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"Quand je pense à tous les livres qu'il me reste à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux." – Jules Renard

Catégorie: Aventure

Tome 03 : Tintin en Amérique – Hergé

Couverture Les aventures de Tintin, tome 03 : Tintin en Amérique

Résumé :

« L’histoire se passe aux États-Unis à l’époque de la Prohibition. Tintin arrivé à Chicago juste après son voyage au Congo où il avait démantelé un trafic de diamants organisé par Al Capone. Tintin est enlevé par ce dernier dès son arrivée. »

Mon avis :

Comme je vous l’avais dit dans mon article sur Tintin au Congo, je me suis lancée dans la relecture des aventures du jeune reporter. J’avais été un peu déçue lors de ma relecture du deuxième tome, car je ne retrouvais pas ce « petit quelque chose » qui m’avait tant fait rêvé quand j’étais enfant. Il semblerait que j’ai un regard plus adulte sur ces bandes-dessinées et donc forcément plus critique. Le schéma s’est répété pour Tintin en Amérique : si ce tome m’a fait passé un moment de lecture plutôt agréable, plusieurs éléments m’ont malheureusement dérangés.

Dans ce nouvel épisode des aventures de Tintin, le jeune reporter belge se retrouve à Chicago, ville dans laquelle sévit de puissantes organisations criminelles. Souvenez vous, lors de son escapade au Congo, Tintin avait permis le démantèlement d’un trafic de diamant. Or, ce trafic était orchestré par nul autre que le terrible Al Capone, génie de la mafia. Ce bandit, n’étant pas réputé pour sa clémence, ordonne l’enlèvement de Tintin dès son arrivée sur le sol américain. Si le reporter se laisse prendre au piège, il trouve rapidement un moyen de s’échapper. Il décide alors de traquer son ravisseur. S’en suit de nombreuses aventures qui vont l’amener à rencontrer de dangereux criminels, des Peaux-Rouges ou encore de vrais cow-boys. Avec toutes les menaces qui pèsent sur sa vie, Tintin sortira-t-il indemne de ce périple au pays de l’Oncle Sam ?

Le voilà, ce fameux reporter ! Et c’est ce petit freluquet-là qui voulait s’attaquer à moi, le roi des bandits de Chicago ?

J’avais lu cette bande-dessinée il y a quelques années mais visiblement, je ne m’en souvenais plus très bien ! Je savais que Tintin faisait face à la mafia et qu’il allait rencontrer des indiens, mais je ne me rappelais pas des petits détails comme par exemple… la présence d’Al Capone. Certes quand j’étais petite je ne m’intéressais pas encore à l’histoire de la mafia aux Etats-Unis, donc cela ne m’a pas forcément marqué! Le problème est que, autant je trouve que l’histoire de Lucky Luciano ou de Sam Giancana est captivante, autant Al Capone ne m’intéresse absolument pas. Je ne saurais pas trop comment l’expliquer, c’est comme ça, je ne l’aime pas! Donc quand j’ai lu les premières pages de Tintin en Amérique et que j’ai vu que le gangster avait une grosse balafre sur la joue… j’étais déçue. Je trouve ça dommage qu’Hergé ait utilisé un personnage qui a réellement existé. C’est bien qu’il s’inspire du contexte historique, comme dans Tintin au pays des Soviets. Et même, s’il n’avait fait que citer le nom de ce cher Alphonse, j’aurais dit pourquoi pas! Mais que Tintin le rencontre en personne… ce n’est pas terrible. Quand on connaît la réalité historique, quand on sait qui était Al Capone, on sait que Tintin n’aurait jamais pu sortir vivant de cette situation. Alors oui, c’est une fiction. Oui, Tintin est très malin. Mais il y a déjà tellement de situations aberrantes qu’il serait souhaitable que les personnages secondaires soient un minimum cohérents.

En relisant Tintin au Congo, j’avais été choqué par certains propos ou par certaines scènes. Entre les allusions racistes et le braconnage, j’avoue que j’aurai préféré retrouvé la naïveté de mon enfance car Tintin devenait un personnage détestable à mes yeux. Malheureusement, Tintin en Amérique m’a fait revivre cette désagréable sensation. Je crois que ce qui m’a le plus dérangé, c’est la scène où Tintin et Milou s’apprêtent à rencontrer des Peaux-Rouges.

Mais… mais… On ne va tout de même pas aller chez les Peaux-Rouges, dis, Tintin ?…

Ou plus loin :

S’ils se figurent que je vais adresser la parole à des chiens de peaux rouges !…

Lorsqu’on les voit, ces indiens d’Amérique, ils nous apparaissent comme des sauvages et comme des êtres naïfs prêts à croire tout ce qu’un « visage pâle » leur dit. Avouez que c’est une représentation bien peu flatteuse. Si Milou se montre particulièrement insultant avec eux, personne n’en est pour le moins épargné. En plein milieu de la bande-dessinée, alors que Tintin fait un somme, un bandit arrive après avoir braqué une banque. Ce bandit n’est pas important dans l’histoire. Il va avoir une petite incidence mais bon, ce n’est pas un personnage fondamental. Son nom ? On s’en fiche pas mal. Sa façon de s’habiller ? Egalement. Je me demande donc pourquoi Hergé a pris la peine de lui donner un nom à consonance hispanique et de lui dessiner un accoutrement digne d’un mariachis. Certains se disent sûrement que je vais trop loin. C’est peut-être vrai, mais voilà, c’est un détail qui m’a dérangé.

Dans mes deux articles précédents sur les Aventures de Tintin j’avais déploré les situations plus abracadabrantesques les unes que les autres. Ici, Tintin trouve encore des solutions très étonnantes pour se sortir de la panade comme lorsqu’il scie la porte de la voiture pour s’échapper après son enlèvement (personnellement, je connais peu de gens qui se promènent avec une scie dans leur sac). Cependant, j’ai trouvé que ce tome mettait en scène des situations plus « rationnelles ». Tout est relatif bien sûr, mais j’ai trouvé que Tintin ne passait plus pour un sur-homme mais bien pour un jeune reporter qui a plus d’un tour dans son sac. C’est déjà plus sympathique!

De plus, j’ai encore une fois apprécié la relation qui unie Tintin et Milou. Maître et chien sont tous les deux prêts à sacrifier leur vie pour sauver celle de l’autre et, je le répète, c’est là le point fort de cette série de bande-dessinée! Pas d’histoire sans Tintin, pas d’histoire sans Milou. Lorsqu’un des deux est enlevé ou se perd, on sait que l’autre va tout faire pour le retrouver. C’est quelque chose auquel on peut se raccrocher lorsque le contexte ou l’histoire en elle-même nous déçoit un peu.

Enfin, bien que je n’ai retrouvé pas toute l’excitation de mon enfance quand j’ai relu ce tome, j’ai apprécié les dessins, les couleurs (surtout quand on se retrouve au milieu des indiens) et le style d’écriture. Les dialogues ne sont pas trop lourds, ils se lisent facilement. De plus cette BD est tout de même assez courte donc c’est une lecture très rapide.

Pour résumer, je dirais que j’aimerais beaucoup retrouver mes yeux d’enfants quand je lis une bande-dessinée de Tintin. Je ne sais pas si c’est parce que je fais des études de langue et que, par conséquent, j’analyse plus facilement ce que je lis ou si c’est simplement parce que j’ai grandi, mais je me sens parfois mal à l’aise devant certaines phrases. Si au premier abord elles semblent anodines, on se rend compte que dans le contexte, elles peuvent être insultantes… Même si cela casse un peu le mythe de mon enfance, je vais continuer les relectures des Aventures de Tintin. Qui sait ? Peut-être que l’auteur se rattrape sur les tomes suivants ?

Oh et j’ai une petite question pour vous : quel est votre tome préféré des Aventures de Tintin ?

Note : 13/20

Dites donc, vous ne savez sans doute pas que les travestis sont interdits dans la ville ? Et puis, faites attention aux autos ! Vous vous croyez sans doute au Far West !


Du même auteur :

Couverture Les aventures de Tintin, tome 01 : Tintin au pays des soviets Couverture Les aventures de Tintin, tome 02 : Tintin au congo

De foi et de sang – Pierre Gief

Couverture De foi et de sang

Résumé :

« Aux marches de Bretagne, peu avant l’an 800, trois jeune bénédictins cheminent vers un destin incertain et fragile. Leur évêque Théodulphe, zélé propagateur de la politique du roi Charles le Grand, leur a confié mission. Il leur faut bâtir une de ces abbayes nouvelles qui fleurissent sur toute la Francie. Sous le poids d’un enjeu qui souvent les dépasse, ils affrontent avec candeur et humour l’indépendance farouche des hobereaux locaux, leurs luttes d’influence, la méfiance des habitants et le jeu ambigu des moines celtes implantés là depuis plusieurs siècles. Au pays d’Armorique, fascinant et magique, qui des dieux ou des hommes obtiendra préséance ? »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier Annabelle qui a organisé le concours grâce auquel j’ai remporté ce livre. Je remercie également l’auteur, Pierre Gief, pour la jolie dédicace.

Si j’ai participé au concours pour remporter De foi et de sang, c’est principalement parce que j’aime les livres historiques. Je crois que c’est vraiment mon genre littéraire de prédilection. Seulement, je suis plus habituée aux livres se déroulant pendant une guerre mondiale, pendant la guerre froide ou même pendant le règne du Roi Soleil. Je crois bien que je n’avais jamais lu une histoire se déroulant à l’époque de Charles Ier. C’était donc une première pour moi et j’ai été conquise…

Dans ce livre, nous faisons la connaissance de Marcus Tête Grise, un jeune moine bénédictin. Il a été missionnée par l’évêque Théodulphe pour la création d’une abbaye en Bretagne. Or, à cette époque, les Francs et les Bretons étaient loin de s’entendre et ces derniers étaient, certes, catholiques mais ils obéissaient aux règles de croyance celtes. La tâche confiée à Marcus va donc être très compliquée à accomplir, c’est pourquoi il est accompagné de deux autres jeunes moines, Arnulf et Yvo. Une fois arrivé en Armorique, les trois bénédictins rejoignent Armérius, un comte franc qui doit veiller à la coopération des Bretons et principalement à celle de leur seigneur, Garlond Le Fort, aussi rebelle qu’imbu de sa personne. L’installation d’une abbaye n’est pas chose aisée en ces terres hostiles, mais Marcus et ses amis vont rivaliser d’ingéniosité et de bonne volonté afin de mener leur mission à bien. En compagnie de la mystérieuse Annez La Torte, du soldat Pépin, de la jolie Maëlwen, des Bretons cherchant refuge ou encore du barde Llewellyn, les jeunes moines vont vivre des aventures palpitantes et parfois effrayantes sans jamais perdre leur foi ni leur enthousiasme.

Les soirées murmurées, disputées, approuvées, contredites avec respect, animées avec humour et bienveillance lièrent ces trois hommes à jamais d’une amitié indéfectible.

En lisant pour la première fois le résumé de ce livre, je vous avoue que j’étais sceptique. J’avais peur que ce livre soit beaucoup trop porté sur la religion et très peu sur le contexte historique. C’est la chronique d’Annabelle qui m’a fait changé d’avis et j’ai eu raison de l’écouter ! Bien qu’omniprésente, la religion n’est pas oppressante dans le sens où les prières des moines ne sont pas retranscrites par exemple. Cette croyance en Dieu se lit entre chaque ligne, on est conscient de la foi qui anime les moines. Cependant, cette foi pousse les personnages à soulever des montagnes et c’est sur cela que l’on se concentre plutôt que sur leur religion en elle-même. Donc, si comme moi vous n’êtes pas particulièrement attiré par tout ce qui concerne les différentes religions, soyez rassurés, vous pouvez vous lancer dans ce livre sans crainte de vous ennuyer!

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L’histoire de ce livre est, en elle-même, intéressante. Mais ce qui la rend vraiment concrète et passionnante, ce sont les personnages qui la portent. Je crois bien qu’ils m’ont tous plu. Enfin, quand je dis qu’ils m’ont plu, je ne dis pas que je les ai tous aimé! Non bien sûr, il y en a qui sont absolument détestables (comprenez le fier Garlond ou l’irascible Condat) mais ils n’en sont pas moins fascinants. Ce ne sont pas juste des « méchants », ils ont une personnalité bien plus complexe que j’ai pris plaisir à découvrir.
J’ai eu un gros coup de cœur pour Marcus. Il est jeune, un peu naïf et désireux d’accomplir sa mission. Il a été désigné par Théodulphe comme Père de la futur abbaye, c’est donc à lui qu’incombe la responsabilité de faire de ce rêve une réalité et surtout de transformer un simple lopin de terre en un village presque autonome avec son église, ses cultures, son four, sa forge etc. Une grande confiance a été placée en lui par son supérieur et pourtant, il reste humble. Même lorsqu’il s’agit de réprimander ses frères moines, il se montre conciliant et très clément. Ce jeune Marcus n’agit pas dans le but de se faire apprécier de tout le monde et c’est justement ce qui le rend si attachant… D’ailleurs, la vision que j’ai eu de Marcus ressemble grandement à la vision que celui-ci a de Maëlwen.
Maëlwen est une jeune fille très douce et candide qui après avoir servi Garlond se dévoue à l’abbaye et à ses occupants. Elle va peu à peu se rapprocher de Marcus et ne va pas cacher qu’il fait battre son coeur… Je l’ai également trouvé très attachante. Je ne vais pas détailler tous les personnages, cela prendrait trop de temps et serait un peu lassant pour vous! En bref, le personnage de Pépin m’a bien fait rire, celui d’Armérius m’a impressionné par sa force physique et morale, Llewellyn m’a conquise par sa jovialité et Arnulf m’a attendri par sa maladresse. Quant à Yvo, je ne suis pas sûre d’avoir réussi à le cerner, c’est un personnage assez complexe et c’est justement ce qui le rend intéressant.

« Pour être laide grand-mère, vous êtes laide ! »
La femme secoua la tête et rit sans se cacher cette fois, ce qui ne fit qu’accentuer ses traits simiesques.

« Je fais toujours cet effet là ! … Même ma mère a eu peur de moi à ma naissance ! »

La plume de l’auteur a mis quelques temps à me convaincre. En effet, les premiers chapitres introduisent le contexte plus que l’histoire en elle-même. C’est pourquoi ils sont assez lourds en description de personnages et de paysages. De plus, Pierre Gief écrit d’une façon assez bucolique et poétique. Ce n’est pas un frein à ma lecture mais j’avoue que je suis insensible à toutes ces représentations romantiques (une touffe d’herbe reste une touffe d’herbe, peu importe comme on la décrit !). Bien sûr, je comprends que cela embellisse l’histoire pour un grand nombre d’entre vous et c’est tant mieux d’ailleurs car je n’ai sûrement pas apprécié le talent de l’auteur à sa juste valeur. En revanche, le fait que l’auteur décrive avec beaucoup de précision est un véritable avantage lors des batailles ou des événements « exceptionnels » (dur de dire le mot juste sans spoilé!).  D’ailleurs, ces batailles et autres événements rythment parfaitement ce livre. Dès que l’histoire est lancé, à partir du troisième chapitre principalement, on ne s’ennuie pas à un seul instant. Il y a de nombreux rebondissements, plus inattendus les uns que les autres!

En résumé, je suis sorti de mes sentiers battus en me lançant dans ce livre et je ne l’ai pas regretté. J’ai appris beaucoup de choses sur cette époque de l’histoire de France que ce soit sur la guerre entre Francs et Bretons ou sur la prédominance de la religion dans la société. Mes premières appréhensions ont vite été dépassées par l’histoire captivante. Je vous conseille vivement ce roman d’aventures, vous ne serez pas déçus!

Note : 15/20
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La Bretagne n’est pas divisible […]. Tu œuvres pour elle et nous te laissons unir les hommes comme tu le souhaites. Mais tu ne lieras pas leurs âmes sans notre aide, et sans âme, la Bretagne ne sera jamais qu’un ramassis de clans plus désunis que les Scotts et plus barbares que les Pictes ! 

Station Eleven – Emily St. John Mandel

Couverture Station Eleven

Résumé :

« Un soir d’hiver à l’Elgin Theatre de Toronto, le célèbre acteur Arthur Leander s’écroule sur scène, en pleine représentation du Roi Lear. Plus rien ne sera jamais comme avant.
Dans un monde où la civilisation s’est effondrée, une troupe itinérante d’acteurs et de musiciens parcourt la région du lac Michigan et tente de préserver l’espoir en jouant du Shakespeare et du Beethoven. Ceux qui ont connu l’ancien monde l’évoquent avec nostalgie, alors que la nouvelle génération peine à se le représenter. De l’humanité ne subsistent plus que l’art et le souvenir. Peut-être l’essentiel.
Entre l’avant et le présent,
Station Eleven entrelace sur des décennies la destinée de personnages inoubliables. Élégie sur la condition humaine, ce livre à la construction vertigineuse envoûte le lecteur par sa puissance romanesque et émotionnelle. »

Mon avis :

Je remercie tout d’abord Babelio et les éditions Payot & Rivages pour l’envoi de ce livre, qui sortira dans les librairies françaises le 24 août 2016. C’est toujours une joie de découvrir des livres en exclusivité, mais quand ces livres sont en plus de véritables pépites littéraires, le plaisir n’en est que démultiplié!

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En effet, j’ai eu un coup de cœur pour ce livre qui nous raconte le parcours de plusieurs personnages avant, pendant et après l’épidémie qui a décimée quasiment toute l’humanité. Tout commence un soir au théâtre, en pleine représentation du Roi Lear. L’acteur principal, Arthur Leander va être la première victime de cette grippe de Géorgie. Malgré les efforts de deux spectateurs, dont un jeune homme du nom de Jeevan, qui vont se relayer pour lui prodiguer un massage cardiaque, Arthur ne se réveillera pas. Il est le premier d’une liste interminable. Le fléau s’étend dans le monde entier, la période d’incubation est extraordinairement courte, personne n’a le temps de réagir, de se protéger. L’humanité est en voie de disparition. Seuls quelques rares personnes survivent. S’instaure alors un climat de terreur où tout est prétexte à tuer et à piller. C’est dans ce contexte particulièrement lourd qu’un groupe de gens décide de s’unir et de traverser le pays afin d’aller à la rencontre des gens et tenter de les divertir en jouant des pièces de Shakespeare. Ce groupe s’appelle la Symphonie. Nous le découvrons vingt longues années après l’apocalypse. Il est composé de personnes plus ou moins âgées, certaines ayant très bien connues « le monde d’avant », d’autres étant nées après l’apocalypse. On ne peut pas dire que tout va bien dans le meilleur des mondes, mais voilà déjà un bout de temps que la Symphonie est sur la route. Elle a pris ses marques dans ce monde post-apocalyptique et sait où elle doit et ne doit pas aller. Mais ce calme apparent va voler en éclat lorsque la Symphonie pose ses caravanes dans une ville nommée St. Deborah by the water…

Si ça avait été un autre que Hua, Jeevan ne l’aurait pas cru, mais il n’avait jamais connu un homme aussi doué pour l’euphémisme. Si Hua disait qu’il s’agissait d’une épidémie, c’est que le mot épidémie n’était pas assez fort. Jeevan fut soudain terrassé par la certitude que cette maladie décrite par son ami allait être la ligne de démarcation entre un avant et un après, un trait tiré sur sa vie.

Vous connaissez cette sensation quand vous refermez un livre et que vous savez d’avance que les personnages vont vous manquer ? La dernière fois que je l’avais ressentie, c’était pour 22/11/63 de Stephen King. Je n’avais pas pu retenir mes quelques larmes. Eh bien, cela s’est reproduit avec Station Eleven. Ce livre est parfait du début à la fin, je n’ai trouvé aucun point négatif.

Je n’avais jamais lu de livres de cette auteure, Emily St John Mandel. C’était donc une découverte pour moi et mon dieu, quelle découverte ! Elle a un talent énormissime. Son style d’écriture est fluide et léger, même quand elle aborde des sujets assez durs. Elle arrive à nous faire voyager dans le passé, le présent, le futur sans jamais nous perdre. Avec les deux premiers mots d’un chapitre ou d’un paragraphe, on arrive à se situer dans le contexte. C’est tout simplement prodigieux car malgré le nombre important de personnages et d’évènements, le récit n’est pas confus à un seul moment.
Mais ce qui est surtout impressionnant, ce sont les connexions entre les personnages. Ces liens plus ou moins directs, que nous découvrons au fil du roman, ont pourtant été tissés avant l’apocalypse. L’auteure a réussi à relier les personnages principaux tels que Kirsten, Clark, Miranda, Tyler avec une telle logique que s’en est presque déroutant car on se dit, « mais bien sûr, j’aurais dû y penser » ! Bien sûr, le point commun évident entre ces personnages est qu’ils ont tous été reliés à Arthur. Mais il n’y a pas que ça. L’auteure va beaucoup plus loin et le résultat est absolument génial.

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Plus que le style d’écriture, c’est l’histoire en elle-même qui est réellement intéressante. Des films et des livres traitant de l’apocalypse, il y en a des tas. Des zombies aux invasions extraterrestres en passant par les catastrophes naturelles, on peut dire qu’on a le choix. Mais peu de ces livres traitent de l’après-apocalypse. De façon réaliste j’entends. Bien sûr nous avons Hunger Games, la Sélection, le Labyrinthe etc… Mais ils sont trop éloignés de notre monde actuel. Tandis que dans Station Eleven la problématique est, si demain 99% de la population était décimée par un virus mortel, si nous n’avions plus d’électricité ni d’eau courante, si nous devions nous remettre à la chasse et à la pêche pour nous nourrir, que ferions-nous ? Comment pourrions-nous survivre dans notre monde actuel sans la moindre technologie ? Ce livre est passionnant dans le sens où il nous permet de nous remettre en question et surtout de réévaluer ce qui nous entoure. On se dit qu’on a vraiment de la chance de pouvoir se connecter au monde entier en quelques clics, de pouvoir lire des tas de livres et d’assister à la publication de nouveaux chaque jour, de pouvoir manger ce que l’on veut et quand on le veut. Bref, on réapprend à aimer les petites choses futiles qui nous entourent. Je ne sais pas si c’était l’intention de l’auteure, mais si c’est le cas, elle a réussi son pari en ce qui me concerne !

Et tous ces gens, avec leur collection de petites jalousies, de névroses, de syndromes post-traumatiques non diagnostiqués et de rancœurs brûlantes, vivaient ensemble, voyageaient ensemble, répétaient ensemble, jouaient ensemble trois cent soixante-cinq jours par an, compagnie permanente, en tournée permanente.

La découverte de monde post-apocalyptique se fait au travers de personnages tels que Kirsten (je ne dirais pas le nom des autres survivants – s’il y en a – pour ne pas spoiler…). Je me suis immédiatement pris d’affection pour cette jeune femme qui a dû traverser de douloureuses épreuves avant de rencontrer la Symphonie. On voit qu’elle a dû grandir trop vite. Une enfant innocente de huit ans n’avait pas sa place dans un monde où prime le chacun pour soi. Elle a donc dû mûrir très vite et cela lui a forgé un sacré caractère. Pour autant, elle reste quelqu’un de très sensible aux malheurs des autres.
En ce qui concerne les personnages que nous découvrons à l’ère pré-grippe de Géorgie, je les ai également beaucoup apprécié. Si Arthur n’est pas un homme irréprochable, il n’en est pas moins attachant. Cet homme aux trois divorces reste lui aussi un grand sensible et il ne pense jamais à mal. Quant à Clark, il parait beaucoup plus réfléchi et mature que son ami Arthur mais est tout aussi attachant. Jeevan, enfin, est un des tous premiers personnages que nous découvrons dans ce livre. Il faut rester patient pour savoir s’il a survécu ou non à la grippe de Géorgie puisqu’on ne le découvre qu’après quelques centaines de pages. J’avoue que je m’interrogeais beaucoup sur son cas et j’ai même cru qu’Emily St John Mandel allait nous laisser sans réponses (ce qui, je l’avoue, m’aurait déçu). Mais l’auteure réalise encore une fois un coup de maître en nous parlant de lui au moment où on s’y attend le moins.

« Les mesures d’urgence ne semblent pas devoir prendre fin dans un avenir proche », déclara un présentateur, minimisant la situation à un point jusque là inégalé dans toute l’histoire de l’euphémisme.

En bref, ce livre est une véritable merveille. Le style de l’auteure est aussi agréable qu’addictif, l’histoire est passionnante et les personnages attachants. Les multiples voyages dans le passé, le présent et le futur rythment ce roman et gardent le lecteur en haleine du début à la fin. Je vous conseille vivement ce livre !

Note : 20/20
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Elle avait toujours considéré comme acquis le fait qu’il y avait dans le monde des personnes importantes, certaines qui jouaient un rôle central dans ses journées, d’autres qu’elle ne voyait jamais et auxquelles elle pensait rarement. Sans l’une ou l’autre de ces personnes, le monde se trouve subtilement mais indubitablement altéré, le cadran tourné d’un ou deux degrés.

Les Chevaliers d’Émeraude, tome 8 : Les Dieux déchus – Anne Robillard

Résumé :

« Au moment d’attribuer les nouveaux écuyers à leurs maîtres, Wellan s’aperçoit non seulement qu’il n’y a pas suffisamment de Chevaliers, mais que plusieurs d’entre eux ont déjà des apprentis. Afin de lui venir en aide, Jenifael, Lassa et Liam utilisent un vieux sortilège qui perturbera grandement la vie des habitants du château. Les Chevaliers se remettent à peine de toute l’agitation causée par nos jeunes étourdis lorsqu’ils doivent soudainement affronter un nouvel ennemi en provenance du ciel. Pourront-ils se défendre contre les dieux déchus ? Pour sa part, sous prétexte de revoir son village, Onyx accepte d’y conduire la famille de Sutton, qui désire s’y installer. En réalité, le renégat veut mettre la main sur un instrument de pouvoir caché par la déesse Cinn dans la partie la plus méridionale du royaume. Mais sera-t-il assez fort pour le maîtriser ? Au même moment, guidées par Asbeth, les troupes de l’Empereur Noir réussissent à se rendre jusqu’au Château d’Émeraude… »

Mon avis :

Comme je vous l’avais dit dans ma précédente chronique des Chevaliers d’Émeraude, j’aime beaucoup cette série et j’y suis très attachée. Je préfère donc espacer mes lectures pour bien profiter de chaque tome sans avoir peur de me lasser et surtout, je retarde l’échéance que marquera la fin de cette saga! C’est donc avec un plaisir intact que je me suis lancée dans ce tome 8…

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Rappelez vous dans le livre précédent, le sorcier Asbeth avait franchi une nouvelle étape dans sa guerre contre les chevaliers d’Émeraude : il avait enlevé l’un des leurs, Kevin, pour l’empoisonner et ainsi le transformer en insecte. A la fin, nous savions qu’il n’était pas guéri malgré les nombreuses tentatives. Le suspens restait donc entier et l’avenir de Kevin était plus que flou… Dans ce huitième tome, il faut attendre une bonne soixantaine de pages avant d’avoir de ses nouvelles! En effet, bien que devenu un personnage majeur dans la saga, l’action ne se concentre pas sur lui mais bel et bien sur les nouveaux dangers qui menacent Enkidiev mais aussi sur les enfants comme Jenifael, Liam ou Lassa, qui ont atteint l’âge requis pour devenir écuyer. Cependant, les écuyers actuels sont loin d’avoir fini leur éducation. Certains chevaliers sont donc déjà pris et il n’en reste plus assez pour prendre en charge la totalité des élèves. La fille de Wellan, le porteur de lumière et le fils de Jasson décident donc de tenter le tout pour le tout, et vont même jusqu’à utiliser la magie pour parvenir à leur fin. Évidemment, le résultat escompté n’est pas là, en revanche un phénomène étrange vient troubler la quiétude du château. Wellan et ses compagnons vont donc devoir trouver une solution à ce problème tout en restant vigilant aux attaques ennemies. Ce tome est également marqué par la venue au château de la famille de Sage, par la découverte de lourds secrets sur un allié d’antan et par les agissements de Farrell qui mettra en avant sa part d’Onyx pour le bien de tous…

– Lassa est un garçon très impressionnable qui se fige lorsqu’on lève le ton, lui rappela Farrell.
– Je ne suis pas un monstre, tout de même.
– Mais vous n’êtes pas le plus patient des hommes, non plus.

Une des particularités que j’aime beaucoup dans la saga des Chevaliers d’Émeraude est que la vie au château et la vie personnelle des soldats n’est pas mis de côtés. C’est-à-dire qu’un tome entier peut contenir très peu de combats et rester tout de même très intéressant. C’est le cas de celui-ci! En effet, il n’y a que très peu de combats entre les Chevaliers d’Emeraude et les soldats de l’empereur Amecareth. La première partie du livre se concentre sur Jenifael, Lassa et Liam qui cherchent désespérément un moyen de devenir écuyer, sur Hawke qui commence à se questionner sur ses sentiments, et sur un événement tragique qui vient frapper le château. Nous suivons également Wellan, qui doit résoudre tout un tas de problèmes, et Farrell. En bref, nous en apprenons toujours un peu plus sur nos chevaliers préférés et cela, je pense, contribue au succès de cette saga. Grâce à cela, on arrive à bien se projeter dans cet univers. La description des paysages, de l’ambiance, mais aussi des chevaliers sur le plan physique comme psychique, nous aide à véritablement nous intégrer dans ce monde à part. Lorsqu’on lit un tome de cette saga, on a l’impression de vivre sur Enkidiev et c’est cela qui rend la lecture si magique.

« Tout est normal chez moi, assura Bergeau. Kiefer plaque régulièrement ses sœurs au plafond et ma petite pleure parce qu’elle perce ses dents. » Wellan releva un sourcil. Cela ne correspondait pas à sa définition de la normalité.

Plus particulièrement dans ce tome, j’ai apprécié les interactions entre enfants et adultes. Auparavant, on ne connaissait pas les petits avant qu’ils deviennent écuyers, Kira mise à part, tandis qu’ici, nous connaissions déjà certains d’entre eux. J’ai toujours trouvé qu’ils apportaient un petit plus à cette saga puisqu’ils sont candides et fragiles, contrairement à leurs aînés. Les Chevaliers de la première génération commençant à se faire un peu « vieux », les enfants apportent un élément de fraîcheur qui empêche l’essoufflement de la saga.
En fait, le gros avantage de cette série de livres, c’est le renouveau. Il y a toujours des retournements de situation inattendus et surtout il n’y a pas un tome qui ressemble à un autre. On pourrait croire que tous les livres se résument à la même chose, il y a des ennemis, les chevaliers vont les combattre, fin. Mais pas du tout! Même les combats ne se ressemblent pas d’un livre à l’autre. Il y a toujours un petit élément nouveau, que ce soit un nouvel arrivant parmi les chevaliers ou un nouvel ennemi.

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Espacer mes lectures pour retarder l’échéance que va marquer le 12e tome a ses avantages, comme ses inconvénients. En effet, il m’arrive d’oublier certains détails et parfois je dois me remettre un peu dans le contexte pour comprendre (l’enfant de Wanda aura une importance dans ce livre, mais j’avais totalement oublié qu’elle en avait eu un…). Il n’empêche que je vais continuer de procéder comme ceci, surtout maintenant qu’il ne me reste que trois tomes 😦 Je n’ai jamais lu une saga aussi longue, ou du moins, je n’ai jamais été au bout. Même pour Harry Potter, je me suis arrêtée au cinquième tome. Cette saga est vraiment particulière pour moi. Elle me suit depuis mon adolescence et n’est prête de me quitter! Je suis véritablement attachée à tous ces personnages  et même après huit tomes je les trouve toujours aussi intéressant. Wellan reste mon « book boyfriend » préféré, Nogait me fait toujours autant rire, Dempsey et Chloé sont toujours aussi adorables, Santo est toujours aussi attachant,  et Swan… c’est la meilleure de toutes. Elle est aussi forte physiquement que mentalement, elle combat des hommes insectes tout en élevant ses trois enfants et en menant son mari, plus grand sorcier du royaume, à la baguette!

En résumé, c’était mon huitième coup de coeur pour cette saga. Ici, les enfants prennent une importance non négligeable, mais ce n’est pas pour autant que les chevaliers qui ont marqué les premiers tomes passent à la trappe. Au contraire, enfants et adultes apprennent à travailler ensemble pour être plus forts que jamais afin de combattre les troupes de l’empereur et de nouveaux ennemis : les dieux déchus. Le style d’écriture est toujours aussi accessible, fluide et agréable à lire. Le tome se termine sur un suspens quasi-insoutenable et j’ai vraiment hâte de lire la suite !

Note : 20/20

– Vous m’avez beaucoup impressionné, aujourd’hui, maître.
– Tu seras bientôt en mesure de faire tout ce que je fais, mon petit.

– Mais aurai-je votre grandeur d’âme ?
– Tu auras tes propres qualités et tes propres défauts. Être l’apprenti d’un Chevalier ne veut pas dire devenir semblable à lui, mais d’apprendre grâce à lui. Nous sommes des êtres distincts et c’est ce qui nous différencie des hommes-insectes. Nous avons le droit de manifester notre individualité. Mais si tu devais un jour me ressembler, j’en serais très certainement flatté.


De la même auteure :

Couverture Les Chevaliers d'Émeraude, tome 07 : L'Enlèvement

Tome 02 : Tintin au Congo – Hergé

Couverture Les aventures de Tintin, tome 02 : Tintin au congo

Résumé :

« L’histoire se déroule pendant l’époque coloniale. Dans le cadre de son travail de journaliste, Tintin, accompagné de son chien Milou, se rend en paquebot au Congo, la grande colonie belge de l’époque. Tom, un homme embarqué clandestinement sur le même bateau, va tenter plusieurs fois de le tuer une fois qu’ils seront arrivés à bon port. »

Mon avis :

Après avoir découvert le premier tome des Aventures de Tintin, je me suis lancée dans la relecture des tomes suivants. J’étais certaine d’apprécier puisque, étant petite, j’étais une très grande fan du reporter et de son fidèle Milou. Cependant, même si j’ai passé un bon moment de lecture, je n’ai pas retrouvé « ce petit truc » qui me faisait rêver quand j’étais enfant. Pourtant, tous les ingrédients étaient réunis : Tintin, Milou, des aventures en veux-tu en voilà, un dépaysement total…

En effet, dans ce second tome des Aventures de Tintin, le jeune reporter se rend au Congo qui était encore à l’époque une colonie belge (cette BD a été écrite en 1946). Rien que pendant le trajet en bateau, Milou lui en fait voir de toutes les couleurs et s’attire les foudres d’un perroquet, d’un clandestin et même d’un requin. Une fois arrivé au Congo, il n’est pas question de se reposer. Tintin loue une voiture et s’offre les services d’un boy pour se retrouver dans ce vaste pays et tourner son reportage dans de bonnes conditions. Or, comme on peut s’en douter, rien ne va se passer comme prévu. Outre ses divers affrontements avec des singes, éléphants, serpents, léopards et autres crocodiles, Tintin va également devoir se confronter aux tribus locales comme les Babaoro’m et à un ennemi au nom beaucoup moins exotique, Tom.

L’un des atouts indéniables de cette bande-dessinée est la relation entre Tintin et Milou. ils se sauvent la vie tour à tour et sont donc inséparables. C’est sur ce solide duo que repose toute cette série et c’est lui qui est à l’origine de son succès. A chaque tome, on sait que, même si l’histoire est décevante, on retrouvera toujours nos deux héros. Quoiqu’il arrive, on pourra toujours se raccrocher à eux.
En comparaison avec le premier tome, Tintin au pays des Soviets, Tintin et Milou ont beaucoup évolué. Tout d’abord sur le plan physique. Leurs traits sont mieux dessinés, sont plus précis. De plus, un élément essentiel vient s’ajouter : la couleur. Si cela ne change pas grand chose pour les personnages, cela rend le décor beaucoup plus appréciable! En vérité, je n’imagine pas un Tintin au Congo sans ses couleurs. Les plaines africaines qui s’étendent à perte de vue, les vêtements colorés des congolais, les animaux… En noir et blanc, ce livre aurait été plutôt banal. Tandis que pendant notre lecture, on se sent comme plongé au Congo. Les dessins et les couleurs sont de bonne qualité, par conséquent on prend beaucoup de plaisir à regarder cette bande-dessinée.

– Silence ! On va la réparer, votre vieille Tchouk-tchouk!
– Vieille tchouk-tchouk ? Ca y en a belle locomotive !

Contrairement au premier tome, il y a une chose que j’ai apprécié : les transitions. Dans ma précédente chronique, je vous avouais que le manque de transition entre deux actions me dérangeait. A peine un problème était-il réglé  qu’un autre surgissait. Ici, c’est toujours le cas, l’histoire est très bien rythmée par de nombreux rebondissements. Cependant, on retrouve trois ou quatre vignettes de transition qui nous permettent de digérer ce qui vient de se passer. Je trouve que cela simplifie la lecture!
Dans le premier tome, les actions se succédaient… et se ressemblaient. Tintin vivait plusieurs fois la même chose et cela était très vite devenu lassant. En revanche, dans Tintin au Congo, il y a une assez grande diversité. Comme je vous le disais dans mon petit résumé, il est confronté à divers animaux, mais aussi à divers peuples congolais ou encore à des ennemis bel et bien occidentaux qui l’ont suivi jusqu’au Congo pour lui faire la peau. Cela permet donc de varier les situations et c’est beaucoup moins ennuyant. D’ailleurs, lorsqu’on découvre qui a envoyé Tom pour tuer Tintin, j’ai été très agréablement surprise! Je ne me souvenais pas de ce détail mais maintenant, je ne risque plus de l’oublier!

Cependant, je n’ai pas été totalement convaincue par ma lecture. Je n’ai pas retrouvé cette petite étincelle d’admiration que j’avais pour Tintin lorsque j’étais enfant, et pour cause! Cette série de bande-dessinée est marquée par le grand nombre de situations dangereuses auxquelles Tintin est confronté. Mais, il arrive toujours à s’en sortir par des moyens plus rocambolesques les uns que les autres. Quand j’étais petite, cela me faisait bien rire ou au contraire m’impressionnait! Aujourd’hui, lors de ma relecture, j’ai trouvé ça dommage. Quoi de plus normal qu’un journaliste belge parti faire des reportages à l’étranger ? Il n’est pas Superman, il n’est pas McGyver, pourtant il fait preuve d’une ingéniosité et d’une force à tout épreuve. Evidemment, c’est pour cela que les lecteurs l’aiment autant, mais pour ma part je trouve ça dommage car on a plus de difficultés à s’identifier à un héros de BD, qui est censé être une personne lambda, lorsqu’il fait des choses aussi extraordinaires…

Ce petit Blanc li a pris trop d’autorité. Bientôt, li Noirs n’écouteront plus moi, leur sorcier. Il faut en finir avec li petit Blanc…

Une autre petite chose m’a dérangé pendant ma lecture et, encore une fois, cela vient du fait que je suis plus âgée que lors de mes premières lectures. Bien sûr, cela est aussi lié à l’époque qui a bien a changé et il faut remettre l’oeuvre dans son contexte. Mais lorsqu’on voit Tintin tirer sur une dizaine d’antilopes, sur des crocodiles, des serpents, quand on le voit tuer un singe juste pour le dépecer et prendre son apparence, tuer un éléphant pour lui prendre ses défenses… cela fait mal au cœur. Je sais bien qu’en 1946, on ne se préoccupait pas ou très peu des espèces menacées d’extinction et qu’il n’y avait sûrement rien de choquant à aller faire des safaris dans les colonies pour ramener le plus de trophées possible. Cependant, avec des yeux de lecteurs du XXIe siècle, le ressenti n’est pas du tout le même. Tout comme la façon de parler de Tintin à certains moments. Evidemment qu’à cette époque les colons se croyaient supérieurs aux colonisés et qu’Hergé n’avait aucunes mauvaises intentions en écrivant ces dialogues. Mais si la BD avait été écrite dans un contexte actuel, la pilule aurait eu beaucoup plus de mal à passer… Même en essayant de me détacher de toutes ces idées contemporaines, je n’ai pas pu complètement les oublier et cela m’a un peu gâché ma lecture.

En résumé, c’est toujours avec plaisir que l’on retrouve notre duo de choc pour de nouvelles aventures. Tintin et Milou vont découvrir une culture qui n’est pas semblable à la leur tout en essayant d’échapper à tous les pièges tendus par leurs ennemis. Si l’histoire est bien rythmée, la « toute-puissance » du jeune reporter et la présence de sujets qui aujourd’hui font polémique ne m’ont pas permis d’apprécier cette oeuvre comme j’avais pu le faire étant enfant.

Note : 15/20

Mon Dieu! Mon Dieu! … Il emporte Tintin… Il va le dévorer, j’en suis sûr… Que faire ? … Non foi de Milou!… Il ne sera pas dit que je n’aurai rien tenté pour le sauver! En avant!


Du même auteur :

Couverture Les aventures de Tintin, tome 01 : Tintin au pays des soviets