Là où j’irai – Gayle Forman

par alltimereadings

Couverture Là où j'irai

Résumé :

« Adam se glisse dans la salle. Il a 21 ans, c’est une rock star adulée et l’ancien amoureux de Mia…
Trois ans plus tôt, Mia était partie sans un au revoir, sans une explication. Leurs retrouvailles est un choc : les souvenirs, bons et mauvais, resurgissent, les sentiments encore à vif les submergent, leur amour qu’il pensait indestructible quelques années plus tôt se heurte à la réalité de leur vie présente. De nouveau, Mia est confrontée à un choix : doit-elle revenir en arrière pour donner une chance à son premier amour ? Peut-on revivre la même passion si longtemps après, malgré les souffrances endurées ? Ils ont une soirée pour décider. Plus forte que les mots, la musique les emporte dans un tourbillon d’émotions. Mais est-ce suffisant pour les réunir de nouveau ? »

Mon avis :

Après ma lecture de Si je reste, dont je garde un bon souvenir, il était logique que je me lance cette suite. Il s’agit déjà de ma troisième lecture pour cette auteure et je dois dire que son style me plaît toujours autant. Elle a le don pour mettre une bonne dose d’émotion dans ses romans, pour mon plus grand bonheur!

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Souvenez vous, dans Si je reste, Mia Hall avait un gravissime accident de voiture avec sa famille. Ses parents et son petit frère de huit ans avaient succombés à leurs blessures. Elle était la seule survivante certes, mais elle était plongée dans le coma. Ses amis et ses grands-parents se relayaient à son chevet pour lui demander de rester, de faire le bon choix et de revenir parmi les vivants. Mia s’était finalement réveillée.
Là où j’irai se déroule trois ans après cet accident. Mais, contrairement au livre précédent, le narrateur est Adam. Ce jeune rockeur était à l’époque le petit ami de Mia. Seulement, on apprend au début du livre que peu de temps après son entrée à Julliard, à New York, Mia avait définitivement coupé les ponts, sans plus d’explications. Il n’y a pas que leur relation qui ait changé. En effet, Adam Wilde est maintenant une star internationale. Son groupe Shooting Star a connu un succès fulgurant et rempli maintenant les stades du monde entier. Mais il le vit mal. Oui, il est connu. Oui, il a fait de la musique son métier. Oui, il a une petite amie (une starlette d’Hollywood). Seulement, il n’en voit pas l’intérêt si Mia n’est pas à ses côtés. Depuis que nous l’avons quitté à la fin de Si je reste, Adam a bien changé. Il boit, prend des médicaments, ne considère plus les membres de son groupe comme ses amis et surtout, il est accablé de chagrin. Cependant, un soir à New-York, juste avant de partir pour sa tournée européenne, il se retrouve face à une affiche : Mia est en concert (on apprenait dans Si je reste qu’elle était une virtuose du violoncelle). Sans vraiment savoir pourquoi, Adam achète une place. Ce geste va définitivement bouleversé son avenir…

Chaque matin, en m’éveillant, je me dis : Ce n’est qu’une journée, vingt-quatre heures à passer. Je ne sais plus ni quand ni pourquoi j’ai pris l’habitude de cet encouragement quotidien. On dirait l’une des douze étape de ces groupes d’Anonymes, dont je ne fais pourtant pas partie. Encore qu’à lire les âneries qu’on écrit sur moi, on pourrait penser que je devrais. Je mène le genre de vie devant lequel beaucoup bavent d’envie. Et malgré tout, j’éprouve le besoin de me rappeler la durée d’une journée, pour me persuader que si j’ai réussi à passer celle de la veille, j’irai au bout de la prochaine.

Il est clair que j’ai préféré ce tome au précédent. Même si j’avais trouvé Si je reste très touchant, les flash-back insérés maladroitement dans l’histoire m’avaient dérangés. Ici, les retours en arrière sont beaucoup mieux intégrés dans l’histoire et j’ai trouvé qu’ils avaient un réel intérêt. Contrairement au livre précédent, ils ne coupaient pas brutalement les moments émouvants. Ici, l’émotion est présente du début à la fin et j’étais à deux doigts de lâcher une petite larme.

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Dans ce livre, l’histoire est raconté du point de vue d’Adam. Il est détruit. Psychologiquement, il complètement abattu par la perte de celle qu’il a toujours aimé. Il ne comprend même plus pourquoi il fait de la musique, il a perdu toute joie de vivre. Pour lui, chaque journée est une épreuve de 24h qu’il devient de plus en plus difficile de surmonter. D’ailleurs, il est souvent sujet aux crises d’angoisse. J’avoue que ce personnage m’a vraiment ému. On imagine à quel point il souffre et, tout comme lui, on s’interroge sur les motivations qui ont poussé Mia à le quitter d’une façon si brutale, si cruelle. D’ailleurs, si Adam m’a bouleversé, Mia m’a agacée d’une façon prodigieuse. Je suis tout à fait d’accord qu’elle a perdu sa famille, que le drame qu’elle a vécu est absolument traumatisant. Elle ne pouvait pas sortir indemne de cette expérience. Seulement, elle a été vraiment odieuse avec Adam. Elle essaie de justifier son comportement, elle essaie de trouver les mots. Mais, j’avoue que je suis loin d’être convaincue. Et d’ailleurs, elle change vraiment d’humeur en un claquement de doigt, c’est déroutant et je trouve que ça la décrédibilise. D’un côté, cela rend Adam encore plus touchant, car il se rend compte qu’il ne retrouvera jamais sa Mia d’avant. La personne qu’il a aimé, et qu’il aime toujours, est définitivement partie.

Quand je cesse de regarder le ciel, je les vois. Ses yeux à elle. Je les ai toujours vus partout – à chaque coin de rue, sous mes paupières closes tous les jours avant de me lever. […] Mais cette fois, ce sont vraiment les siens. Elle est en photo sur une affiche, vêtue de noir, un violoncelle posée contre ses épaules comme un enfant fatigué. […] Je regarde l’affiche de plus près. « Les Young Concert Series présentent Mia Hall ».

Concernant l’histoire en elle-même, je l’ai beaucoup aimée. Plus que des retrouvailles entre les deux ex-amoureux, il s’agit d’une véritable redécouverte de soi-même. Adam prend conscience de beaucoup de choses, il réfléchit à ce qu’il s’est passé pendant ces trois ans. Mia aussi, en avouant ses torts, en libérant sa parole, repense à toutes les erreurs qu’elle a commise dans le passé.
A l’image du reste du livre, la fin est très touchante, elle m’a beaucoup plu. En fait, je n’en attendais pas moins de la part d’Adam et surtout de la part de Gayle Forman. Encore une fois j’ai adoré son style d’écriture. Elle a réellement un don pour nous faire ressentir des émotions telle que la tristesse, la compassion ou même la colère. Malgré tout, ce livre reste léger dans le sens où il est adapté à tous les amateurs de lecture, qu’ils soient jeunes adolescents ou adultes. Je lirai sans hésiter un autre livre de cette auteure.

Je n’ai même pas le temps d’éprouver la moindre gêne. Mia est de nouveau ici, face à moi, comme lorsque nous partagions encore le même temps et le même espace, et que le fait de se rencontrer par hasard n’avait rien d’extraordinaire. Un instant, je songe à cette phrase d’Humphrey Bogart dans Casablanca : « Entre tous les bars de toutes les villes du monde, il a fallu qu’elle choisisse le mien. » Sauf que c’est moi qui suis entré dans son bar.

En bref, ce livre a été pour moi un petit coup de cœur. J’ai été très touchée par le personnage principal et par sa quête d’un amour perdu. J’ai aimé l’ambiance qui régnait dans ce livre. New-York plongé dans la nuit est peut-être un environnement familier et légèrement cliché des histoires d’amour, mais Gayle Forman arrive à nous le décrire sans tomber dans les stéréotypes. Si vous avez aimé Si je reste, je vous conseille vraiment de lire Là où j’irai, que j’ai trouvé encore meilleur!

Note : 18/20
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« Je n’en peux plus ! »
Je m’adresse non seulement aux vagues, mais aussi à Liz, à Fitzy, à Mike et à Aldous, aux gens du label, à Bryn, à Vanessa LeGrande, aux filles en sweat-shirt de l’université du Michigan, aux bobos du métro et à tous ceux qui veulent un morceau de moi alors que je suis déjà en pièces. Et surtout, je m’adresse à moi-même.
« Je n’en peux plus ! »
Je hurle plus fort que je ne l’ai jamais fait, si fort que je suis persuadé que mon souffle abat des arbres dans Manhattan. Et tandis que je bataille contre des vagues invisibles, des tourbillons imaginaires et des démons intérieurs, je sens ma poitrine s’ouvrir. C’est si intense que mon coeur semble prêt à exploser. Et je laisse faire. Je laisse sortir ce qui veut sortir.


De la même auteure :

Couverture Si je reste

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