Petit éloge des séries télé – Martin Winckler

par alltimereadings

Couverture Petit éloge des séries télé

Résumé :

« Quelques-uns des droits du sériephile (en hommage à Daniel Pennac dans Comme un roman ) :
Le droit de regarder sans être jugé ou méprisé.
Le droit d’aimer (ou de détester) sans devoir se justifier.
Le droit de revoir indéfiniment ses épisodes préférés.
Le droit de considérer certains personnages comme des amis intimes.
Le droit de rire, de pleurer, de souffrir, d’espérer en regardant un épisode et, une fois qu’il est terminé, de se sentir compris et valorisé, compris et informé. »

Mon avis :

Petit éloge des séries télé est un essai d’à peine 120 pages qui décortique la façon dont les séries télé américaines principalement, mais aussi françaises, sont créées et accueillies par le public. L’auteur cite un grand nombre de séries et dresse donc certains comparatifs entre elles ou leurs points communs. Je dois avouer que je suis impressionnée par le nombre de série qu’il connaît et qu’il regarde!
Certaines d’entre elles sont citées comme des genres de « référence » ; parmi elles on trouve Urgences. J’ai été particulièrement heureuse de retrouver cette série tout au long du livre car elle fait partie de celles qui ont bercé mon enfance et c’est une des rares que j’ai vu en intégralité!

Le livre est très bien structuré dans son ensemble et très agréable à lire. Ce que j’ai aimé, c’est que l’auteur ne se pose pas vraiment en juge. C’est-à-dire qu’il respecte chacune des séries et leurs téléspectateurs. Il ne dit à aucun moment que si on regarde telle ou telle série, on est totalement à côté de la plaque. Au contraire, il incite même les lecteurs à regarder des séries novatrices ou peu connues.

Ce n’est pas le jugement qui fait la qualité d’une oeuvre, c’est le plaisir qu’elle apporte.

Autre point que j’ai apprécié, c’est le parallèle fait entre les séries américaines en VO et en VF. Je suis bien d’accord avec l’auteur sur le fait que le doublage, dans la plupart des cas, dénature la série. Les dialogues ne sont parfois pas les mêmes, l’humour utilisé non plus. De plus j’ai été assez « choquée » d’apprendre que certains doublages modifient complètement le sens de la phrase et peut donner l’impression à ceux qui regardent en VF que le scénariste n’était pas au mieux de sa forme en écrivant cette scène…
L’auteur dénonce aussi la censure qu’exerce les grandes chaînes françaises sur les séries américaines. Certes, il existe des sujets tabous, mais si on ne les évoque pas dans les séries télé, on les abordera jamais! M. Winckler évoque cette censure à travers un exemple bien particulier, celui d’un film sur Hitler : The Rise Of Evil.

Même si les contrats d’exploitation autorisent les diffuseurs à couper ce qu’ils veulent, la singularité de TF1 à l’égard de ce film montre le mépris conjugué de la plus puissant des chaînes françaises pour les oeuvres, le public et la réalité historique.

Enfin, ce petit livre m’a donné envie de découvrir (ou redécouvrir) certaines séries! Par exemple Cold Case, série à laquelle il dédie quelques pages, et dont il fait l’éloge. J’ai déjà regardé quelques épisodes mais j’étais assez jeune et je pense que je n’avais pas saisi toutes les subtilités.

Il n’y a pas vraiment de points négatifs dans cet essai, mais si devais absolument en citer, je dirais que ce livre est très appréciable, mais pour quelqu’un de mon âge, c’est un peu difficile de s’y retrouver dans les « vieilles séries » car on les connaît juste de nom.
Une chose m’a également un peu surprise, c’est que l’auteur ne fait qu’évoquer The Office et ne parle même pas de Parks and Recreation, or ces deux séries ont été très populaire (et le sont toujours) aux Etats-Unis!

Bref, un petit livre très sympathique qui se lit vite et qui est très divertissant!

Note : 16/20

Mais comment reprocher à certains spectateurs de préférer des séries télé dans leur intégralité et en version originale plutôt que dans une mauvaise version française coupée ?

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