The Yellow Wallpaper – Charlotte Perkins Gilman

par alltimereadings

Couverture La séquestrée

La couverture du livre n’est qu’une illustration, je n’ai pas lu le livre dans cette édition.

Résumé :

« Il y a un détail frappant concernant ce papier peint que je suis seule, semble-t-il, à discerner : il change avec la lumière. Quand le soleil se lève et transperce les vitres (je guette toujours le premier rayon qui pénètre, long et droit) le papier change avec une telle rapidité que j’en suis ahurie. C’est pourquoi je ne cesse de le guetter. Dans l’état lunaire – quand elle est haute, la lune éclaire la pièce entière toute la nuit -, le papier devient méconnaissable. La nuit, peu importe l’éclairage, à la lumière du crépuscule, des bougies, de la lampe, et surtout de la lune, on croit voir surgir des barreaux. »

Mon avis :

Au début du semestre, mon professeur de littérature nous a remis un dossier contenant plusieurs short stories. Chaque semaine, nous devons en lire une et l’analyser. Comme ce sont des histoires courtes, nous les lisons en intégralité et parfois je me demande si je ne devrais pas les compter dans mon bilan lecture ! Si je ne les chronique jamais, c’est qu’en général elles ont été publiées dans des revues ou dans des corpus de plusieurs histoires. Je ne saurais pas trop comment les présenter sur mon blog. Cependant, j’ai décidé de changer mes habitudes pour The Yellow Wallpaper de Charlotte Perkins Gilman, l’histoire que nous devions lire cette semaine. Bien sûr, comme je suis en LCE Anglais, je l’ai lu en version originale. Si j’ai décidé de faire une exception cette semaine, c’est tout simplement parce que j’ai eu un gros coup de coeur pour cette histoire! Je l’ai trouvé fascinante du début à la fin.

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L’histoire débute par la description d’une maison, celle dans laquelle la narratrice (dont on ignore le nom) va passer trois mois avec son mari, John. Ce dernier étant médecin, il s’est occupé de sa femme lorsqu’elle est tombée malade et lui a finalement diagnostiqué une dépression. Après l’avoir mis sous traitement médicamenteux, il l’oblige à se reposer. Mais il ne se cantonne pas au repos physique. Il la force également à reposer son esprit. Elle n’a pas le droit d’écrire ou de faire quoique ce soit qui pourrait stimuler son cerveau. La narratrice n’a donc rien d’autre à faire qu’à observer l’environnement dans lequel elle est. Le problème est qu’elle déteste clairement la chambre dans laquelle elle est condamnée à l’isolement et pour cause! Le papier peint est d’une couleur assez particulière, d’un jaune indéfinissable. Si ce papier peint la rebute voire même l’effraie au début, elle va commencer à y prêter une attention grandissante au fil des jours… Alors que la dépression l’affectait physiquement, son obsession pour les murs de sa chambre pourrait bien cette fois-ci lui coûter sa santé mentale.

I am afraid, but I don’t care – there is something strange about the house – I can feel it. 

Woah. Je n’ai vraiment pas d’autre mot. J’ai adoré cette histoire du début à la fin. Je ne sais pas si je vais réussir à décrire convenablement ce que j’ai ressentie en la lisant. En fait, on se retrouve emporter dans le tourbillon qui va piéger la narratrice dans une folie destructrice et c’est tout simplement prodigieux. D’un côté, on a envie de la croire lorsqu’elle décrit ce qu’elle voit sur et à travers ce papier peint, mais d’un autre on se dit qu’elle devient tout simplement malade. L’isolement aussi bien social que culturel aura eu raison d’elle et elle devient folle. En fait, ce qu’il y a de si particulier, c’est qu’à un certain moment on a l’impression d’être devenue aussi folle qu’elle. Ceci pour la simple et bonne raison que l’auteure décrit l’escalade vers la psychose d’une façon très détaillée.

There comes John and I must put this away – he hates to have me write a word.

Charlotte Perkins Gilman a elle-même été sujette à la dépression. A l’époque, le docteur Silas Weir Mitchell était connu pour avoir un remède miracle, surtout pour les femmes. Il les isolaient de la vie culturelle, leur empêchait de lire ou de s’approcher d’un stylo. Il leur conseillait également de bien, très bien, se nourrir. Ainsi elles retrouveraient leur physique de femme enceinte et elles se sentiraient mieux car, c’est bien connu, les femmes ne sont heureuses que lorsqu’elles font le ménage et s’occupe des gosses! Le problème est que Charlotte Gilman a très mal vécu ce « traitement » et c’est pour cela qu’elle a écrit The Yellow Wallpaper. Le résultat est brillant, absolument brillant! Surtout qu’à un moment dans cette histoire, elle cite le nom de Weir Mitchell. Elle l’attaque personnellement et lui montre que sa solution miracle n’en est pas une. Plus que de guérir les femmes déjà mal en point, son remède ne fait qu’empirer leur état. On arrive très bien à comprendre le message que l’auteure a voulu faire passer dans cette histoire, c’est limpide. A son époque, défendre les droits femmes n’était pas très courant et c’était loin d’être facile. Pourtant, en publiant cette histoire, elle a cassé les codes et n’a pas hésité à citer le nom du médecin qui a voulu l’empêcher d’écrire. Si ça ce n’est pas du courage, alors je ne sais pas ce que c’est!

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Si l’histoire en elle-même est génial et le contexte qui se cache derrière sa rédaction est passionnant, c’est bel et bien le style d’écriture qui m’a provoqué le coup de coeur. Charlotte Perkins Gilman nous fait réellement entrer dans la tête de la narratrice. On connaît ses appréhensions, ses doutes, ses réflexions et, même si l’histoire est courte, cela établit un lien intime entre le lecteur et la narratrice. On partage un petit bout de sa vie et c’est fascinant. Lorsqu’elle sombre dans la folie, on le ressent immédiatement. Ces phrases sont de plus en plus exclamatives, elle devient euphorique dès qu’elle regarde son papier peint jaune. Bref, on a une description psychologique très poussée et c’est même assez effrayant de se dire qu’un petit détail comme celui de la couleur des murs a perturbé la narratrice au point de lui faire perdre la tête!

I cry at nothing, and cry most of the time. Of course I don’t when John is here, or anybody else, but when I am alone. 

Avec mon groupe cette semaine, nous devions analyser le rôle des « private and public spheres » dans cette histoire. C’était fascinant de voir comment cette femme a réussi à cacher sa folie à son mari ou à son frère. Elle n’avait plus toute sa tête, mais elle réfléchissait encore assez pour savoir que parler de ça la desservirait. Le plus intéressant, c’est quand la folie l’emporte et que la narratrice ne peut plus se retenir et se comporte de la même façon sur la scène privée ou la scène publique.

There are things in that paper that nobody knows but me, or ever will.

En bref, voilà pourquoi j’aime faire des études de langues! Grâce à mes cours de littérature, je découvre parfois des auteurs qui m’embarquent complètement dans leurs histoires. L’année dernière par exemple, j’avais eu un gros coup de coeur pour Wildlife de Richard Ford. Eh bien, cette année c’est au tour de Charlotte Perkins Gilman avec son Yellow Wallpaper. J’aimerai vraiment découvrir d’autres de ses œuvres!

Note : 20/20
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It was not intended to drive people crazy, but to save people form being driven crazy, and it worked. – Charlotte Perkins Gilman.

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