujourd’hui (du moins ce qu’il était au moment de l’écriture de ces lettres). C’est un récit très personnel, dans lequel l’auteur ne cherche pas à cacher ses fragilités, et c’est pour cela que j’ai apprécié. On sent bien que l’auteur ne cherche pas à se créer un personnage pour plaire au destinataire de la lettre. Au contraire, il se dévoile complètement.
En revanche, contrairement à ce que la quatrième de couverture pourrait laisser croire, il ne justifie pas son homosexualité. Ce n’est pas un livre centré sur un jeune homme se rendant compte qu’il est attiré par les hommes, ni sur la façon de faire son coming-out. C’est l’histoire d’un jeune homme point. Ce jeune homme, certes, est gay. Mais ce n’est pas cela l’essence même du livre. Cette lettre est seulement un récit innocent de la vie de l’auteur, destiné à Hervé, une personne qu’il aime assez pour se confier à lui sur ses expériences passées, qu’elles soient drôles, embarrassantes ou juste anecdotiques. A travers cette lettre, on ressent vraiment l’amour que l’auteur porte à Hervé. C’est très touchant. Surtout quand certaines phrases sont inachevées, qu’une ligne ne contient qu’un « je… », comme s’il avait réellement peur de dire quelque chose qui pourrait déplaire à son destinataire, quelque chose qui le ferait renoncer à lire l’intégralité de cette lettre.

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J’ai lu cette lettre en une heure. Une fois commencée, je n’ai pas pu en décrocher. En réalité, l’écriture est tellement simple (simple, pas simpliste), tellement fluide et touchante à la fois, qu’on tourne les pages mécaniquement. On veut en savoir plus sur cet enfant qui préférait se plonger dans des livres que de shooter dans un ballon, sur cet adolescent et ses premières expériences avec les filles comme avec les garçons. En fait, je crois qu’on s’attache à l’auteur, comme si la lettre nous était destiné.

Si cela devait être la faute de quelqu’un, c’est évidemment celle des gens « normaux », en tout cas majoritaires, qui ne peuvent s’empêcher de ridiculiser ceux qu’ils ne comprennent pas. Ces gens normaux qui sont même parvenus à me faire ressentir du dégoût pour des mecs qui, comme moi pourtant, aiment d’autres garçons. Qui sont parvenus à me faire croire que je n’étais pas gay.

Comme je l’ai déjà dit plus haut, ce récit est réellement touchant. Je crois que c’est sa principale qualité : l’émotion. Quant à la fin du récit, je ne m’y attendais pas. Vous allez me dire, que peut-il y avoir de surprenant à la fin d’une déclaration d’amour ? Lisez-le, et vous le verrez. Mais je dois bien avouer que la dernière page, m’a toute chamboulée, j’étais au bord des larmes. (Sensibilité, quand tu nous tiens !)

J’étais certainement intelligent. Au sens bête. De cette intelligence qui permet d’avoir de bonnes notes à l’école. De cette intelligence stupide qui pousse à se croire supérieur aux autres et à vouloir les écraser. De cette intelligence maudite qui apporte l’exclusion.

Ma chronique est courte. Le récit l’est aussi (une centaine de pages). Une longue chronique serait disproportionnée et serait surtout inutile. La lettre reste belle, tout en étant simple. La décortiquer dans un article de blog de 2000 mots serait totalement incohérent. Tout ce qu’il me reste à dire c’est que je vous encourage à découvrir cette lettre émouvante. Elle se lit vite, et je vous assure que ce ne sera pas une perte de temps.

Note : 

A vrai dire, pour la première fois sur le blog, je n’ai pas envie de noter un livre. Car ce n’est pas un livre comme les autres. Le noter reviendrait à porter un jugement sur la vie et les sentiments de l’auteur.

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Je ne peux me résoudre à rentrer dans le moule, avoir une maison, un chien, deux enfants, trois télés, et passer mes week-ends à tondre la pelouse, avec ma tendre épouse qui me regarde, souriante, par la fenêtre, en m’appelant « mon chéri ».
Décidément non.

J’ai besoin d’espace, d’imprévus, de défis de quelqu’un d’assez taré pour avoir envie de courir un marathon, de partir en moto, sous la pluie, faire une randonnée dans les Alpes en hiver.