Une héroïne américaine – Bénédicte Jourgeaud

Quatrième de couverture

« Detroit, États-Unis, 1950. Brownie Wise, une femme au foyer américaine, fait prospérer les produits de la gamme Tupperware d’un certain Earl Tupper et change le quotidien des femmes. Un demi-siècle plus tard, Amelia Earhart, une jeune étudiante française exilée outre-Atlantique, bouscule le microcosme universitaire par sa liberté d’esprit.
Brownie et Amelie, deux êtres extraordinaires, à deux époques différentes, que le destin va réunir. Sauront-elles, ensemble et chacune à sa façon, bouleverser le monde sans sacrifier leur vie personnelle ? »

Mon avis

Pour faire court

Les points positifs : le personnage d’Amelia, un style d’écriture agréable, un côté informatif/historique.

Les points négatifs : un rapport entre Amelia et Brownie pas toujours évident, une intrigue parfois difficile à suivre, le personnage de Brownie.

Les personnages

Nous faisons au début la connaissance d’Amelia Earhart, une jeune française qui consacre toute sa vie à ses études et à ses travaux de recherche. Sa mère, traductrice pour Harlequin, aimerait plutôt qu’elle trouve l’amour et fonde une famille. Mais Amelia, tout comme la grande aviatrice dont elle a hérité le nom, est plutôt en quête d’aventures et d’indépendance. Elle veut vivre sa vie comme elle l’entend et elle assume de se consacrer à son travail plutôt qu’au prince charmant.
J’ai beaucoup aimé ce personnage, peut-être parce que je m’identifie un peu à elle. Elle ne laisse personne lui dicter la conduite à adopter et elle se fiche totalement de savoir que les gens la jugent parce qu’elle se plonge dans son travail. Elle veut accomplir des choses, elle veut aller au bout de ses travaux. Elle serait comme un modèle pour moi ! En revanche, son histoire avec Philip m’a un peu perturbé.

Philip Pershing est professeur à l’université et il se consacre à l’étude des Pimos, une tribu mexicaine. J’ai eu beaucoup de mal à comprendre ce qu’Amelia lui trouvait. Il m’est apparu très hautain, désagréable et arrogant. Le genre de personnes qui croit tout savoir mieux que tout le monde et qui considère que ceux qui ont une opinion différente de lui sont des moins que rien. Lui et son ami Henry Woods forment une belle paire de vieux idiots.

Quant à Brownie Wise, la deuxième protagoniste féminine sur laquelle se concentre ce roman, je l’ai malheureusement trouvé assez détestable également. Si au début, elle était plutôt à plaindre avec son mari alcoolique, elle est rapidement devenue très (trop) sûre d’elle, quitte à en devenir hautaine et désagréable. Elle a, certes, participé au développement de Tupperware et a dégagé beaucoup de profit, mais de la façon dont elle s’exprime dans la deuxième moitié du livre, on dirait presque qu’une statue devrait être érigée pour saluer son excellence. Je ne sais pas si la véritable Brownie Wise était aussi désagréable que cela, en tout cas, le personnage du livre m’a paru très peu sympathique.

L’intrigue

Le début de ce livre m’a semblé très prometteur, je me suis tout de suite plongée avec grand plaisir dans l’histoire d’Amelia et j’ai aimé suivre ce personnage dans les premiers chapitres. Et c’est là, subitement, que Brownie fait son apparition. J’ai eu malheureusement un peu de mal avec le fait que les chapitres soient uniquement consacrés à l’une ou l’autre des protagonistes. Je perdais parfois un peu le fil de ma lecture, surtout lorsque plusieurs chapitres ne parlaient que d’Amelia ou de Brownie. Il faut être bien concentré pour se souvenir de tout. Personnellement, je n’apprécie pas toujours ce genre de découpage qui peut casser mon rythme de lecture.

J’ai également eu du mal à comprendre au début quel était le rapport entre les deux femmes. Certes, elles sont toutes les deux un peu rebelles pour leur époque et veulent affirmer leur indépendance, mais je ne voyais pas plus de ressemblance que cela. C’est seulement en page 116 que le premier rapport évident entre les deux protagonistes apparaît, soit à 1/3 du livre. J’ai trouvé cela dommage car je commençais à m’impatienter, j’étais en train de me dire que c’était un livre qui mettait seulement en contraste deux fortes personnalités. Heureusement, je me suis trompée et le lien entre Amelia et Brownie devient plus clair dans la seconde et troisième partie du roman.

S’il y a bien une chose que je dois souligner dans ce livre, c’est l’apport de connaissance. L’histoire de Tupperware m’était totalement inconnue. Comme tout le monde, mes placards sont remplis de petites boîtes hermétiques avec couvercle, mais je ne m’étais jamais doutée que l’histoire de l’entreprise qui les fabriquait pouvait être intéressante. En fait, elle s’inscrit très bien dans les années 50. Ces petites boîtes en plastique ont révolutionné le quotidien des femmes de cette époque et je suis heureuse d’en avoir appris plus. Grâce à l’avertissement de l’auteure à la fin du livre, nous faisons la différence entre la réalité historique et la fiction. On referme donc ce roman en ayant appris un tas de choses. Rien que pour cela, je ne regrette absolument pas ma lecture.

Style de l’auteure

Il est vrai que le découpage des chapitres ne m’a pas particulièrement plu. En revanche, la plume de l’auteure m’a paru très fluide et agréable. Je n’ai pas eu besoin de relire certains passages pour en comprendre le sens. Il y a parfois certaines descriptions de lieux ou de personnages, mais elles ne sont jamais trop longues et n’alourdissent pas trop la lecture. Le seul petit moment qui m’a peut-être gêné est le journal de voyage de Philip. À mon avis, il n’apportait pas grand-chose à l’intrigue. Mais à part ces trois ou quatre pages, la plume de l’auteure m’est restée lisible et plaisante. Les dialogues sont crédibles, on imagine bien des gens parler de cette façon dans la vraie vie.

Citations

Ce n’est que quand des créanciers commencèrent à frapper à leur porte que Brownie dut se rendre à l’évidence. L’homme qu’elle avait épousé était un raté. Ce n’était pas du tout le héros sur lequel elle avait compté. Mais ce n’était là qu’une des deux mauvaises nouvelles auxquelles il fallait qu’elle se fasse. La seconde étant qu’elle attendait un enfant.

C’était une courte nouvelle. L’histoire d’une jeune fille américaine qui s’était construite toute seule. Une nouvelle génération de filles qui faisait son apparition en Amérique, racontait le narrateur. Le personnage de Pandora avait quelque chose de Brownie Wise, pensa Amelia, même si les époques étaient différentes.

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Verdun, tome 1 : Avant l’orage – Jean-Yves Le Naour, Marko, Iñaki Holgado, Sébastien Bouet

Couverture Verdun, tome 1 : Avant l'orage

Quatrième de couverture

« Décembre 1915 : les Allemands semblent préparer une attaque d’envergure sur l’un des points stratégiques de la ligne de défense française. Si Verdun tombe, la guerre pourrait définitivement basculer en faveur de l’Allemagne. Malgré les nombreuses mises en garde, le général Joffre, commandant en chef des forces françaises, se refuse à renforcer la zone, persuadé que la vraie bataille se jouera en Champagne. Quand en janvier 1916 l’attaque ne fait plus le moindre doute, il semble bien tard pour réagir. Seul un miracle pourrait sauver Verdun. »

Mon avis

J’ai profité d’une semaine de vacances du côté de Verdun pour faire le plein de livres traitant de la première guerre mondiale. J’ai pris les deux premiers tomes de la bande-dessinée Verdun sans même réfléchir. Les couvertures ont tout de suite attiré mon regard. Après la lecture du premier volet, Avant l’orage, je ne suis vraiment pas déçue d’avoir découvert cette série.

J’ai particulièrement aimé le fait que cette bande-dessinée ne prend parti ni pour les allemands, ni pour les français. Évidemment, quand on est d’une nationalité ou de l’autre, notre coeur balance souvent vers notre patrie. Mais si l’auteur du scénario est français, il ne fait pas l’éloge de nos dirigeants et ne dit pas que le gouvernement a fait tout ce qui était en son pouvoir pour défendre Verdun. Au contraire, il montre à quel point le général Joseph Joffre est resté inflexible jusqu’au jour où l’attaque a commencé et qu’il n’a plus eu d’autres choix que d’envoyer du renfort (et même à ce moment-là, il resté persuadé que l’attaque principale aurait lieu ailleurs). C’est donc une bande-dessinée très informative et non pas ultra-nationaliste qui nous laisserait croire que les vilains allemands ont réussi à nous battre alors que nous étions vraiment bien préparés.

D’ailleurs, à la fin de ce premier tome, huit pages explicatives (qui ne sont plus sous la forme d’une bande-dessinée) nous décrivent pas à pas l’attaque de Verdun en 1916. J’ai beaucoup aimé ces quelques pages et je les ai lu avec grand intérêt. Les illustrations (photographies) et informations données sont très utiles et peuvent très bien servir de base pour un cours. Comme j’aimerais, à la fin de mes études, devenir professeure de français/culture française pour les élèves étrangers, j’essaie de repérer dans chaque livre quels passages/dialogues je pourrais utiliser, quelles illustrations je pourrais analyser avec eux, etc. Dans cette bande-dessinée, j’ai trouver plusieurs passages très intéressants qui pourraient me servir de base pour un cours sur Verdun, sur les conditions de vie des soldats, sur le contraste avec les officiers gradés qui, eux, peuvent se manger des entrecôtes pendant que leurs gars sont coincés dans les tranchées. Le général Driant écrit également une lettre à sa femme. Je pourrais donc utiliser cette BD en lien avec le livre Paroles de Poilus par exemple. Bref, c’est un livre très enrichissant au niveau culturel et que j’ai hâte d’utiliser dans un de mes cours. En revanche le niveau de langage est assez élaboré. Donc il est parfaitement compréhensible pour quelqu’un dont le français est la langue maternelle, mais pour un étudiant étranger, je dirais qu’il faut tout de même des bases solides dans la langue.

Sinon, j’ai beaucoup aimé les dessins et particulièrement les couleurs. Je ne suis pas tellement bande-dessinée, mais le sujet abordé ici y est tellement intéressant que je n’ai pas réussi à refermer le livre avant de l’avoir terminé. Les dessins réalisés par Iñaki Holgado correspondent parfaitement à l’ambiance qui règnent dans ce livre. On voit les regards déterminés des soldats, allemands comme français, on lit l’agacement sur les traits du général Joffre qui ne comprend pas pourquoi on lui parle sans cesse de Verdun, on voit l’horreur sur les visages des poilus lorsque les bombes explosent et que les morts s’entassent. Bref, les dessins nous transmettent parfaitement les émotions de chaque personnage, c’est très prenant. Mais les couleurs utilisées par Sébastien Bouet jouent également un énorme rôle. Le contraste est saisissant entre les couleurs chaudes utilisées à la chambre des députés, à l’Élysée, au Sénat et l’ambiance bleue glaçante que l’on retrouve dans les tranchées. Je ne m’y connais pas tellement en art, ni en analyse picturale, mais pour le coup j’ai bien vu la différence entre les deux atmosphères et cela ne fait que contribuer à l’excellence de ce livre.

Je ne suis pas non plus une spécialiste de Verdun ou de la première guerre mondiale, mais je pense que cette bande-dessinée reflète avec exactitude ce qui s’est passé pendant le combat. D’ailleurs, l’auteur du scénario, Jean-Yves Le Naour, n’en est pas à son coup d’essai et a déjà sorti plusieurs livres et bande-dessinées sur la première ainsi que la seconde guerre mondiale et sur le Général de Gaulle, par exemple. D’ailleurs, j’avais lu 177 : Ces français du jour J (avant d’ouvrir mon blog) de ce même auteur et j’avais eu un énorme coup de coeur. Je crois même avoir versé quelques larmes pendant cette lecture. Bref, tout cela pour dire que j’ai envie de découvrir les autres romans et/ou bande-dessinées de cet auteur, car il est capable de faire ressentir un tas d’émotions tout en expliquant des faits historiques précis.

Pour faire court, c’est un carton plein pour cette bande-dessinée. Je l’ai aimé du début à la fin et j’ai appris beaucoup de choses. Les dessins m’ont énormément plu et j’ai trouvé le choix des couleurs très judicieux. J’ai hâte de me plonger dans les tomes suivants!

Si cette bande-dessinée vous intéresse, vous pouvez en lire les premières pages ici.

Citations

L’assaut aura lieu demain, au petit jour. Notre bois aura ses tranchées prises dès les premières minutes. Comme on se sent peu de choses à ces heures-là ! Ma chère épouse, j’aurais tant voulu te serrer dans mes bras une dernière fois.
Driant

Ce sera la plus grande bataille de tous les temps. Grâce à vous, commandant suprême, nous avons pu regrouper mille deux cents canons de tous les calibres, du jamais vu! Avec plus de mille obus par pièce, nous allons littéralement écraser l’ennemi sous un déluge d’acier.

Le Chien de Claude – Roald Dahl

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Résumé :

« Connaissez-vous les différentes manières de capturer les rats ? De faire fortune avec un tonneau de mazout vide et quelques morceaux de viande ? Avez-vous une idée des secrets que peut dissimuler une meule de foin ? Et que savez-vous sur les courses de lévriers ? Entrez dans l’univers de Roald Dahl où chaque éclat de rire est suivi d’un grincement de dents ! »

Mon avis :

Les éditions Folio nous présentent ici un recueil de quatre nouvelles de Roald Dahl, l’auteur de Charlie et la Chocolaterie et de Matilda (entre autres). Quand j’étais plus jeune, j’avais adoré ces deux romans et j’étais heureuse à l’idée de retrouver son écriture un peu loufoque. Malheureusement, je n’ai pas été convaincu par ces quatre histoires brèves.

Si les personnages sont similaires dans toutes les nouvelles, j’ai eu du mal à voir un lien précis entre chaque récit. Oui, il y a Claude, il y a Gordon, il y a le chien. En fait, je m’attendais tellement à ce que toutes les histoire soient liées que j’ai été déçue. Pourtant, ces quatre petits récits ne sont pas mauvais en soi, c’est juste que je m’attendais à autre chose. J’espérais voir une continuité plus évidente.

La première nouvelle nous parle d’un homme dont le métier est de capturer les rats. Il connaît ces petits rongeurs sur le bout des doigts car pour les attraper, il faut se montrer aussi malin qu’eux, voire même plus. Cependant, les rats cachés dans les meules de foin semblent faire preuve d’une intelligence incomparable et l’homme va rapidement déchanter, tout en essayant de garder la face devant ses clients.
J’ai bien aimé cette histoire. Le personnage principal a un bagout assez impressionnant, il pourrait vendre de la glace aux esquimaux. Même quand sa technique ne fonctionne pas, il essaie de convaincre ses clients qu’il est le meilleur. Il m’a bien fait rire!

— Faut être malin pour faire ce métier-là. Plus malin qu’un rat et c’est pas peu dire.
— Faut être vous-même rat, quoi!
La phrase m’échappa, sans le faire exprès, justement parce que j’avais les yeux posés sur lui. Il n’en fut pas vexé, au contraire.

La deuxième nouvelle nous raconte la journée au cours de laquelle Rummins décide de démolir les meules de foin. Le travail se révèle plus compliqué que prévu étant donné que quelque chose gêne la découpe. Après avoir lu la première nouvelle, on pourrait penser qu’il s’agit d’une dizaine de rats qui se seraient nichés là. Mais le narrateur se souvient du jour où le foin a été mis en meule et il en vient à une tout autre conclusion…
J’ai bien aimé cette histoire. En revanche j’ai été très déçue par la fin. La question du lecteur reste sans réponse. Oui, on peut deviner ce que Claude et les autres trouvent dans la meule, mais nous n’avons aucune certitude. On peut s’imaginer tout un tas de choses. Je reste donc un peu sur ma faim.

Dans la troisième nouvelle, Claude prend une place beaucoup plus importante. Il se rend chez le père de sa fiancée et ce dernier finit par lui demander comment il compte gagner de l’argent. C’est alors que Claude va inventer toute une histoire à base de mouches, de vers et de viandes pourries, tout cela pour cacher la vérité. Mais le beau-père ne se laisse pas avoir et pose tout un tas de questions.
J’avoue ne pas avoir été une grande fan de cette histoire. D’accord, Claude voulait démontrer à son beau-père qu’il était capable de prendre soin de Clarisse, mais de là à inventer une histoire aussi farfelue (et répugnante) sur des verres et de la viande qu’on laisse pourrir… hm, je ne sais pas trop. Je n’ai pas vraiment apprécié le côte « vas-y que je t’embrouille » de Claude, ni le ton moralisateur du beau-père.

Enfin, la dernière nouvelle, qui est aussi la plus longue et qui est donc plus développée, raconte toute la combine orchestrée par Claude pour la course de lévriers. Si tout se passe comme prévu, son chien devrait gagner la course pour la première fois, défiant ainsi tous les paris, et son maître empocherait presque deux mille livres. Seulement, dans ce genre d’entourloupe les choses se passent rarement comme prévues…
J’ai bien aimé le début de cette histoire. Claude expliquait minutieusement son plan et prenait le temps d’en parler à Gordon. En revanche, je n’ai pas du tout aimé les descriptions assez précises de ce qu’on faisait endurer au chien pour les rendre plus ou moins performants selon le résultat qu’on désirait. Je n’ai pas non plus aimé la fin, qui m’a encore une fois laissé sur ma faim. Je m’attendais à une conclusion complètement différente et j’ai été déçue.

Pour résumé, c’est une petit recueil de nouvelles qui m’a déçu dans son ensemble. Les histoires démarraient bien, mais soit elles étaient trop courtes, soit la fin ne me plaisait pas. Si le côté humour cynique de l’auteur m’a plus à certains moments, il n’a pas réussi à me convaincre totalement. Je ressors de cette lecture un peu frustrée, mais Roald Dahl ne descend clairement pas dans mon estime tant ses romans m’avaient plu quand j’étais enfant. Disons que je m’abstiendrais peut-être de lire d’autres de ses nouvelles!

Bonjour ! Après une longue absence, je reviens sur le blog. Pendant toute cette année incroyable, pendant laquelle j’ai eu la chance de suivre des cours de littérature à St. Norbert College, Wisconsin, j’ai lu énormément de choses. Mais il s’agissait la plupart du temps d’extraits plus ou moins longs de romans, de lettres ou […]

Damoclès – Fatou Ndong

Couverture Damoclès

Résumé :

« Madelyn Johnson est une jeune afro américaine de dix-sept ans. Elle grandit à Jackson, dans le Mississippi, l’un des Etats le plus ségrégationniste d’Amérique. Tout va basculer lorsqu’elle se verra confier par sa mère, employée en tant que bonne au sein de la famille la plus riche de Jackson, la lourde tâche de donner des cours particuliers à leur fils. Une mission à garder secrète quoi qu’il en coute. Les Johnson devront non seulement faire face à la vie quotidienne dans le ghetto noir, mais aussi à l’absence d’un père qui a dû fuir le Ku Klux Klan il y a plusieurs années. Car dans le Mississippi, la peine de mort est la seule sentence pour les noirs coupables de quelque préjudice qu’il soit… »

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier l’auteure pour l’envoi de ce livre ! Quand j’ai lu le résumé, je me suis dit qu’il fallait absolument que je découvre ce roman. Étant une grande passionnée de l’Histoire des États-Unis et m’intéressant tout particulièrement au combat pour les droits civiques, j’ai su que ce livre était fait pour moi. Et je n’ai vraiment pas été déçue.

Au début du livre, nous faisons la connaissance de Paul Harper, un jeune entrepreneur sur le point de devenir papa. Alors que sa femme est en salle d’accouchement, son ami et collègue Gibson reste pour le soutenir. Ce même Gibson l’encourage à se changer les idées en parlant d’autre chose, il ne s’attendait certainement pas à ce que Paul le renvoie de son entreprise, n’ayant plus besoin de lui… Qui aurait cru que dix-huit ans plus tard, les deux anciens amis se retrouveraient en tant qu’adversaires dans la course à la mairie ? Qui aurait cru que leurs enfants respectifs deviendraient amis et s’allieraient dans une bataille sans merci pour « nettoyer la ville » ? Madelyn, fille de la servante des Harper, se retrouve au milieu de toute cette folie raciste, politique et sociale. Elle aimerait bien que son amitié avec Sebastian, le fils de Paul et donc un blanc, soit acceptée d’un côté comme de l’autre. Mais elle se rend compte que le chemin vers l’égalité des noirs et des blancs est semé d’embûches et qu’il faudra encore du temps, beaucoup du temps pour que les choses changent.

Les gens parlent, ils disent des choses à propos de Madelyn…
– Madelyn ?
– On l’aurait vu à plusieurs reprises en compagnie d’un blanc… Moi je ne dis rien, tu sais ! Mais tu connais les rumeurs… Je préfère t’avertir avant que tu ne l’entendes de la bouche de quelqu’un d’autre. Si c’était vrai… et je ne dis pas que ça l’est… ça pourrait être très dangereux pour elle.

Pour faire simple, j’ai adoré ce livre. Contrairement à d’autres romans trop « structurés », je n’ai pas eu l’impression d’avoir un début, un milieu avec son paroxysme et une fin. Pour moi, quand on apprend à connaître les Johnson et les Harper, c’est comme si on rencontrait quelqu’un et qu’on faisait sa connaissance. Les personnages prennent vie très rapidement. On sait qu’il y a un avant, qu’ils ont vécu des choses avant le début de ce livre et qu’ils en vivront après la fin. Je ne sais pas comment l’auteure s’y est pris mais c’est un coup de génie car j’avais vraiment l’impression de découvrir des personnes réelles plutôt que des personnages sortis de son imagination. Par conséquent, il était plus facile de les imaginer physiquement et de me représenter toutes les scènes dans la tête. J’ai donc trouvé cette lecture très vivante et c’est pourquoi je ne me suis pas ennuyée une seule fois.

Au début, j’avais un peu peur de me perdre avec tous ses personnages. Il y a les principaux comme Paul, Teresa, Madelyn, Sebastian, Sean et James mais il y a aussi les personnages mineurs comme Bettie Sue, Trent, Jane, Kirt… Mais l’histoire est tellement prenante qu’on arrive très vite à comprendre qui est qui et quel est le rôle de chacun. En revanche, je ne saurais dire qui est mon personnage préféré. Évidemment il y a les mauvais, les racistes, ceux qui se croient supérieurs aux noirs. Ceux-là, je ne les ai pas aimé. Mais j’ai aimé découvrir leurs histoires. Parfois, les auteurs bâclent la description des « méchants de l’histoire » et préfèrent se concentrer sur celle des héros. Mais ici, Fatou Ndong fait réellement exister les gens comme James et leur donne une véritable profondeur psychologique. J’ai vraiment apprécié le fait qu’elles développent tous ses personnages de la même façon.

J’ai également adoré la narration par de multiples personnages. Parfois, on relit la même scène vue par deux personnages différents. La première fois que c’est arrivé, je me suis dit que si cela arrivait trop souvent j’allais vite m’ennuyer. Mais pas du tout ! Au contraire, toutes les fois où c’est arrivé, j’ai aimé découvrir ce que pensaient les personnages de leur interlocuteur. Grâce à ces parallèles on apprend vite à cerner les personnages. On voit s’ils sont naïfs ou au contraire parfaitement lucides et cela nous aide à comprendre si l’on doit se fier à leur capacité de jugement…

Si tu veux un conseil, si j’étais toi, je lui poserais un ultimatum. Il renonce à voir sa négresse et il se projette dans l’avenir avec toi. Autrement, il devient la risée de tout Jackson et bien entendu, tu le deviendras aussi par la même occasion.

Le fait que des réalités historiques aient été intégrées dans le livre nous aide à nous plonger complètement dans l’histoire. On n’a aucun mal à s’imaginer que Madelyn et Sebastian ont réellement existé. Ils sont un peu les Roméo et Juliette des temps modernes. Même sans parler d’amour, ces deux jeunes gens tiennent l’un à l’autre comme de véritables meilleurs amis. Ils ne font rien de mal et pourtant les conventions sociales leurs interdisent de se voir. J’imagine sans peine que des amitiés telles que celle-ci existaient dans l’Amérique des années 60 et c’est pourquoi ce livre m’a autant bouleversé.

N’avais-je pas cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête ? Tout ce temps, j’avais voulu croire que j’étais de ceux qui ne seraient jamais en danger, parce que j’avais Sébastian, je me mentais à moi-même. Je fermais les yeux sur tout, je n’écoutais pas les avertissements que l’on me faisait, je détournais les yeux devant les panneaux d’alerte que l’on mettait sur mon chemin.

Quant à la fin, je ne m’attendais pas du tout à ça. Ai-je été déçue pour autant ? Oh que non. Ce retournement de situation inattendu avec James, le comportement de Sean, la décision de Madelyn et les espoirs de Sebastian concluent magnifiquement ce roman.

Les Chevaliers d’Émeraude, tome 10 : Représailles – Anne Robillard

Couverture Les chevaliers d'émeraude, tome 10 : Représailles

Résumé :

« Arrivées au terme de leur période embryonnaire, des milliers de larves cachées dans le sol d’Enkidiev s’apprêtent à sortir de leur torpeur. Après quelques années de paix, les Chevaliers doivent donc se préparer à affronter ce nouveau fléau. Bien décidé à se venger de Parandar, le dieu déchu Akuretari profite de cette nouvelle invasion pour attaquer les humains en possession des armes de Danalieth. Il apprendra à ses dépens la force de leur instinct de survie.
C’est lors d’une tragédie au Royaume de Diamant que le Roi Onyx se montre sous son vrai jour. Son attitude imprévisible sèmera le doute dans l’esprit de ses Chevaliers. Malgré tout, son fidèle ami Hadrian d’Argent tentera de le ramener à la raison.
Frustré par les incessants déboires de son sorcier, l’Empereur Noir se décide à passer lui-même à l’attaque. Avec cette terrible incursion commence la réalisation de la prophétie. Mais en même temps, l’Ordre se retrouve privé du précieux bouclier de Lassa… »

Mon avis :

Je suis désolée pour cette absence prolongée. Les cours ici sont beaucoup plus prenants que les cours en France et je n’ai pas eu une minute pour lire. À la fin du semestre, c’est tout logiquement que je me suis tournée vers le tome 10 des Chevaliers d’Émeraude. Non seulement je savais que cette lecture allait me plaire, mais leurs aventures me manquaient aussi terriblement !

Voilà quatre ans que les Chevaliers mènent une vie ordinaire. Ne pouvant rien faire avant que les larves ne sortent de terre, Wellan et ses compagnons reprennent leur vie de parents, leur vie d’époux et de fermiers. Ils profitent de cette paix et semblent même oublier que leur mission première est de sauver Enkidiev. Lorsque les soldats de l’Empereur sortent enfin de leur cachette, la plupart des Chevaliers abandonnent à contrecoeur la vie dont ils avaient profité pendant ces quatre années, mais ils reprennent vite leurs habitudes. L’ennemi est fort, très fort. Trop fort pour eux peut-être. Il s’étend sur tout le continent et plus les Chevaliers tuent des larves, plus il en sort de terre. Beaucoup sont découragés et ne savent plus quoi faire. D’autant plus qu’ils doivent gérer les attaques d’Amecareth en personne, d’Akuretari et d’Asbeth. Le sort semble s’acharner sur ces braves hommes et femmes et on se dit que la fin est proche. Qu’il soit heureux ou malheureux, le dénouement ne va pas tarder.

Comme d’habitude, j’ai été très heureuse de retrouver les Chevaliers d’Émeraude. Après dix tomes, je me suis réellement attachée à eux et je m’inquiète toujours de ce qui peut leur arriver. Malheureusement, j’ai été un peu déçue par ce tome, pour une raison très particulière : on s’éparpille. Clairement, l’auteure a voulu rendre l’aventure encore plus complexe, plus palpitante et nous faire découvrir encore plus d’ennemis. Le problème, c’est que je me suis retrouvée un peu perdu. Il y a beaucoup de rythme dans ce tome, il se passe beaucoup de choses, beaucoup d’actions différentes. Mais le grand problème c’est que d’un chapitre à un autre, on passe de problèmes en problèmes et il faut parfois attendre cinq ou six chapitres avant de reprendre là où on s’était arrêté pour une action. C’était un peu confus et déroutant. Au final on se pose beaucoup de questions, on découvre de nouveaux problèmes mais on n’obtient aucune réponse. Évidemment, j’ai maintenant envie de lire le tome suivant, mais je suis vraiment frustrée pour celui-ci.

Je ne saurais pas dire quel est le personnage central de ce tome. En général, quelques chevaliers ou écuyers se détachent toujours du lot et on s’intéresse plus particulièrement à eux. Ici, tout est tellement mélangé que chacun est au même niveau. J’étais un peu déçue par le fait que Swan brille par son absence. Dans ce tome, les seules fois où l’on parle d’elle, c’est en tant qu’épouse d’Onyx. Pour moi, Swan est la femme la plus courageuse de l’Ordre, elle n’est pas seulement la femme du renégat et la mère de ses enfants. J’ai trouvé dommage qu’elle soit réduite à sa condition de mère.
Quant à Hadrian, j’ai pour l’instant un peu du mal à le cerner. Je ne comprends pas encore très bien son importance dans l’Ordre. Certes, il est le seul capable de contrôler les actes d’Onyx (et encore, il n’y arrive pas toujours). Donc je ne vois pas très bien ce qu’il vient faire là. Et l’histoire avec Jenifael… ce n’est juste pas possible.

Liam avait pris pas mal d’importance ces derniers tomes et j’étais heureuse de le retrouver dans celui-ci. La relation maître/écuyer qu’il a avec Kevin est toujours très intéressante étant donné que ce chevalier n’est plus comme les autres depuis son enlèvement. En revanche, ce qui arrive à Liam à la fin du livre m’a complètement dérouté. Il se passait déjà assez de choses sur Enkidiev pour qu’on s’aventure dans les territoires inconnus et qu’on découvre de nouveaux peuples plus particuliers les uns que les autres. J’avais beaucoup de mal à porter intérêt aux Pardusses et Tégénaires car j’étais trop inquiète pour ce qui se passait à Enkidiev. Peut-être que ces peuples joueront un rôle dans les prochains tomes ? Ce serait intéressant de les intégrer dans les territoires connus. Sinon je crains ne pas leur porter un très grand intérêt.

Je me suis attardée sur les points négatifs mais ce tome, comme tous les autres, est empli de points positifs. Il y a beaucoup d’émotions. Lorsqu’une tragédie vient toucher le château d’Émeraude, j’étais au bord des larmes. On s’attache tellement aux personnages que dès qu’il leur arrive quelque chose, on a l’impression de perdre un ami ou une connaissance. Il y a également beaucoup d’action, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Et comme souvent dans Les Chevaliers d’Émeraude, ce tome se termine sur un gros suspens qui nous donne envie de lire le tome suivant.

Un aperçu rapide des événements qui se sont produits du 15 au 20 juin 1940

Résumé :

« Extraits des reportages publiés dans les numéros du Gâtinais des 6, 13, 20 juillet et 10 août. Zones traitées : principalement Gien, Sully-sur-Loire, Gondreville, Pithiviers, puis Puiseaux, Montargis, Orléans. Il ne s’agit pas de généralités sur la guerre et l’époque mais de reportages de terrain sur les combats et les destructions, de nombreux de civils de la région sont nommément cités. »

Mon avis :

Ce petit livre traînait sur mon étagère depuis un sacré bout de temps. Je n’osais pas l’ouvrir, je n’osais pas le parcourir. Et pour cause : j’avais peur d’être bouleversée. Ce livret regroupe des extraits de journaux locaux qui nous racontent ce qui s’est passé dans les principales villes du Loiret au début de l’Occupation allemande. Étant originaire de ce département, j’y suis particulièrement attachée et connaître toutes les horreurs qui s’ étaient déroulées ne me tentait pas plus que ça… Mais j’ai enfin franchi le pas.

Le premier extrait du livret nous explique que l’un des journal local n’avait pas pu être publié pendant quelques jours à cause de l’arrivée des allemands et de la situation compliquée à laquelle devait faire face les habitants du Loiret. Une fois le calme (relativement) revenu, les journalistes avaient du récolter des informations pour faire un bref compte-rendu à la population. La première ville dont on parle est Gien. C’est exactement ce que je redoutais… Gien est la ville dans laquelle je suis née et je la connais plus ou moins sur le bout des doigts. Alors quand je lisais et que je voyais des noms de rue ou d’avenue ayant été détruites par des bombes, des incendies ou quand je lisais que des personnes avaient été retrouvées mortes à tel ou tel endroit, j’étais bouleversée. C’est difficile de se dire qu’à un endroit où l’on est passé des centaines de fois, des choses aussi horribles se sont produites. Je ne vois plus la ville de la même façon et je pense qu’à partir de maintenant, dès que je passerais dans ces rues je penserais aux événements qui s’y sont déroulés.

C’est des fenêtres du château que l’on se rend le mieux compte du cataclysme qui a frappé la ville. La Loire coule en bas, majestueuse; sous son flot, en séjour rapide, se devine déjà le banc de sable. Mais les yeux rechercheraient en vain une maison intacte et les quelques murs qui subsistent ont l’air de sentinelles fatiguées, prêtes à s’écrouler. Pauvre Gien, pauvre victime de la guerre !

En ce qui concerne les autres villes, comme Sully-sur-Loire ou Orléans par exemple, je les connais, mais pas autant que Gien. Par conséquent, quand il y avait des noms de rues ou de places, j’avais du mal à me repérer. Évidemment, les extraits sont tirés de journaux locaux, lus par des habitants de ces villes et c’est pourquoi il y a un tel niveau de détail. Mais il faut bien avouer que c’est un peu dur à suivre quand on ne connaît pas très bien la ville. En plus de ça, le journaliste situe parfois les événements au niveau de la maison de monsieur un tel ou madame un tel. Certes, les gens de l’époque comprenaient, mais un lecteur actuel se retrouve vite perdu. Je pense que ce serait vraiment bien si un spécialiste de l’histoire du département se penchait sur ce livre et y ajoutait ses connaissances pour que les lecteurs d’aujourd’hui puissent comprendre et situer tout ce qu’il lit. Le livre n’en gagnerait que plus d’intérêt !

J’ai également eu un peu de mal avec le style d’écriture. Je suis parfaitement consciente qu’il s’agissait du style journalistique de l’époque et que dans les années 40, tout le monde y était habitué. Mais personnellement, j’ai trouvé la plume très lourde et j’avais parfois besoin de relire des phrases pour les comprendre. Il fallait que je sois bien concentrée pendant cette lecture. Malheureusement avec le nombre de lectures requises pour mes cours de littérature ou de linguistique, j’avais envie de me détendre et je ne le pouvais pas vraiment avec ce livre.

Le malheur fortifie les âmes. Orléans restera fidèle à son passé et préparera l’avenir.

Difficile de faire des critiques sur un tel livret puisqu’il nous donne un témoignage unique sur le drame de l’Occupation dans le Loiret. Mais bon, j’ai toujours partagé un avis honnête sur le blog et puis mes critiques n’en sont pas vraiment, ce sont plutôt des petits détails qui m’ont empêché d’avoir un coup de coeur. Le livre en lui-même reste très instructif et je ne regrette vraiment pas de l’avoir lu. Je le conseille à tous ceux qui s’intéressent à l’Occupation et au département du Loiret. C’est captivant de voir comment l’arrivée des allemands a été perçue dans les petits villages. Les documentaires se concentrent d’habitude sur Paris ou autres grandes villes mais ils parlent rarement des zones rurales dans lesquelles l’Occupation a été tout aussi horrible qu’ailleurs.

Coeur itinérant, tome 1 : Hors de portée – Jane Harvey-Berrick

Résumé :

« Aimee assiste pour la première fois à une fête foraine à l’âge de 10 ans quand celle-ci passe deux semaines dans sa ville. Elle y rencontre Kes, un garçon de son âge qui y travaille, et une amitié rare et touchante se construit entre eux. Chaque année, ils se retrouvent pour deux semaines qui illuminent leur vie. Et alors que leur amitié d’enfance se développe en amour, une fois adultes, les choix deviennent difficiles à faire et tous les deux comprennent que deux semaines par an ne seront jamais suffisantes. »

Mon avis :

Voilà bien longtemps que je n’avais pas lu une romance. C’est grâce à MxM Bookmark et leur collection Infinity que j’ai pu découvrir ce livre et pour être honnête, cette histoire est parfaite pour une fin d’été où on veut juste lire pour s’évader et non pour réfléchir…

La vie d’Aimee bascule le jour de ses dix ans. Après avoir longuement insisté, ses parents acceptent enfin de l’emmener à la fête foraine, une lieu qu’elle trouve magique. Rendez vous compte. Un soir, des camions arrivent et le lendemain matin, tout un univers de jeu et d’émerveillement s’est élevé. La jeune fille aimerait s’amuser comme une folle mais ses parents sont assez réticents, même une fois entrés dans le parc. C’est alors qu’apparaît Kes, un jeune garçon du même âge qu’Aimee. Les deux enfants vont immédiatement se lier d’amitié et ils ne cesseront de se voir pendant deux semaines. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin et Kes doit repartir sur les routes. Commence alors une attente interminable. Chaque été, la même histoire recommence. Les jeunes gens se retrouvent, profitent de deux semaines intenses et se séparent, le coeur brisé. Pourtant, ils ne renonceraient pour rien au monde à la relation qu’ils ont bâtie. Comment peuvent-ils s’en sortir ? Quelles solutions vont-ils trouver ? Ce qui est sûr, c’est qu’ils devront faire des choix plus difficiles les uns que les autres…

J’étais persuadée d’avoir rencontré mon âme soeur, mais on me l’arrachait systématiquement. C’était injuste.

Pour être honnête, j’ai adoré ce livre. Bien que les sentiments des personnages soient très complexes et parfois un peu durs à comprendre, cette lecture reste légère. C’est une romance qu’on a aucune peine à lire, elle est très fluide et tous les éléments s’emboîtent parfaitement. J’ai particulièrement aimé le fait que l’on apprend à connaître les protagonistes au fil des années. Kes et Aimee n’ont que dix ans au début du livre. C’est intéressant de les voir grandir et mûrir. D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé ces personnages, ils sont très attachants. Kes n’a pas une vie facile. On pourrait croire qu’être forain le comble de bonheur mais c’est faux. Certes, il aime les gens avec qui il travaille et il aime faire des spectacles. Mais son métier l’empêche également d’être avec la personne dont il aimerait partager la vie. Quant à Aimee, elle sent que sa place est ailleurs et pourtant, elle ne peut pas abandonner sa famille ni son ambition de carrière. Elle sait qu’elle n’est pas foraine et qu’elle ne le sera jamais, mais cela ne l’a pas empêché de tomber amoureux d’un garçon qu’elle ne voit que deux semaines par an… En tant que lecteur, on apprécie de voir leur histoire compliquée se dérouler sous nos yeux. (C’est un peu cruel, vous ne trouvez pas ? ahah)

Le style d’écriture est fluide et facile à lire. Ce qui est remarquable, c’est qu’on ne perd jamais le fil même si l’histoire est étalée dans le temps. On a aucun mal à se repérer et à passer d’une « époque » à l’autre. En revanche, si je devais trouver un point négatif, je dirais que j’ai été un peu déçue par les dialogues. Ils sont intéressants et apportent un vrai plus, il n’y a aucun doute là-dessus. Mais quelque chose m’a fait tiqué : Kes et Aimee parlent de la même façon. C’est assez paradoxal lorsqu’on sait qu’Aimee lit énormément et va à l’école tandis que lui est dyslexique et passe le plus clair de son temps à cracher du feu ou à faire des pirouettes sur son poney. Je ne dis pas qu’Aimee devrait parler de façon guindée ou quoique ce soit, mais il devrait tout de même y avoir une légère différence étant donné leur niveau d’éducation et leurs origines sociales. J’ai également trouvé peu de différences dans les dialogues entre le moment où les deux personnages avaient 10 ans et celui où ils avaient plus d’une vingtaine d’années. Pourtant un enfant ne parle clairement pas comme un adulte, enfin, je l’espère ! Mais bon, vous pouvez dire que je cherche la petite bête car ce livre était vraiment très agréable à lire dans son ensemble.

— Si l’amour, ça ne te suffit pas, alors quoi ?
— Je vais te dire : avoir à manger, avoir un toit au-dessus de ma tête, avoir un travail. Il faut tout ça avant de pouvoir se consacrer à une relation. L’amour, ça ne nourrit pas et ça ne tient pas chaud. Dès qu’on doit penser à la réalité, tout s’effondre.

Quant à la fin, je ne vous spoilerai pas, mais je pense que vous serez aussi étonnés que moi ! Je ne m’attendais pas à ça, ou du moins, pas d’une façon aussi brutale. C’est bien pour cela que j’ai hâte de découvrir le tome deux en espérant que cette fois-ci, le dénouement répondra plus à mes attentes ! J’ai hâte de retrouver ces personnages dans un second livre car je me suis vraiment attachée à eux. Le premier livre n’est pas très court et pourtant j’ai l’impression de n’avoir passé que trop peu de temps en compagnie de ces protagonistes !

Je pensais que nos retrouvailles allaient être maladroites, je m’attendais à ce qu’il soit nerveux. Mais aussi désinvolte ? Non. Je le détestais un petit pour ça.

En résumé, voici une romance parfaite pour cette fin de vacances. Cette lecture est vraiment sympathique et sans prise de tête. On suit avec délice les aventures de Kes et Aimee, deux adolescents qui se sont engagés dans une relation compliquée. Les personnages sont attachants et on espère à chaque seconde qu’ils prendront la bonne décision. Le coup de coeur pour ce livre n’était pas loin ! Peut-être que le second tome sera encore meilleur, je l’espère en tout cas!

Difficile d’expliquer ce que symbolisaient pour moi ces deux semaines d’été. Je ne vivais que pour elles. Le reste de ma vie, je le passais à l’attendre. Bien sûr, j’allais à l’école et j’avais des copines – mais pas de copains parce que j’était maigre et que je n’avais pas de poitrine. De toute façon, aucun garçon n’arrivait à la cheville de mon forain.

City on Fire – Garth Risk Hallberg

Résumé :

« 31 décembre 1976. New York se prépare pour le réveillon. Chez les Hamilton-Sweeney, Felicia accueille financiers et mondains tandis qu’à l’autre bout de la ville, dans le Lower East Side, Charlie, venu de Long Island, attend Sam pour assister à un concert punk. Mais Sam a un autre rendez-vous auquel elle tient plus que tout. Elle retrouvera Charlie dans quelques heures à la station de métro de la 72e Rue. À quelques encablures de là, dans Hell’s Kitchen, Mercer Goodman tourne et retourne un délicat carton d’invitation. Et s’il se rendait à la réception des Hamilton-Sweeney pour retrouver Regan, cette sœur que William, en rupture avec sa famille, lui a toujours cachée ? Pourquoi ne pas saisir l’occasion d’en apprendre plus sur William, son amant, l’ancien leader du groupe punk Ex Post Facto ?
Bientôt, des coups de feu retentissent dans Central Park. Une ombre s’écroule dans la neige…
Qu’est-ce qui peut bien unir ces êtres – qui n’auraient jamais dû être amenés à se rencontrer – à un meurtre commis au cœur de Central Park ? Au sein de ce roman choral, leurs histoires s’entremêlent et nous entraînent dans les recoins les plus infimes de la ville. »

Mon avis :

Je remercie Le Livre de poche pour l’envoi de ce livre. Lorsque j’ai vu City on Fire dans la sélection de l’été, je n’ai pas pu résister. Ce roman a fait un tel buzz lors de sa sortie française que je ne pouvais pas résister à l’envie de le découvrir. Ce pavé de 1200 pages est, certes, salué par de nombreux critiques mais fait également l’objet de chroniques plus modérées de la part de plusieurs blogueurs littéraires. Par conséquent, je ne savais plus trop si j’allais faire face à un chef d’oeuvre ou si j’allais moi aussi être déçue par le roman… Il ne me restait plus qu’une chose à faire : le lire !

Ah, le réveillon du nouvel an, ce jour où l’on se dit qu’on peut tout recommencer à zéro. On prend un tas de bonnes résolutions et on imagine que notre vie va changer du tout au tout. Mais en ce 31 décembre 1976, si l’existence de plusieurs personnes va être bouleversée, ce ne sera pas à causes de promesses en l’air qu’ils se font à eux-mêmes. Non, ce sera à cause d’un crime commis au coeur de Central Park. Sam, Mercer, Charlie, William, Regan et Keith seront à jamais liés, plus ou moins directement, par ces coups de feu. Pourtant à première vue, une gamine rebelle n’a rien à voir avec la fille d’une des familles les plus riches de New York. Un professeur n’a rien à voir avec l’ancien leader d’un groupe punk. Dans ce New York des années 70, le temps tisse une toile qui finit par unir les gens à travers tout un tas de rebondissements et de mises à l’épreuve. Une chose est sûre, personne ne sortira de cette décennie indemne.

Quand on est jeune et que le destin en explosant, creuse des cratères dans votre vie, on a les ressources nécessaires pour la reconstruire. Au-delà d’un certain âge, on dissimule simplement les dégâts en les oubliant derrière un mur.

Écrire la chronique de City On Fire se révèle plus compliquée que ce que j’avais imaginé. Ce roman est unique. Il ne rentre dans aucune case, dans aucune catégorie. La plume de l’auteur est vraiment particulière, je dirais même, incomparable. Quant à l’histoire, elle est forgée à base de flashbacks, de bonds dans le temps et d’interludes. Honnêtement, ce livre est sans égal et il est difficile de critiquer ou de noter sans pouvoir prendre un autre roman pour référence. D’ailleurs, il n’y aura pas de note à la fin de cette chronique car pour moi, ce livre est une véritable expérience personnelle en soi. C’est difficile à expliquer mais je pense que chacun vivra cette lecture différemment tant elle est unique.

Le fait qu’elle soit unique ne veut pas dire qu’elle plaira à tout le monde. D’ailleurs, moi, je n’ai pas accroché. Je n’ai pas non plus été totalement déçue mais je m’attendais à autre chose. C’est le style de l’auteur qui m’a principalement dérangé. Ce n’est pas le genre d’écriture que j’apprécie. Par exemple, Garth Risk Hallberg peut faire tout un paragraphe sur la neige qui tombe sur New York. Beaucoup de gens trouvent ça beau et poétique, mais personnellement je trouve que c’est une perte de temps. Évidemment, dans un roman de plus de 1000 pages, il est inévitable d’avoir quelques longueurs. Le problème c’est que pour moi, tout ce qui n’était pas du dialogue était barbant. En fait, j’avais l’impression que l’auteur cherchait à mettre des métaphores partout. Même la chose la plus infime était comparée à un élément poétique ou à n’importe quel autre objet. C’est sympa à petite dose et quand les métaphores me font rire ou me font imaginer des choses loufoques. Mais quand il s’agit simplement de faire des comparaisons pour faire des comparaisons… là, je n’adhère pas. À mon goût, il y’avait trop de narration et pas assez d’action. Parfois les personnages divaguaient et nous parlaient de choses qui n’apportaient franchement pas grand-chose à l’intrigue.

Parlons-en d’ailleurs, de ces personnages. À première vue, ils sont tous très intéressants et ont tous connu des difficultés qui leur donnent un petit côté attachants. Malheureusement, j’ai trouvé une certaine monotonie dans leurs histoires, dans leurs façons de se comporter et de parler. En effet, si chaque chapitre se concentre sur un personnage, il est difficile de savoir de qui on parle avant que le prénom ne soit évoqué. Ils sont tous un peu rebelles et désespérés et c’est dommage car la différence entre eux n’est pas très marquée. Bien sûr, cela peut faire partie de « l’effet de style ». Tout le monde se noie de la même façon dans ce New York des années 70. Il n’empêche que pour m’attacher à des personnages, j’aime bien qu’ils soient uniques en leur genre et non pas qu’ils soient des pions coulés dans le même moule.

On peut construire une vie sur ça : deux personnes qui connaissent les failles l’une de l’autre et choisissent néanmoins de rester assis ensemble, en chaussettes, sous la lampe, à lire des magazines en essayant de ne pas penser trop loin au-delà de la journée qui s’achève ou de celle qui vient.

Dans l’ensemble, mon avis sur le livre est donc assez négatif puisque ma lecture a été fastidieuse. Je mettais plus d’une heure à lire quarante pages et honnêtement je pensais que je n’arriverais jamais à avancer. Mais comme je l’ai dit plus haut, ce roman est unique. Et si on se plonge complètement dans le roman et dans son ambiance on se retrouve hors du temps. Un matin où je lisais, au calme, sans aucune distraction, j’ai sincèrement été absorbée dans ce livre. Nous étions en plein mois d’août, il faisait chaud mais j’avais l’impression d’être au Nouvel An. Je lisais à ce moment-là le passage sur le premier janvier et bizarrement (non, vraiment, c’était bizarre !) je ressentais toute cette euphorie, cette sensation particulière que l’on ressent un premier janvier quand on se dit qu’une nouvelle année vient de commencer. En refermant le livre ce jour-là, j’ai mis quelques minutes à réintégrer la vraie vie et sur le coup… j’étais complètement sidérée. Être plongée dans un livre, oui, ça m’est déjà arrivé, mais confondre la fiction et la réalité, c’était une première. Donc même si ce roman m’a déçue dans son ensemble, quelques points positifs qui ont égayé ma lecture.

En résumé, Garth Risk Hallberg nous montre dans ce premier roman tout l’étendu de ses talents. Grâce à son intrigue, ses personnages ou ses interludes, l’auteur nous prouve qu’il a énormément d’imagination, qu’il sait écrire les passages narratifs et les dialogues et que les longueurs ne lui font pas peur. Malheureusement, son style d’écriture très poétique et purement littéraire n’est pas le genre auquel j’accroche. Comme d’habitude avec ce genre de plumes, je sais que d’autres personnes sauront apprécier ce livre à sa juste valeur. Je retiendrais tout de même le fait que ce livre est unique. Cette lecture n’a ressemblé à aucune autre et rien que pour ça, je me dis que ça valait le coup de découvrir ce roman !

L’échec est tellement plus intéressant. Tout porte à croire que Dieu considère l’humanité comme un échec. Les choses deviennent intéressantes juste au moment où elles s’effondrent.