Si c’est un homme – Primo Levi

par alltimereadings

Résumé :

« On est volontiers persuadé d’avoir lu beaucoup de choses à propos de l’holocauste, on est convaincu d’en savoir au moins autant. Et, convenons-en avec une sincérité égale au sentiment de la honte, quelquefois, devant l’accumulation, on a envie de crier grâce. C’est que l’on n’a pas encore entendu Levi analyser la nature complexe de l’état du malheur. Peu l’ont prouvé aussi bien que Levi, qui a l’air de nous retenir par les basques au bord du menaçant oubli : si la littérature n’est pas écrite pour rappeler les morts aux vivants, elle n’est que futilité. » Angelo Rinaldi

Mon avis :

Ce livre nous fait découvrir l’expérience de Primo Levi, juif italien, dans le camp de concentration de Monowitz (à 7 km de celui d’Auschwitz). Le récit est détaillé en plusieurs chapitres qui décrivent chacun des aspects de la vie (ou plutôt de la survie) au camp.
Je tiens à préciser que ce livre est un témoignage et non pas un jugement de la barbarie nazi et l’auteur l’affirme lui-même :

Lorsque j’ai écrit ce livre, j’ai délibérément recouru au langage sobre et posé du témoin plutôt qu’au pathétique de la victime ou à la véhémence du vengeur : je pensais que mes parole seraient d’autant plus crédibles qu’elles apparaîtraient plus objectives et dépassionnées. 

C’est pour cela que ce livre est un petit coup de cœur : on ferme le livre en étant frappé par le courage de cet homme mais aussi impressionné car il raconte seulement ce qui lui est arrivé, sans affubler ses bourreaux d’insultes quelconques. Cela nous permet donc de nous concentrer sur les victimes et sur l’enfer qu’elles ont vécues.

L’auteur commence son récit quand il a été arrêté, et l’achève quand le camp a été libéré par les Russes. Pendant son internements de plus d’un an, Primo Levi a appris à connaître le fonctionnement du camp,bien qu’à son arrivée il était un peu perdu et ne savait pas ce qui était autorisé/ce qui était interdit.

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On a tous déjà lu ou entendu des reportages sur les camps, cependant je trouve que ce livre est très instructif dans la mesure où on en apprend beaucoup sur l’infirmerie (le « K.B »), les sélections, la hiérarchie qui s’est développée entre les détenus, sur le semblant de marché noir à l’intérieur même du camp etc…
Personnellement, j’ai beaucoup aimé ce livre en général, mais le passage qui m’a le plus intéressé est celui concernant la vie au camp entre le départ des SS et l’arrivée des Russes. Je n’avais pas lu beaucoup de choses à ce sujet et j’ai été impressionnée de voir comment ils se sont « débrouillés » pour survivre.

Tout au long de ce livre, on a beau savoir que l’auteur a survécu à cet enfer, je me suis dit à plusieurs reprises « Cette fois c’est sur, il va y passer ». Cela semble tellement inconcevable de vivre dans ces conditions qu’on a du mal à se dire que des Hommes ont subi ça pendant plusieurs mois voir plusieurs années. D’ailleurs, l’auteur développe bien le fait que les détenus eux-mêmes semblaient perdre leur humanité en entrant des camps.

Bref, ce livre est un témoignage poignant de la vie dans une annexe d’Auschwitz et je pense qu’au même titre que le Journal d’Anne Frank, il devrait être lu au collège et au lycée, afin que toutes les nouvelles générations se rendent compte de ce que les nazis ont fait et que ceci ne doit jamais se reproduire.

L’avenir se dressait devant nous, gris et sans contours, comme une invincible barrière. Pour nous, l’histoire s’était arrêtée.

Note : 19/20
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De ma vie d’alors, il ne me reste plus aujourd’hui que la force d’endurer la faim et le froid ; je ne suis plus assez vivant pour être capable de me supprimer.

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