L’Homme qui voulait rester dans son coin – Manou Fuentes

par alltimereadings

Couverture L’homme qui voulait rester dans son coin

Résumé 

« Célibataire et volontiers solitaire, Édouard Pojulebe est un homme prudent qui, depuis l’enfance, a appris à se tenir à distance des autres pour éviter les conflits. Édouard s’est construit, au fil des ans, une vie tranquille, faite des gestes du quotidien, de façon à ne jamais risquer de mettre en péril sa quiétude.
Un grain de sable vient perturber cette vie si bien huilée. Édouard se trouve alors entraîné dans des aventures dont il ne saisit pas le sens. Décontenancé par la tournure que prennent les événements, il s’angoisse de ne plus savoir quoi faire et quoi être, erre sur des chemins méconnus tout en essayant, malgré tout, de ne pas perdre pied.
N’arrivant à rien dénouer, Édouard se trouve, in fine, contraint à la fuite. Exposé alors à une menace permanente, ce personnage peu enclin à la réflexion voit son instinct de survie s’aiguiser et son discernement s’approfondir, pour tenter de s’adapter aux réalités nouvelles auxquelles il est confronté. Sa personnalité en vient à se métamorphoser de telle manière qu’il se découvre, finalement, autre qu’il n’était. »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier Aurélie des éditions Hélène Jacob pour sa confiance! Lorsque j’ai du choisir un livre parmi la sélection proposée, L’Homme qui voulait rester dans son coin m’a tout de suite attiré de par son titre très prometteur et son résumé mystérieux.

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Edouard Pojulebe est un homme banal. Même plus que banal. Il est insignifiant. Il n’est qu’une personne parmi tant d’autres. Son existence est rythmée par un programme bien précis et répétitif. Edouard ne fait pas de vague. Il ne s’intéresse pas aux autres et ils le lui rendent bien. Rien ne laissait présager que sa vie allait basculer du tout au tout en une fraction de seconde. Un jour, en sortant de son restaurant habituel, un homme qu’il pensait d’abord ivre s’écroule sur lui. Ses derniers mots ? « C’est dans la poche. » Puis il est transporté à l’hôpital. Qu’est-ce qui est dans la poche ? Pourquoi s’est-il adressé à Edouard, qui n’était qu’un inconnu pour lui ? Si Pojulebe essaie tout d’abord d’oublier cet incident de parcours, il se rend vite compte que cet événement inattendu hante toutes ses pensées, nuit et jour. Edouard commence alors à remettre en question toute son existence, son mode de vie et sa façon d’agir avec les autres. Voulant en finir avec ses remords, il décide d’aller voir cet homme qui a chamboulé sa vie. Cependant, cette visite à l’hôpital va avoir des conséquences aussi inattendues que désastreuses. Et voilà que Edouard Pojulebe, ce solitaire habitué à une vie calculée au millimètre près, devient un fugitif recherché par toutes les polices de France…

La seule particularité que pouvait revendiquer dans le cours de son existence Edouard Pojulebe, c’était le nom dont il était affublé. Hormis ce détail, dont on mesurera par la suite l’importance, rien ne le prédisposait à sortir de la banalité. Un physique passe-partout, un comportement modeste joints à un désir de passer inaperçu semblaient avoir tracé par avance son destin.

Mon avis sur ce livre est plutôt mitigé. En fait, je vais avoir un peu de mal à écrire cette chronique car cette lecture m’a laissé totalement indifférente. Je n’ai pas ressenti d’émotions. Cela ne veut pas dire que c’était mauvais, non, je n’ai pas détesté! Mais c’est une lecture qui ne restera pas gravée dans ma mémoire. Je l’ai lu, voilà, c’est fait. Le fait de ne pas ressentir d’émotions lors d’une lecture est assez rare pour moi. La dernière fois que cela m’est arrivé, c’était avec Suite Scarlett de Maureen Johnson… soit en janvier 2016. Les raisons sont simples : un style d’écriture auquel je n’ai pas adhéré, une histoire que je ne trouve pas passionnante, des personnages qui ne m’inspire pas terriblement…

Commençons d’ailleurs par les personnages. Déjà, il n’y en a pas beaucoup. Je ne dis pas que pour un bon livre, il faut avoir 43000 protagonistes, mais un peu de diversité, ça ne fait pas de mal. Surtout quand on n’accroche pas au personnage principal! En effet, j’ai eu un peu de mal avec Edouard Pojulebe. Au début il m’agaçait. Il passait son temps à se plaindre. Or, si sa vie était devenue aussi inintéressante, c’était uniquement de sa faute! Il remettait la société en question sans jamais s’interroger sur ses choix personnels. C’est tellement plus simple de rejeter la faute sur les autres… Mon avis sur lui a quelque peu changé au cours du livre. Le fait qu’il se déride un peu, qu’il « devienne quelqu’un d’autre » me l’a rendu plus sympathique, assurément! Je peux même dire qu’à la fin du livre, je l’appréciais. Mais malheureusement, cela est arrivé trop tard et je n’ai pas eu le temps de m’attacher à lui.
Quant aux autres personnages qui, comme je le disais, sont plutôt rares, je ne les ai pas apprécié plus que cela puisqu’on ne les connaît que vaguement. Ils ne sont que des intervenants dans la vie d’Edouard donc on ne sait absolument rien d’eux à part leur nom et leur profession… J’ai trouvé cela vraiment dommage. Parfois même, j’avais l’impression qu’un personnage allait devenir important puis, au final, il ne servait à rien. On l’oubliait au bout de quelques lignes. Pourquoi s’embêter à trouver un prénom, une description physique etc, si c’est pour ne pas l’exploiter ensuite ?

Passons maintenant à l’histoire en elle-même. Le résumé semblait prometteur. Un homme à l’existence on ne peut plus banal se retrouve du jour au lendemain impliqué dans une aventure palpitante. Cela peut être très intéressant… si c’est bien amené. Malheureusement j’ai trouvé que l’introduction était trop longue. On s’attardait trop sur la banalité de sa vie qui comme le nom l’indique est BANAL. Pourquoi s’épancher sur un sujet quand il n’y a rien à dire ? Je me demandais sincèrement où cette lecture allait me mener et j’étais vraiment frustrée. L’action commence véritablement à partir de la page 100. Et quand je dis action, c’est un bien grand mot. Malgré les différents événements qui viennent bouleverser la vie d’Edouard, j’ai trouvé le tout un peu mou. Je ne m’ennuyais pas, mais je ne me divertissais pas non plus. Je n’étais pas plongée dans l’histoire! Quant à l’enquête policière qui se déroule en parallèle, elle n’était pas très palpitante et le suspens est franchement absent. Je pense que tout le monde est capable de débusquer rapidement le coupable. Et puis, un autre détail m’a un peu chiffonné. Toute cette médiatisation autour de l’affaire Pojulebe n’est pas crédible. J’ai du mal à imaginer qu’on puisse un jour entendre une histoire telle que celle-ci à la radio. Dans ce livre, on apprend que France Info relate tous les rebondissements de cette affaire alors qu’au final il n’y a rien de très croustillant… D’ailleurs, l’auteure a du sentir cela puisqu’à un moment Edouard consulte une page internet qui explique pourquoi l’affaire Pojulebe fait tant de bruit. Mais même après cette justification je ne suis pas convaincue.

Sa vie était réglée comme un électrophone dont la tête de lecture inlassable ré-entonnait chaque matin les mêmes morceaux. Aujourd’hui, le disque est fichu, fendu, bon pour la casse. Son chemin apparaît embrouillé au fil de ses pas incertains. Errant, dénué d’objectif et de programme, il vadrouille, va n’importe où et fait n’importe quoi.

Enfin en ce qui concerne le style de l’auteur, je n’ai pas vraiment adhéré. Je ne saurais pas précisément dire pourquoi. Tous les goûts sont dans la nature et visiblement la plume de Manou Fuentes n’est pas ma tasse de thé. Pourtant, l’écriture est fluide et légère. Elle est agréable à lire. Mais elle ne m’a pas transportée. Parfois même, je me perdais un peu car l’auteure partait dans des réflexions philosophiques et ça, ça a le dont de m’endormir. Chacun aime la littérature à sa façon et en ce qui me concerne, dès lors qu’on commence à débattre de problèmes métaphysiques… je m’ennuie profondément. Et à moins d’être un pur génie de l’écriture (selon mes critères) on n’arrivera pas à me faire changer d’avis à ce sujet-là.

En bref, je ressors frustrée de cette lecture. Je n’ai pas réussi à être transporté. Je n’ai pas ressenti d’émotions, je n’ai pas vibrer avec ce livre. Je n’ai même pas ressenti de colère ni rien! Ce livre était plutôt bien dans son ensemble mais malheureusement il m’a complètement laissée indifférente. J’imagine que L’Homme qui voulait rester dans son coin n’était simplement pas une lecture pour moi. Mais je suis certaine que d’autres personnes pourront l’apprécier à sa juste valeur.

Note : 14/20

Hélas, Antoine, malgré l’admiration qu’il portait à ce héros et son désir de l’imiter, ne renouvela pas l’exploit de ce licenciement millénaire. Sans écouter sa supplique ni solliciter son accord, l’insidieuse silhouette lui fit rendre raison et l’emporta, comme tous les autres, un beau matin, sans mot dire.

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