Poil de carotte – Jules Renard

Couverture Poil de carotte

 

Quatrième de couverture

(La quatrième de couverture des éditions Booking International ne présentant aucun résumé, voici celui de Librio)

« Poil de Carotte a les cheveux d’un rouge sombre, le nez creusé en taupinière, des croûtes de pain dans les oreilles. Il marche si mal qu’on le croirait bossu. On pourrait penser que son grand frère Félix le protège. Nenni, celui-ci profite toujours de la situation. Sœur Ernestine, elle, est une chipie, le vrai portrait de sa mère, Mme Lepic, qui ne bat pas Poil de Carotte mais le corrige comme les devoirs de vacances. Reste M. Lepic, grand chasseur mais piètre paternel, toujours préoccupé par ses affaires. Bref, Poil de Carotte en voit de toutes les couleurs mais, comme il le dit lui-même, tout le monde ne peut pas être orphelin… Heureusement il y a la ferme et son vieux parrain. De quoi rigoler ! »

Mon avis

Pour faire court

Les points positifs : un bon style d’écriture, des personnages intéressants, des sujets divers.

Les points négatifs : une structure parfois un peu brouillonne.

Un grand classique

Tout le monde a déjà entendu parler de Poil de Carotte. Ce livre est un grand classique que l’on connait plus ou moins, même sans l’avoir lu. Je l’avais découvert pour la première fois quand j’étais plus jeune et j’en avais gardé un très bon souvenir. En retrouvant le livre chez moi, j’ai eu l’envie de le lire à nouveau. Cette fois-ci, il m’a un peu moins plu (je me souvenais d’un énorme coup de coeur), mais je suis tout de même heureuse de l’avoir redécouvert d’une autre façon. Poil de carotte reste un classique et même s’il m’a un peu déçu cette fois-ci, j’ai trouvé que c’était important pour ma culture générale et littéraire de me familiariser avec Jules Renard. Donc je ne regrette pas de l’avoir (re)lu.

Des personnages bien curieux

Ce livre tourne autour de Poil de carotte et de sa famille – ses parents, son frère, sa soeur et son parrain. Il faut bien dire que peu d’entre eux sont sympathiques. La mère est tyrannique avec son cadet, elle l’humilie à chaque occasion et ne manque pas de lui demander les pires corvées. Le père parait un peu plus sympathique, quoiqu’un peu passif dans l’éducation de ses enfants. Quant à Félix et Ernestine, ils semblent peu attachants à cause de leur comportement envers leur petit frère. En revanche, tous ces personnages sont intéressants à découvrir car ils sont tous un peu complexes. Ils ont des comportements parfois surprenants ou contradictoires, donc j’ai aimé découvrir à quels points ils pouvaient se montrer vicieux et/ou complexes. Quant à Poil de carotte lui-même, il est étonnant. On pourrait avoir pitié de lui au début, quand il se fait martyriser et humilier par sa mère, mais il a lui-même quelques vices et il se retient pas de torturer les chats, par exemple. J’ai donc aimé découvrir toute la profondeur de ce protagoniste.

Un bond dans le passé

Ce livre est un témoignage d’une époque passée. Le mode de vie était différent, l’éducation des enfants l’était aussi, et j’ai trouvé intéressant de découvrir à quel point la vie de la famille de Poil de carotte était différent de la nôtre. Grâce à style d’écriture un peu vieillot – qui mérite parfois une grande concentration -, l’auteur nous transporte vraiment à l’époque de son enfance. Cela peut parfois être dérangeant si l’on a plus envie de se détendre que de se concentrer, mais après tout, cela fait partie du charme du livre. Et puis, c’est un classique, il ne faut pas s’attendre à ce que l’écriture y soit fluide. J’ai donc mis plus de temps à lire ces 186 pages que je n’aurais dû, mais cela ne m’a pas dérangé.

Une structure particulière

La seule chose que j’ai regretté dans cette lecture est l’organisation des chapitres. Parfois, elle est tout à fait logique et on enchaîne sur un même sujet ou sur une même période. Mais à certains moment, deux chapitres abordant des thèmes totalement différents se suivent et c’est un peu perturbant. Les chapitres sont très courts, donc on n’a pas vraiment le temps de se plonger dans l’un qu’il faut déjà passer à l’autre. C’est pratique dans le sens où l’on peut s’arrêter quand on veut lors de notre lecture, mais lorsque les thèmes sont totalement différents, cela perturbe un peu la lecture. D’autant plus que certains chapitres sont très courts et n’ont pas forcément un grand intérêt pour le livre. C’est ce point particulier qui m’empêche de mettre une note plus élevée.

Verdict ?

Je suis heureuse d’avoir (re)découvert Poil de Carotte et même si je n’ai pas eu de gros coup de coeur, j’aimerai découvrir les autres oeuvres de Jules Renard qui seront, à mon avis, très différentes.

Citation

Mon cher Poil de Carotte,
Les écrivains dont tu me parles étaient des hommes comme toi et moi. Ce qu’ils ont fait, tu peux le faire. Écris des livres, tu les liras ensuite.

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Queen Betsy, tome 02 : Vampire et fauchée – MaryJanice Davidson

Couverture Queen Betsy, tome 02 : Vampire et fauchée

Quatrième de couverture

« Renoncer à mon amour des chaussures ? Plutôt crever. Ah, c’est déjà fait. N’empêche, je suis la reine des vampires maintenant, la mode est éternelle et moi aussi. Sauf que… être souveraine ne paie pas les factures, étonnant non ? Par chance, j’ai décroche le job rêvé : vendeuse chez Macy’s ! À moi les réductions ! Oui, bon, j’ai d’autres problèmes dont je me passerais bien : certains vampires contestent mon statut et, franchement, je serais bien la dernière à le leur reprocher. Mais voilà, des gens meurent à cause de moi et je vais bien devoir m’en mêler pour en moucher quelques-uns. Parfaitement ! »

Mon avis

Pour faire court

Les points positifs : des personnes toujours attachants, un style d’écriture léger et agréable, une histoire intéressante.

Le point négatif : tout va trop vite.

Une bonne suite

Je m’étais lancée dans les aventures de la vampire Betsy il y a assez longtemps et pour une raison ou une autre, je n’avais pas lu le tome 2 avant aujourd’hui. Malheureusement, je ne me souvenais presque plus de l’histoire, mais je me suis vite replongée dedans et l’auteure fait parfois des références au premier tome donc je ne me suis pas perdue. Sans compter que l’on a pas vraiment besoin d’avoir lu le premier tome pour comprendre ce qu’il se passe dans celui-ci. J’étais donc très contente de retrouver Betsy et de suivre ses nouvelles aventures.

Une nouvelle intrigue

Après Nostro, la Reine Betsy doit faire face à un nouvel ennemi. Des vampires se font tuer par un groupe d’individus sans merci. Ils savent visiblement comment s’y faire, ils ont des pieux et des balles à tête creuse remplie d’eau bénite. De plus, ils savent reconnaître les vampires. Qui sont-ils ? Pourquoi font-ils ça ? Betsy, ses deux amis mortels Jessica et Martin, ainsi que les vampires dont le fameux Sinclair vont devoir partir à la chasse aux tueurs de vampires. J’ai beaucoup aimé cette histoire et j’avais hâte de découvrir qui était le véritable coupable.
J’ai également aimé l’autre intrigue : Betsy a des problèmes d’argent et doit se trouver un travail. Cependant, j’aurais aimé qu’elle soit un peu plus développée. Étant donné que le titre est Vampire et fauchée, je pensais que l’évolution de notre reine à Macy’s tiendrait une place plus important dans le livre. Pour moi, c’était vraiment, vraiment secondaire et j’ai été un peu déçue. Même si j’ai apprécié ma lecture, je m’attendais à plus.

Une lecture très (trop ?) légère

La plume de MaryJanice Davidson est très simple à lire. Il n’y a pas de détails futiles, tout s’enchaîne très vite, le nombre de personnages n’est pas excessif, l’intrigue n’est pas trop compliquée. C’est le genre de lecture parfait pour décompresser, c’est donc idéal pour les vacances. Cependant, j’avais déjà trouvé que le premier tome était un peu superficiel. Je m’étais dit qu’il s’agissait du livre introductif de la saga et que l’auteure ne voulait pas trop en dévoiler, mais étant donné que ce second tome me laisse également sur ma faim, je pense que toute la saga sera ainsi. Une plume légère et agréable à lire, mais des intrigues peu poussées. Cela ne veut pas dire que je vais arrêter de lire cette saga, car j’aime beaucoup Betsy, mais je dois m’attendre à rester frustrée. Je sais que je ne dois pas avoir énormément d’attentes !

Citations

Bonjour, je m’appelle Betsy. Je suis féministe, je travaille pour subvenir à mes besoins et je ne reçois pas d’ordre de connards à canines. Ravie de te rencontrer.

J’avais l’impression de passer à côté de quelque chose, mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. Putain ! Pourquoi avais-je reçu la beauté au lieu de l’intelligence? D’habitude, ça m’était était égal, mais ce soir…

Dès le premier soir – Isabelle Alexis

Quatrième de couverture

« Notre décision semblait ferme : Delphine et moi allions enfin avoir une vie amoureuse normale ! Mais comment voulez-vous que deux nanas de notre trempe acceptent de renoncer à leurs apéros débriefing-remontage-de-moral ? leurs insatisfactions chroniques ? leurs ex de passage ? leurs parties de Scrabble hebdomadaires chez maman ? les principes « bourges » des parents de Delphine ? Vous êtes d’accord, c’est rigoureusement impossible, n’est-ce pas ? »

Mon avis

Pour faire court

Les points positifs : une lecture légère idéale pour les vacances, une intrigue bien ficelée, des liens bien développés entre les personnages.

Les points négatifs : des protagonistes dont j’ai détesté les moeurs et le comportement.

Une chick-lit à la française

J’avais envie d’une lecture simple et sans prise de tête pour les vacances. Quoi de mieux qu’une chick-lit ? J’ai trouvé ce livre – donné par ma soeur – sur mon étagère et je me suis dit, pourquoi pas ? Le résumé me semblait assez amusant et je me demandais ce que l’auteure voulait dire par « une vie amoureuse normale ». Je me suis donc lancée et j’ai vite compris que cela allait être une bonne lecture pour la plage. Un vocabulaire simple, des personnages qu’on cerne facilement et des histoires d’amour en veux tu en voilà, bref, une bonne chick-lit comme on les aime.

Un bon développement

Après avoir lu les premières pages, j’ai eu peur que le livre tourne en rond et qu’on en revienne toujours à Simon. Je craignais qu’Élise, la protagoniste, regrette sa décision, se remette avec Simon puis s’en débarrasse à nouveau. Heureusement, cela n’a pas été le cas. Beaucoup d’autres personnages sont introduits – la plupart sont des ex d’Élise ou sont reliés d’une façon ou d’une autre à ses ex et ses amis. Je me suis alors demandé ce qui allait se passer. Il y avait tous ces personnages, mais pas d’intrigue principale en perspective. C’est alors que Delphine, la meilleure amie d’Élise lui demande un coup de main pour présenter son petit ami, Barnabé, à ses parents. C’est là que la véritable intrigue commence et c’est là qu’on se rend compte que tous les personnages rencontrés auparavant sont liés d’une façon ou d’une autre. En gros, tout le monde connait quelqu’un qui connait quelqu’un. J’ai aimé les rebondissements et j’ai trouvé l’intrigue très originale. Si certains liens sont difficiles à voir au début, on les comprend tous au fur et à mesure. L’auteure s’en est très bien sortie de ce côté là et je lui dis bravo pour cela car il aurait été facile de se perdre et de créer une intrigue qui ne tenait pas la route.

Une identification difficile

Quand je lis un roman, j’aime bien trouver LE personnage auquel je m’identifie le plus. Cela m’aide à me plonger dans l’histoire. Mais dans ce livre, j’ai plus ou moins détesté tous les personnages. Disons que je me sens plus proche de Simon et Barnabé que d’Élise et Delphine. Je n’ai pas aimé les moeurs très (extrêmement) légères de ces deux protagonistes. Elles disent vouloir être fidèle, mais saute sur tout ce qui bouge. Élise est la pire à mes yeux, même à la fin, lorsqu’elle dit vouloir se poser et se mettre en couple avec l’un, elle couche avec l’autre. Ce n’est pas le genre de personnages que j’apprécie, loin de là même. Mais il faut comprendre qu’elle appartient à un univers un peu à part. Elle est écrivaine, sort avec des stars de la télé, connait des stars de la radio. Bref, c’est un monde que le commun des mortels ne connait pas et auquel il ne peut pas vraiment s’identifier. En fait, Élise est trop loin d’une personne « lambda » pour que l’on puisse la comprendre, à mon avis.

Verdict ?

Au début du livre, Élise nous dit que si l’on a pas lu Tu peux garder un secret ? et Tu vas rire, mais je te quitte, elle doit nous présenter son amie Delphine. Je ne savais pas du tout que ce livre mettait en scène les mêmes personnages que de précédents romans. Mais pour être honnête, même si l’intrigue de celui-ci m’a bien plu, mon antipathie pour les personnages prend le dessus et je ne lirai probablement pas ces autres romans d’Isabelle Alexis – même si je reste curieuse de savoir quelles étapes de la vie d’Élise ils mettent en scène.

Ils ont changé le monde, tome 1 : Charles de Gaulle

Couverture Ils ont changé le monde, tome 1 : Charles de Gaulle

Quatrième de couverture

« Aujourd’hui encore symbole d’une France forte et indépendante, Charles de Gaulle croit dès son plus jeune âge au destin exceptionnel qui l’attend. Né à la fin du XIXe siècle, il se destine très tôt à une carrière militaire. Il sort de Saint-Cyr juste avant la Première Guerre mondiale, durant laquelle il passe plus de temps en prison que sur le front. Sa vision novatrice d’une armée mécanisée lui vaut de briller dans l’entre-deux-guerres, dans l’ombre de Philippe Pétain, son mentor. L’invasion de la France par l’Allemagne nazie en mai 1940, précipitant son avenir d’homme d’État, le pousse à gagner Londres, où il va devenir le chef de la France libre. Dès lors, des années sombres de la Seconde Guerre mondiale à son retour au pouvoir en 1958, de son élection à la présidence de la République au suffrage universel à la crise de Mai 1968, le général de Gaulle s’imposera comme la figure politique française la plus marquante de la seconde moitié du XXe siècle. »

Mon avis

On se retrouve aujourd’hui pour une chronique un peu particulière puisqu’il s’agit d’un livre appartenant à une collection qui vient tout juste de commencer. J’ai hésité à faire un article, car ce n’est ni un roman ni livre classique et qu’il faut s’abonner pour avoir les tomes suivants, mais j’ai tellement aimé la façon dont il a été conçu que j’ai voulu vous en parler.

Pour faire court

Les points positifs : la clarté des informations, les photographies, les citations, la plume fluide, la présentation.

Les points négatifs : aucun en ce qui concerne le livre en lui-même, en revanche le principe de la collection ne me plait pas énormément.

Un début engageant

Je ne suis pas une adepte de tout ce qui est collection ou abonnement. Je trouve le prix généralement exagéré et je préfère passer mon tour. Mais lorsque j’ai vu la publicité pour Ils ont changé le monde, dont le premier tome parlait de Charles de Gaulle, j’ai craqué et je l’ai acheté. La couverture m’a tout de suite tapé dans l’oeil, je l’ai trouvé sobre tout en restant attirante. En fait, elle rappelle un manuel sans paraître trop formelle. Et c’est exactement l’impression que j’ai eu en débutant ma lecture. Tout comme un manuel scolaire, ce livre nous donne les dates importantes, les mots-clés, les informations indispensables, mais la plume est si agréable à lire – pas de mots compliqués, pas de bla-bla inutiles – que j’ai pris du plaisir à tourner chaque page.

Une biographie complète

Ce livre a beau être petit (une cinquantaine de pages), la biographie de de Gaulle m’a semblé assez complète, on y évoque son enfance, son passage à St Cyr, les deux guerres mondiales, l’Algérie et sa présidence. Malheureusement, je ne suis pas une spécialiste de ce grand homme – c’est d’ailleurs pour cela que je recherche à lire autant de choses sur lui – donc je ne peux pas dire s’il manque des informations importantes. En tout cas, personnellement j’ai été conquise et j’ai appris énormément de choses ! J’ai aimé le fait qu’on parle du de Gaulle public, soit l’homme d’état, et du de Gaulle privé, soit le papa d’une petite fille atteinte de handicap. Bien que les auteurs ne rentrent pas dans les détails de son intimité (ce qui est un très gros point positif car les coucheries des hommes d’État ne m’intéressent absolument pas et j’en ai assez des biographies où l’on ne parle que de ça), on apprend un peu plus à connaître l’homme qu’il était. Le fait que les auteurs aient également utilisé des citations des enfants et petits-enfants du Général de Gaulle était très judicieux.

Une présentation agréable

J’ai beaucoup aimé la présentation de ce livre. Sur une page, on trouve beaucoup d’informations dont la biographie en elle-même, l’explication de mots-clés, des citations et des photographies. Ce qui fait que même si le livre n’a qu’une cinquantaine de pages, on prend le temps de lire pour se délecter de chaque petite case, chaque petit détail. Cette organisation rend aussi la lecture plus vivante, ce n’est pas comme si on lisait de gros pavés sur chaque page, non, il faut lire les paragraphes un à un, revenir en arrière pour regarder la photo plus en détails, lire et relire la citation pour bien la comprendre et l’intégrer, bref, on découvre petit à petit la grandeur de cet homme sans s’ennuyer une seule seconde.

Alors on continue ?

Il faut le dire, j’ai adoré ce petit livre qui m’en a appris énormément sur Charles de Gaulle et qui m’a aussi donné envie d’en apprendre plus sur la guerre d’Algérie, par exemple, ou sur la quatrième république. Mais il s’agissait là d’un personnage que j’admirais et qui faisait pour moi partie des « gentils ». Le numéro suivant est consacré à Adolf Hitler qui, lui aussi, a clairement changé le monde. En revanche, je ne suis pas sûre de vouloir en connaître davantage sur lui. J’ai déjà lu pas mal de livres sur la Seconde Guerre mondiale et me retrouver en tête à tête avec ce fou pendant cinquante pages illustrées ne m’enchante guère… Enfin, j’imagine que ce second tome sera tout aussi bon et que pour la culture générale, il sera super. Reste un second obstacle, le prix. Je ne parle jamais de prix des livres sur mon blog, mais je trouve pour le coup que passer de 2,99€ pour le premier tome à 8,99€ pour les autres tomes, surtout pour les étudiants comme moi qui aimeraient bien développer leurs connaissances historiques en s’achetant de beaux livres, c’est un peu exagéré. Je ne pense donc pas m’abonner (mais je piquerai les livres de ma maman, qui elle, compte le faire haha! – Il y aura d’ailleurs un tome sur JFK que je ne veux pas louper).

Quatre chroniques en une !

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous faire quatre chroniques en une. J’ai lu deux bande-dessinées et deux contes que j’aimerais partager avec vous, mais je n’ai que très peu de choses à dire sur ces oeuvres et faire quatre articles très courts me semblent un peu idiot. Voici donc La Vie et moi, Une semaine sur deux, Abyssia et Willow Hall !

Livre #1 : La Vie et Moi – Pico Bogue

Couverture Pico Bogue, tome 01 : La vie et moi

Résumé de l’éditeur

« Pico Bogue est le fils aîné d’une famille tout ce qu’il y a de plus normal, c’est-à-dire unique, extraordinaire et parfois complètement folle ! Avec sa petite soeur Ana Ana, Pico évolue dans la vie avec autant de certitudes que d’interrogations, ce qui vaut à ses parents et grands-parents des crises de toutes sortes : crises de rire, crises de désespoir, crises d’amour toujours ! »

Mon avis

J’ai adoré ! Cette BD plaira autant aux enfants qu’aux adultes. Les jeux de mots sont bien trouvés, les scènes sont courtes mais toujours drôles, les personnages sont attachants. Cela faisait longtemps que je n’avais pas réellement ri en lisant une bande-dessinée ! Je vais découvrir avec grand plaisir la suite des aventures de Pico.

Le vocabulaire utilisé est simple et les dessins sympathiques et clairs à comprendre. Je pense que cette BD pourrait donc être utilisée dans mes futurs cours de Français Langue Étrangère (FLE – dont je vous parlerai sûrement de plus en plus souvent).

Livre #2 : Une semaine sur deux – Pacco

Couverture Une semaine sur deux, tome 2 : Je suis ton père

Quatrième de couverture

« Une semaine sur deux, Pacco s’occupe de sa fille Maé, sept ans. Deux semaines sur deux, il est dessinateur de BD, surfeur amateur et un peu geek sur les bords.
Voilà ce que raconte Pacco dans son livre : sa fille, son quotidien, ses lubies, ses préoccupations de père, ses passions, ses potes. Avec tendresse, finesse et humour, il nous invite dans sa vie de tous les jours. »

Mon avis

C’est une lecture légère et rapide. C’est assez divertissant et cela ne demande pas beaucoup de concentration, c’est donc idéal à lire sur la plage ! Les dessins sont sympathiques, le choix de couleur aussi. J’ai bien aimé le thème aussi : un papa célibataire qui s’occupe de sa fille. D’ailleurs, j’ai adoré le personnage de Maé. En revanche, j’ai trouvé que les planches sans Maé étaient moins amusantes, surtout celles avec les copains. Le côte « boire comme un trou c’est trop marrant » ne me plait pas, je trouve cela sans intérêt… L’humour est parfois un peu lourd !

Citations

— T’es une femme, gérer les chiards c’est dans vos gênes !
— Je sais pas bien ce que tu cherches… mais si tu continues avec cette attitude, tu vas finir par prendre une petite tape !
— Tu vois !!!

— Non, doudou, il va pleuvoir tout le week-end, alors le parc, tu peux carrément oublier.
— Pourquoi ?
— Laisse-moi réfléchir… à cause de la pluie !!!!
— Aller jouer dehors alors…
— Oké c’est moi, je dois pas être assez clair quand je parle… Dehors, pluie, donc eau en abondance, donc empêche d’activités dehors.

Livre #3 : Abyssia – Diane Ozdamar et Tiphaine Zanutto 

Couverture Abyssia

Quatrième de couverture

« À une époque dominée par les technologies et les industries polluantes, les hommes détruisirent ce qu’il restait de la couche d‘ozone, gage de leur vie sur Terre. Contraints de coloniser un autre monde les abritant du rayonnement solaire meurtrier, ils trouvèrent leur salut dans les profondeurs marines.
Abyssia, cité encerclée par l’étrangeté aquatique, dernier bastion de l’humanité, se heurta à un peuple doué de conscience : les Nouveaux Atlantes.
Lui, presque homme, n’aurait, dans un monde normal, jamais dû ouvrir les yeux.
Il n’en fut pas ainsi.
Elle, si humaine, promise à une vie superlative, fut hélas condamnée à errer dans les abysses.
Comment Ernestine, créatrice funeste, scientifique funambule oscillant entre devoir et moralité, scellera-t-elle son destin et celui de Grim ? »

Mon avis

Les illustrations de ce livre sont vraiment magnifiques. J’ai adoré le choix de couleur et la représentation des Atlantes, de très belles créatures. Cependant, je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire. J’ai trouvé que tout allait trop vite, comme la relation que développe Ernestine avec le personnage qu’elle crée. Malheureusement je n’ai réussi à m’attacher à aucun des personnages.

Livre #4 : Willow Hall – Cécile Guillot et Mina M.

Couverture Willow Hall

Quatrième de couverture

« Willow Hall… Les murs semblent me chuchoter des prières que je ne comprends pas… Les ombres s’allongent, chaque coin paraissant cacher quelque monstre à l’affut… Tout ici n’est que ténèbres et désespoir. La fillette dont je dois m’occuper reste plongée dans un silence indifférent. Elle est parfois entourée d’étranges papillons sortis de je ne sais où… créatures magnifiques mais qui m’arrachent à chaque fois un frisson involontaire ? »

Mon avis

Les dessins sont absolument magnifiques, ils nous emmènent dans un autre univers. Les couleurs sont sombres et font bien ressortir le côté mystérieux de l’histoire. J’ai aussi aimé voir les lettres écrites par la protagoniste. C’est une histoire courte, certes, mais captivante. Le personnage de Lorena est mystérieux à souhait. C’est un véritable coup de cœur pour moi.

La petite marchande de rêves – Maxence Fermine

Couverture La Petite marchande de rêves

Quatrième de couverture

« Le jour de ses onze ans, Malo tombe dans la Seine. Aspiré dans un toboggan, quand il ouvre les yeux, il découvre un monde en noir et blanc, éclairé par une lune de diamants. Il vient de pénétrer au Royaume des Ombres, un lieu magique où les habitants sont aussi étranges que fascinants: Arthur, l’arbre qui ne cesse d’éternuer; Mercator, le chat si bavard vieux de deux cent treize ans; Lili, la petite marchande de rêves au regard d’or qui capture les songes… Sans compter les spectres inquiétants et un dangereux alchimiste qui lui jette un terrible sort.
Pour briser le maléfice, Malo a un énorme défi à relever.
Et une nuit… »

Mon avis

Pour faire court

Les points positifs : une idée originale, des personnages attachants, une jolie morale.

Le point négatif : un vocabulaire peut-être un peu compliqué avec le magicien.

Un beau conte fantastique

La petite marchande de rêves est un petit conte d’environ 150 pages qui nous emmène au Royaume des Ombres en compagnie de Malo. Après un accident de voiture, le petit garçon tombe dans la Seine et découvre un hublot au fond. Il décide de l’ouvrir et de s’y engouffrer sans s’avoir ce qui l’attend de l’autre côté. Le Royaume des Ombres se révèle très surprenant, Malo y croise des arbres qui parlent, des chats fumeurs et des personnages hauts en couleurs tels que Lili, une petite fille qui vend des boîtes remplies de rêves. En vingt-quatre heures, Malo va vivre d’incroyables aventures et, même s’il s’agit d’un conte assez enfantin, je me suis prise au jeu et j’ai aimé suivre l’enfant dans ses péripéties. J’ai bien aimé l’univers qui se dégageait de ce livre. Ce n’est pas un conte de fée où tout est bien qui finit bien, les filles ne portent pas des robes rose bonbon et les garçons ne sont pas des princes charmants. Il y a tout de même une part d’ombre dans ce conte et c’est ce qui l’a rendu si intéressant à mes yeux.

Des personnages loufoques mais attachants

Dès le début, je me suis prise d’affection pour Malo, qui était un peu délaissé par ses parents. Ce petit garçon est aussi très courageux car une fois arrivé au Royaume des Ombres, il n’hésite pas à explorer ce Paris imaginaire et à parler à ses habitants. J’ai beaucoup aimé sa relation avec Lili, cette petite fille piégée là depuis plus longtemps que lui. Elle aussi est très attachante. Elle aimerait pouvoir rejoindre le monde réel, mais elle ne le peut pas pour l’instant et on voit que cela la peine beaucoup. J’ai aussi aimé son fort caractère ! Quand Malo se montre trop envahissant, elle n’hésite pas à le lui dire.

Les autres personnages appartenant au Royaume des Ombres sont très intéressants et ils ajoutent tous un plus à l’histoire. Mon préféré est le Clochard céleste qui va donner une belle leçon de vie aux enfants. Il est vraiment sympathique et généreux.
Le chat Mercator est aussi très amusant. C’est le genre de personnage idéal pour faire rire les enfants ! Enfin, Dom Perlet est le méchant de conte par excellence. Je ne vais pas dire que je l’ai apprécié car il est tout de même sacrément vicieux, mais il apporte un vrai plus à l’histoire.

Un Septimus décevant

Le seul personnage m’ayant déçu est Septimus, le magicien. Tout d’abord, je ne l’ai pas trouvé très utile, il n’aide pas vraiment Lili et Malo et ils se montre même assez désagréable avec eux. Ensuite, j’ai trouvé sa façon de s’exprimer certes originale, mais assez complexe. Quand on est plus âgé, on peut comprendre ce qu’il baragouine et on peut même trouver ça amusant, mais j’imagine un petit de huit ans qui doit regarder sans cesse le lexique pour comprendre ce qui se dit. Cela doit être un peu gênant. Mais disons qu’il ne s’agit que d’un petit bémol et que le reste du livre est très sympathique. L’écriture est fluide et mis à part avec Septimus, le langage utilisé est agréable à lire et compréhensible à tout âge.

Citation

Les gens ne savent pas ce que c’est le bonheur. Ils veulent un emploi, une belle voiture, une grande maison et pourtant ils ne sont pas heureux lorsqu’ils l’obtiennent. Alors que la rencontre avec un être cher, ou la naissance d’une étoile ont bien plus d’importance que tout l’argent et toute la considération que leurs sacrifices leur apporteront. Moi, je suis plus riche qu’un milliardaire. Pourtant aucune étoile ne m’appartient puisqu’elles sont à tout le monde. Aussi n’ai-je pas à les compter. J’ai juste à les contempler et à les aimer.

Le bureau de mariage de M. Ali – Farahad Zama

Couverture Le bureau de mariage de M. Ali

Quatrième de couverture

« Comment s’occuper à la retraite, surtout si l’on a du bon sens à revendre ? Ouvrir une agence matrimoniale, bien sûr ! Aussi, M. Ali, originaire de la ravissante ville de Vizag, dans le sud de L’inde, voit-il son affaire prospérer sous les regards attentifs de son indomptable épouse et d’Aruba, son assistante hors pair. Si la plupart de leurs clients s’en retournent satisfaits, des problèmes ne s’en profilent pas moins à l’horizon… Une comédie tendre et joyeuse sur le mariage et l’amour dans l’Inde d’aujourd’hui, entre tradition et modernité. Une version à l’orientale d’Orgueil et Préjugés, d’où il ressortira que l’amour sincère ne s’avoue jamais vaincu. »

Mon avis

Pour faire court

Les points positifs : un sujet très intéressant, des personnages attachants, des explications et des connaissances apportées par l’auteur, un rebondissement final qui m’a beaucoup plu.

Le point négatif : l’évocation d’un ou deux personnage pas forcément nécessaire.

Une première pour moi

Jusqu’au Bureau de mariage de M. Ali, je n’avais jamais lu une oeuvre écrite par un auteur indien. Notre culture et la leur sont vraiment différentes et j’ai toujours eu peur de ne pas accrocher à l’histoire, de ne pas me retrouver dans les personnages ou d’être stupéfaite par les pratiques que je découvrirais. Mais je me trompais sur toute la ligne ! Bien évidemment, la différence de culture est bien là, mais cela ne m’a pas dérangé. Au contraire, j’ai même adoré découvrir la façon dont les mariages s’organisaient en Inde. J’avais déjà regardé un reportage à ce sujet et j’y avais « appris » que tous les mariages étaient forcés et que personne n’était vraiment satisfait de la situation. Grâce à ce livre, écrit par un indien, j’ai découvert que beaucoup de jeunes considèrent cette situation comme normale et refuse catégoriquement de se marier par amour. C’est le genre de livre qui vous ouvre les yeux sur le monde et qui vous font oublier que notre manière de vivre, de s’habiller, de penser, de manger n’est pas la meilleure et qu’elle ne doit pas être imposée à quoique ce soit.

Des personnages sympathiques

Le plus gros point fort de ce livre est que l’histoire tourne autour de trois personnages centraux : M. Ali, Mme Ali et Aruna. Dès les premières pages, je me suis attachée à Mme Ali. C’est une femme forte qui tient tête à son mari quand il se montre trop déraisonnable. Mais c’est également une femme simple, qui profite de ses vieilles années comme elle le peut. Son mari, lui, est plus ambitieux et bien qu’il soit à la retraite, il décide de créer une agence matrimoniale. Au début, j’avais un peu peur que M. Ali soit trop arrogant, trop attiré par l’argent, mais quand on apprend à le connaître au fil des pages, on se rend compte qu’il est très sympathique, qu’il ne veut que le bonheur de sa famille et il prend également plaisir à trouver un époux à toute personne qui se présentera dans son agence. C’est un petit couple très attachant dont j’ai aimé découvrir l’histoire.

Le troisième protagoniste est Aruna, la secrétaire de M. Ali. Je me suis tout de suite attachée à elle. Cette jeune femme doit travailler pour aider ses parents financièrement et elle se consacre peu à la recherche du mari parfait – comprenez de la même caste, de la même religion et ne demandant pas un grande dot. Elle sacrifie sa vie personnelle pour soutenir ses parents et sa soeur. Elle est admirable. C’est également elle qui m’a fait passer par tout un tas d’émotions : la joie, la tristesse, la surprise… J’espérais qu’à la fin, elle trouverait son bonheur et je n’ai pas été déçue !

Une plume très légère

Ce livre a beau faire 392 pages, je n’ai pas eu l’impression d’avoir lu autant. La plume de l’auteur est si légère, si fluide que l’on tourne les pages sans même s’en rendre compte. Les enchaînements dans l’histoire semblent si naturels que les chapitres défilent à une vitesse folle. En fait, il n’y a pas d’énormes péripéties ou de retournements de situation. On découvre parfois des choses de la vie quotidienne et c’est comme si on regardait un reportage sur la vie de M. Ali. Les choses s’enchaînent vraiment naturellement et c’est ce que j’ai principalement aimé. J’adorerais lire une autre oeuvre de cet auteur.

J’ai beaucoup aimé la fin de ce livre. Que ce soit pour Aruna, M. Ali, sa femme et son fils, je trouve que toutes leurs histoires se concluent très bien. C’est même assez émouvant et j’étais heureuse de quitter ces personnages parfaitement heureux de leur situation.

Un seul petit bémol

La seule chose que j’ai trouvé dommage, c’est qu’on évoquait parfois des sujets ou des personnages et qu’on laissait ensuite cette histoire de côté. Par exemple, on parle d’une femme mise à la porte par son fils. Puis plus rien jusqu’à la fin. Dans les dernières pages, on apprend ce qu’est devenu cette femme, mais je n’ai pas trouvé de réel intérêt à cette histoire. L’auteur n’avait pas besoin de rajouter cette mini-intrigue pour rendre son livre intéressant !

Citations

C’est l’erreur que les gens commettent – chercher systématiquement le conjoint idéal alors qu’ils seraient tout aussi heureux s’ils se contentaient de quelqu’un de bien.

Lorsqu’un homme tombait malade ou perdait son emploi peu après son mariage, tout le monde blâmait sa femme sous prétexte qu’elle avait porté la poisse à la famille. Curieusement, cela ne fonctionnait pas dans le sens inverse – un mari n’y était pour rien si son épouse tombait malade après les noces. Au contraire, on s’en prenait à elle parce qu’elle n’était pas en bonne santé.

Il faut parfois regarder au-delà de nos propres intérêts et de notre famille. […] Je ne vois pas à quoi ça sert de devenir riche si on perd son âme en cours de route.

Le Pont des hommes perdus – Max Gallo

Couverture Le Pont des hommes perdus

Quatrième de couverture

« L’armée française en débâcle, les communications coupées, un pont qui doit sauter, l’honneur d’un capitaine et l’attente d’une poignée d’hommes, perdus. Tout est là.
En quelques pages sèches, brûlantes, drues comme le soleil d’un dernier été. L’action se passe en juin 1940, à ce moment précis de l’histoire où tout s’apprête à basculer dans le long tunnel de la défaite. Cinquante ans plus tard, Max Gallo raconte. »

Mon avis

Pour faire court

Les points positifs : des personnages attachants, des rebondissements surprenants, une réflexion poussée sur le sens de la guerre, un récit court et captivant.

Les points négatifs : aucun, à mes yeux.

Un début percutant

Dès le début de cette nouvelle, nous sommes plongés au coeur de la guerre. Le capitaine Teyssier, qui occupe une ferme avec ses hommes, regarde le pont menant à Versoix-sur-Arvon et il y voit une foule de civils fuyant les combats. Il remarque également la présence de plusieurs soldats, désarmés et parfois sans leurs uniformes. Ils savent que le combat est perdu et ils désertent tout simplement. Teyssier ordonne à ses soldats de rester en place, mais la plupart ne respectent plus désormais son autorité. Ils savent très bien que la fin est proche et ils se disent qu’ils n’ont plus rien à perdre, la désertion est leur ultime chance de s’en sortir. Le capitaine fait preuve de beaucoup de sang-froid face à l’abandon de hommes. Il ne lui reste que Victor Rovini et Jean Carlin. Le premier est anarchiste, le second veut devenir prêtre. Ces trois hommes n’ont rien en commun et ils vont pourtant devoir gérer cette dernière crise ensemble.

Des péripéties inattendues

Une fois le décor planté, les péripéties peuvent commencer et, pour être honnête, je ne les avais pas vu venir. Je ne m’attendais pas à ce que d’autres personnages fassent leur apparition ni à ce que lesdits protagonistes prennent autant d’importance. Ils sont indispensables à l’histoire, car ils font réfléchir Teyssier sur le sens de la guerre. Pourquoi continue-t-on de se battre alors que tout est perdu ? Peut-on rechercher la victoire à tout prix ? Le sacrifice humain n’a-t-il aucune conséquence ? Ayant participé à la première guerre mondiale, le capitaine sait déjà qu’il est difficile de perdre des hommes au combat. En revanche, il ne s’était pas forcément rendu compte que la destruction du pont causerait tant de tort au village de Versoix-sur-Avon. Le fait d’être coincé à cet endroit, surveillant constamment le pont, va donner beaucoup de temps de réflexion à Teyssier.

Comme un huis-clos angoissant

Cette nouvelle a beau se dérouler dans une ferme, j’ai eu l’impression que les personnages étaient comme enfermés dans un espace limité. Ils voient les civils et leurs camarades fuir, mais eux restent là, à regarder le pont et à agir pour le faire exploser dès que les allemands arriveront dessus. Ils sont obligés de se supporter les uns les autres, ils doivent cohabiter puisqu’ils n’ont aucune échappatoire. L’un est capitaine et ne déserterait pour rien au monde, l’autre est anarchiste et donnerait sa vie pour combattre le fascisme, le dernier est trop docile pour s’opposer aux ordres de son supérieur. Ils doivent tous calmer leurs egos, parler et réfléchir ensemble à la suite et au sens de leurs actions. J’ai trouvé cette situation assez angoissante car j’essayais de me mettre dans la peau de chacun d’entre eux et j’imaginais à quel point la prise de décision pouvait être compliquée. C’était donc une lecture compliquée au niveau émotionnel, mais tellement captivante !

Des personnages touchants

Rapidement, on oublie aussi le fait que Teyssier est le capitaine. Rovini n’en a rien à faire qu’il soit son supérieur et il lui parle comme s’ils avaient le même grade. Teyssier n’essaie pas de le remettre à sa place, ce qui fait vraiment ressortir son côté humain. À la guerre, tout le monde est dans la même situation. Chaque homme devient un cadavre potentiel, qu’il soit capitaine ou simple soldat. D’ailleurs, l’auteur parle du fait que Teyssier se mettait toujours en première ligne pendant la première guerre mondiale afin de motiver ses troupes et de leur donner le bon exemple. Je me suis pris d’affection pour ce personnage.

Carlin reste plus discret. Au début, on ne sait pas vraiment s’il reste avec son capitaine car il respecte ses supérieurs ou par simple conviction. On ne l’apprend qu’à la fin. J’aurais peut-être aimé en savoir plus sur ce personnage, mais cela aurait peut-être ajouté quelques longueurs inutiles à cette nouvelle.

Quant à Victor, il est touchant dans le sens où il est prêt à défendre la liberté coûte que coûte. C’est un résistant de la première heure, un homme capable de sacrifier sa vie pour défendre la population de la menace brune ou de la menace rouge. Je l’imagine très bien devenir maquisard après cet épisode du pont sur l’Arvon. Il représente l’une des figures emblématiques de la France sous l’occupation et je ne pouvais que l’admirer.

Du suspens jusqu’à la dernière seconde

Dès les premières pages, je me suis rendue compte qu’il me serait impossible de deviner la fin de cette nouvelle. À la guerre, on ne peut jamais savoir si l’ennemi a un coup d’avance. Je me demandais donc ce qu’il adviendrait de nos trois protagonistes. Allaient-ils mourir ? Allaient-il déserter ? Allaient-ils finir par faire sauter le pont ? Allaient-ils être arrêtés par les allemands ? Difficile de le deviner à l’avance. J’ai apprécié le fait que le suspens durait véritablement jusqu’à la dernière page, voire même jusqu’à la dernière ligne. La surprise restait entière !

Citations

Les généraux se débinent. Ils foutent le camp, vous les voyez, capitaine ! Et nous, on va jouer les héros, ici, et se faire prendre aux pattes par les boches ! Moi j’en suis pas.

Qu’étaient devenus en vingt années l’héroïne, l’abnégation ?
Peut-être avait-il mieux valu que Péguy meure, le 1er septembre 1914, plutôt que de voir cela, ce peuple et ces soldats transformés en fuyards.

Je m’en fous de mourir. J’ai vu trop de cadavres ces temps-ci et, pas seulement des enfants, des vieux et des pauvres femmes, mais aussi des cadavres d’idées, d’illusions, d’espérances, et ça, je le supporte mal.

Vous les avez vus, tous ces pauvres gens avec leurs valises, leurs ballots. Vous deviez les défendre. Ils vous ont cru. On vus a tous cru, vous les militaires ! Tout était prêt, la ligne Maginot, les avions, les tanks. Je suis allé chez mon fils à Paris le 14 juillet de l’année dernière ! J’ai assisté au défilé. Je suis revenu des Champs-Élysées fier, sûr que si la guerre éclatait, on allait être à Berlin en quelques jours.

Tragiques Pâques 1944 – Miloslav Samardjic

Couverture Tragiques Pâques 1944 : Pourquoi Belgrade a vu tomber plus de bombes Alliées que nazies

Je remercie tout d’abord Babelio et les éditions Pogledi pour m’avoir fait découvrir ce livre dans le cadre de la masse critique.

Quatrième de couverture

« Un des paradoxes de la Seconde Guerre mondiale est que ce sont les États européens occupés ayant le plus résisté à Hitler qui ont le plus souffert de la part des Alliés : la Pologne, la France et le Royaume de Yougoslavie, plus précisément pour ce dernier, dans ses parties serbes. (…) Le but de cet ouvrage est de déterminer les raisons pour lesquelles plus de belgradois ont péri sous les bombes Alliées en 1944, que sous les bombes allemandes en 1941. » Extrait de la préface de la présente édition.

Mon avis

Pour faire court

Les points positifs : l’apport de connaissances, les explications claires, les citations de documents officiels, les photos, les cartes de Yougoslavie, la véritable quête de vérité.

Les points négatifs : quelques fautes de grammaire/orthographe.

Le vif du sujet

Dès les premières pages, on rentre directement dans le vif du sujet. L’auteur nous explique de quoi le livre va parler, pourquoi c’est important et quels sont les problèmes qui ont empêchés l’éclatement de la vérité. J’ai apprécié le fait que l’auteur ne parte pas dans tous les sens et qu’i se concentrent bien sur l’histoire des bombardements Alliés sur Belgrade (et sur d’autres villes serbes). Tout en apportant un contexte indispensable en parlant de la Croatie, Miloslav Samardjic ne se disperse pas. C’est important à souligner car le thème abordé n’est pas simple, la politique est tellement perfide qu’il est parfois difficile de la suivre donc si l’auteur avait parlé de tout et n’importe quoi, le livre aurait été incompréhensible. J’ai également apprécié sa détermination. Il veut absolument découvrir la vérité sur ces bombardements : qui est responsable et pourquoi ?

Des explications détaillées

L’apport de connaissances dans ce livre est extraordinaire. Je ne m’attendais pas à apprendre autant de choses, mais je me suis en fait rendu compte que je ne savais absolument rien de la Yougoslavie dans la seconde guerre mondiale. J’ai été ravie de découvrir toutes ces nouvelles informations – et en même temps j’ai été triste de voir que ce conflit avait été encore plus horrible que je ne l’avais imaginé.

Pour évoquer de façon claire le bombardement Alliés des villes serbes, l’auteur doit parler de la Croatie, de l’Allemagne, de l’URSS, des États-Unis, du Royaume-Uni, de Tito, de Staline, de Roosevelt, de Churchill… bref, d’un nombre incalculable de personnes. Mais il le fait brillamment. Ses explications sont bien détaillées et bien claires. Ses notes en fin de livre permettent également de s’y retrouver. J’avais peut-être un peu peur au début de me perdre dans toutes ces informations, mais grâce à la plume agréable de l’auteur, j’ai réussi à suivre de la première à la dernière page l’explication de cette tragédie qui m’était encore inconnue.

Les illustrations

L’auteur a ajouté dans ce livre tout un tas d’illustrations. Il y a des cartes de la Yougoslavie afin de mieux comprendre où sont placées les villes touchées par les bombardements. Il y a des photographies des principaux concernés, que ce soit du côté Yougoslave comme du côté des Alliés américains et britanniques. Il y a également des photographies de Belgrade, le jour de la Pâque orthodoxe, qui nous montrent l’étendue des dégâts et qui prouvent surtout à quel point l’attaque était violente. Ces images ne sont peut-être pas appropriées pour tous les lecteurs. On y voit, malheureusement, des cadavres d’adultes comme d’enfants donc ce livre ne s’adresse pas à tout le monde. Il y a également des affiches de propagande sur lesquelles on voit chaque parti défendre son point de vue.

Si on prend en compte le texte, les cartes, les photographies et les affiches, on a un livre bien complet qui détaille parfaitement la situation en Serbie pendant la seconde guerre mondiale. Chapeau à l’auteur qui a réussi à rassembler autant d’informations dans 150 pages.

Un petit bémol

Si je devais absolument relever un point négatif dans ce livre, je dirais qu’il s’agit des petites fautes de grammaire et d’orthographe. Il n’y en a pas non plus à chaque phrase, c’est vraiment rare. Le principal problème est la coupure des mots en fin de ligne, il ne respecte pas les syllabes. Cela ne dérange en rien la lecture, c’est juste le petit point qui m’empêche de mettre la note maximale. Le traducteur n’est clairement pas à blâmer, je sais par expérience qu’on peut écrire des aberrations lorsqu’on tape à l’ordinateur et on ne s’en rend même pas compte ! Donc ce petit bémol n’est franchement pas un frein à la lecture, d’autant plus que le style de l’auteur est agréable à lire. Il est un peu compliqué par moment quand on rentre dans les détails complexes de la politique, mais en général je n’ai pas eu de problèmes et je n’ai pas eu besoin de relire de phrases pour les comprendre.

Citations

Hormis les villes slovènes, les villes croates ont aussi été préservées du système de bombardement de saturation. À la demande de Tito et de son commandement suprême, et en accord avec les Britanniques, les bombes étaient larguées « d’une manière particulière » uniquement sur les villes serbes.

Le hurlement des femmes, des hommes et des enfants fendait le ciel, les parents cherchaient leurs enfants, partout des ruines et du bétail mort, la puanteur des corps calcinés, l’air chargé d’odeurs toxiques et de poussières, des morceaux de corps jetés même sur les câbles électriques ou sur les toits des environs, et dans les jardins, les cheveux, les jambes, les bras et les cerveaux éparpillés des victimes mortes.

Avec Maman – Alban Orsini

Couverture Avec Maman

Quatrième de couverture

« Avec Maman est une fiction qui retrace l’histoire de maman et de son fiston que l’on découvre au fil de leurs échanges de textos. Ce récit drôle, touchant et parfois surréaliste nous parle des liens parents/enfants et du décalage entre les générations. Au fil des pages on s’attache aux personnages, on en découvre de nouveaux et on s’identifie. Inattendu, hilarant, captivant mais aussi bouleversant, ce livre est le témoin de son époque … aujourd’hui, les histoires s’écrivent aussi en SMS. »

Mon avis

Pour faire court

Les points positifs : l’originalité, la légèreté, la rapidité de la lecture, un vocabulaire accessible à tous (utilisable pour cours de Français Langue Étrangère à mon avis !)

Les points négatifs : une fin attendue, un manque de véritable histoire.

Un roman pas comme les autres

Lorsque j’ai commencé ce livre, j’étais un peu dubitative. Effectivement, ce roman n’a rien à voir avec ceux que j’ai pu lire auparavant et pour cause : il est écrit en SMS. Pas dans le langage SMS avec des fautes partout et des abréviations, mais littéralement en conversations SMS entre un fils et sa mère. Entre les « bon week-end mon chéri », les « maman, j’ai besoin d’argent » et les « c’est quoi ta recette ? », on passe par toutes les conversations a priori banales que pourraient avoir une mère avec sa progéniture.

Le fait que ce roman soit écrit de cette façon est assez divertissant. Le rythme de lecture est si rapide que l’on a pas le temps de s’ennuyer, on tourne les pages à une vitesse folle et on dévore chaque dialogue. C’est plutôt positif dans l’ensemble, car on ne perd pas une miette de cette lecture, mais j’ai trouvé cela également dommage car j’avais l’impression que ce livre n’avait pas grand intérêt, dans le sens où je ne retenais quasiment rien de ce que je lisais. Beaucoup de conversations sont futiles – enfin, c’est le bla-bla quotidien avec nos parents – et ne sont pas utiles à « l’histoire » qui implique également Boris et Diane.

Une tentative d’intrigue

J’ai apprécié le fait que l’auteur essaie d’introduire une véritable intrigue avec le voisin de la mère ainsi que la petite amie du fils. Les nouvelles informations sur ces personnages donnaient une impression de progrès dans le temps, je n’avais pas cette sensation de stagner à une même période, ni d’être coincée dans un tourbillon infinie de conversations sans importance. En revanche, cette intrigue n’est pas assez développée à mon goût. J’aurais aimé en apprendre plus sur ces deux personnages et sur leur relation avec les protagonistes, j’aurais aimé plus de rebondissements également. Si le livre n’est pas ennuyant car très rapide et dynamique, il manque tout de même d’une véritable histoire captivante. Je ne sais pas si je me souviendrais de ce que j’ai lu dans Avec Maman dans une semaine et c’est dommage. J’aurais aimé pouvoir me raccrocher à d’autres personnages et à des rebondissements plus nombreux.

De l’humour

Le principal attrait de ce livre est évidemment son côté humoristique. On a beau aimer nos mamans, on adore les taquiner et c’est ce que fait parfaitement le protagoniste. La mère n’est pas en reste. Si son fils se moque de ses capacités à comprendre les nouvelles technologies, elle se moque de son problème pour dégoter une fille convenable et son manque chronique d’argent. Bref, c’est le genre de conversation que l’on a tous eu avec nos parents. En revanche, mes discussions avec ma grand-mère n’étaient pas du tout comme dans le livre! Cette mémé amène pas mal d’humour par son côté déjanté, mais je dois bien avouer que la première fois que je suis tombée sur ce charabia, je me suis demandée si tout le livre allait être comme cela. Le coup de la mémé m’a amusé une ou deux fois, mais au bout d’un moment je m’en suis lassée.

Des émotions

Malgré le format SMS de ce roman, on arrive tout de même à ressentir quelques émotions, principalement lorsque les conversations entre la mère et le fils deviennent sérieuses tout à coup. C’est toujours douloureux de parler des choses qui fâchent avec les personnes à qui l’on tient, surtout lorsqu’il s’agit de nos parents et les deux protagonistes l’illustrent très bien. Je m’attendais à cette fin-là. Je ne sais pas pourquoi, je me disais qu’il y allait y avoir quelque chose dans ce genre-là pour que le roman mette fin à la conversation de manière logique et appropriée. Du coup, je n’ai vraiment pas été surprise, mais il n’empêche que le dernier message envoyé du portable de la maman briserait le cœur de n’importe qui. C’est assez étrange de se dire qu’on peut ressentir des émotions en lisant des textes si courts, mais au final, cela reflète bien la société actuelle où tout passe par ces quelques lignes que l’on s’envoie à longueur de temps.

Citations

— La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.
— ?
— Je précise ma pensée : la liberté que tu as prise en me téléphonant une nouvelle fois pété comme un coing à 3h du matin aurait dû s’arrêter là où ma liberté de dormir tranquillement commençait !

— C’était quoi la chanson qu’elle chantait Céline Dion?
— Laquelle?
— Ça faisait « Aïe canette tout flaï, I’m alive, Tzim Boom Tzim Boom, Aïe canette tout flaï, I’m alive woohoo »
— I’m Alive…
— Voilà. C’est ça. I’m Alive, c’est le titre que je cherchais. Merci mon chéri.

— Je suis à découvert, tu peux m’aider ?
— Oui, mets un pull.